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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 13:42

Le mot «  parfond «  a été utilisé dès le Moyen Âge dans les écritures. Comme témoignage de son emploi, on mentionne quelques exemples extraits d’auteurs connus.

Le premier est issu du  Roman de la Rose, écrit au 13ème siècle par Guillaume de LORRIS.

 

Trop avoit son cueur courroucie Et son deul parfond  commencie ;

(en anglais : She had angered her heart too muck, and her grief was too deep-rooted);

 

L’autre exemple reprend deux phrases du recueil " Le testament " de François VILLON, poète du 15ème siècle,

Ilz seront avec Lucifer, Au plus parfond de la chauldière,

Et Narcissus, le bel honnêtes, en un parfond puits se noya pour l’amour de ses amourettes

 

Un troisième est repris du « Pantagruel » de RABELAIS,

ce faict, ouvre quelque peu de la bouche, et avecques le plat de la main dextre frappoit dessus, faisant en ce un grand son et parfond comme s'il venoit de la superficie du diaphragme par la trachée artere, ……

 

 Un autre est repris du Voyage de Jacques CARTIER, navigateur français du 16ème siècle, au Canada,

Et y a de distance en traverse environ trente cinq ou quarante lieues, & y a au parmy plus de deux cens brasses de parfond le plus seur a naviguer est du coste devers

 En dehors de la littérature, on le rencontre dans une réglementation sur le droit de moulin dans le Poitou au 17ème siècle qui utilise le terme également :

Et pour faire les dites mesures, le boisseau doit avoir de parfond le tiers de son large.

 

Il est mentionné également dans un texte du lombard occidental : di pussee parfond grazie a tucc quij che gh’hann repizzaa sta fiamma (traduction : doit être profondément reconnaissant envers qui a rallumé cette flamme). Le fait que Charlemagne soit devenu roi des Lombards en 744, après les avoir combattu de nombreuses années, peut être une des explications de l’apparition un peu surprenante de ce terme dans le langage. Sans oublier  le système banquier lombard qui est resté présent durant tout le Moyen âge en Europe du Nord. Il est utilisé également dans le patois normand en 1856 où il désigne un « fond extrême ». Dans le vieil argot, le mot signifie «  pâté » et son féminin « parfonde » se traduit par « cave ». Mais aussi dans le langage parlé des canadiens francophones : Je suis sourde très parfond.


            De nos jours, le mot «  parfond «  n’est pas complètement oublié car on le retrouve dans le dialecte wallon, comme le démontre les quelques phrases trouvées par ci par là1
.

 

  • Èt d’ vosse alinne vos aloz chofler dsus l’ basse ki lès va nèyî; come do plon is vont coler au parfond  d’ l’ eûwe ?
  • Dîre k' i n' dimère nén pont on vî parfond d' rancune dins tos cès sicrîjaedjes là ça sèréve d' aler ène miète râde.
  • Dji vos voe evi et dji vos voe voltî. Kimint k' ça s' fwait ? Dji n' è sai ren, mins djel rissin pår, et å parfond d' mi-minme.
  • ene foirt bén fwaite croejhete do walon lingaedje; i gn a ene grande, foirt spepieuse, eyet ene pitite, djusse po-z aprinde sins aller parfond dins les teyoreyes linwistike ;
  • Bin, dji vs el va dire tot dreut, bones et binameyès djins,... dji m' voreu bin têre...po k' nos polanse lèyî moussî è pus parfond  d' nosse coûr çou ki Jézus Criss vint d' nos confiyî tot-asteure (Abbé Gaston SCHOONBROODT) ;

Une connaissance plus détaillée des différents langages de wallon devrait probablement relier l’utilisation de ce terme avec la région d’expression. Sans en être absolument sur, il semble que la plupart de ces extraits sont repris du wallon liégeois. La structure de la langue wallonne se serait stabilisée dès le 12ème siècle. Quant à son évolution ; elle aurait débuté à partir du 8ème siècle. Ce qui laisse une période étalée sur quatre cent ans pour en déceler l’apparition de ce terme.


1 ne maîtrisant pas le wallon liégeois, je serais heureux que l'on me me fasse parvenir une traduction de ces phrases.
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  • : Le cadre directeur de ce blog consiste à réunir ce qui peut être transmis sur un patronyme. La présentation de tous ces personnages n'est finalement qu'une manière de transférer un patronyme. Qu'il soit culturel, social ou historique, ce patronyme ne fait que proposer un film dans lequel les séquences sont des instants de vie. L'environnement, le vécu de chacun a probablement plus d'impact sur ce que nous ressentons. Les gênes se diluent plus vite que le lien avec le mode de vie et les rencontres. Cette vision oblige à élargir le champs d'investigation en déviant de l'aspect purement généalogique. La découverte de nouveaux indices motive et assimile parfois cette recherche à une enquête. L'histoire ne peut être racontée de manière linéaire. Chaque élément, chaque personnage a droit à son histoire dans le récit tout en suivant le dénivelé et les courbes imposés par les aléas de l'Histoire et de la vie. Contrairement au patrimoine, un patronyme se voit contraint de s'adapter aux vicissitudes des évolutions sociales et des guerres. Le contenu des quelques 350 articles de ce blog a été rassemblé dans un livre intitulé "La véritable saga des PARFONRY de Neerheylissem - L'histoire d'un toponyme devenu un patronyme ".
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