Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 18:13

             L'objectif de ce blog ne consiste pas nécessairement à rédiger des articles reprenant le résultat des recherches, des découvertes et des analyses de son auteur. Il peut également être utilisé pour transcrire des textes rédigés par d'autres. Diffuser cette mémoire via d'autres canaux, cela me paraît aujourd'hui essentiel.

            Durant l'été 2007, suite à un travail de classement de vieilles photos, je repérai certaines d'entre elles avec mon grand-père en compagnie d'élèves. Elles remontaient à différentes époques de sa carrière d'instituteur. Soucieux d'identifier les endroits, je retournai dans le village de Beauvechain ou il avait exercé ce métier pendant 37 ans. A cette occasion, je rencontrai Thierry BERTRAND dans un des lieux, l'ancienne école du patronage,  ou certaines de ces photos avaient été prises. Rédigeant régulièrement des petits articles pour une revue locale, il m'informa qu'il avait l'intention d'en écrire sur les instituteurs de Beauvechain. En lui promettant que je lui enverrais, non seulement plusieurs photos, mais aussi des renseignements sur la vie de mon grand-père, je m'aperçus que le fruit de mon travail pouvait ainsi être diffusé pour la première fois.

           Nous échangeâmes avec Thierry plusieurs courriers. Conscient qu'il avait pu trouver la source idéale, il me demanda à plusieurs reprises non seulement des compléments d'informations mais également de veiller à la vérification du texte.

           C'est ainsi que je reçus, quelques mois plus tard, le texte publié dans "Le bulletin du Centre Culturel de la vallée de la Néthen - 1er trimestre 2008, n° 155". Il fait partie, à ce jour, d'une série de trois articles sur ces instituteurs de Beauvechain. Je pus ainsi mettre en relation Thierry avec le fils d'un autre instituteur, mon petit-cousin germain Henry, celui qui a été à l'origine de ma motivation (voir article : Petit hommage à ceux qui  ont démarrés). Son père Basile PAESMANS (article n°156 du Bulletin du CCVN), avait épousé Anna la soeur aînée de mon grand-père. Et par la suite, fut publié celui sur Jacques RIGUELLE (article n° 157 du Bulletin du CCVN) dont je fus l'un des élèves dans les années cinquante. Et comme pour donner de la consistance à cette boucle de la vie, Jacques RIGUELLE fut élève chez mon grand-père durant les trois premières années primaires. Pour parachever mon souvenir de ma vie de petit garçon à Beauvechain, il ne reste plus qu'à rédiger ceux sur Marcel GYRE et Anna VERVAEREN, les deux instituteurs que j'ai connu en primaire.

          Comme simple complément de l'article, je mentionnerai le fait qu'il a appartenu à une génération pour qui l'instituteur représentait un personnage essentiel dans la vie et le souvenir des gens. A mon encontre, malgré son grand âge, il n'a cessé de me dicter des messages de vie par des phrases ciblées: Faire et défaire, c'est toujours travailler ; Qui veut peut ! 

          Voici l'article rédigé par Thierry BERTRAND. Outre mes données personnelles, il a consulté également les Registres des délibérations du Conseil Communal de Beauvechain. Il est également l'auteur de plusieurs livres sur Beauvechain
.

N.B. : Afin d' éviter trop de lourdeur au texte, j'ai éliminé les références annotées ainsi que les photos de classe qui feront partie d'un autre article. On peut également s'en référer partiellement aux 3 autres articles de ce blog : Y a t-il une ressemblance ? ; Emile l'horloger; Emile Parfonry l'horloger.

Emile Parfonry et l’école des garçons de Beauvechain

  

1914 - 1950

  

1895 … il y a un an déjà qu’en Belgique le suffrage universel (tempéré il est vrai par un vote encore plural) a été établi… pour quelques années encore nous nous trouvons au 19ème siècle même si de nombreuses prémices annoncent le siècle suivant : la Trip lice (ou Triple Alliance) a été conclue en 1882 annonçant la Triple Entente de 1908 et, au-delà, la Grande Guerre qui ravagera l’Europe et se « mondialisera » …

 

Le 16 mars de cette année 1895 naît à Neerheylissem, rue des Charrons, François, Emile, Antoine Parfonry, fils d’Alexis. Le petit garçon, cadet d’une Anna et d’un frère Henry, grandira sans doute sans problème dans son village natal, lorsque grâce à son parrain Emile, frère de son père, horloger de son état, il aura l’opportunité d’entamer, de poursuivre et de réussir avec fruit des études d’instituteur à l’Ecole Normale de Malonne. Il obtient son diplôme le 1er août 1914.

 

Le 1er octobre 1914, alors que la guerre fait rage depuis le 4 août sur le territoire national, Emile, qui a 19 ans, est engagé comme instituteur à l’école libre adoptée de Beauvechain.

 

Cette école libre des garçons s’était installée, au plus fort de la « Guerre scolaire » (1879-1884), dans les bâtiments de la ferme Decosseaux-Gauthier (aujourd’hui les numéros 19, 21 et 23 de la rue de l’Eglise Saint-Sulpice) depuis 1879, à l’époque où le doyen Jacobs avait loué les bâtiments à leur nouvel acquéreur, l’avocat Jacobs de Louvain. Le premier instituteur sera Eugène Doyen, remplacé en 1888 à sa pension par Nestor Despas, et, au départ de ce dernier en 1892, par Jules Joseph Baudry.  

........................................................................................................................................................

En 1913, sous le pastorat de l’abbé Monsieurs une deuxième classe y est ouverte, créant par la même occasion un poste de sous instituteur qui sera occupé brièvement par le dénommé Hubrechts, remplacé à son départ par Marie Jeanne Colette Léontine Loonbeek, institutrice diplômée, née à Tourinnes-la-Grosse et domiciliée à Hamme-Mille (qui avait déjà assuré, en 1907 à La Bruyère, l’intérim de la sous institutrice à l’école communale des filles Marie Brasseur, malade).

 

C’est Mademoiselle Loonbeek qu'Emile Parfonry remplace, en 1914, comme sous- instituteur du chef d’école Jules Joseph Baudry. Ce dernier épousera d’ailleurs la demoiselle en question le 16 novembre suivant et, en sa séance du 17 septembre 1915, le Conseil communal sera amené à examiner la demande de mise à la retraite de Baudry qui l’obtiendra. L’intéressé avait alors 52 ans.

 

La place ainsi laissée vacante va être confiée à Basile Paesmans, qui rentre en fonction comme instituteur de première classe et chef d’école le 1er octobre 1915. Paesmans deviendra le beau-frère de Emile Parfonry en épousant Anna, la sœur de ce dernier, le 26 mai 1917 à Neerheylissem. Il semble bien que les deux instituteurs aient habité la maison de l’école des garçons rue de l’église Saint-Sulpice, séparée de la cour de récréation par un mur.

 

Le 6 mars 1919, Emile Parfonry épouse Julienne, Marie, Joséphine Lancelle, une tirlemontoise d’adoption, fille de Jules Lancelle et Victorienne Guillaume, tous deux originaires de Beauvechain. Le jeune ménage habite du 20 mars au 20 octobre au 25 de la rue des Voyageurs, à Tirlemont. En 1920, leur naîtra un fils : Georges.

 

La même année 1919, un rapport de l'architecte provincial dénonce l'état des locaux scolaires (soit l’école libre adoptée des garçons et l’école des sœurs) qui sont  défectueux, sauf l'habitation des Soeurs qui peut encore être conservée, mais tous les autres bâtiments devront être reconstruits dans un bref délai. Il y a donc lieu d'envisager de construire, mais, pour cela, il faut solliciter des subsides. Or, ceux-ci ne peuvent être octroyés que s'il s'agit d'un terrain communal. La solution que trouvera l'administration, en accord avec l'autorité religieuse, sera de changer purement et simplement de statut l'école adoptée des garçons en lui conférant la qualité d'école communale : les locaux de l'ancienne école adoptée des garçons ne sont plus convenables du point de vue hygiénique. Les locaux de l'école adoptée des filles sont en bon état.

 

Étant donné ce constat, à l’occasion du renouvellement du statut des écoles adoptées, on ne procède donc qu’à celle de l'école des filles. En attendant de trouver une solution pour les locaux, les cours sont malgré tout assurés pour les garçons dans les anciens bâtiments mais les deux instituteurs, Paesmans  et Parfonry, prêtent serment le 7 février 1921 devenant, par là même, instituteurs communaux.

 

Quant au problème des locaux, on évitera la construction.  En 1923 en effet, l'Hospice Nelis de la rue de la Station est fermé: la commission administrative des hospices offre à l'administration communale de Beauvechain, pour servir de locaux scolaires et de logement à deux ménages d'instituteurs, en attendant des temps meilleurs, cet établissement, très bien situé  au centre de la commune.

 

Peu de temps après cependant, Emile Parfonry loue une maison située au n°5 de la rue de la Station puis, en mars 1926, achète à Louis Vancaster le terrain qui se trouve en face et fait construire sa maison qui portera le n°2.

 

En 1938, l'école est à nouveau déplacée : elle retrouve ses locaux d'origine, à la maison communale dans laquelle on a procédé à des travaux à la salle communale réalisée à l'étage, à hauteur du secrétariat avec des travaux complémentaires prévus pour l'aménagement des locaux scolaires. Il n’est sans doute pas sans intérêt de préciser qu’au 1er janvier de cette année 1938, l’instituteur Parfonry dispose d’une rémunération annuelle de 24.000 francs, de 600 francs d’indemnité de résidence et de 50 francs supplémentaires comme prime pour être titulaire d’un diplôme de géomètre.

 

L'école des garçons restera installée sur la place jusqu'à sa disparition définitive en 1976.

 

Par lettre du 31 octobre 1945, Basile Paesmans demande de pouvoir accéder à la pension de retraite et celle-ci lui est accordée en février 1946. Parfonry le remplace comme chef d’école et Marcel Gyre est nommé deuxième instituteur. Trois ans plus tard, en octobre 1949, Parfonry demande son « congé de maladie » et démissionne en avril 1950. Il obtient à son tour d’être admis à la retraite, Marcel Gyre le remplace et Jacques Riguelle est engagé comme deuxième instituteur à titre intérimaire.

 

Parfonry ne reste pas pour autant inactif. Colombophile averti et passionné, il fréquente le café Coismans (ancien Vert Galant) où étaient réalisés les enlogements. Le 12 octobre 1952, il se présente aux élections communales. Elu, il est désigné premier échevin. Sa carrière politique sera cependant de courte durée : frappé par un infarctus, il ne représentera plus sa candidature en décembre 1958. En 1960, il revend sa maison de la rue de la Station et va s’installer chez son fils Georges qui habite à Auvelais puis à Tamines. Il décède le 26 novembre 1987 dans un home pour personnes âgées, rue de Velaines à Tamines. Il est inhumé auprès de son épouse, dans la même localité, au cimetière des Bachères.



Partager cet article

Repost 0

commentaires

servotte 08/02/2014 19:04

Dommage que je ne vois aucune photo de tes grand-parents bien connus à la rue de Velaine