Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 11:17

     Après celles de Neerheylissem (voir article : Le magasin Delhaize de la rue des Charrons à Neerheylissem) et de Créteil (voir article : La villa flamande de Créteil), voici dans la lignée, une autre de ces maisons qui ont été les témoins du passage de notre famille. Faisant suite à la relation de mon retour récent à Beauvechain,  (voir article : Une visite à Beauvechain, y inclus les fonts baptismaux), il était normal de faire découvrir la maison de ce lieu.

     Celle dont nous allons parler est la plus récente des trois. Mes grands-parents y ont vécus, mes parents s'y sont installés après leur mariage en mai 1947 et elle a été mon lieu de vie durant toute mon enfance. Trois générations de PARFONRY y ont habité et s'y sont même côtoyées pendant quelques années. De ce fait, l'histoire de cette maison est plus aisément relatée, au travers des récits et des quelques documents administratifs qui en ont été retrouvés. En voici les quelques dates marquantes qui la font revivre.

     Elle a été construite par mon grand-père, Emile, l'instituteur. Arrivé à Beauvechain en 1914 pour y exercer son métier, il a bénéficié durant ses premières années de logements de fonction, annexés à son lieu de travail, que ce soit dans l'école libre adoptée de la rue de l'Eglise au début de sa carrière puis dans les nouveaux locaux de l'Hospice NELIS dans la rue de la Station, vers 1924/1925 (voir articles : Emile Parfonry, l'instituteur ; Les photos de classe d'Emile Parfonry, l'instituteur)  .

     En mars 1926, Emile a acheté pour 13 500 francs un terrain à un certain Louis VANCASTER, carreleur de son état, situé dans cette même rue de la Station. Sur ce terrain, d'une superficie de 30a 20ca, il a fait construire la maison, portant le numéro 2, que l'on aperçoit sur les photos jointes à cet article. De cet achat en 1926, il faut donc en déduire que le terrain de 22a 50ca, situé également à Beauvechain et hérité par son épouse en 1915 au décès de sa mère, avait déjà été vendu par cette dernière, avant leur mariage en 1919. Complétée par un verger de pommes, reines-claudes et mirabelles, un petit bois, une pelouse avec des parterres de fleurs, un jardin potager, une bergerie, un poulailler et l'incontournable pigeonnier avec ses volières de reproduction attenantes, cette belle propriété a, hélas, été vendue en novembre 1960.

     Pour faire revivre cette maison, voici deux photos prises à quelques 60 ans d'intervalle. La première datée de 1953, un peu floue malheureusement, montre la façade, telle qu'elle devait être à l'origine. En avant-plan, vous reconnaitrez avec un peu d'imagination, votre fieldmouse en tenue d'époque et chevelure pré-sixties. La seconde, prise en juin 2013, montre une façade complètement rénovée tout particulièrement au niveau de la porte d'entrée et des fenêtres. A remarquer également, la superposition des fenêtres qui apporte une élégance à l'ensemble de la façade. Le soubassement en pierres calcaires a heureusement été dégagé sur la largeur complète de l'édifice. Quelques similitudes peuvent être mentionnées. Autour des fenêtres, les pierres bleues restent identiques ainsi que les briques de couleurs claires évitant la monotonie de la façade comme une référence à l'Art Nouveau qui était apparu au début du siècle. A remarquer, la finition parfaite dans la régularité, l'alternance des rangées et la jointure des briques rouges de la façade, remise en valeur par les travaux récents. Et dernier petit détail, très intéressant et assez émouvant, on souligne la partie supérieure se terminant par un pignon triangulaire en style flamand avec quelques échelons si caractéristiques de ce style. Une similitude manifeste d'inspiration avec la villa de Créteil.

    Sans n'avoir jamais eu de contacts, Emile, l'instituteur belge, et François-Xavier, le marbrier devenu français, ont eu la même envie de donner à leur maison ce cachet semblable. Inspiration commune, transmission d'une tradition, ou tout simplement influence d'un goût architectural prédominant, on peut se poser la question aujourd'hui.

    La dernière photo, la plus ancienne, prise en 1949, n'est, à vrai dire, pas centrée sur la façade. Moins floue que celle de 1953, elle permet cependant d'avoir une meilleure idée sur ce qu'était la réalité de cette façade. Avec en filigrane, comme un petit hommage à ma maman qui va fêter en 2014 ses 90 ans.

La façade en 1953

La façade en 1953

La façade en juin 2013 avec le garage de construction plus récente (credit : Roland PARFONRY)

La façade en juin 2013 avec le garage de construction plus récente (credit : Roland PARFONRY)

Un souvenir du 12 juin 1949

Un souvenir du 12 juin 1949

Partager cet article
Repost0

commentaires

F
Je connais très bien la maison de vos parents à Beauvechain.
Répondre
S
J'ai reconnu ta maman au premier cout d'œil !!!<br /> Quant à toi, c'est plus difficile à te discerner dans le landau et en culotte &quot;Thierry la Fronde&quot;.
Répondre
P
Ah ! 1949 ! Quel millésime. On te reconnait mieux avec la frange et la barboteuse que dans le landau.<br /> Quant à l'arrière plan, tu as raison, pour les préférences architecturales. Emile et François-Xavier avaient bien le même jus de briques dans leurs veines.<br /> Pour brouiller les pistes, la référence flamande des échelons du pignon rapporté en façade me fait penser aux &quot;pas de moineaux&quot; des pignons de maisons des Hautes Pyrénées… L'influence flamande aurait-elle atteint de tels sommets ?<br /> Transmets nos amitiés à ta maman. Patrick et Caroline
Répondre
P
Commentaire très réactif venant peu de temps après la publication de l'article. Preuve d'un suivi assidu. Assez troublant mais combien agréable la similitude des deux pignons supérieurs des deux maisons. Bravo encore à Caroline pour la rédaction de son document familial. De l'émotion que les jeunes générations devraient apprécier pleinement quant elles auront nos âges.

Présentation

  • : Le blog de PARFONRY
  • : Le cadre directeur de ce blog consiste à réunir ce qui peut être transmis sur un patronyme. La présentation de tous ces personnages n'est finalement qu'une manière de transférer un patronyme. Qu'il soit culturel, social ou historique, ce patronyme ne fait que proposer un film dans lequel les séquences sont des instants de vie. L'environnement, le vécu de chacun a probablement plus d'impact sur ce que nous ressentons. Les gênes se diluent plus vite que le lien avec le mode de vie et les rencontres. Cette vision oblige à élargir le champs d'investigation en déviant de l'aspect purement généalogique. La découverte de nouveaux indices motive et assimile parfois cette recherche à une enquête. L'histoire ne peut être racontée de manière linéaire. Chaque élément, chaque personnage a droit à son histoire dans le récit tout en suivant le dénivelé et les courbes imposés par les aléas de l'Histoire et de la vie. Contrairement au patrimoine, un patronyme se voit contraint de s'adapter aux vicissitudes des évolutions sociales et des guerres. Le contenu des quelques 350 articles de ce blog a été rassemblé dans un livre intitulé "La véritable saga des PARFONRY de Neerheylissem - L'histoire d'un toponyme devenu un patronyme ".
  • Contact

Recherche

Pages

Liens