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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 22:40

     Après avoir retrouvé une ancienne photo de la maison de nos ancêtres (voir article : La maison Delhaize dans la rue des Charrons à Neerheylissem), comme par mimétisme, voilà redécouvert une autre de ces maisons qui font partie de notre patrimoine familial. Grâce à la collaboration du gestionnaire du blog : Quartier Buttes-Halage Créteil, venant en réponse à une question précédente (voir article : Les paons à Créteil ont posé quelques problèmes), une photo récente de la villa du marbrier François-Xavier PARFONRY, construite à Créteil vers 1860, a été retrouvée. Et ce qu'il y a de plus extraordinaire, c'est qu'elle existe toujours de nos jours.

     Tout cela a démarré avec un article inséré dans le blog sus-mentionné, reprenant en quelques lignes l'histoire de l'Avenue de Ceinture à Créteil. Voilà ce qu'il en était dit :

Avenue de Ceinture

Cette avenue, formant boucle, est tracée en 1859 lors du lotissement des terres dépendant du château des Buttes. Elle sépare la partie de parc voisine de la maison de celle qui, découpée en parcelles sur le pourtour, est destinée à être lotie. Propriété privée, l'avenue ne sera reconnue qu'en 1963.
A l'Est, au numéro 69, s'est installé, après la seconde Guerre Mondiale, le carmel Sainte-Thérèse qui occupe
l'ancienne propriété Parfonry. Dans ses dépendances se trouve l'entrée des anciennes carrières de pierres de liais et moellon.
A l'Ouest, face au grand portail du parc, s'est élevée, en 1970, la résidence des Tilleuls dont une partie a annexé les champs voisins appartenant à l'Assistance Publique.

     La référence à l'ancienne propriété PARFONRY permettait d'apporter quelques éléments sur l'histoire de cette maison. Construite dans la suite du lotissement du château des Buttes, la villa intègre de nos jours l'espace acquis par le Carmel Sainte-Thérèse. François-Xavier l'a fait construire au moment de son plein essor économique1. Tout comme le Château des Buttes qui lui est attenant, cette maison est reprise dans la liste de l'Inventaire général du Patrimoine culturel de la ville de Créteil2.

      Mais le plus intéressant probablement réside dans le caractère architectural extérieur de cette villa. Manifestement, et comme une preuve irrévocable de son origine, François-Xavier a tenu à maintenir un style flamand dans la construction. Le plus éloquent est sans conteste la façade triangulaire, en briques rouges et jaunes, élancée vers le haut, avec un léger rappel sur le côté droit d'un pignon en échelons (ou en gradins ou en pas-de-moineaux), cachant en partie le toit, si caractéristique de ce style. La présence d'une tourelle en façade complète l'ensemble pour en authentifier l'inspiration.

     Par ce type d'architecture, preuve est faite que François-Xavier a été influencé dans son jeune âge par le style des maisons flamandes. Attestant qu'il a résidé probablement à Anvers avec son père dans sa jeunesse. C'est peu avant d'atteindre sa vingtième année, qu'il décide de migrer vers la France, très certainement à la même période (fin 1839) où son père quitte la ville d'Anvers pour s'installer à Bruxelles (voir article : Parfonry contre Laruelle en 1839)A Neerheylissem, son lieu de naissance, il n'a pas du y garder des liens très intenses. Son oncle Emmanuel  n'ayant déjà pas été relevé comme témoin le jour du mariage de ses parents en 1821 (voir article : L'acte de mariage de Jean et de Jeanne ). Son prénom avait disparu de la mémoire locale à partir de ce moment. Ce qui explique que mon grand-père, l'instituteur, n'en ait jamais fait mention.

    Le style si particulier de cette villa dans une localité en bordure de Marne apporte une certaine consistance dans la connaissance du personnage du marbrier François-Xavier. On y voit l'explication d'un attachement à son installation en pays flamand, et une reconnaissance, au travers du style de cette villa, à la qualité de sa formation. Son cadre de vie en Flandre et probablement une conception assez esthétique dans le travail, découlant d'études artistiques approfondies, sont désormais relevant.

     Voici retrouvée une mémoire perdue et réinsérée dans la connaissance de ce patrimoine familial. Oubliée des regards et des souvenirs, elle nous réapparait grâce à l'existence de réseaux locaux à vocation d'amélioration, de promotion, de concertation, d'information quant à la qualité du cadre de vie des quartiers.

      Reste à envisager une intrusion dans le monde cloitré d'un Carmel pour visiter l'intérieur de cette villa qui doit probablement renfermer quelques belles réalisations architecturales3.

N.B. : Merci à Maurice DUPREZ du Comité de quartier Buttes-Halage Créteil pour l'envoi des photos de la villa de François-Xavier PARFONRY

1  L'acte d'achat du terrain en 1860 avec la signature de François-Xavier est disponible dans la revue Cahier du Petit Massueux, n°1, octobre 1983 "Les Buttes" ;

2 Au même titre que le monument sépucral de la famille PARFONRY au cimetière de Créteil ;

3 La villa a été vendue après le décès de son fils Paul, probablement vers 1930 ;

La villa de Créteil retrouvée (credit : Maurice DUPREZ)

La villa de Créteil retrouvée (credit : Maurice DUPREZ)

Vue de la villa avec le pignon en gradins caractéristique du style flamand

Vue de la villa avec le pignon en gradins caractéristique du style flamand

Arrière de la villa (credit : Maurice DUPREZ)

Arrière de la villa (credit : Maurice DUPREZ)

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