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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 10:23

    Comme une habitude qui se manifeste par intermittence, une nouvelle peinture de Paul est réapparue assez singulièrement. Un tableau, dont le thème avait déjà été relaté à plusieurs reprises (voir articles : Paul Parfonry dans la revue "Famille" ; Une tasse de thé de Paul à Madrid ; Le modèle de Paul), a été localisé en Allemagne.

    Présente toujours de nos jours dans la famille DETERMEYER, une autre version de cette représentation de La tasse de thé, s'intitulant La fin du repas1 s'ajoute désormais à la liste des tableaux reconnus de Paul. Achetée selon toute vraisemblance avant 1940 par une grand-mère, selon les informations transmises, elle se retrouve de nos jours accrochée à un mur de la maison familiale des DETERMEYER. La mémoire pour retrouver une trace du parcours de cette peinture entre la France et l'Allemagne semble cependant s'être évaporée à travers les années. Une seule piste peut s'avérer intéressante à suivre. Celle de Georges, le fils de Paul, qui fut prisonnier au camp de Meschede, en Rhénanie-Nord-Westphalie, durant la première guerre mondiale. Par la suite, par sa connaissance acquise de l'allemand, il travaillera pendant quelques années dans la Sarre pour la Compagnie Electro-Comptable2, afin de mécaniser, en utilisant les nouvelles machines à cartes perforées, les fiches de paie des mineurs3. La France avait en effet obtenu, dans le cadre du Traité de Versailles, la propriété des mines de charbon de cette région. Ce statut se prolongera jusque la décision de rattachement à l'Allemagne en date du 13 janvier 1935. Les deux familles ont pu se rencontrer au cours de l'une de ces deux périodes (1914-1918 ; 1930-1935). Simple supposition restant à étayer du côté allemand.

     Cette représentation de cet instant d'échange, partagé par l'intermédiaire d'une tasse de thé, semble avoir été l'un des sujets favoris de Paul. Il parvenait à maitriser avec habilité, toute cette intimité en insérant des personnages au milieu d'intérieurs bourgeois du XVIIIème siècle. Respectant l'harmonie des proportions, les sentiments de douceur, d'affection et de respect ressortent à merveille de ces tableaux dèja visionnés. A remarquer particulièrement dans ce cas-ci, la diagonale qui s'affiche au premier coup d'oeil, reliant d'un trait le regard des deux personnages et le bouquet de fleurs. Celui de la demoiselle hésite d'affronter celui de son chevalier et trouve la parade en le dirigeant plus loin, mettant de ce fait plus en évidence cette petite table-rognon, à l'évidence pas bien utile. 

   Comme à l'accoutumée, Paul insère, dans le décor, du mobilier qui existait réellement dans l'hôtel particulier de la rue Jouffroy. Outre le paravent qu'il affectionnait d'introduire en l'agrémentant de tissus différents, on y retrouve les deux chaises de salon mais surtout la petite table avec sa tablette inférieure en forme de rognon4. Toujours présente de nos jours comme l'atteste la photo ci-jointe5, elle a parcouru le XXème siècle, accompagnant l'histoire de la famille. 

    Le modèle féminin de ce tableau ne ressemble pas au modèle décrit sur la précédente version (voir article : Le modèle de Paul). Si la couleur des cheveux peut se comparer à un blond vénitien, le nez et la pommette du personnage ne ressemblent nullement à ceux de Berthe MADELEINE, authentifiée sur l'autre peinture.

    Plusieurs versions de ce tableau ont été probablement peints par Paul. Dans une boîte en fer, l'une de celles-ci fut retrouvée, reprise sur une photo cartonnée. La demoiselle est cette fois assise, ayant accepté l'invitation de son chevalier. Par contre, le bouquet de fleurs n'est plus aussi frais. Elle n'a d'ailleurs plus l'envie de le regarder.

    La palette des tableaux retrouvés de Paul s'élargit. La liste est sans doute loin d'être close.

1 sur base d'un texte mentionné sur une photo cartonnée, retrouvée dans une boîte en fer ;

2 précédemment dénommée Société internationale de machines comptables (SIMC) puis Société française Hollerith avant de devenir IBM France en 1947 ;

3 selon la littérature, les premières machines à cartes perforées seraient apparues en France au début des années 1930 ;

4 rognon : terme résultant de la forme d'un haricot ou d'un rein de la tablette ;

5 on y remarque, sur la tablette inférieure en forme de rognon, la présence de la boîte en thuya, ramenée récemment d'Essaouira au Maroc par votre fieldmouse ;

La fin du repas :  Une autre version du tableau " La tasse de thé " (credit : Detlef DETERMEYER)

La fin du repas : Une autre version du tableau " La tasse de thé " (credit : Detlef DETERMEYER)

La table-rognon apparaissant sur le tableau (credit : Martine PARFONRY)

La table-rognon apparaissant sur le tableau (credit : Martine PARFONRY)

Une photo d' une autre version de la peinture La fin du repas, sur papier cartonné, réalisée par les studios A. BLOCK, installé au 91 Bd. de Sébastopol à Paris

Une photo d' une autre version de la peinture La fin du repas, sur papier cartonné, réalisée par les studios A. BLOCK, installé au 91 Bd. de Sébastopol à Paris

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commentaires

Servotte 18/04/2014 17:52

Où vas-tu dénicher toutes ces infos ????