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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 17:58

      Cet article va s'efforcer de justifier le lien entre le nom PARFONDRY et la géologie.

      La mention du lieu " Fondri des chiens" situé près de Viroinval, à proximité de la frontière française, constitue manifestement un élément intéressant d'analyse. Sa localisation dans une des régions géologiques de Belgique appelée la Calestienne confirme en quelque sorte l'hypothèse d'un lien avec une ressource minérale pour en expliquer l'étymologie.

      La Calestienne, intercalée entre la Fagne-Famenne au Nord et l'Ardenne au Sud se caractérise par un relief marqué et la présence de massifs coralliens mis en place dans les mers chaudes de l'ère primaire au dévonien. Elle s'étend sur 130 km et une largeur maximale de 10 km depuis Trélon en France jusqu'à Louveigné, en passant par Chimay, Givet, Han-sur-Lesse, Rochefort, Hotton, Erezée, Remouchamps, Hamoir et Aywaille. 

      Ce terme " fondri " est utilisé pour de vastes et profondes cavités qui fournissaient des minerais de fer en quantité depuis la haute antiquité. Il en découlerait le mot " fonderie " résultant de l'exploitation en surface des gisements de fer caractérisant ce milieu naturel. Celui de Viroinval est le plus spectaculaire. Le fer y fut exploité dès l'époque romaine jusqu'au 19ème siècle.

      Le fait que parmi les différents lieux-dits répertoriés (voir article sur les lieux-dits), on retrouve dans cette région géologique la présence d'autres sites de ce type et de même construction étymologique, tels que la vallée le long de la Lomme à Mirwart, le petit ruisseau près de Ciergnon, le lieu-dit à Amonines et les sites près de Comblain et Aywaille, constitue une nouvelle pierre pour aider à mieux définir l'origine du nom.

      Si d'autres éléments et un autre environnement ont pu contribuer à la formation de ce toponyme, telle que la déclivité d'un ruisseau, il n'est pas exclus de persévérer dans ce sens. La notion de domaine et de situation de lieu se verrait complétée non pas simplement par une notion de déplacement mais également par un lien clair avec les premières exploitations de minerais de fer.

      A l'époque gauloise, les tribus locales des Condruzes et des Aduatuques y extrayaient déjà du fer, profitant des forêts comme source d'énergie. Le contact avec les légions romaines a favorisé l'apparition de certains termes dont le langage wallon s'est accaparé. D'où l'explication probable de retrouver le mot " parfond " en wallon.

      L'origine latine pourrait expliquer dès lors l'apparition de ce nom. Le mot latin " fundere " signifie " précipiter au fond, laisser couler ". Il a servi à créer toute une série de termes en rapport direct avec l'industrie du fer, tels que fonderie, fondre, fondrière.  Le terme français " parfondre " issu du latin "perfundere" signifie " incorporer les couleurs à la plaque de verre en les faisant fondre ". Manifestement, ses différentes significations offrent un lien avec l'écoulement de l'eau. On se rappellera également que l'argot " pâté " utilisé pour " profond " peut en donner une interprétation pouvant découler de ce mélange de terre (contenant du fer) et d'eau. Il y a dès lors une possibilité de relier cette notion de fusion et de purification des métaux, inclue dans le terme fonderie, avec celle plus ancienne d'un lien entre des éléments comme le fer, la terre et l'eau.

      On peut difficilement concevoir que les Romains n'aient pas été impressionnés par cet artisanat d'extraction du fer au milieu des forêts pour qu'il n'en soit pas issu des termes spécifiques et par voie de conséquence des lieux-dits et au final des noms de famille.

      Malheureusement, cette piste est totalement réfutée par le monde académique qui la trouve sans fondement même si elle peut s'avérer plaisante à défendre. Mais doit-on impérativement se limiter à une connaissance limitée à des données connues de notre horizon ? Et ne pas pouvoir y introduire des espaces évolutifs qui participeraient à donner un cadre plus élargi d'émerveillement.

      Ce qui est certain c'est que l'utilisation dans le dialecte wallon, structuré dès le 12ème siècle  à partir du latin des légionnaires, et le fait que, dès le 13ème siècle dans le Roman de la Rose, la présence du mot " parfond " est attestée, doit laisser envisager une origine plus ancienne que celle mentionnée dans les différents dictionnaires explicatifs sur les noms, à savoir un lien avec un lieu-dit remontant au 15ème siècle à Aywaille. L'apparition, en tant que nom de famille, à la fin du 13ème siècle, en rive droite de la Meuse, dans cette région d'intense peuplement et ayant été à l'origine de la dynastie carolingienne, ne peut que confirmer cette piste

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