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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 18:19

       Récemment retrouvée, la villa de Créteil, construite par François-Xavier PARFONRY en 1860, a déjà été présentée (voir article : La villa flamande de Créteil). Par la découverte, plus récente, des documents en rapport avec la succession, il est relaté que la propriété s'étendait sur 58 ares 96 ca. Outre une maison de jardinier, une écurie, un jardin, un parc boisé, cette propriété s'orchestrait autour d'une  maison d'habitation constituée d'un rez-de-chaussée et de trois étages. Disposant de nombreuses pièces, d'une salle de billard, l'élément le plus innovant relève sans aucun doute dans l'existence d'un calorifère dans les caves, remplaçant le classique foyer de cheminée. François-Xavier, dont la fortune provenait, pour une bonne part, de la production de cheminées en marbre pour les beaux immeubles haussmanniens, n'avait pas reculé devant ce tout nouveau mode de chauffage et de distribution de la chaleur. Témoignage de la modernité, de l'innovation, ayant caractérisé la vie de ce personnage.

      Vendue peu après le décès de son fils Paul, par la veuve de ce dernier, en 1921, cette propriété a subi plusieurs affectations. Achetée par un certain Louis Victor CHEVALLIER, architecte, elle a abouti de nos jours à être occupée par le Carmel Sainte-Thérèse. Ce qui n'a pas été probablement la meilleure initiative pour assurer la persistance des lieux dans son environnement initial. Installé à Natoye en Belgique en 1901, le Carmel avait fui en cela les vicissitudes de la loi française de cette même année1, contraignante pour les congrégations religieuses. Exilée volontairement comme de nombreuses autres pour échapper à une plus grande transparence, ce fut en définitive un exil fiscal vers la Belgique avant la lettre2.  Mais quelle mouche a piqué ce Carmel de revenir s'installer à Créteil en 1920 dans la rue du Moulin ? Pour finalement en arriver à venir squatter en 1949 la propriété de François-Xavier dans l' Avenue de Ceinture. En peu de temps, une bonne partie du jardin et du parc boisé ont fait place à des constructions destinées à la prière et au recueillement, indispensables pour la quiétude de cet Ordre religieux contemplatif. Comme si le calme d'une promenade dans un sous-bois et les odeurs d'un panel de fleurs ne pouvaient pas fournir un résultat similaire. Une chapelle, un cloitre avec son pré carré d'espace vert ont empiété largement sur le domaine initial. 

      Une configuration nouvelle s'appropriait l'espace du domaine. Ce qui ne nous a pas empêché de reformer la même mission exploratoiree que celle menée dans les murs de Paris en août 2013 (voir articles : Paris 1 à 6). Il fut décidé de retenter l'expérience. Les deux Parfonry, fact house, toujours accompagnés de leur conjoint, reçurent en plus l'appui de Françoise, l'ainée, la parisienne. Tous les cinq se mirent à rêver, quelques 95 années après s'en être éloigné, de pénétrer dans l'enceinte cloîtrée de ce lieu. Et l'approche permit de comprendre précisément l'origine de cet adjectif. Plusieurs tentatives s'avérèrent en effet nécessaires avant d'obtenir un rendez-vous avec la Mère Prieure. Qui fit la sourde oreille avant de réagir à la rédaction, par Agnès, d'une lettre rassemblant le maximum d'informations sur l'historique de cette maison. Ce qui eut comme résultat de provoquer le ressac espéré. Agnès reçut, la veille au soir de son départ, un appel téléphonique de la Mère Prieure, lui fixant un rendez-vous au Carmel pour le lundi 15 décembre à 12 heures 30. Il n'y avait plus qu'à obtempérer. L'ouverture divine tant escomptée avait été transmise à temps en empreintant une voie moderne de communication. Oufti, qu'allait-on y découvrir !!!

Plan des nouvelles constructions du Carmel Sainte-Thérèse de Créteil (La villa située à droite, n'est pas reprise sur cette photo)

Plan des nouvelles constructions du Carmel Sainte-Thérèse de Créteil (La villa située à droite, n'est pas reprise sur cette photo)

      La propriété est toujours entourée, semble t-il, de son mur en pierres d'origine. Par son regard perçant de bibliothécaire, habituée à fouiller dans la pénombre des catacombes des archives, Agnès remarqua de suite l'objet qui permettait de faire le lien avec François-Xavier. Encastrées dans la pierre, indissociable de cet endroit, la petite porte d'entrée donnant accès à la villa, est entourée de deux pièces en marbre griotte rouge (de Belgique !!). Etonnantes, ces deux plaques de marbre percées d'un demi-ballon et fixées à ce repaire de nonettes. Probablement jouant un rôle de support à une manette reliée à un câble qui aurait actionné une sonnette3. Le plus remarquable restait cependant à découvrir. Au fond de la partie incurvée, apparaissent encore très lisiblement les lettres P Y. On ne pouvait avoir une meilleure preuve pour attester d'un lien avec le premier locataire du lieu. P Y, deux lettres sans contrefaçon évidemment pour PARFONRY. Plus subtil et plus clairvoyant que la cheminée retrouvée au musée Carnavalet (voir article : La cheminée est toujours au Musée Carnavalet, Paris 2), ce sigle nous était visible, tel la découverte du secret d'une chasse aux trésors. Une sorte de Da Vinci Code qui avait conduit les alter ego du Professeur Robert LANGDON et de la cryptologue Sophie NEVEU à suivre une piste qui les aura au final emmenée à une organisation religieuse. Le Carmel Sainte-Thérèse serait-il, dans ce cas, une sorte de Prieuré de Sion, détenteur d'un secret capable de détruire un dogme !!!. Y a -t-il un mystère qui se cache derrière le mur du Carmel ? A suivre ........

 

Porte d'entrée au 71 Avenue de Ceinture et détail de la plaque de marbre avec l'inscription P Y (credit : Roland PARFONRY)
Porte d'entrée au 71 Avenue de Ceinture et détail de la plaque de marbre avec l'inscription P Y (credit : Roland PARFONRY)

Porte d'entrée au 71 Avenue de Ceinture et détail de la plaque de marbre avec l'inscription P Y (credit : Roland PARFONRY)

1  La loi française de 1901 est une loi fixant le droit des associations et liant la liberté d'enseignement des congrégations religieuses à une plus grande transparence sur les recettes et la nécessité de disposer d'un compte financier annuel ; ce qui provoqua un exode en particulier vers la Belgique ;

2 A l'origine, installé rue de Grenelle à Paris, le Carmel Sainte-Thérèse a accueilli à plusieurs reprises des membres de la famille royale jusque la Révolution ;

3 dixit Patrick, le Mac GYVER familial ;

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