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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 14:38

     N'étant pas un généalogiste patenté, récitant de mémoire la date de naissance de l'ancêtre à la dixième génération, mon intérêt pour les salles des archives et pour la compulsion de nombreux actes, avant de trouver l'élément pertinent qui permettrait de remplir une nouvelle case de l'arbre, voire de le faire remonter dans un autre siècle, n'a jamais été ma ligne directrice dans l'élaboration de ce travail. Il est vrai que la numérisation a donné un accès plus direct permettant de travailler le plus confortablement assis sur la chaise de Léon1. A un certain moment cependant, l'ordinateur ne suffit plus pour trouver certaines données manquantes. Soit, on se met à croire que la limite de découvertes nouvelles a été atteinte, soit on attend que cela se dévoile en s'appuyant sur un fait extérieur venant en appui.

     C'est ce qui s'est passé récemment pour contrer mon jugement qui s'était quelque peu bloqué sur l'impossibilité de retrouver d'autres données de la présence de Jean PARFONRY, le père du marbrier, à Anvers avant 1828. Persuadé que le bombardement orchestré par les hollandais en 1830, contri de devoir lâcher cette ville stratégique d'Anvers à la nouvelle Belgique, avait anéanti pas mal de documents antérieurs. C'était sans compter sur la sagacité et l'expérience de ma cousine française. Bibliothécaire à la Bibliothèque municipale de Bordeaux, Agnès PARFONRY en connait un bout dans ce domaine, lui permettant une meilleure concentration. Par son travail, elle a l'habitude de ce fonctionnement interne des données numérisées, de l'usage de ces appareils de lecture de ces bandes de cellophane et des codes chiffrés qui permettent de trouver le lien entre tout ce matériel mis à notre disposition. 

    Profitant de sa venue en Belgique, avec Michel et Françoise, sa grand-tante parisienne, une visite à Anvers, en bordure de l'Escaut, avait été programmée. La même équipe qui avait convergé vers Créteil en décembre 2014 se trouvait de nouveau rassemblée. Pas évident pour nos cousins français de vouloir visiter cette ville. Ce port a une stature internationale de nos jours grâce notamment aux travaux d'élargissement des bassins entrepris par Napoléon. Venant de Bordeaux, la frustration était visible chez ses cousins, de devoir assumer le choix de celui qui, au final, fut l'un des fossoyeurs non seulement de la puissance française mais surtout de la stagnation de leur port en bordure de la Gironde. L'Escaut, étant plus à portée de canons de l'ennemi anglais, justifiait ce choix stratégique et militaire. Mais attachés néanmoins de revenir sur les traces de celui qui est à l'origine de leur lignée, arrivé probablement dans la foulée des travaux entrepris par Napoléon, ils firent bonne figure, allant même à s'émerveiller sur les joyaux esthétiques de la ville. 

      Certes, pour une première visite, Anvers offre d'autres intérêts historiques majeurs que son port. En deux jours, il était inconcevable de passer outre le Musée Plantin-Moretus, chef d'oeuvre d'un atelier d'imprimerie du XVIème siècle, mais aussi l'architecture en fer et verre de la Gare Centrale avec ses trois étages de voies, complétée par la flânerie le long du Meir, la plus importante artère commerçante de Belgique, sans oublier la nouvelle tour en sable rouge du MAS (Museum aan de stroom - Musée au fil de l'eau) et ses dix niveaux d'espace récemment inaugurés, la Cathédrale avec ses Rubens flambant dans leurs toiles rouges, tout en terminant par le tableau floral de la Grand-Place. Sans élaguer la légende du géant Druoon Antigoon, coupant les mains des bateliers récalcitrants, à l'origine de l'étymologie de la transcription flamande Antwerpen. Cette main (hand en flamand) est d'ailleurs bien présente sur les murs extérieurs du MAS, affichant ainsi du lien de la ville entre son fleuve et le monde2.

     Au milieu de tout cela, il était incongru de ne pas prévoir une diversion vers le bâtiment FelixArchief, contenant les archives de la ville d'Anvers, installées au 6ème étage d'un ancien entrepôt entièrement réaménagé. Un grandiose lieu de mémoires, d'espaces, de quiétude qui fait oublier ces endroits vétustes et poussiéreux qui restent ancrés comme un lien intemporel et immobile. Si le futur s'ouvre à une nouvelle société, le passé et ses papiers dépoussiérés ne reste pas au pied de l'escalier. Le sauvetage de notre Histoire et son embellissement est bel et bien devenu une réalité. Anvers qui a été un carrefour de migration a bien compris le besoin d'un tel lieu pour compléter la pérennité de son rayonnement. 

     Qu'il nous est agréable avant tout de remercier le personnel de ce lieu qui, par sa gentillesse, son attention et son aide, nous a permis, à Agnès et moi-même, de dénicher toutes ces nouvelles apostrophes de l'histoire des PARFONRY de Neerheylissem. J'en citerai deux dont j'ai eu la perspicacité de noter le nom : Melinda BOUTARD et Monique MORBE. Sans oublier la petite stagiaire que l'on voit aux côtés d'Agnès3 sur une des photos, et qui nous a permis de débloquer la situation qui semblait à un moment compromise.

    Venir en Belgique quelques deux cent ans après la chute de l'Empire, alors que le gotha du Nord de l' Europe se réunira ce 18 juin à Waterloo, il y avait une coïncidence audacieuse. Qui n'a pas altéré l'ambiance du séjour. Le choc des confrontations entre le Nord et le Sud de l'Europe, entre les Habsbourg et les Bourbon avait disparu, submergé par la relation affective des deux branches, belge et française, retrouvées de notre arbre familial.

   Les visites se succédèrent au fil d'un circuit alliant tourisme, gastronomie4, architecture, culture et retour aux sources. Successivement, le Brabant wallon de l'est5, Bruxelles, Anvers et Gand animeront et intéresseront le petit groupe tout au long de cinq journées placées sous le signe d'une canicule impromptue et non négociée. Pour terminer par le cimetière de la Belle-Motte à Aiseau, le plus important cimetière français de la bataille de la Sambre qui se déroula du 20 au 22 août 1914. A cet endroit, reposent plus de 4000 soldats, témoins non oubliés de l'avant dernier conflit sur le sol européen. Découvrant les stèles des soldats du 49ème RI, Michel y reconnut de suite l'origine landaise de ce régiment6. Ce sont des copains, ajoutait-il en lisant les noms qui y étaient repris. Troublés cependant par les coups de fusil d'un ball trap dont la proximité peut être jugée de mauvais goût.

     La rencontre se termina sous un soleil de canicule. Avec au final, quelques découvertes intéressantes retrouvées au FélixArchief, permettant de renforcer la présence à Anvers autour de Jean PARFONRY. Lesquelles seront développées dans un prochain article.

 

1   voir article : Les 3 dates clefs pour comprendre ;

2 Antwerpen serait formé à partir des deux termes Hand et Werpen, signifiant "Jeter la main (par dessus le fleuve)", qu'on peut extrapoler de nos jours à l'image d'une ville lançant des ponts avec le monde ;

3 Photo dans le prochain article ;

4  Avec entr'autre L'Entrague à Gembloux, le Faucon sur le Bd du Midi à Bruxelles et Het vermoeide model à Anvers, pour ne citer que les trois restaurants les plus appréciés ;

5 Un prochain article relatera de ce périple sur les terres d'origine du Brabant wallon de l'est ;

6 Ce 49ème RI, à la base constitué à partir de la Légion de la Gironde, est instauré en 1815 par Louis XVIII, afin de réorganiser l'armée française après la défaite de Waterloo ;

 

 

Quelques photos du séjour à Anvers
Quelques photos du séjour à Anvers
Quelques photos du séjour à Anvers
Quelques photos du séjour à Anvers
Quelques photos du séjour à Anvers

Quelques photos du séjour à Anvers

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