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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 09:37

      SPY, village de Belgique francophone, situé dans la vallée de l'Orneau, affluent en rive gauche de la Sambre, a acquis une renommée mondiale depuis la découverte de fossiles humains en 1866. La diversité des découvertes permirent de faire reconnaître, par la communauté internationale, l'existence d'un type humain plus ancien que l'homme moderne. L'importance de ces trouvailles remit notamment en cause l'hypothèse d'une malformation pathologique du crâne de l'Homme de Néandertal. La " grotte de Spy " fait ainsi désormais partie de ces lieux de passage que tout paléontologue se doit de découvrir. 

Pour plus d'informations sur cette grotte, vous pourrez les trouver sur le très beau site :

http://users.swing.be/grottedespy/page2.html
 


      Dorénavant, le village de Spy peut s'enorgueillir d'une deuxième pièce de collection assez intéressante. Par mes recherches antérieures, j'avais ainsi repéré l'existence d'un tableau dans la base de données de l'Institut Royal de Patrimoine Artistique (IRPA), intitulé " Répertoire photographique du Mobilier des Sanctuaires de Belgique ", dont le peintre se dénommait PARFONRY.

 
Paul SpyIrpa wal

Document KIK-IRPA, Bruxelles(www.kikirpa.be

 Photo Lucien HOQ,1968


      Elle résultait de l'initiative lancée en 1967 par les ministres Pierre WIGNY et Renaat VAN ELSLANDE, faisant suite à la décision de Vatican II d'apporter des modifications dans la liturgie. Suite aux conséquences qu'il en découlait en matière de suppression de mobilier religieux dans les églises, il avait été décidé de réaliser un recensement du patrimoine religieux de Belgique. Cette peinture intitulée " Saint Roch intercédant auprès du Christ en faveur des pestiférés" était en fait une copie d'un original de Pierre Paul RUBENS. Elle se trouvait dans l'église Saint - Amand à Spy.
                                                                   

      Etait-il possible que cette peinture soit l'oeuvre de Paulo le barbouilleur, ce Paul PARFONRY issu de notre lignée, ce peintre mondain parisien ? Ce fils de François-Xavier, né à Paris en 1857. Ce fut ma première réflexion à ce moment.

      Une première visite au curé de Spy le 25 janvier 2007 m'apprit bien peu de choses, à l'exception qu'il ne s'agissait pas d'une rénovation. Selon lui, la nature du cadre et le type de peinture avaient été datés au début des années 1900. Il me signala également que la Fabrique d'Eglise ne disposait d'aucuns autres renseignements sur cette peinture. A l'occasion de cet entretien, je ne pus voir la fameuse toile en question car l'église était fermée.

      J'effectuai une seconde visite, le 3 juillet 2008. Profitant d'une répétition de la chorale en soirée, la petite porte latérale de l'église était ouverte et la toile était visible. Mais, installée en surplomb, au fond de l'église, à gauche du portail en regardant le transept et le choeur, il s'avérait nécessaire de disposer d'une échelle pour vérifier la signature. Dialoguant avec Bernard VANDENBULCKE, le responsable de la Fabrique d'Eglise, j'appris ainsi que l'ancienne église avait été abattue en 1898 et remplacée par l'actuelle. Et que cette peinture aurait été conservée durant de nombreuses années dans une pièce annexe, sans grands soins, au milieu d'autres résidus. Et ce n'est qu'à l'occasion du centenaire de l'église en 2001, qu'elle aurait trouvé, après une légère restauration, sa place actuelle. Mais quant à son origine, on n'en connaissait rien de plus.















     

 

 

       Il ne me restait plus qu'à authentifier la signature pour la joindre à notre " Saga des PARFONRY de Neerheylissem". Pour cela, j'avais besoin évidemment d'une copie de la signature prise sur une autre peinture de Paul PARFONRY. Cela ne fut pas très difficile à obtenir. La famille de ce Paulo avait toujours en jouissance plusieurs d'entre elles dans leur joyeux terroir de Jouy-le-Potier (ndrl : cette phrase est à prononcer sans arêtes dans la bouche, bien évidemment !!). Je reçus peu après cette signature. Il ne me restait plus qu' à entreprendre le dernier acte de vérification.
      Je pris un nouveau rendez-vous ce 25 février 2009, un Mercredi des Cendres, avec Bernard VDB à 18h 30. Armés de torches et d'un appareil photo, j'étais prêt, le coeur palpitant, pour cette confrontation. Tel un sacristain de nos jeunes années, il me sortit de derrière l'ancien autel, reléguée dans la pénombre de l'église, l'échelle providentielle. Le reste ne fut que formalité. Bernard fut le premier à y monter. Ayant vu dans mes papiers la copie de la signature, il confirma immédiatement que cela ne faisait aucun doute. C'était bel et bien un tableau de notre cher Paulo.


PICT9044.jpg

      Voulant voir de mes propres yeux, je grimpai à sa suite. C'était manifestement son coup de pinceau qu'il avait déposé en bas sur le côté droit. Tout à fait similaire à la copie envoyée de France. Et il avait fait suivre son nom du texte "d'après Rubens". Je redescendis de l'échelle mais comme pour m'assurer que cet instant était bel et bien une découverte, je remontai aussitôt non pour vérifier mais pour profiter de ces retrouvailles.


      Il ne me restait plus qu'à finaliser le moment. Prendre quelques photos pour me permettre d'en faire partager, à travers mon blog, tous les lecteurs et particulièrement les descendants de Paul PARFONRY, l'artiste peintre. Lui, l'artiste détaillant le portrait des intérieurs opulents de Paris, aurait été impressionné par le génie de RUBENS.

      Aurait - il pu la peindre pour orner la nouvelle église de Spy, consacrée en 1901 où s'agit -il d'une oeuvre de jeunesse, comme le laisse entendre la petite notice au bas de cette toile ? Par conséquent, peinte bien avant 1900 contrairement à ce que ferait croire le texte. Dans cette dernière éventualité, le tableau aurait pu déjà décorer l'ancienne église abattue. Il est vraisemblable que cette toile, photographiée en 1968 pour s'inscrire dans la banque de données de l'IRPA (Institut Royal du Patrimoine Artistique de Belgique), se trouvait présentée à ce moment dans l'église. La décision de supprimer les éléments matériels les plus visibles (autel, chaire de vérité,..) a du sonner le glas des quelques tableaux accolés aux murs de l'église. Et la peinture de Paul reste le dernier vestige ou maillon de ce chapitre dans l'église.

      D'autres questions restent bien réelles. Que fait cette peinture religieuse à Spy ? Y a t-il un lien avec le marbre noir de Mazy qu'utilisait probablement son père pour réaliser les pièces de cheminées en marbre dans les hôtels particuliers de Paris ?  Comment y est - elle arrivée ? Quels liens avaient encore Paul avec la Belgique ? A t-il peint d'autres toiles de ce type ?

      Ou se trouve l'original de P.P. RUBENS ? Tout simplement en Belgique, à l'Eglise Saint-Martin d'Alost (Aalst). Sous l'appellation  d' " Autel de Saint Roch", daté entre 1623 et 1626. Et en visionnant le descriptif de ce tableau, on y découvre que l'on peut le comparer avec la toile intitulée " Le Miracle des Ardents", le tableau le plus connu de Gabriel-François DOYEN, daté de 1767. Cette peinture se trouve à l'Eglise Saint Roch à Paris. Le sujet dans ce cas est Sainte Geneviève et non Saint Roch. Rien de bien particulier, si ce n'est que l'une des esquisses de cette dernière se trouve au Musée Carnavalet. Une nouvelle fois, on retombe sur ce singulier musée parisien avec qui François-Xavier et Paul PARFONRY ont eu des rapports privilégiés. Un nouvel indice pour me conforter de la nécessité d'entrer en contact avec le Conservateur de ce musée.

      Sur le site suivant, on peut retrouver la peinture (n°719), dans la base de données de l'IRPA. Ayant confirmé l'information de ma découverte, le prénom de Paul  fut ajouté à la fiche descriptive.

http://www.kikirpa.be/www2/cgi-bin/wwwopac.exe?LANGUAGE=2&FLD1=vv&VAL1=RUBENS,%20Peter%20Paul&TRC1=off&DATABASE=object&LIMIT=50&STARTFROM=701 ;

       Désormais, le circuit initiatique des PARFONRY qui se limitait jusqu'à ce jour aux villages de Neerheylissem, Gobertange et Beauvechain au sein de ce Brabant wallon de l'Est, de cette Hesbaye brabançonne, passera également par le village de Spy, situé le long de la vallée de l'Orneau, affluent de la rive gauche de la Sambre, en amont de Namur.

      Ce village sera désormais connu non seulement par sa grotte de l'homme de Spy, mais aussi par cette peinture marquée par un lien de sang beaucoup plus récent.

      Bernard, surveille bien notre patrimoine. Tu auras très certainement l'occasion d'organiser des visites groupées de ces PARFONRY venant contempler la toile de leur Paulo.

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commentaires

PARFONRY 04/03/2009 16:14

Compte tenu des indices rassemblés sur le lien unissant François-Xavier et Paul PARFONRY au Musée Carnavalet de Paris, j'ai envoyé une lettre au Conservateur de ce Musée. On attend la réponse. Peut-être pourrons nous envisager un déplacement à Paris si la piste s'avère suffisamment intéressante ?

PARFONRY 04/03/2009 15:44

Une hypothèse, difficile à vérifier, concernant la présence de ce tableau à Spy m'a été émise par Bernard VDB.
Au début du 20ème siècle, plusieurs congrégations religieuses françaises se sont installées à SPY fuyant la loi anticléricale dite Loi COMBES. Le tableau a-t-il été amené à SPY dans les bagages d'une de ces congrégations et donné ,en remerciement, immédiatement ou plus tard à la paroisse? Pourquoi pas!

PARFONRY 06/03/2009 17:25



Pour information, la loi COMBES, votée le 7 juillet 1904 interdisait tout enseignement aux membres d'une Congrégation religieuse. Elle était le précurseur à la loi de décembre 1905 qui entérinait
la séparation de l'Eglise et de l'Etat.