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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 18:20
Les livres Quelle famille.2 ! sont prêts à être envoyés

Les livres Quelle famille.2 ! sont prêts à être envoyés

      Après une première version restreinte en nombre de pages (voir article : Une vraie histoire de famille expliquée), en voici une seconde beaucoup plus consistante de 108 pages. Quelle famille. 2 ! tel est son titre1. Un beau bébé qui pèse 750 gr et mesure le format A4. Macaline, la dynamique Mamy de Saint-Savin a remis le couvert. Avec l'appui d'Agnès cette fois, pour fédérer et motiver, elles ont peaufiné une édition beaucoup plus personnelle, dont le caractère plus social, plus humaniste et plus moderne transcende par rapport à la précédente. S'appesantant à la fois sur l'histoire familiale de toutes ces épouses de diverses conditions mais aussi sur cette huitième génération de Parfonry, la nôtre, qui en constitue désormais le socle, elles se sont attelées à la sauvegarde de la mémoire familiale et historique. La collaboration de chacun a été demandée afin de rendre sa lecture plus vivante, plus actuelle, plus instructive.

    Moins imprégnée toutefois de la période de l'Ancien Régime, on y découvre l'histoire d'une famille française traversant les courants artistiques, les guerres, l'évolution des moeurs, se réappropriant les mémoires, les souvenirs et les nouveaux liens actuels. Chacune des branches qui s'y est associée a manifestement emmené des éléments instructifs et constructifs à ce parcours.

    Après avoir lu avec attention ce document, les maîtres-mots qui en ressortent sont indéniablement : passion, travail, amour, loisir, mouvement, rénovation, patriotisme. Difficile de les classer selon un ordre de priorité car tout est un peu à l'excès dans cette famille. Mais les explications détaillées ci-dessous me semblent présenter une progression en relation avec ces excès.

  Passion dans la recherche de toutes ses choses de la vie qui agrémentent le quotidien, que ce soit dans la conquête du Cervin, dans l'écriture de livres de cuisine, dans l'observation de la nature et de la forêt solognote en particulier, dans le militantisme syndical et politique, dans les traversées à la voile, sous les jupes des filles.

   Travail, parfois par nécessité pour obtenir le consentement du futur beau-père, mais surtout par ce besoin de se tester, d'apprendre, de prendre des responsabilités pour résoudre la quadrature du cercle de la recherche d'un certain bien - être.

  Amour  d'autrui, de son autre mais surtout amour dans les rencontres, dans l'amitié consolidée. Le document foisonne ainsi de ces listes de noms qui sont désormais imprégnés à jamais dans le souvenir.

   Loisirs de vacances le plus souvent partagés en famille ou avec des amis. L'une de ces constances qui continue à perdurer de nos jours. L'étranger avant tout. On va en Chine bien avant tout le monde, on crée une liaison régulière avec l'île Rodrigues et avec Pointe-à-Pitre. On se balade en Russie et en Arménie et on visite l'Uruguay comme voyage de noces. Pour les séjours nationaux, la mer reste non pas la priorité mais quasiment l'obsession. Ils y sont sans arrêt dès le plus jeune âge, que ce soit dans la bleue, sur un voilier, aux bords des océans ou en plongée. 

    Rénovation, ou plutôt, dans leurs cas, l'envie perpétuelle d'avoir un chantier de gros travaux. S'en référer à des vies non conformistes en somme. Vous leur donnez un terrain, quelques murs en pierres et quelques outils, ils sont ivres de joies. Et ils vous invitent en même temps à venir passer quelques jours de détente au milieu des gravats. 

   Mouvement, c'est à dire les changements perpétuels de résidence, la condition pour satisfaire plus aisément le critère précédent. Des gens qui ont la bougeotte comme on dit chez nous. La Poste a eu du mal à les suivre. Ils sont probablement fichés comme faisant partie des gens du voyage. Avec par dessus tout une championne de ce style qui n'en a peut être pas fini après 26 déménagements.

    Patriotisme, y incluant un engagement véritable pour la défendre, cette patrie, cette nation française. Une liste de combattants, de médaillés sans pareils, pour les deux guerres (et même celle de 1870 si on remonte l'arbre des belles-filles). Que ce soit en 14-18 et en 40-452, ils ont reçu de nos jours, tous ces Parfonry, un héritage unique leur permettant ce choix de liberté qu'ils insufflent à merveille.  

     Cette famille PARFONRY de France s'est définitivement détachée de la période des particules, retrouvant sa propre particule élémentaire, toute imprégnée de savoir-faire, de créativité, de joies, de souffrances. S'attachant malgré tout à conserver quelques mobiliers, peintures, objet artisanal, mouchoir brodé pour assurer ce partage de cet héritage. Avec comme petit rappel, à la source François-Xavier, ce migrant belge, marbrier d'art, déjà agrafé d'une Légion d'honneur en 1881, qui jette les bases de ce parcours hors norme. Ses descendants ne cessent de se fondre dans les moeurs de ce pays qu'il apprivoise rapidement. Y apparaissent bien volontiers, par mariages, des particules de terroir non aristocratiques, des artistes peintres, des écrivains, des acteurs, des photographes, des artisans bref toutes ces professions qui permettent le transfert des idées en sortant des conventions. De ce cadre de rencontres, est né cette envie de ne pas décevoir, de s'intégrer à cette France, quitte à oublier le nom de ce petit village du Brabant wallon d'où ils sont partis. Ne le retrouvant par bonheur que bien plus tard (2006) grâce à ce lointain cousin, ce poor lonesome cowboy, resté hélas, bien seul, en Belgique. 

     Et de cette Belgique qui les a vu partir, force est de constater que les références sont presqu'énigmatiques dans les souvenirs. Un seul ose citer Adamo dans la liste de ses chanteurs préférés. Même Brel, qui a chanté ce plat pays qui fut le leurs, n'a pas droit à une seule mention. Seuls points communs finalement de souvenirs, on relève le disco de Travolta, la chanteuse Patty Smith, Venise, Camaret, les Peugeots 203 et 404 des parents, la pluie sur les carreaux, les crêpes bretonnes et in fine la Guadeloupe. Trop peu de choses, en somme. On aurait pu envisager qu'ils fassent référence à des chansons comme Le ciel, le soleil et la mer (Sacha Distel), La Mer (Charles Trenet), La bande à Jojo (Joe Dassin), Place des Grands hommes (Patrick Bruel), Belle-île-en-mer (Laurent Voulzy), Il est libre Max (Hervé Cristiani), Mrs Robinson (Simon and Garfunkel), Hey Jude (The Beatles), I can't stand myself (James Brown). Rien de tout cela. 

    Ils ne connaissent pas non plus la Mer du Nord, ni Pairi Daiza, ne situent plus bien Waterloo, ne savent pas que Mons est capitale européenne de la culture en 2015, sont étonnés qu'on puisse relier deux villes belges importantes en moins d'une heure. Et ne se rendent jamais au Luxembourg, ce pays que chaque belge ne manque pas d'aller visiter au moins une fois par an. 

     Pourquoi un tel décalage ? Manifestement, ils ont bien apprécié, pour certains, Mai 68, l'élection de Mitterand à la Présidence en 1981 et probablement, sans le mentionner, le Programme commun avec ce gugusse de Marchais. Les implants laissés par les générations antérieures ont du quelque peu s'estomper dans les gaz lacrymogènes, la loi Badinter et le main dans la main Mitterand - Kohl. Même si on lit qu'un des leurs, le dernier représentant des bonnes manières d'avant le yéyé, le babyboum, s'est fait appeler Faon Louis XV chez les scouts. Avec un tel qualificatif, habituellement attribué en adéquation avec le caractère, on ne peut qu'être rassuré d'y retrouver l'alliance entre la nature et la Patrie qu'elle soit qualifiée de Fille aînée de l'Eglise ou d'Etat laïc peu importe.

       Le document comporte pas moins de 700 photos, excusez du peu. Forcément, pour 108 pages, la littérature en prend pour son grade, elle qui a perdu de sa superbe, de son identité de nos jours, via l'usage des SMS. En définitive moins de textes, moins de phrases à la construction classique. Surtout des flashes, des moments de vie, les temps forts de la vie de chacun, des rencontres (nombreuses), des préférences, des ambiances à la pelle, bref une liste importante de petites choses que le lecteur est prié de remettre en place selon sa vision, son recul sur cette extraordinaire histoire familiale. L'essentiel de ce support est de transmettre cette histoire, comme si on prenait le temps de ré-écouter une conversation interrompue3.

    Une histoire qui ne peut être racontée de manière linéaire. Comme les mythes grecs, tels les épopées d’Homère ou d’Hérodote, elle opère par boucles de telle sorte que chaque élément, chaque personnage a droit à une histoire dans le récit. Au lecteur à trier selon son parti pris entre tous ces personnages retravaillés au travers d'un oeil de boeuf laissant filtrer la lumière des combles du grenier. Chacun a transmis, via sa lucarne, ce qu'il considérait comme perméable. Selon le poète, les traces sont suffisantes. En estimant que cet article n'a pas déséquilibré la mise à nu qui de toute façon est limitée aux visions personnelles.

   Au final, une famille française assez éloignée de l'image traditionnelle du français moyen, béret sur la tête et baguette dans la main. Une vraie famille française, parfaitement en symbiose avec son vécu. Fait-elle partie de ces familles qui, comme les qualifie Bernard PIVOT, doivent Etre nées de deux fleuves. Procéder de l'un et de l'autre par ses gênes4 ? Pas évident d'aller dans cette direction quand on habite sur les bords du Cosson, de la Garonnevoire là où il n'y a pas de fleuves. Les traces des sillons qui se sont creusés restent toujours assez fermes. Seul, un nom basque, bien isolé dans la séquence de tous ceux énumérés, y apparaît comme un nouveau marqueur. L'indivision de Briou et la présence dans la rue Jouffroy sont dans la continuité du chemin tracé par les aînés. Et si la première photo floutée du livre nous montre la maison de la rue des Charrons à Neerheylissem, le long du Geer, sous-affluent de l'Escaut, la dernière, de même nature, fait référence à la propriété de Briou, le long du Cosson, sous-affluent de la Loire. Entre les deux, via Anvers et Paris, quelques 250 années que nous détaillent ce livre sans avoir réellement répondu au constat de l'écrivain. 

     Plus éloquent et représentatif de l'évolution de la société, les alliances ne sont plus aussi durables. Si la huitième génération en a vu l'apparition, la suivante, la neuvième, en poursuit le schéma, sans être malgré tout à un niveau que les statistiques affolent.

     Famille ravie toutefois d'avoir pu faire revivre la dernière fibre qui la reliait à son origine. De revoir ce petit village à la consonance flamande que Jacques était le dernier à connaître. Un échange de lettres, une rencontre à Briou et quelques dizaines de ti-punch plus tard à Gissac, l'osmose se créait. Caroline et Agnès n'ont pas omis, je les en remercie, d'insérer en première et dernière page quelques photos de ces rencontres franco-belges de part et d'autre de la frontière. Elles font indéniablement partie de ce patrimoine. J'ai même droit à une première biographie succincte.

   Retour non sur la Terre promise mais sur les terres de ce rescapé de la justice du Moyen-âge. Celle qui aurait pu empêcher que cette belle histoire de famille ne se réalise. Il est le père du maître charron dont la profession a donné son nom à la rue de ce village de Neerheylissem. 

   Et le livre se termine, tout naturellement, par quelques recettes, riches d'odeurs mais surtout d'images rappelant des moments intenses d'émotion, de partage comme le souhaite l'introduction.

  A ta santé Jacques !! Damoiseau ou Bologne, comme on veut. Je n'en ferai pas une maladie.

  A quand le Tome 3 !! 6 . Reste à rédiger un pitch afin d' intéresser un scénariste, un producteur pour mettre en forme cette épopée inédite. 

 

1 L'édition de ce livre coïncide avec les 7 années de création de ce blog ;

2 Plusieurs articles du blog reprennent ces faits d'armes des deux guerres ;

3 Cette phrase m'a été soufflée dans l'oreille par Caroline ;

4 Bernard PIVOT : Les mots de ma vie, Albin Michel, 2011 ;

5 PIVOT ajoute même cette phrase "N'être que de la Garonne ou du Nil limite l'horizon et l'ambition" . Il y en a qui vont s'obliger à devoir réagir sur cette phrase ;

6 Des commandes, via ce blog, peuvent être faites pour le Tome 2 qui devrait être réédité, vu la demande ;

 

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