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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 14:21

      Une nouvelle fois, le blog a joué son rôle de lieu de rencontre. Peu après la découverte sur les noms non identifiés du mausolée de Créteil (voir article : Les inconnus de Créteil sont élucidés), une autre incertitude a été levée. Toujours en rapport avec cette famille Loge, la transmission de plusieurs photos par Hélène Richard, que je remercie, se trouve à la base de cette nouvelle avancée.

   La famille Loge commence à nous être un peu connue. Au travers d'informations successives (voir articles : Paul est invité à un mariage ; A la recherche de la famille Loge ; Du nouveau sur la famille Loge), on y a détaillé certains aspects de leur parcours les ayant amenés à côtoyer la famille Parfonry. A tout cela vient à présent d'y être incorporée la découverte de la tombe de cette cousine Mary-Cécile Loge dont Paul Parfonry officiait en tant que témoin lors de son mariage en 1911 avec Henri Verne, le futur Conservateur du musée du Louvre.

     Dans le cimetière de Barbizon, une stèle funéraire, située sur le côté droit peu après l'entrée, le long du mur d'enceinte, mentionne la présence de Mary-Cécile Loge et de sa mère Mary Ennis Loge, née Woodruff. Selon les documents administratifs, l'acte de concession a été enregistré le 22 décembre 1921 par la mère et comporte de fait quatre emplacements (n° 116 à 119)S'il y en a bel et bien quatre, les registres n'y ont enregistré que deux sépultures. En premier, celle de la mère décédée en septembre 1941, à l'âge de 85 ans et en second celle de sa fille Mary-Cécile, décédée en avril 1949, à l'âge de 62 ans. Contrairement à ce qui avait été écrit précédemment, Mary-Cécile Loge n'est pas retournée vivre définitivement en Angleterre.

    Toute la question est de déterminer pour qui étaient destinés les deux derniers emplacements. Certainement pas pour Henri Edouard Loge, le mari et le père. Célèbre compositeur de musique et pianiste de talent, ce dernier est en effet décédé en 1912, bien avant l'attribution  de la concession en 1921. On sait par ailleurs qu'il est enterré dans une obscure ville du Pays de Galles. Quelles étaient les intentions de Mary Ennis, la mère, au moment de l'enregistrement de cette concession perpétuelle en 1921 ? A qui étaient destinés les deux autres emplacements ? Bien difficile d'y répondre de nos jours d'autant que Mary-Cécile, divorcée rapidement, n'a très probablement pas eu d'enfant. 

    La stèle funéraire est complétée d'une citation : God is in all and above all1. C'est une phrase, extraite de la Bible, qui est assez couramment utilisée pour souligner que la reconnaissance à cette croyance donne à la vie un témoignage de simplicité et de satisfaction. 

     Reste maintenant à expliquer cette présence à Barbizon. Il était attesté que Mary-Cécile Loge avait habité à un moment donné dans le quartier des Batignolles (17ème Arndt.). Bilingue Français - Anglais, elle exerçait, sous le nom de Marc Loge, le métier de traductrice de livres. Ses dernières traductions remonteraient à 1934, à l'âge de 47 ans. Sa mère, mariée à Paris en 1886,  était probablement venue s'installer dans cette commune à une époque où les peintres pré-impressionnistes de l'école de Barbizon commençaient à être remplacés par les écrivains, les philosophes et les comédiens. Peu après le décès de son mari en 1912, elle a du venir y habiter. L'acte de concession de 1921 en atteste. Et sa fille s'y est sans doute installée au moins après son décès en 1941, sinon plus tôt. D'autres actes à la commune peuvent sans doute contenir certaines informations pertinentes sur cette présence.

     Et c'est probablement au décès de Mary-Cécile Loge, en 1949, que les quelques beaux meubles de cette famille ont atterri chez Georges Parfonry, le petit-fils du marbrier, dans l'immeuble de la rue Jouffroy à Paris. Une sorte de retour vis à vis de l'attention bienveillante apportée au siècle précédent à l'encontre de Joséphine Loge (voir article : Les inconnus de Créteil sont élucidés). Mary-Cécile, étant née deux années après le décès de Josèphine, n'a pu la rencontrer. Et le lien familial entre les deux personnes n'a pas encore pu être déterminé. Une autre raison, encore indécelable de nos jours, devait justifier de cet héritage.

     La sépulture est par ailleurs en danger. Un état d'abandon a été constaté en date du 20/09/2011, réitéré par une observation d'absence de travaux en date du 30/01/2012. Le délai des 90 années octroyé à la concession est dépassé. Sa suppression ne serait dès lors plus qu'une question de timing.

     Celle qui devrait faire partie des célébrités de la commune, en tant que traductrice de romans d'Agatha Christie, d'épouse d'un des plus célèbres Conservateurs du Musée du Louvre et fille d'un pianiste et compositeur reconnu, risque dès lors de disparaître définitivement des mémoires. Au - travers des articles parus dans ce blog, n'est-il pas justifié au contraire de conserver un témoignage sur une personne dont la vie mériterait, avant tout, d'être mieux étudiée par les historiens ? Les responsables communaux de Barbizon pourraient en préalabe en discuter avec les associations locales concernées et évaluer ensuite de l'intérêt du maintien de cette sépulture.

 

1 Traduction : Dieu est en tout et par-dessus tout ;

La concession Logé au cimetière de Barbizon (credit : Hélène RICHARD)

La concession Logé au cimetière de Barbizon (credit : Hélène RICHARD)

La plaque funéraire Logé (credit : Hélène RICHARD)

La plaque funéraire Logé (credit : Hélène RICHARD)

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