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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 08:56

    1914 - 2014, voilà cent années précisément que démarra ce conflit mondial qui provoqua une hécatombe dans les rangs des soldats de toutes les nations engagées. Que de souffrances, d'appels à la mémoire ne viennent nous le rappeler à la vue de tous ces monuments aux morts dans les villages, ces stèles dans les cimetières civils, ces étendues de croix dans les nombreux espaces réservés. En cette année de commémoration, quoi de plus normal de se rappeler certains aspects de cette période. 

     En 1914, les deux fils de Paul, l'artiste peintre, sont en âge d'être réquisitionnés. Georges, né en 1894 et Jean en 1895 partent donc au front. Si l'aventure de Jean  a déjà fait l'objet d'un récit (voir article : Jean est cité à l'ordre de l'armée), rien n'avait encore été relaté sur son frère Georges.

      Son parcours de guerre est relativement très sommaire. Georges a du combattre au début de la guerre comme plusieurs milliers d'autres. Et comme plusieurs milliers d'autres, il sera comptabilisé au nombre des 300 000 prisonniers français, dont 40 000 moururent en captivité. Sa guerre, en tant que soldat, Georges la passera au camp de Meschede, situé à l'Est de Dortmund, en Westphalie. Si son parcours de soldat au front est méconnu, son nom est repris dans la liste n° 38 des prisonniers français, publiée le 15 août 1915 par la Gazette des Ardennes1. Il y est caractérisé, comme chaque prisonnier, de quelques mots abrégés (y compris une erreur dans l'écriture du nom) : Parfoury Georges, Paris, cap., inf 155. Selon la chronologie des combats2, très vraisemblablement dans le 155ème Régiment d'Infanterie, il a du participer à ceux de la Marne, de la forêt d'Argonne puis à la première bataille de Champagne avant d'être fait prisonnier. 

      Ce séjour de Georges est par ailleurs approfondi au travers de deux documents. Le premier, curieusement, nous est présenté sous la forme d'une simple aquarelle reproduisant l'univers carcéral de Georges, à l'intérieur d'un de ses baraquements. Une reconstitution de ce que fut sans doute son cadre de vie. La simplicité des objets, le style relativement maitrisé des formes et des perspectives ne suppriment pas toute l'émotion ressentie en regardant ce tableau. Au milieu de tous ces charniers, de tous ces combats, de tous ces morts, une sorte d'humanité, de chaleur se dégage de cette cellule. Nous faisant oublier la réalité proche. Georges, influencé sans doute par les conseils donnés par son père, a pu lui aussi, faire ressortir le sentiment de l'utile, d'une certaine douceur de vivre. Bien qu'austère au niveau du décor et du mobilier, on n'y ressent nullement un environnement de camp de travail entouré de fils de fer barbelés et de miradors. Son grade d'officier (probablement celui de capitaine) lui aura certainement permis de bénéficier de conditions moins dures. Les quelques 12 m2 approximatifs de sa cellule constituent indéniablement l'expression d'un statut reconnu.

       C'est cette même analyse qui ressort du second document.  Orchestré probablement par les services de propagande allemande,  on y voit Georges, sur une photo3 datée de janvier 1916, assis à gauche, en compagnie de quatre autres prisonniers (maitre d'arme VAN HAULEM, soldat LACROIX, adjudants BAUSCH et PECTOR). Indéniablement, on n'y ressent pas d'insécurité, de privations, de confinement. L'une de ces photos de propagande, comme la plupart de celles que l'on peut visionner de nos jours sur différents sites4, ne montrant qu'un certain regard sur cette ambiance, ayant supporté préalablement la censure allemande. 

       Sa présence à Meschede est également confirmée par la réception de deux lettres adressées aux siens5. Portant le matricule 21555, il y est référencié qu'il a occupé les baraques 44 et 6. 

      Le danger, de rassembler de telles photos sur des sites voulant rendre témoignage de cette période, est réel. Un certain regard, loin de la réalité au final ......Un faux semblant donnant le bon rôle aux prisonniers par rapport à ceux qui sont restés dans les tranchées pendant quatre longues années. Il y eut quand même 1,4 millions de soldats français qui périrent ou furent portés disparus. Soit pratiquement cinq fois plus que de prisonniers.

      Existe t-il un lien entre cette présence de Georges à Meschede et l'apparition de ce tableau de Paul en Allemagne (voir article : Un tableau de Paul en Allemagne) ? Selon ma propre analyse, la présence de Georges dans la Sarre, après 1930, me semble plus plausible. Il est difficile de croire que Georges se promenait avec un tableau de Paul lors de son arrestation par l'armée allemande en 1915. 

 

1 Journal ayant été repris  par la propagande allemande ;

2 J. PRIGENT : Historique du 155ème Régiment d'Infanterie pendant la guerre 1914-1918, Impr. Berger-Levrault, 21 pages, non daté, site http://www.ancestramil.fr/uploads/01_doc/terre/infanterie/1914-1918/155_ri_historique_1914-1918.pdf ;

3 photo transmise par Agnès PARFONRY ;

4 le site : http://hpgrumpe.de/meschede/lager/lager.html, présente des photos de prisonniers en différents endroits de ce camp de Meschede ;

5 lettres visionnées chez Jean-Pierre PARFONRY ;

Aquarelle peinte par Georges PARFONRY au camp de MESCHEDE (credit : Patrick PARFONRY)

Aquarelle peinte par Georges PARFONRY au camp de MESCHEDE (credit : Patrick PARFONRY)

Georges (assis à gauche) au camp de Meschede en janvier 1916

Georges (assis à gauche) au camp de Meschede en janvier 1916

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commentaires

P
Merci Roland d'avoir situé cette aquarelle dans son contexte. Tu illustre une nouvelle fois ta persévérance dans la quête d'informations relatives aux Parfonry et ton esprit de synthèse. Bel hommage pour le centenaire des poilus et particulièrement à la mémoire de mon grand-père. PP
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  • : Le cadre directeur de ce blog consiste à réunir ce qui peut être transmis sur un patronyme. La présentation de tous ces personnages n'est finalement qu'une manière de transférer un patronyme. Qu'il soit culturel, social ou historique, ce patronyme ne fait que proposer un film dans lequel les séquences sont des instants de vie. L'environnement, le vécu de chacun a probablement plus d'impact sur ce que nous ressentons. Les gênes se diluent plus vite que le lien avec le mode de vie et les rencontres. Cette vision oblige à élargir le champs d'investigation en déviant de l'aspect purement généalogique. La découverte de nouveaux indices motive et assimile parfois cette recherche à une enquête. L'histoire ne peut être racontée de manière linéaire. Chaque élément, chaque personnage a droit à son histoire dans le récit tout en suivant le dénivelé et les courbes imposés par les aléas de l'Histoire et de la vie. Contrairement au patrimoine, un patronyme se voit contraint de s'adapter aux vicissitudes des évolutions sociales et des guerres. Le contenu des quelques 350 articles de ce blog a été rassemblé dans un livre intitulé "La véritable saga des PARFONRY de Neerheylissem - L'histoire d'un toponyme devenu un patronyme ".
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