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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 10:04

Samedi 7 février

Réveil à 6 heures. Petit déjeuner rapide afin de partir tôt vers la Basse Terre. Notre souhait est d’approfondir la découverte de la route de la Traversée. En arrivant sur la route, il est encore tôt et les nuages n’ont pas encore laissé la place au soleil. On fait une petite diversion vers Morne à Louis, un endroit un peu perdu, ou l'on trouve la station hertzienne permettant de transférer les images du côté de la Côte des Caraïbes. La voiture souffre un peu, le ciel est encore couvert  mais cela permet de faire une superbe photo du monde végétal.
Redescendant sur la Traversée, en préliminaire, nous faisons la visite des Maisons du Bois et du Cacao près de Pointe Noire. Endroits très agréables qui nous permettent de faire connaissance avec les anciennes activités de cette région. On a même droit à une dégustation de punch au cacao. Petite visite de Pointe Noire également pour nous mettre en mémoire le cadre de vie et l’architecture d’une localité antillaise. Martine, attirée par l’odeur dégagée par une pâtisserie de bord de mer se laisse évidemment tenter par les petits sucrés aux fruits locaux. Après avoir déambulé dans un certain nombre de rues et ruelles, elle se prend l'envie d'entrer dans l'église. Pour y photographier les bouquets de fleurs préparés pour la messe du lendemain par quelques mains féminines charitables. Tout cela sans penser à approvisionner, avant de sortir, le tronc pour les oeuvres de charité.
On descend un peu vers le Sud jusqu’à la plage de Malendure. On y est quelque peu surpris du peu d’entretien de la petite plage qui se trouve juste en face de la réserve marine Cousteau, endroit protégé. Un peu étonnant comme gestion de l’environnement. Casse croûte pris rapidement pour nous sustenter un minimum. Ensuite, ce sera la ballade autour de la Maison de la Forêt pour nous permettre d’approcher au plus près l’intérieur d’une forêt tropicale humide. Une bonne heure et demi dans un sentier parfois un peu boueux mais permettant de faire connaissance avec un milieu naturel aux dimensions peu habituelles. Si la flore est présente, force est de constater, ce que j’avais déjà pu appréhender, que la diversité colorée des oiseaux soit absente. Ce ne sont pas les merles et les sucriers, vus dans la parcelle de Gissac, et les tourterelles brunes aperçues dans plusieurs endroits qui font croire au paradis tropical.











Retour vers 17 heures 30. On sent Jacques un peu énervé par l’évolution de la situation. Il s’inquiète de notre départ qui se rapproche en trouvant que les réserves sont en baisses. Même en lui annonçant qu’on l’invite le lendemain chez Pinpin, il devient un peu nerveux. On le rassure en lui disant qu’on ira faire les courses avant. On a même droit à un petit refrain sur nos habitudes alimentaires qui ne seraient pas des plus présentables, faisant le lien avec la notion de brunch, mentionné dans un article du journal qu’il me demande de lire. Il était effectivement un peu déstabilisé notre Jacques par ce qu’il entendait à propos de l’évolution des grèves. Pour se calmer, il s’est mis finalement à téléphoner dans toutes les directions. Fallait-il lui expliquer que le développement de la situation était probablement l’un des premiers effets extérieurs de la nomination d’OBAMA à la présidence des USA ? Le désormais «  Yes, we can » est repris comme une sollicitation de réponse dans ces DOM ou manifestement on conserve encore une particularité post coloniale assez unique. Mais, je ne suis sans doute pas, à ce stade,  le meilleur analyste pour juger.

Pour faire oublier tout cela, Martine se met à préparer un gratin de christophines qu’elle nous présente dans le plat préféré de Jacques. Une bonne moitié sera mise en portion au congélateur pour que Jacques puisse se servir après notre départ. Trouvant étrange, moi l'agronome tropical de ne pas connaître le nom de ce légume, je le trouve, en lisant les livres de cuisine créole, sous la mention plus connue de « chayotte ».

 

Dimanche 8 février

Réveil à 7h 45. Décidément cette marche en forêt nous a bien fatiguée. Et en plus, on a droit à une drache nationale en lever de rideau. Le thermomètre se permet même de descendre légèrement en dessous des 24°. Ce qui incite Jacques d’aller se rhabiller plus chaudement. En attendant de faire la virée proposée la veille, Martine repasse et remet de l’ordre dans la chambre. Jacques téléphone à Patrick qui aurait eu un problème qui l’a conduit la veille aux urgences. C’est promis,  il  » arrête le poisson » pour l’instant. Mille excuses pour le jeu de mots mais je ne pouvais m’en priver !!

A 10 heures, départ pour le Moule ou on s’arrête à un super marché. Pas mal de rayons sont dégarnis suite aux grèves. Malgré tout, on trouve le nécessaire pour faire le plein !!. Une fois que le caddie est remplit, Jacques tombe par hasard sur une confiture d’oranges amères. C’est là que l’on comprend que manifestement toutes les sortes de confitures ramenées depuis le début n’étaient pas les bonnes. A la sortie, après avoir payé, il ne lui manque que le sucre de canne. Le bon, le local, celui de Gardel, est en rupture de stock. On se promet d’en trouver avant de partir. Ayant goûté aux traditions locales, nous ne voudrions pas abandonner Jacques sans une goutte, ou plutôt une cuillère de sucre de canne.

Le coffre plein, nous prenons la direction de l’Anse Maurice vers le Nord. On souhaite fortement faire plaisir à ce cousin des Antilles. En chemin, on s’arrête pour prendre en photo un cadre que j’avais repéré précédemment : un vieux moulin au milieu de champs de canne à sucre. Après avoir profité de la vue superbe au dessus de la crique, nous nous mettons à table. Apéritif suivi d’une salades d’achras comme à l’accoutumée. Pendant que Jacques préfère son éternelle fricassée de lambis, nous choisissons le colombo de cabris que notre guide touristique recommande. Le résultat est là, tout simplement délicieux. Et pour couronner le repas, Jacques nous fait le coup du vieil habitué des îles en dialoguant avec Pinpin, le patron. Avec comme résultat, une rasade de rhum vieux offerte.

De retour à Gissac, tout redémarre évidemment par une bonne sieste. Au réveil, on apprend, comme toute la Guadeloupe, le départ précipité du Secrétaire d’Etat qui aurait été rappelé à Paris. Cela mécontente évidemment les syndicats qui préconisent une grève générale pour le lendemain.

A la soirée, je décide de travailler un peu avec Jacques sur le schéma des déplacements des PARFONRY de France. Il avait constaté un certain nombre d’erreurs dans mon tableau figurant dans le document de travail. Petit travail de mémoire qu’il effectue sans soucis. Je viens ainsi de récupérer une des données importantes que seul lui pouvait encore me donner. En complément de discussion, on retombe un peu par hasard sur son grand-père Paul. Et parmi ses tableaux en possession de la famille, il me signale l’un d’entre eux qui a servi à un calendrier de la Poste. Preuve s’il en est que ce fameux Paulo n’était pas aussi barbouilleur que cela. Comme dernier lien avec ce dernier, il me fait part de l’existence dans la cuisine d’un couteau marqué aux initiales entrelacées de ses grands-parents : P§B, pour PARFONRY et BARBAULT.

Ayant ma clef USB, j’en profite pour lui montrer différentes photos classées. Outre celles de Briou en juillet et celles montrant notre maison d’Aiseau, je lui fais découvrir certaines en relation avec mes dossiers de généalogie. Je lui montre ainsi une photo de son parrain Jean, en jeune médecin. Et parmi d’autres, on tombe sur celle de mon arrière-grand-père Alexis. Et oh surprise !, Jacques y trouve une ressemblance de traits dans mon visage. Désormais, j’ai au moins une idée à quoi je dois me préparer quand j’aurai plus de 75 ans.

La soirée s’achève sur une discussion orientée sur l’utilisation de certains produits dans les repas de la cuisine belge. Il est ainsi question du choix des vins, de l’usage (voire de l’abus) du pain, deux points qui soulignent une différence de culture. Et dire qu'on ne lui a pas fait le coup du thermo de café pour accompagner en principe nos tartines le soir. Pour en arriver à oser défendre, devant lui, que les vrais gaulois sont bien les belges, comme l’aurait déjà constaté un certain Jules César. Je lui parle du livre « Astérix chez les belges ». Ce qu’apparemment il n’a jamais lu. Une bonne idée par conséquent pour lui faire comprendre un peu nos habitudes et les particularités du langage.

 

Lundi 9 février

Réveil à heures 30. Petit déjeuner sans grandes précipitations. Frans vient nous rejoindre vers 8 heures, un peu excité. Il a regardé l’émission de TV sur Canal au sujet de la Martinique. Et il est énervé des paroles prononcées par l’un de ces « Békés » qui monopolisent le capital des super marchés. Lui, le modéré, serait d’accord d’aller manifester. Décidément, on n’est pas prêt de la solution. Quant à moi, je trouve que l’on ne voit plus très bien si l’objectif de la grève est lié à une augmentation des salaires de 200€, à une diminution des taxes, à une réduction des prix de produits de grande utilité, à un développement d’une économie locale ou à une position nationaliste plus poussée. Si on est arrivé à organiser une manifestation de 60 000 personnes et à avancer 133 points qui posent problèmes, il doit bien y avoir un peu de tout cela.

Notre programme sur Pointe à Pitre est par conséquent bouleversé. En contrepartie, Martine souhaite aller revoir la Porte de l’Enfer et faire de nouvelles photos. On en profite pour arpenter une partie du sentier des douaniers qui surplombe les falaises. Retour par Port Louis, ou nous prenons des langoustines au Poisson d’Or, accompagnées de patates douces et de tranches du fruit de l’arbre à pain, avant de nous reposer sur la plage. Ensuite se sera Morne-à-l’Eau ou Martine se refuse toujours à photographier le cimetière fait de blanc et de noir en pente. Retour par la région des Grands Fonds. On se perd un peu dans les petites routes situées dans le bas de cette particularité topographique mais le décor en valait la peine. On vous conseille de passer par conséquent par Beausoleil, Papin avant de finir par la D 110. Cela fait un peu rallye mais c’est de toute beauté.

Retour à Gissac vers 17 heures 30. Jacques fait son courrier. Il a apprécié la chiquetaille de morues à midi. Mais comme à son accoutumée, il n’envisage pas de manger deux fois la même chose deux jours de suite, on pourra profiter du reliquat pour notre dîner. Qui sera en outre accommodé en dessert avec un clafoutis de cerises, préparé en douceur par Martine. On fait remarquer qu’il serait préférable de le faire avec un fruit local comme l’ananas. Très bien mais alors on y ajouterait du rhum !!. Décidément, ce breuvage, pas très gaulois, fait partie de l’identité de la Guadeloupe.

Durant le repas, je reviens en boutade avec cette question débattue hier. Jacques joue le jeu parfaitement. Il assure avec dignité le fait qu’il ne soit pas un vrai gaulois. Il accepte ma théorie que ce sont les gens les plus au Nord qui ont conservé ces caractéristiques. Probablement que certaines de nos habitudes alimentaires l’ont finalement convaincu que c’était mieux ainsi. Il restera néanmoins la salade de tomates, rehaussée avec délicatesse par Martine, et tant appréciée par Jacques. Préparée avec la production locale, la saveur du plat n’a pas manqué d’humecter les papilles du cousin. Un bon point pour les gaulois !!. Dans la discussion, on sent qu’il prend conscience de notre départ proche. Dans son esprit, on aperçoit désormais l’arrivée prochaine de Clémentine. Il la voit déjà débarquer avec des timbres et surtout un bon camembert affiné !!

 

Mardi 10 février

Réveil à 6 heures. Je prépare comme d’habitude le petit déjeuner. Martine, fatiguée du circuit de la veille, dort encore. Je suis arrivé à ne plus rien oublier pour satisfaire mes deux compères. La place et le bon couteau de Jacques sont réservés. Le beurre est remis au frigo, le café est réchauffé sur sa plaque,....Désormais, je maîtrise toutes les données permettant de ne rien oublier et de mettre chaque chose à sa place au moment ou Jacques arrive. Afin d’éviter de recevoir une remarque sur la façon inadéquate de mettre la table, il faut bien se concentrer un petit peu. Si on veut d’autres conseils sur la question, prière de me contacter sur mon adresse mail. A leur lever, ils trouveront tout le nécessaire. J’ai le temps de discuter un petit peu avec Frans avant de voir arriver Martine. Jacques arrive un peu plus tard que d’habitude mais tout frais et dispos.  

La grève étant prolongée cette journée, la sortie à Saint François est annulée. Etant donné qu’il faut s’attendre à entendre les bruits de l’installation du nouveau toit chez Frans, on décide de partir peaufiner notre bronzage à Bois Jolan toute la journée. Avec un intermède pour le temps de midi où nous revenons évidemment partager le repas à Gissac. Au passage, on a trouvé un beau poulet rôti chez la petite femme installée presque chaque jour devant le boulanger. Et en passant chez Gisèle, je repère le cher sucre de canne, indispensable ingrédient de tout breuvage local. Ma découpe du poulet n’est, paraît-il, pas parfaite, un peu gauloise sans doute, mais on s’en délecte de toute façon. Et, on en profite pour terminer le clafoutis de la veille au grand bonheur de Jacques.

Peu après, il revient à la charge concernant la situation des communes en Belgique. Il a retrouvé un atlas, offert par sa fille Martine, et une carte sur lesquelles il veille cette fois à mettre une croix à l’emplacement de Neerheylissem mais surtout d’Aiseau, l’endroit où on habite. Peut être a-t-il le souhait d’y pousser une pointe lors de son prochain séjour cet été ?

A la soirée, Martine enfile le tablier et prépare en un tour de main une mousse au chocolat. Des œufs superbes qui possédaient deux jaunes, comme quoi la production locale est de qualité. Une partie ira au congélateur pour apaiser les fringales sucrées de Jacques. On commence par ailleurs à discuter des préparatifs de départ : nettoyage de la voiture, derniers achats à faire, téléphoner aux DELICADO,… On apprend que le Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer revient en Guadeloupe sans cependant avoir débloqué la question de l’augmentation des salaires.

Dès l‘apéritif, égayé par un Jacques au mieux de sa forme, Martine doit supporter deux PARFONRY qui se la joue un peu. Ce n’est pas rien. Mais d’une gentillesse à toute épreuve, elle en rigole. Il est notamment question des fameux souliers « Crocs fuschia » (voir photo 1ère partie !!!) qu’elle a promenés tout au long de son séjour. A mon sujet, on a hésité entre le coup de soleil et le coup de rhum, à propos des couleurs de ma figure. Et comme le vent se remettait au Nord, la soirée s’est achevée sur une de ces phrases percutantes de Jacques : « C’est le vent du Nord, celui qui tue les vieux « !! ». A l'écoute de cette phrase, je ne pus m'empêcher de faire le lien avec la chanson " Le plat pays" du Grand Jacques. Notre Jacques des Antilles avait, quant à lui,  adapté l'alexandrin de la chanson originale
             " Avec le vent du Nord, qui vient s'écarteler

               Avec le vent du Nord, écoutez le craquer, 

               Le plat pays qui est le mien"
en en faisant un lien avec l'une de ses autres chansons "Les Vieux".  Superbe symbiose de la poésie qui démontrait l'influence du chanteur belge dans le subconscient français.

Mercredi 11 février

Réveil à 6 heures 30. Matinée assez pluvieuse. Je passe brièvement chez  Jean pour confirmer notre arrangement pour nous conduire à l’aéroport demain. Petite discussion sur l’évolution de la situation. Un peu étonné que les choses n’évoluent pas plus vite, j’échange des propos pendant cinq bonnes minutes. Il me donne son avis à chaque fois. Manifestement, il doit exister sur l’île une double approche en ce qui concerne l’avenir.

En vue de nos derniers achats, on fait une petite virée vers Sainte Anne. Entre les gouttes de pluie tropicale, on remplit le sac à dos de souvenirs pas trop lourds et pouvant éventuellement avoir une utilité. Déjà qu’on est devenu adepte du rhum de Damoiseau, il faut composer pour éviter le trop plein !!

En rentrant à Gissac, Jacques nous attend. Et on sort, en surprise, les bananes légumes que je souhaitais faire déguster à Martine avant de partir. Jacques acquiesce pour accompagner le reste du poulet de la veille. Il apprécie la salade cuite de tomates et d’oignons venant du Nord et qui, ajoutée à la cuisson de poulet, donne un goût et une texture qui le satisfont. Par contre, il commence à craindre la pénurie de fromages qui ne font pas partie des habitudes locales.

Nous partons vers 14 heures 30 vers Saint François, laissant Jacques terminer sa sieste. Dormant profondément, il n’entend même pas le moteur de la voiture. Nous avons un rendez-vous avec les DELICADO. Ils nous font visiter la nouvelle Marina, financée par les fonds de l’Union européenne. Le temps n’est vraiment pas au beau fixe. Vent et pluies font croire par moment qu’on se ballade quelque part entre Colouire et Saint-Tropez par une mauvaise journée d’été. On remarque cependant quelques superbes trimarans avant de repérer parmi les nombreux restaurants celui des « Frères de la Côte », homonyme de celui de Camaret en Bretagne où nous avons été mangé il y a quelques années. On constate que la ville est fortement habitée par des européens qui y occupent beaucoup de postes dans le secteur HORECA et les commerces. Peu de touristes déambulent alors que l’on se trouve en haute saison. Par contre, quelques cafés retransmettent le match de football entre la France et l’Argentine. Vu le score à ce moment, une nouvelle défaite est à prévoir.

Après avoir pris quelques objets pour sa sœur en Belgique, nous prenons la route de retour vers 18 heures. Arrivé à Gissac, Jacques s’est couvert pour se protéger du « froid !! ». Le repas du soir est vite avalé. Jacques découpe le hareng amélioré par Martine tandis que je me fais deux œufs sur le plat vite fait bien fait. L’ambiance est bonne. On apprend que le bébé de Clémentine sera une petite fille.

Vers 20 heures 30, on écoute la Conférence du Secrétaire d’Etat qui défend les différentes avancées effectuées en matière de pouvoir d’achat. Beaucoup de chiffres qui, espérons le, permettront d’aboutir à un accord définitif. Sur demande pressante de Martine, je descends les deux valises. Il faut désormais monopoliser notre esprit vers le départ. Au mur de la terrasse, les deux « mabouyas », semblables aux geckos africains,  continuent comme chaque soir d’attendre le moustique ou la mouche qui, attirée par la lumière, se poserait à leurs portées.

Nous laissons Jacques, comme à son habitude, fermer les volets. De notre chambre, nous entendons une dernière fois qu’il murmure comme chaque soir le même air.

 

Jeudi 12 février

Réveil à 6 heures 30. Dernière virée chez BANETTE pour un dernier petit déjeuner à Gissac. Pendant que Martine prépare sa valise, je lave à grandes eaux la voiture. La matinée se passe au calme sur la terrasse. Josiane vient faire la causette avec Martine en apportant une main de petites bananes. J’en profite pour finaliser à mon tour ma valise. Tout semble finalement pouvoir être casé.

Rien de particulier à signaler durant cette matinée. Martine s’allonge dans un fauteuil. Manifestement, elle a un petit problème pour digérer les bananes légumes de la veille. On profite de l’apparition d’un joli colibri qui vient virevolter devant nos yeux. Jacques, se remémorant une dernière péripétie de sa vie, nous parle de la « rue de la Soif » à Dunkerque !!.
Dans le journal du jour, on lit un article intitulé «  Le lac Pipi caca de Bois Jolan ». Et dire que l’on n’a rien vu de particulier pendant toutes nos vacances. Heureusement qu’il est situé plus loin vers le Helleux et les lotissements. Mais on espère que les autorités prendront les mesures nécessaires pour sauvegarder ces plages protégées par le Conservatoire du littoral.

Dernier petit intermède au dessert. Une des mangues rapportées de Sainte Anne arrive sur la table. J’en profite pour porter mon ultime passe d’arme en coupant, devant un Jacques étonné, une mangue selon la façon la plus professionnelle qui soit : séparer l’os des deux joues avant de découper la pulpe en petits carrés renversés. Il reconnaît que c’était la première fois qu’il voyait faire cet exercice sans besoin préalable d’explications et aussi parfaitement. Je lui ai  annoncé à ce moment, le plus sérieusement du monde, qu’il avait devant lui le spécialiste belge de la mangue. Ce que je pourrai confirmer en lui montrant un jour le fameux livre d’agriculture tropicale auquel j’ai collaboré.

Repos jusqu’au moment du départ vers l’aéroport. A 16 heures, on embrasse Jacques en le remerciant de son hospitalité et en espérant le revoir cet été. La main levée, balançant de gauche à droite, il nous accompagne jusqu’à l’instant ou nous fermons la barrière portant le numéro 6. Chez notre loueur, situé en face de l'EcoMax, après une brève remise de la voiture, on est conduit par le cousin de Jean qui, prenant un itinéraire bis, nous permet de contempler une dernière fois la beauté des Grands Fonds. A l’aéroport, tout est calme. Seule, la file pour passer au contrôle est inhabituellement longue. J’envoie un message à Agnès pour confirmer que nous n’avons pas modifié notre date de retour.

 

Vendredi 13 février

Après un voyage régulier en avion qui nous a permis, entre les petites somnolences, de visionner le dernier film de Valérie Lemercier, Agathe Clery, on atterrit à l’heure à Orly. Il est 8 heures du matin.  La température est de zéro degré et le sol est recouvert d’une couche de poudreuse. Nos vacances sont bien terminées. J’ai sur mon GSM un message d’Agnès qui confirme que nous serons bien récupérés comme convenu.

La traversée de Paris pour rejoindre la Gare du Nord se déroule selon un timing bien supérieur à l’aller. En cause, des perturbations matérielles sur la ligne qui nous occasionne des blocages du RER entre Anthony et Gare du Nord, coincé dans la foule des assidus du métro. Martine découvre le monde souterrain des transports publics. Une chance que je n’avais pas réservé des places dans le premier Thalys de la matinée. Nous avons le temps devant nous pour nous refroidir dans les allées du Nord puis de nous rafraîchir d’un expresso et d’un croissant avant de monter dans le train de 12h 25.

Arrivée en Gare de Bruxelles Midi à 13h 47. Agnès et Robert nous attendent sur le quai. Sympathique marque d’attention, eux qui découvraient cet univers de la plus grande gare de Belgique pour la première fois. Petit gag pour sortir la voiture du parking. Robert se perd dans les manipulations de paiement automatique. J’interviens pour remettre les choses en place. On prend comme convenu la direction de Notre-Dame-au-Bois (Jézus Eik in het Vlaams), au sud de Bruxelles. Et à 15h 30, on se met à manger un steak accompagné de frites et d’une Leffe blonde. A Gissac, au même moment, nous savons que quelqu’un prépare son apéritif en regardant la barrière.

Quant à nous, cette fois c’est bien réel,  nous sommes bien revenus en Belgique. Mon genou ne me fait plus mal. Il manquait probablement d’exercices. Est - il bien nécessaire que je téléphone à mon médecin ? Quant à Martine, elle n’est pas encore atterrie. Elle prend le temps de revoir le film de cette rencontre.

 

 

Encore un grand merci Jacques. On pense beaucoup à toi.

A suivre ......!!!

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