Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 18:17

    Que serait-on de nos jours sans cette particule élémentaire, ce boson de Higgs, considéré comme l'une des clefs de voûte du modèle standard de la physique des particules. Un petit rien capable de développer une énergie physique foudroyante pour créer de la matière.  Pareil au même en somme à cette simple particule qui affectait le nom de tous ceux qui, par leurs naissances, a donné la vie en créant de nombreux patronymes. Un simple mot de deux lettres qui servirait à transmettre une énergie pour s'accaparer d'un pouvoir. Comparable à ce petit objet physique qui base aussi sa persistance sur l'énergie déployée pour vivre.

      Cette réflexion sur le lien entre la matière et l'humain, nous a conduit à rechercher l'histoire originelle de notre patronyme. Pour considérer que nous sommes au même niveau que cette découverte réalisée récemment au CERN, près de Genève. L'histoire de deux particules élémentaires qui peuvent constituer l'armature des forces de l'univers. Et qui fait suite à une autre réflexion menée sur le traumatisme provoqué par la suppression de cette particule (voir article : Quid de la particule ? Mythe où réalité ?)

     Sans vouloir attester de la véritable généalogie, vu l'absence totale d'enregistrement, voici la supposée filiation qui aurait amené à l'apparition du premier de notre patronyme avec sa particule, non plus élémentaire, mais plutôt seigneuriale. Basons-nous sur les dire du célèbre chroniqueur du Moyen-âge, Jacques de Hemricourt (1333-1403). Entre 1115 et 1398, il relate, au travers de son Miroir des Nobles de Hesbaye, la généalogie de quelques 204 patronymes, tous originaires du berceau de la chevalerie que fut la Hesbaye liégeoise, héritière de ce sacré Charlemagne, né près de là vers 745. A la sixième génération, y est décrit celui qui allait attiser notre flamme.

    1. Notre histoire débute, comme il est de coutume, par une belle histoire d'amour. Celle entre un brave chevalier, Raes de Dammartin, que certains voient fuir les foudres du roi de France, arrivé dans la région de Huy, et tombé amoureux de la riche héritière d'un des seigneurs les plus puissants de ces terres de la Hesbaye liégeoise. Alix de Warfusée, la jeune colombe, avait en effet hérité, en ces temps féodaux, d'un ensemble prestigieux de domaines. Les deux tourtereaux  se marièrent en 1115 et eurent de nombreux .... seulement deux enfants. Qui se partagèrent évidemment les terres et qui sont considérés comme les ancêtres de tous les chevaliers à naître de cette région.

    2. Si l'aîné s'installa sur les terres seigneuriales provenant de son grand-père maternel, c'est le cadet, Hugues de Lexhy, qui nous intéresse au plus haut point. Récoltant les nombreuses terres acquises par les parents, il devint seigneur de Waroux et aussi avoué d'Awans, soit le seigneur protecteur  d'une institution ecclésiastique. Il est ainsi, ce que l'on peut considérer, l'ancêtre de tous les chevaliers qui s'affronteront de 1297 à 1325 lors de la bataille entre les Awans et les Waroux. Il épouse Marie d'Agimont qui lui donne quatre fils.

     3. Le deuxième de ces fils, le plus connu, est le Chevalier Bretton le Vieux de Waroux. Né vers 1138 et décédé vers 1210, il épouse Maroie de Trazegnies, dite de Flémalle, fille du Seigneur de Trazegnies, Silly et Ath. Ils n'eurent pas moins de six fils et de deux filles, ce qui aida à intensifier évidemment le  partage des terres.

     4. A la quatrième génération, on trouve ainsi Humbert de Lexhy, décédé vers 1258. Fait important pour la suite, c'est lui qui conservera l'avouerie d'Awans. Il épousera Juliette de Rulant, comtesse de Hozémont, autre héritière bien achalandée qui lui apportera d'autres terres mais aussi, pour la première fois,  des armoiries : Burelé d'or et de sable de six pièces.  Les Hozémont descendraient de fait de la scission des terres de la famille des Pépin (Pépin de Landen, de Herstal, le Bref), ancêtres de Charlemagne. La lignée, quittait son statut de maison seigneuriale, pour côtoyer cette noblesse liégeoise. Ils eurent hélas cinq fils et trois filles, ce qui n'épargna pas une nouvelle fois la scission des terres.

    5. De cette descendance, on retient le Chevalier Jean de Locreau de Dammartin, le cinquième fils. D'une union sans doute assez éphémère avec une personne que l'histoire n'aura pas eu le temps de retenir, il aura juste le temps d'assurer une seule descendance. Avec un certain étonnement, on lit que cette fille unique, retrouve de nouveau les titres seigneuriaux de Locreau, de Lexhy, de Dammartin. Et qui se marie avec André de Luxembourg - Bierset, dit de  Velroux.

    6. Et enfin, parmi les quatre enfants de ce couple, apparaît quasi inopinément l'aîné Johan de Parfondrieu, déclaré Chevalier vers 1272. Voilà notre ancêtre tant attendu avec une devise quasi similaire à celle de son aïeul : Fascé d'or et de sable de six pièces. Celui à qui fut probablement octroyé ce terroir en bordure de la rive droite de la Meuse, entre Hermalle-sous-Huy et Saint-Séverin-en-Condroz. Une terre nouvelle qui portait ce nom qui s'est perpétué de nos jours. Un toponyme a donné probablement naissance à notre patronyme. Un arpent de terre comparé aux étendues rassemblées par ses prédécesseurs (voir article: Le site du lieu de Parfondry a bien existé). Mais l'avenir ne se trouvait plus au-niveau du sol mais bien dans les richesses du sous-sol. La ligne d'horizon ne s'apparentait plus à la limite du pouvoir. Il épousa Marguerite de Rameyfille du seigneur de Flémalle. Et chose bénéfique, ses descendants choisirent évidemment, au vu de la protection accordée antérieurement, le parti vainqueur des Awans lors de cette guerre fratricide avec les Waroux qui envenima la Principauté de Liège entre 1297 et 1325.

     Le temps avait fait son oeuvre au niveau du découpage des terres et de l'avenir de la Chevalerie. Non content de procréer, la période était propice aux conflits. Les terres liégeoises étaient mises à rude épreuve. Les Chevaliers durent se battre, non seulement entre eux, mais aussi contre tous leurs voisins, issus du démantèlement de ce duché de Basse-Lotharingie dans le courant du onzième siècle (avec l'apparition des comtés de Louvain, de Hainaut, de Namur, de Frise, de Gueldre, de Luxembourg, de Flandre et du duché de Brabant). La chevalerie épuisa progressivement la force vive de sa particule élémentaire. Leur nombre se décima tout comme la scission des terres, permettant l'apparition de la classe bourgeoise dans les villes. Et ce patronyme fut de ceux qui réussirent  à s'immiscer dans ce qui préfigurait déjà, en 1398,  la fin du Moyen-âge (voir les trois articles : La vigueur du nom Parfondry au Moyen-âge ; La reconversion économique des Chevaliers; Du nouveau sur la famille des Chevaliers de Parfondry ).

      A l'aube de sa vie1, l'arbre doit prendre racine, selon l'expression. Tout comme la bûche de bois doit prendre dans la chambre d'un âtre en pierre. Le même verbe prendre pour exprimer l'inquiétude aux deux extrêmes : la vie et la mort. Semblable à cette particule qui donnerait de l'énergie pour multiplier les branches d'un arbre généalogique. Mais alors, que se passe t-il lorsque celle-ci disparait ? Perdons-nous tous ces gênes, au point de brûler définitivement nos ultimes forces ? Non bien sur, l'humain comme le végétal a eu le temps de se perpétuer.  Il s'est empressé de couper ce lien caduc, ce concentré d'envie, de rancune qui l'empêchait de se greffer et continuer sa croissance, sa vie. L'important n'est plus dans la particule, mais bien dans le patronyme qui s'adapte le mieux à la société. La particule dispose d'une énergie qui s'épuise, qui l'empêche le plus souvent d'imaginer. Sa suppression est finalement synonyme de liberté, de choix multiples. La vraie noblesse serait celle des sentiments, de l'éducation et du travail. C'est paraît-il, un pape, Pie XII, qui a énoncé cette dernière phrase. Oufti !!!!

      Les deux particules du début, l'élémentaire et la seigneuriale, sont toujours bien là. Dans la solitude des êtres d'exception. Conscients qu'elles ont construit la matière physique et génomique ayant permit l'association de la vie et de l'intelligence. Elles ne sont plus responsables de l'avenir. Nous devons en prendre conscience. Elémentaire, mon cher ..... !!!!!

 

1 Ce paragraphe est une sorte de réflexion découlant de la lecture du livre "Le Journal intime d'un arbre" de Didier Van Cauwelaert ;

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires