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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 19:04

       Les informations et analyses contenues dans cet article pourront être considérées comme un peu indigeste à comprendre par la plupart des lecteurs réguliers de ce blog. La rédaction se différencie assez de ce qui en est généralement relaté, à savoir, la présentation d'un fait divers, d'un fait de société, voire de la découverte d'un indice, d'une photo qui s'en trouve incorporée dans un contexte précis. Rien de tel dans ce cas. La généalogie a repris le dessus momentanément pour répondre à l'une des questions prioritaires non résolues à ce jour.

      Le mausolée de Créteil, monument imposant en soi et centre de convergence de nombreux membres de cette famille Parfonry, gardait sur ses stèles l'une des inconnues les plus tenaces à résoudre. Deux noms y étaient inscrits que rien ne reliaient aux autres personnes qui y sont enterrées. Que venaient faire à cet endroit des noms comme Goossens et Logé.1. Hormis le fait qu'ils portent l'un et l'autre, des noms d'origine belge, quel lien pouvait exister pour qu'ils se retrouvent, tous deux, gravé à cet endroit ?  

      La réponse vient probablement d'être trouvée. Le blog a joué parfaitement son rôle attractif et convivial. Il a réussi à combler mes lacunes en généalogie, mes peurs aussi de me perdre dans le dédale des fiches numérisées ou non des archives. Grâce à l'appui d'Annick CourbeConservatrice du cimetière communal de Créteil, la source intelligente de l'histoire de ce cimetière, des informations essentielles m'ont été transmises. Une fois encore, à la manière d'Hercule Poirot, le rassemblement des indices nouveaux, se mélangeant aux données déjà connues, a apporté sa solution.

     Une certitude en découlait directement. Au vu de la date de décès des deux personnes, 1885 pour Logé et 1888 pour Goossens, ce ne pouvait être que François-Xavier qui avait autorisé la présence de ces deux noms. Cette constatation permettait d'entrevoir une perspective de solution soit au niveau familial, soit en lien avec son entreprise de marbrerie. Comme il en découlera, les deux approches finiront pas se combiner. A cela, venait s'ajouter le fait que Paul Parfonry, le fils de François-Xavier, était déclaré "cousin de la mariée" au mariage d'une dénommée Mary-Cécile Logé en 1911 (voir article : Paul est invité à un mariage), plus connue comme traductrice sous le pseudonyme de Marc Logé (voir articles : A la recherche de la famille Logé ; Du nouveau sur la famille Logé) .

       Les recherches menées dans les archives par la Conservatrice relancent la question sur les inconnus de Créteil. Combinés avec ceux déjà établis, ils doivent nous conduire à trouver l'explication plausible. De manière succincte, on reprend les points essentiels des récentes découvertes sur les deux noms gravés dans la pierre de Créteil.

sur Goossens : il s'agit de Charles, Frédéric Goossens, célibataire, décédé le 29 février 1888 à Paris (10ème Arndt.) à l'âge de 37 ans, fils de Jean-Baptiste Goossens et de Louisa Parfonry ; il est mentionné comme sculpteur sur l'acte de décès ;

sur Logé : n'ayant pas trouvé de traces sur tous les arrondissements de Paris, ni à Créteil, la seule référence avérée est relative a une dame Joséphine Logé, célibataire, née à Anvers et décédée le 30 août 1885 à Paris (9ème Arndt.), à l'âge de 67 ans, fille de sieur Logé (sans prénom) et de Louise Lallemand; elle est mentionnée comme rentière sur l'acte de décès ;

     Comme toujours, à partir de ses quelques éléments, efforçons-nous d'en retirer le maximum de conclusions :

- Si l'année de naissance de Charles Goossens est inscrite sur la stèle (1851), celle de Joséphine Logé (1818) est aisément déduite de ces nouvelles informations ;

- il est indéniable que les liens de Joséphine Logé avec Anvers, son lieu de naissance d'une part, et avec Louise Lallemand d'autre part, ne peuvent qu'attester qu'il s'agit de la personne inscrite sur la stèle; les concordances sont trop nombreuses pour ne pas en être assuré.

- Louise Lallemand n'est autre que la soeur de Jeanne Lallemand, la mère de François-Xavier, née en 1797, et de Ferdinand Lallemand, déclaré comme plafonneur, né en 1803. Louise était leurs ainée, étant née en 1786 à Neerheylissem, tout comme Jeanne et Ferdinand2.

- La ville d'Anvers est de nouveau présente, attestant qu'elle fait intrinsèquement partie de l'environnement de proximité de cette saga.

- Le fils ainé de Ferdinand Lallemand, né le 26/10/1839 à Neerheylisem, a été prénommé François-Xavier2. Peu courant, voire assez peu utilisé à cette époque (voir article : Explication sur le choix de François-Xavier comme prénom), on pourrait y voir, dans ce choix, un certain lien de proximité avec notre marbrier. Ce fils est décédé en 1912 à Sint-Truiden (Saint-Trond), démontrant par là qu'il a du rester vivre en région flamande.

- Compte tenu qu'aucune Louisa Parfonry3 n'est connue et n'a jamais été retrouvée sur un acte d'état civil, une présomption tendait à me laisser croire que Louisa Parfonry, la mère de Charles Goossens, n'était en définitive que Louise Lallemand ; la transformation du prénom de Louise en Louisa pouvant s'expliquer par une influence flamande dans l'écriture, suite à son passage par Anvers. Seul point divergent, elle aurait eu 65 ans à la naissance de Charles GOOSSENS, ce qui est assez peu crédible pour en être sa mère. La découverte en juin 2015 d'un acte de naissance à Anvers au nom de Maria Ludovica PARFONRY apporta la réponse (voir article : Jean se dévoile un peu plus et Ferdinand est bien de la famille - Anvers  2). Soeur cadette de François-Xavier, le lien avec Louisa ne laissait aucun doute. L'année de naissance et la ville d'Anvers répondent aux incertitudes du nom de baptême.

- Sans que l'on puisse établir du type de lien existant entre Joséphine Logé et Mary-Cécile Logé, la mention de cousin présente un début d'explication. Même si, à ce stade, on peut considérer que la relation entre les familles Parfonry et Logé reste assez ténue.

- Etant renseignée comme rentière sur son acte de décès, Joséphine Loge devait avoir hérité de quelqu'un pour bénéficier de cette situation. Le prénom de son père n'ayant hélas pas été mentionné, l'explication reste à découvrir.

- Le nom de Lallemand résonne à plusieurs reprises dans les mariages des Parfonry de Neerheylissem. L'affinité entre ces deux familles est due probablement à l'importance numérique prise par cette famille Lallemand, installée à Neerheylissem depuis le début du 18ème siècle2. Elle constituait un réservoir conséquent de candidates au mariage.

      Sous réserve d'une confirmation par un acte officiel, l'explication du cousinage entre les familles Parfonry et Logé semble avoir été trouvée. Ni plus ni moins qu'un simple cousinage lointain par alliance. Joséphine Logé, renseignée sur une stèle adjacente du cimetière de Créteil, serait de fait ..... la fille de la soeur de la grand-mère paternelle de Paul Parfonry  où si on préfère ..... la fille de la soeur de la mère de François-Xavier (ce qui plus clairement se dit être la cousine germaine de François-Xavier). Assez compliqué à retenir mais assez plausible. Autre inconnue découverte en parallèle, la tombe de Marie-Cécile Logé, la fameuse cousine de Paul, décédée en 1949, a été retrouvée récemment dans le cimetière de Barbizon4(voir article : La tombe de Marie-Cécile Logé est découverte).

      Comme prévu, la présence de Charles Goossens est bien la résultante d'une combinaison entre sa situation familiale et son métier de sculpteur, très certainement dans l'entreprise de la rue Saint-Sabin (voir article : Ce qui reste de l'atelier du marbrier).

       Il est avéré que la ville d'Anvers a bel et bien été le réel lieu d'installation avant d'entreprendre la migration vers la France. C'est probablement dans cette ville que Jean Parfonry aura rencontré Jeanne Lallemand, avant de retourner à Neerheylissem pour se marier. Les données rassemblées sur la généalogie Lallemand2 avaient déjà mis en évidence ce phénomène de déplacement vers Anvers pour de nombreux membres de cette famille, originaires de Neerheylissem.

      Dans la famille Lallemand, le lien entre les soeurs Jeanne et Louise d'une part et les soeurs Amélie et Julienne d'autre part (voir article : Le magasin Delhaize dans la rue des Charrons), n'a pas du être un facteur de rapprochement familial. Il faut remonter à leur arrière-grand-père Jean, marié à Neerheylissem en 1724 pour voir apparaître un ancêtre commun. C'est probablement, à peu de chose près, ce qui a du se passer chez les Parfonry où la lignée française, installée à Anvers en Flandre, s'est peu à peu éloignée de la branche belge résidant en Wallonie. Il faut remonter au grand-père de François-Xavier, né en 1762 à Neerheylissem, pour retrouver un ancêtre commun aux deux lignées, même si l'horloger Emile PARFONRY de Bruxelles avait encore connaissance de l'existence de PARFONRY à Paris en 1930..

 

1 Selon Annick Courbe, ces noms n'étant pas enregistrés dans le registre communal de Créteil, il est probable que ces deux personnes ne soient pas inhumées à cet endroit ; les noms sont gravés, en outre, sur une sorte de stèle bien distincte de celle du grand monument ;

2  DELANDE Jean (1991) : Généalogie des LALMAND de 1687 à 1991, Hélécine, 131 pages,(ronéo) ;

3  Et aucune Louisa PARFONDRY n'est recensée dans la généalogie des PARFONDRY ;

4 Information transmise par Hélène RICHARD qui signale par ailleurs que cette tombe va être enlevée  par la commune pour cause de non entretien ;

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