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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 21:29

      Ce dimanche 10 mai, nous avons décidé avec mon épouse, de reprendre le chemin de découverte des PARFONRY. Avant l'identification du tableau dans l'église de Spy, quelques semaines plus tôt, un indice m'avait été transmis sur l'existence dans le cimetière de Mélin de la sépulture d'Emile PARFONRY, l'horloger - bijoutier de Bruxelles, né à Neerheylissem en 1852. Attendant que le réchauffement climatique s'opère naturellement, il a été décidé, en cette première journée ensoleillée de printemps, d'arpenter une nouvelle fois le terroir de nos origines. A la veille de la période des Saints de glace, que tout ancien jardinier attend avant de sortir ses plantes annuelles, le thermomètre devait jongler pour la première fois de l'année avec les 20°.

      Et c'est ainsi que nous avons traversé quelques villages et communes de ce Brabant wallon de l'est. A la sortie de Gembloux, le premier village est apparu, celui de Thorembais-Saint-Trond, suivi tout au long de cette N 29, dans un ordre tranquille,  par Thorembais-les-Béguines, Glimes, Jauchelette, Jodoigne-Souveraine avant d'arriver, en " passant devant les écoles ", comme dit ma mère comme pour se souvenir de son jeune temps, dans la ville de Jodoigne. Petite ville de terroir calme ou je pouvais encore reconnaître au passage le magasin de vêtements " Aux Elégants ", devant lequel je prenais le bus dans les années 50, descendant la rue Saint-Jean en sortant de la classe de 5ème primaire de Madame STAELS, ainsi que la friterie devant le château Pastur, l'une des meilleures de Wallonie. Traversant cette cîté si chère à Big Loulou, notre Commissaire européen au développement, on la quitte pour nous diriger immédiatement vers notre destination, à quelques encablures, le village de :














      Tout en approchant à allure modérée, on repère le clocher de l'église, installé sur un promontoir, en face d'une grande batisse, du type château - ferme,  qui a du être construit à l'emplacement d'une de ses mottes féodales, qui jouaient un rôle défensif à une certaine époque. Une vue générale de l'église nous montre de suite que l'appellation de " pays blancs " donné à ce terroir est tout à fait justifiée.




Entrée de l'Eglise dans le village de Mélin








       Ne nous attardant pas dans les escaliers, on se dirige immédiatement vers la gauche, où, selon les indications de Jules notre informateur, nous devrions trouver cette fameuse sépulture, disparue des mémoires depuis longtemps. Seul indice connu, la croix est cassée. Et c'est effectivement ce qui nous permet de la découvrir, non sans avoir, pendant un instant, recherché et espéré découvrir une pièce architecturale de plus grande envergure. Légère déception, car la tombe, bien que massive, n'a rien de bien particulier pour l'époque. En plus, elle laisse apparaître un certain abandon au niveau de l'entretien, ce qui ne nous rassure pas sur l'assiduité des visites qui s'y sont opérées.















      En faisant glisser la croix, on découvre des mots gravés dans la pierre.
Un nettoyage s'impose. Tout avait été prévu pour la circonstance : seau, brosse et eau faisaient partie du voyage. Après avoir éliminé les dépôts du temps, on commence à déchiffrer le texte écrit en lettres majuscules. Le lieu et la date de naissance de l'épouse restent cependant à préciser.

                     EN MEMOIRE DE                     
       MONSIEUR EMILE PARFONRY
       NE A NEERHEYLISSEM LE
       27 - 2 - 1852 ET DECEDE A                  
       MELIN LE 19 - 9 - 1931

       ET DE SON EPOUSE
      CLEMENTINE DEVOS
      NEE A .................................1860
      ET DECEDEE A MELIN 20 - 7
                                                   
1932


       Cette lecture permet de connaître la date de décès de l'épouse, donnée qui nous était inconnue jusqu'àlors. Son décès a suivi celui de son époux de seulement 10 mois. Sa santé précaire lui aura permis malgré tout de lui survivre. Et d'expliquer en grande partie l'absence de pérennité de liens familiaux d'autant que le couple n'avait pas d'enfant.

       Malgré cette découverte importante dans le cadre de la conservation de la mémoire, nous sommes malgré tout un peu déçu par l'affligeant spectacle de cette tombe. Nous ne sommes même pas certain que la couronne de fleurs en céramique qui la décore lui ait été destinée. Depuis quand cette tombe n'a t-elle plus eu de visites ? Nous prenons le numéro repéré sur une étiquette apposée au devant de chacune des tombes, 158 dans ce cas, en espérant que cet indice nous permettra d'obtenir certaines informations auprès de l'Hotel de Ville.

       En sortant du cimetière, nous nous rappelons que nous sommes dans un des plus beaux villages de Wallonie, reconnu par l'utilisation de la pierre blanche de Gobertange dans la construction de ses maisons, la même pierre qui donne son fabuleux aspect à la Grand Place de Bruxelles. On en profite pour parcourir le village à la recherche de ces pierres centenaires. On n'a que l'embarras du choix pour les photos. Tout ici est lisse, propre, apaisant, laissant apparaître un matériau noble travaillé et entretenu par l'homme.


                      Exemples de maisons construites en Pierres de Gobertange

                                             
 Gobertange-024.jpg   Gobertange-028.jpg
       

      Avant de quitter ce pays, on passe par le hameau de Gobertange, le plus important et le plus célèbre de Mélin. Il doit sa renommée aux carrières de grès-calcaire dont l'exploitation, remontant à l'époque romaine, s'est pratiquement arrêtée au 19ème siècle. A l'époque, l'exploitation était souterraine à 15 ou 20 mètres de profondeur pour atteindre ce calcaire lumineux. Une centaine de puits étaient en activité dans la région. Aujourdhui, il reste une carrière et l'activité se fait à ciel ouvert. La pierre de Gobertange est réputée pour sa maniabilité, son durcissement et sa belle patine. Elle garnit les édifices autour de la Grand Place de Bruxelles.

       Dans cet endroit, nous retrouvons facilement la maison, dans la rue de la Croix Sainte Barbe, là où Emile PARFONRY s'est retiré à la fin de sa vie, à partir de 1919 jusqu' à sa mort en 1931. Une maison, datée sur le fronton latéral de l'an 1840, qu'il faisait appeler " le château " et qui gardera probablement tous les secrets de ce personnage. Elle vient d'être rachetée et sa rénovation est en cours.

 



Maison d'Emile PARFONRY à Gobertange








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