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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 17:45

    Un inventaire effectué précédemment (voir article : Ou il est question de lieux-dits) avait répertorié la liste des lieux portant notre patronyme. Assez exhaustif, sans être certain d'être complet, il abordait également la similitude que l'on pouvait y voir avec le toponyme se référant à la géographie du "val " .  

     Les approches successives, documentées principalement par des visites de certains de ces lieux-dits, vont nous faire comprendre progressivement que le rapprochement entre les deux termes n'autorise pas d'en faire un lien. La formation étymologique des Parfondval n'est en rien semblable à celle des Parfondry.  Il en est de même pour leur diversité dans la diffusion du patronyme et dans leur esprit de créativité. 

    Pour l'attester, nous nous basons sur un simple listing des endroits ayant préféré se caractériser par l'adjonction du suffixe val.

    Au niveau des villages, Parfondeval est recensé à cinq reprises en France :

-  dans l'Aisnes (02360), comme étant l'un des plus beaux villages de France; un château de Parfondeval y a existé, rasé en 1802 ;

- dans l'Orne (61400), dans le Parc naturel régional du Perche ;

- en tant que hameau de la commune de Londinières (76660) en Seine maritime

- en tant que hameau de la commune de Laboissière-en-Thelle (60570) dans l'Oise  ;

- en tant que hameau de la commune de Montreuil-sur-Thérain (60134) dans l'Oise ;

    Seule extension extraterritoriale avérée, un certain BOUCHER, un habitant de cette commune de l'Orne, a migré au Canada pour y fonder la ville de Boucherville (Prov. du Québec). Et pour rester dans la postérité, une rue de Parfondeval existe à cet endroit. 

      Au niveau des sites, une valleusec.à d. une dépression de terrain donnant un accès à la mer, est dénommée Parfondval, près de Criel-sur-Mer (76910), entre Dieppe et Le Tréport, en Seine - Maritime. Elle est considérée comme le plus charmant endroit pour apprécier les magnifiques falaises de la Côte d'Albâtre. Un château de Parfondeval a existé non loin à Londinières (76660) dans lequel y a habité un seigneur de Banastre de Parfondeval. Le domaine est toujours visible de nos jours. A l'autre extrémité, une gorge Parfondval, ayant servi pour alimenter l'aqueduc romain approvisionnant la ville de Metz, est localisée dans la commune de Gorze (57680) en Moselle.

     Pour la Belgique, une seule mention est citée au niveau des cartes avec le hameau de Parfonvaux dans la commune de Blégny (4671), près de Liège, auquel est adjoint une rue du même nom.

     Quant au patronyme, il semble que ce nom se soit limité au département de l'Aisnes. Les dernières lignées, recensées dans les arbres généalogiques, le situe dans les communes voisines de Montignies-sur-Crécy et de Monceau-le-Neuf-et-Faucouzy (02270). La dernière personne Marie-Catherine PARFONDEVAL, née en 1756, y est décédée en 1829. Ce qui pourrait indiquer qu'une origine belge de ce patronyme n'est en rien affirmée. Il ne serait plus présent de nos jours, ni en Belgique, ni en France.

    Sur le plan des médailles, le bilan est apparemment tout aussi faible. Pas de Légion d'honneur, ni de médaille de l'ordre de Léopold attribuées alors que chacune des composantes de notre patronyme, que ce soit Parfonry, Parfondry, Parfouru et même de Parfourru et Bordes-Parfondry, en ont été bénéficiaires.

      En définitive, pas de quoi pavoiser pour se comparer à notre patronyme. Manifestement, le nom n'a pas essaimé, se contentant de quelques endroits, restant probablement à l'abri au fond de sa vallée. Pour le dire de manière plus humoristique, un Parfondval est beaucoup plus casanier qu'un Parfondry.

     Par contre, si on relie les différents lieux-dits Parfondeval entre eux, on constate qu'ils suivent le même chemin que celui obtenu pour notre patronyme, comme s'ils avaient évolués au même rythme que ces vikings arrivés en Normandie avant de venir créer la pagaille à Laon et à Liège à la fin du IXème siècle. Il est attesté que certains se sont installés aussi bien dans la région de Laon que dans les environs de Liège (not. Montaigu), en échange d'une conversion au christianisme.

    Ce qui est nouveau dans l'analyse de toutes ces données, c'est que ce terme de Parfondval (toponyme et patronyme) serait plus volontiers originaire de France et non de Belgique. Et donc, dans ce cas, pourrait remonter à une période plus ancienne que la fin du Moyen-âge, période où le toponyme de Parfondry nous est apparu dans les textes dans la région de  Liège en Belgique. La plus ancienne mention de Parfondeval remonte à l'année 11641.

       L'autre hypothèse, déjà envisagée, et pour laquelle nous avons une préférence, ferait remonter ces toponymes à la période romaine, sauf probablement celui de Parfouru, un peu différent suite à une influence plus que probable d'un parler local. 

      Parfondeval serait simplement la contraction de Fundus et vallum, prise ici dans le sens premier de vallée profonde, tandis que Parfondry (de Fundus et rivus) ne se limiterait pas simplement à caractériser un lieu descendant vers une rivière. Il aurait, dans certaines situations, une connotation plus spécifique, liée à un usage économique. L'emploi de Fundus et rivus voulant signifier dans ce cas une terre produisant des ressources dans une partie basse humide. Le préfixe Par serait, quant à lui, relié à Parricus, signifiant Terrain défriché souvent enclos2

    Sauf intervention d'un expert attitré en matière d'étymologie et de dialectologie, on s'en tiendra, une fois pour toute, à ces explications pour apprécier  des origines de ces toponymes. Toutefois, l'homogénéité des lieux, par rapport à cette progression des vikings, est suffisamment interpellante pour qu'on prenne  conscience qu'il doit bien exister une explication. La nature calcaire des sols des régions traversées par ces lignes (Pays de Cau, Nord du Bassin parisien, Champagne, Calestienne) pourrait être un début d'une autre interprétation. Il ne faut pas croire au hasard qui n'est en fait que le résultat de la concordance de rencontres antérieures (voir article : Il était une fois la canne à sucre). Notre seuil d'incompétence ne pourra cependant trouver de réponses scientifiques sur ce point.

 

1  Attestation de propriété de la grange de Parfondeval à l'abbaye de Froidmont, située dans l'Oise (bulle du pape Alexandre III) ;

2 Ce paragraphe se positionne sur base d'interprétations toutes personnelles ; il n'est en rien basé sur une littérature existante, not. les livres d' A. Carnoy, de J. Germain et J. Herbillon, et celui de J.J. Jespers, qui n'apportent aucun élément appréciable d'explication, restant assez vague sur le sujet ;

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