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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 09:48

       La plus ancienne mention du nom datait jusqu'à présent de l'an 1271. On y faisait référence au Chevalier Jean de Parfondry (Parfonriu) qui, avec un certain Eustache de Seraing, avaient été nommés arbitres pour décider d'une contestation  entre l'abbaye de Val-Saint-Lambert  et Jean de Ramioulle.

       Poursuivant la remontée du temps mais surtout la lecture d'archives numérisées, la trace de la présence attestée de ce patronyme est reportée désormais à l'an 1261. On y découvre, probablement ce même personnage, dans un texte relatant la transmission de terres dans la région liégeoise. Il y est de nouveau mentionné le Val-Saint-Lambert et le seigneur de Clermont, attestant que la relation du fait se situe déjà dans le même secteur que l'acte de 1271. Cette fois, l'écriture du nom est reprise sous la forme de Jean de Parfonrive. Sa position en fin de la liste des personnes attestant de ce transfert de propriétés au nom de l'évêque de Liège vers le monastère de Val-Saint-Lambert, est une preuve que ce personnage n'avait pas encore l'autorité qui lui est reconnue plus tardivement. Il n'est non plus pas fait mention du titre de Chevalier. Par contre, la relation avec la Commune de Nandrin, lieu où se situent les terres transmises, s'avère capitale. Cet indice relate que ce nom devait déjà être présent où à proximité du village de Saint-Séverin qui sera le lieu du domicile de cette famille de Chevaliers plus tard. Parmi les hommes féodaux de l'évêque, on relève une personne de la famille de Ramet (Ramaie), dont une fille deviendra l'épouse d'un Jehan de Parfondry quelques années plus tard.

       Le texte repris ci-dessous retrace une chronologie de transfert de propriétés en plusieurs étapes. Manifestement, la sémantique utilisée encore de nos jours par les hommes de lois n'a rien à envier à celle déjà employée à cette époque. On y découvre par ailleurs des anciens termes faisant référence à des mesures de superficie (bonniers, journaux, verges) mais aussi l'utilisation du mot " lansage" dont la recherche de définition n'est pas sans intérêt pour comprendre la procédure de rétrocession des terres développée dans le document.

        extrait de : Inventaire analytique et chronologique des archives de l'abbaye de Val-Saint-Lambert, Archives de l'Etat à Liège, Ed. J. Desoer, 1875, ( n° 271, p. 97) ;

       Walthère, doyen du Conseil d'Ouffet, fait savoir que Richard de la Neuville qui tenait en fief de l'évêque de Liège des terres situées à Nandrin, savoir : sept journaux et vingt-cinq verges à Gerarvoie, sept journaux et trente-cinq verges à Saint-Jean-Sart (dépendant d'Outrelouxhe) et neuf bonniers, moins septante verges et demies petites à Torteresse, a remis ces biens-fonds aux mains de l'évêque, lequel les a rendus à Henri, fils du susdit Rigald et de feue Christine. Henri, après avoir fait relief des mêmes biens devant les hommes féodaux de l'évêque, ci-après désignés, les a remis aussi en mains à celui-ci qui les a transportés au susdit Rigald, lequel les a donnés en lansage au monastère du Val-Saint-Lambert. Ce lansage, que les présentes renouvellent, a eu lieu le 7 décembre 1261.

Hommes féodaux de l'évêque : Jacques de Clermont et Walthère del Wege, chevaliers, Adam dele Ramaie, bourgeois et échevin de Liège, Jean de Parfondrive  et Conrad de Nandrin.

 

lansage : terme juridique spécifique au pays de Liège qui était une mécanique financière et juridique en relation avec l'économie mendiante des 13ème et 14ème siècles, mise en oeuvre pour lutter contre la déperdition de terres et de revenus ; elle combine deux opérations légales, à savoir l'aliénation d'un bien et sa rétrocession en bail à rente. Le nouveau propriétaire du bien rend au vendeur la jouissance du bien vendu contre le paiement annuel et perpétuel d'une redevance. Une sorte de" bail à rente " au tenancier, ancien propriétaire. 

Val-Saint-Lambert : abbaye cistercienne fondée en 1202, construite à proximité de l'endroit où furent exploités la houille dès la fin du 12ème siècle; détruite lors de la révolution française, elle fut transformée en cristallerie dans les années 1800 ; actuellement la cristallerie la plus importante au monde.

bonnier : surface variable selon le type de sol; avec une moyenne de 1.4 ha ;

verge : le seul chiffre retrouvé donne une valeur de 4 a et 36 ca ;

journel : surface équivalent à 1/3 de bonnier ;

 

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