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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 16:40

     La réalité de la bataille contre le virus EBOLA est présente dans les médias. La maladie continue à se propager. La peur de la contamination vers d'autres pays en est la crainte latente.

      A quoi est liée cette peur ? Très certainement, au risque de la voir apparaître dans nos contrées. Même si, cette maladie provoque, là même où elle sévit, beaucoup moins de morts que bien d'autres affections, à commencer par le choléra1. En ajoutant, pour notre part, que les efforts mis en place pour circonscrire l'épidémie peuvent expliquer en partie cette différence. Comme si cette comparaison entre Ebola et Choléra devait nous aider à nous souvenir des antécédents. Les grandes épidémies, ce que l'on appelle pandémie2, semblent sorties de nos mémoires collectives. On n'en parle plus vraiment. Aucune chapelle, ni potale ne semble avoir été édifiée en remerciement d'une guérison du choléra3. Comment peut-on dès lors s'en souvenir ? Qu'en est-il réellement ?4

      Les années 1918-1919 ont vu se développer la grippe espagnole avec ses dizaines de millions de morts. Sans doute la plus importante épidémie de notre Histoire moderne. La censure, mise en place par les vainqueurs de la guerre, en a empêché d'en diffuser les informations dans les journaux, préférant conserver vis à vis des populations les sentiments de vainqueur et de nécessité de reconstruction. Et empêchant dès lors que la mémoire collective s'en accapare. 

     Mais pourquoi donc cette comparaison entre Ebola et Choléra ? Alors qu'il faut remonter au XIXème siècle pour faire état de ce type de pandémie.  Plusieurs d'entre elles  se sont développées en un peu plus d'un demi-siècle avant que Robert KOCH n'identifie le bacille en 1883, limitant sa propagation5. La Belgique n'y a pas échappé. La plus meurtrière, la quatrième, en 1866, a causé la mort de 43 000 personnes en 6 mois dans notre pays.

    Et preuve de ce fléau, notre patronyme y a été lié. Outre Jean Joseph PARFONRY de la branche d'Erezée, déjà apparu sur ce blog (voir article : La plus vieille croix funéraire), une autre famille fut plus gravement atteinte. Un père, l'un de ses fils et l'un de ses beaux-fils sont décédés en cette année 1866, ayant été touchés par cette pandémie de choléra. 

    Il y eut Joseph Lambert PARFONDRY, né à Huy en 1803, et décédé à Havelange le 03/08/1866. Suivront son fils cadet Léonard Joseph PARFONDRY, né à Havelange en 1850, et y est décédé le 30/08/1866, tout comme Joseph Ferdinand LAYS,  le 31/08/1866, époux d'Eléonore PARFONDRY (1831, Havelange -1903, Havelange), fille ainée du premier6.

     Qui sont ces PARFONDRY d'Havelange pour lesquels nous n'avions pas encore porté notre attention ? Leur provenance de la ville de HUY ne semble pas faire de doute. Jean Joseph PARFONDRY, le père de Joseph Lambert y est né en 1757 tout comme son fils en 1803. Décédé à Havelange en 1819, cela donne une indication sur l'année de migration vers Havelange, soit aux environs de 1810. Ils doivent, de ce fait, très probablement être reliés aux PARFONDRY de la branche de Forchies-la-Marche, dont la filiation les fait remonter également à la ville de HUY (voir article : Découverte du lieu de naissance de Mengold PARFONDRY). Et rappelons que cette ville de Huy, la première des villes européennes, reconnues comme ayant reçu en reconnaissance une Charte des Libertés, est située à proximité de cette terre de PARFONDRY, le long de la Meuse (voir articles : La terre de Parfondry a bien existé ; Le site du lieu de Parfondry a bien existé). Nous avons la filiation parfaite permettant de remonter à l'une des origines les plus anciennes de notre patronyme.

  De nos jours, cette branche d'Havelange ne serait plus représentée que par deux personnes de sexe féminin. Et donc malheureusement en extinction. 

     La mémoire est sélective, composée de quelques souvenirs, non sans omettre que l'oubli fait le reste dit-on. Deux éléments pour ne pas se rappeler de notre histoire, de l'évolution de notre société. Ne parlons pas des épidémies trop anciennes de peste dans nos villes au Moyen-âge, résultant des conditions d'hygiène et d'insalubrité. Mais qui connait encore ces cas de choléra, apparus chez nous, il y a moins de deux cents ans ? L'oubli, n'est pas volontaire dans ce cas. Il n'est pas dans le déni de vouloir occulter quelque chose du passé. L'oubli est scolaire, éducatif, sociétal. Un travail sur l'histoire d'un patronyme peut faire resurgir une telle connaissance. Et sans doute aider à comparer les phénomènes, en analysant les résultats du passé pour nous servir pour le futur. Et permettre d'y apporter une réflexion, une réponse et non un repli identitaire sur la peur. Qui se souvient de la lecture du livre Le Hussard sur le toit de Jean GIONO, dans lequel le choléra y apparait comme un symbole ? Dans ce cas, c'est la peur du choléra, la haine qui tue, pas le choléra lui-même. C'est ce que certains appellent l'altruisme rationnel.

     Mais rien ne vous oblige à penser comme moi .... (expression reprise de Pascal de SUTTER, Pensée incorrecte, Le Vif)

1 Jacques ATTALI : Contre Ebola, l'altruisme rationnel ; Le Vif L'Express n°43, 24-30 octobre 2014 ;

2 Pandémie : Epidémie présente sur une large zone géographique, à l'échelle internationale ;

3 Il est vrai qu'il n'y avait que peu de chances de guérison; l'expression "peur bleue" découle de cette épidémie car le malade prenait une couleur bleuâtre ;

4 Il ne sera pas fait allusion dans cet article à la pandémie du SIDA, considérant que cette maladie n'est pas intrinsèquement liée à la pauvreté ;

5 Le choléra est toujours endémique en Afrique de nos jours; le vaccin est assez peu efficace; 

6 Anciennement, dans le langage populaire, le choléra était appelé "trousse galant" du fait qu'il affectait plus spécifiquement les hommes que les femmes ;

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