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15 août 2019 4 15 /08 /août /2019 17:58

                 Voici une découverte d'un article de 2 pages nous apportant certaines informations inédites sur José (né Joseph) Parfonry, cet installateur de paratonnerres, ayant migré à Séville vers 1896. On y apprend notamment qu'il aurait été diplômé de l'Université de Liège. Il y est quelque peu détaillé également les particularités de son paratonnerre. Quelques adjectifs sur son caractère de bon vivant que l'on avait déjà appréhendé précédemment,  complètent l'article.

             L'article a du être publié entre 1920 et 1929, années au cours desquelles le journaliste Francesco Coves qui le signe, en rédigeaient régulièrement. L'information est confirmée par la mention de l'Exposition ibéro-américaine, inaugurée en mai 1929 à Séville. Cette période correspond également à la photo de la page 2 représentant notre José Parfonry , avec son fils Alfredo. José décédera en 1938. La mention dans l'article de sa participation à l'Exposition Universelle de Gand qui s'est déroulée en 1913, nous apporte une autre indication.

 Résumé de l'article du Journal 1

 Don José Parfonry, ingénieur diplômé de l'Université de Liège et médaillé à l'Exposition de Gand pour l'originalité de ses paratonnerres, s'installe en Espagne comme fabricant et installateur de paratonnerres. Seul spécialiste de toute l'Andalousie et de l’Estrémadure,  il en installe 3000 dans la seule ville de Séville dont ceux de la Cathédrale, de l'Université, du Musée, de l'Alcazar et des bâtiments de l'Exposition.

L'originalité consiste dans la forme donnée : 198 pointes attirent et diffusent l'électricité dans l'atmosphère, protégeant ainsi les édifices et leurs alentours. De plus, cette technique d'installation est bon marché car elle ne réclame pas d'échafaudage. Seuls, des cordes et l'agilité de l'inventeur suffisent. Ainsi les prix sont bon marchés et le délai (de 1 à 3 jours) particulièrement intéressant.

Le reporter a été frappé par l'ambiance de l'usine plus proche d'un centre de loisirs que d'une fabrique et qui s'apparente davantage à une maison bourgeoise. Enfin, la personnalité de M. Parfonry, débonnaire et colorée d'humour, se reflète à travers ses affiches publicitaires. Ainsi, sur l'une d'elle, un soir de violent orage zébré d'éclairs, on aperçoit, par la baie, une famille sereine qui écoute de la musique d'un gramophone tandis qu'à l'extérieur, sur le coin de la maison, un chien lève la patte. Notre facétieux M. Parfonry a choisi comme slogan : " Venez chez Parfonry ! Même le chien se fiche de l'orage ! ".

            1 Merci à Danièle Warnant pour sa synthèse en français de l'article en espagnol du journal ;

      Et comme preuve de cette présence à Séville, une photo de 1909 ( source : twitter @Memoria_Sevilla) fait apparaître, dans le coin supérieur gauche, le panneau avec le nom J. PARFONRY. Elle a été prise à l'occasion de la visite du roi Alphonse XIII.  Le lieu mentionné est la Calle Gran Capitan, reprise dans ce qui est devenu l'actuelle Avenida de Constitucion. Face à l'atelier de José Parfonry, on indique, dans le commentaire, la présence de la Cathédrale, ce qui devrait permettre de localiser son emplacement de nos jours.

     Alphonse XIII qu'on voit sur la photo avec une canne, entre les deux personnages à moustache, avait à ce moment 23 ans.

      Sur le plan généalogique, José Parfonry fait partie de la branche d'Erezée. Il est le frère d'Emile, le militaire décédé au Congo en 1883 et de Hubert-Narcisse, l'industriel installé à Bruxelles après être passé par la Compagnie des Caoutchoucs du Mato-Grosso au Brésil.

Le roi d'Espagne Alphonse XIII se promenant en 1909 à Séville

Le roi d'Espagne Alphonse XIII se promenant en 1909 à Séville

    José Parfonry a été présent, à de nombreuses reprises, via ses publicités, dans les journaux. Celle parue en 1927 nous apprend qu'il était fournisseur de l'infant Don Antonio de Orléans2 et de plusieurs institutions religieuses d'Andalousie.  Son atelier ne se trouvait sans doute plus à la même adresse à celle de la photo de 1909.

    On doit très certainement encore apercevoir de nos jours des paratonnerres qui ont été installés par José Parfonry dans l'Andalousie et l'Estremadure, particulièrement sur les bâtiments publics et religieux des grandes villes. Comme cela a été rendu possible pour le marbrier François-Xavier Parfonry à Paris, une visite de Séville pourrait s'effectuer en suivant la présence des lieux impactés par José Parfonry. On pourrait le qualifier de " El hombre mas importante de Sevilla " au début du XXème siècle, donnant, une fois de plus, une qualification à ceux qui ont porté ce patronyme.

La Libertad - Madrid, 2 avril 1927

Jph. Parfonry de Hotton Especializado desde hace 40 años en las construcciones e instalaciones do pararrayos patentados y premiados en las Exposiciones de Paris y de Gante. Proveedor de S. A. R. el Srmo. señor infante D. Antonio dé Orleáns, de las Archidióecsis de Sevilla y Granada, y Diócesis de Córdoba, Málaga y Jaén. Más de 8000 aparatos Instalades   - Marques de Santa Ana, 3 Sevilla

N.B.: On trouvera plus d'informations sur José ( Joseph) Parfonry, en lisant les pages 73 à 76 du livre " La véritable saga des Parfonry de Neerheylissem " ;

2 Antoine d’Orléans (1866-1930), non héritier du trône d’Espagne était par son père le petit-fils de Louis-Philippe 1er, roi de France,  et par sa mère le petit-fils de Ferdinand VII d’Espagne. Il était revenu vivre à Séville en 1875 après la période révolutionnaire qui avait provoqué l'exil de la famille royale. Par sa vie faite d'instabilité et de dépenses outrancières, il meurt dans la pauvreté à Paris en 1930.

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  • : Le cadre directeur de ce blog consiste à réunir ce qui peut être transmis sur un patronyme. La présentation de tous ces personnages n'est finalement qu'une manière de transférer un patronyme. Qu'il soit culturel, social ou historique, ce patronyme ne fait que proposer un film dans lequel les séquences sont des instants de vie. L'environnement, le vécu de chacun a probablement plus d'impact sur ce que nous ressentons. Les gênes se diluent plus vite que le lien avec le mode de vie et les rencontres. Cette vision oblige à élargir le champs d'investigation en déviant de l'aspect purement généalogique. La découverte de nouveaux indices motive et assimile parfois cette recherche à une enquête. L'histoire ne peut être racontée de manière linéaire. Chaque élément, chaque personnage a droit à son histoire dans le récit tout en suivant le dénivelé et les courbes imposés par les aléas de l'Histoire et de la vie. Contrairement au patrimoine, un patronyme se voit contraint de s'adapter aux vicissitudes des évolutions sociales et des guerres. Le contenu des quelques 350 articles de ce blog a été rassemblé dans un livre intitulé "La véritable saga des PARFONRY de Neerheylissem - L'histoire d'un toponyme devenu un patronyme ".
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