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9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 09:42

   Le lien généalogique entre les familles Logé et Parfonry est resté assez flou jusqu'à ce jour. L'expression de cousinage, utilisé par Paul Parfonry, assistant à un mariage en 1911, n'a toujours pas été décryptée (voir article : Paul est invité à un mariage). Le transit par Anvers des deux familles reste le seul liant qui puisse en attester.

    N.B. : Articles en relation avec cette famille Logé : A la recherche de la famille Logé ; Les inconnus de Créteil sont élucidés ; La tombe de Mary-Cécile est découverte ; Du nouveau sur la famille Logé ;

   Traductrice anglais - français, Mary-Cécile Logé prit le nom de plume de Marc Logé (Londres,1887 - Barbizon, 1949). Cette transformation, avec l'usage d'un prénom masculin, est manifestement en relation avec le développement du mouvement des suffragettes dont on vient de fêter le 100ème anniversaire cette semaine. A titre personnel, ce prénom ne serait pas si anodin. Il ne ferait que rappeler le prénom de celle qui est considérée en France comme la représentante la plus significative de cette revendication des droits de la femme. Marie - Amélie Chartroule de Montifaud, dite Marc de Montifaud (1849-1912) fut l'une des pugnaces féministes de son temps1. Ses écrits et ses insolences l'obligèrent de fuir la justice à l'étranger, en Belgique  (tiens, tiens !!) notamment. Son année de décès correspond également aux premières traductions de Mary-Cécile Logé. La similitude d'un prénom (Marc) ne ferait que renforcer la situation. Seule une concordance de faits, et non un hasard hypothétique, ne pourrait que justifier pareille démonstration.

 1 BROGNIEZ Laurence (1996) : Marc de Montifaud, une femme en procès avec son siècle, Revue Sextant n°6, ULB Bruxelles, p. 55-80 ; 

    Ce métier de traducteur-traductrice est, il est vrai, assez peu reconnu et vraisemblablement peu connu. C'est ce qui a motivé la démarche de Vincent Thibault, écrivain et éditeur canadien (voir son site : www.vincentthibault.com). S'activant à faire découvrir les œuvres de l'écrivain Lafcadio Hearn (1850-1904), d'origine gréco - irlandaise, ayant pris la nationalité japonaise, il s'intéressa à découvrir la personnalité de son traducteur.

    Comme première étape de la reconnaissance, une courte biographie, sur un site bien connu, fut rédigée par un auteur anonyme en s'inspirant de quelques éléments glanés sur le blog :   
                              https://www.babelio.com/auteur/Marc-Loge/50548 

     Par ricochet interposé, les différents articles du blog sur cette personne servirent de décor et d'informations à Vincent Thibault. Voici ce qu'il m'écrivit à ce sujet : 

    Je compte publier les œuvres de Lafcadio Hearn, qui sont désormais dans le domaine public. Nombre de ces œuvres, vous le savez, ont été traduites par Mary-Cécile Loge sous le nom de «Marc Logé». Ému par le fait que tant de grands traducteurs risquent de disparaître des mémoires, j’aimerais rendre un bref hommage à cette dame dans la préface que je vais composer pour l’édition prochaine de «Pèlerinages japonais». On ne trouve pas grand-chose sur le Web à son sujet, et je me félicite d’être tombé sur votre site.

     Poursuivant donc sa démarche, Vincent Thibault a eu la gentillesse de me livrer une ébauche de cette préface pour la réédition du livre Pèlerinages japonais de cet écrivain2. Pour m'apercevoir, in fine, que le blog a servi une fois de plus de caisse de résonance pour être utilisé comme source d'informations. Vincent Thibault ne manque pas de m'associer aux découvertes réalisées sur cette traductrice. La page 291 du livre sur notre patronyme peut désormais s'allonger d'une 20ème référence de publication en rapport avec cette recherche.

   En avant-première, avant publication, voici la partie du texte de l'ébauche de la préface, où il est question de Marc Logé et de ..... votre poor lonesome cowboy. Et pourquoi pas pour en assurer la transmission à la commune de Barbizon afin de la sensibiliser au sauvetage de la pierre tombale et à son intégration dans la liste des personnages importants de la commune. La maison de Marc Logé à Barbizon a été peinte par Octavie Paul Séailles (1855, Douai-1944, Barbizon)  en 19383. Une autre information4 la fait séjourner au n°71, Grande rue. Après avoir été l'atelier du peintre Claude Chereau (1883-1974), c'est de nos jours l'atelier et galerie " Au Jardin des Arts ".

2 Le livre a été réédité en avril 2018 aux Editions Carrefours azur (Québec);

3 Cette peinture fut mise en vente sur ebay en décembre 2017 ;

4 Dans le blog : Barbizon, Le guide ;

                           

                        Partie de l'ébauche de la préface s'en référant à Marc Logé

........ Lafcadio Hearn, disions-nous, offre une réflexion sur le Temps. J’aimerais donc clore cette préface en rendant hommage à une artisane oubliée. Je me suis questionné sur ce « Marc Logé », qui avait originellement et admirablement traduit Pèlerinages japonais, de même que de nombreuses autres œuvres de Lafcadio Hearn que nous souhaitons publier chez Carrefours azur. La notice de la Bibliothèque nationale de France n’était pas très éloquente (Naissance : 18…, Mort : 19…), mais j’y ai au moins trouvé le vrai nom de la traductrice, car c’est bien d’une femme dont il s’agit : Mary-Cécile Logé.

Le Mercure de France, où ses traductions de l’écrivain irlandais ont été publiées dans la première moitié du XXe siècle, n’a pas été en mesure de me fournir plus de renseignements. Il n’y a pas non plus d’article Wikipédia sur les traducteurs tombés dans l’oubli, aussi talentueux et dévoués aient-ils pu être. J’ai donc glané quelques pépites ici et là : madame a gagné en 1914 le Prix Langlois pour sa traduction d’un des ouvrages de Hearn, et un Prix d’Académie en 1930 pour l’ensemble de ses traductions.

Mais encore? Ayant poursuivi mes recherches, j’ai découvert, sur le site d’un homme passionné par la généalogie de sa famille élargie, une photographie de sa tombe, retrouvée au cimetière de Barbizon en Île-de-France; je suis moi-même traducteur et la vue de cette pierre tombale dans un état d’abandon m’a ému. On peut difficilement imaginer la quantité d’heures que Mme Logé a mis à traduire de grands auteurs anglo-saxons, et l’on sous-estime facilement l’importance du traducteur dans la diffusion et l’appréciation des œuvres étrangères… Il m’a donc semblé être de mon devoir d’éditeur de contribuer, bien humblement, à sa reconnaissance posthume.

Mary-Cécile Woodruff Logé est la fille du compositeur et pianiste belge Henri Édouard Logé (1854-1912) ......  Parmi ses nombreuses traductions, on compte des récits de Nathaniel Hawthorne et de John Russel, et des ouvrages de May Sinclair : L’affaire Manderson d’E.C. Bentley, adapté plusieurs fois au cinéma et considéré par beaucoup comme l’un des cent meilleurs romans policiers de tous les temps; La mystérieuse affaire de Styles, le premier roman publié d’Agatha Christie et aussi le premier où apparaît Hercule Poirot; Le crime du golf où s’affairent également Poirot et Hastings; Le prophète au manteau vert de John Buchan, qui fait suite à son très fameux roman d’espionnage The Thirty-Nine Steps, adapté trois fois au cinéma, notamment par Hitchcock…

Les traducteurs littéraires œuvrent dans l’ombre, et il y a une humilité inhérente au métier — on peut parfois même parler d’abnégation. Pour tous ces bons moments de lecture, et pour avoir permis aux lecteurs francophones de découvrir l’œuvre riche et abondante du grand écrivain irlandais, nous saluons cette dame — dont nous savons au moins maintenant qu’elle est née à Londres en septembre 1887 et décédée à Barbizon en avril 1949.

Nous remercions chaleureusement M. Roland Parfonry de nous avoir confirmé certains renseignements à son sujet. Et maintenant, place à Lafcadio Hearn, qui vous invite à l’accompagner à Yokohama, pour sa toute première journée en Orient…

VINCENT THIBAULT

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  • : Le blog de PARFONRY
  • : Le cadre directeur de ce blog consiste à réunir ce qui peut être transmis sur un patronyme. La présentation de tous ces personnages n'est finalement qu'une manière de transférer un patronyme. Qu'il soit culturel, social ou historique, ce patronyme ne fait que proposer un film dans lequel les séquences sont des instants de vie. L'environnement, le vécu de chacun a probablement plus d'impact sur ce que nous ressentons. Les gênes se diluent plus vite que le lien avec le mode de vie et les rencontres. Cette vision oblige à élargir le champs d'investigation en déviant de l'aspect purement généalogique. La découverte de nouveaux indices motive et assimile parfois cette recherche à une enquête. L'histoire ne peut être racontée de manière linéaire. Chaque élément, chaque personnage a droit à son histoire dans le récit tout en suivant le dénivelé et les courbes imposés par les aléas de l'Histoire et de la vie. Contrairement au patrimoine, un patronyme se voit contraint de s'adapter aux vicissitudes des évolutions sociales et des guerres. Le contenu des quelques 350 articles de ce blog a été rassemblé dans un livre intitulé "La véritable saga des PARFONRY de Neerheylissem - L'histoire d'un toponyme devenu un patronyme ".
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