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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 11:20

( suite de l'article précédent)
           i. Emile, le maître d'école du village de Beauvechain

           Le troisième enfant d’Alexis est Emile, mon grand-père que j'appelais "Bon papa". Né le 16 mars 1895 à Neerheylissem, il est  baptisé avec le prénom de François. Il avait pour parrain Emile, l'horloger, et pour marraine Rosalie DESTAT, la soeur de Joséphine, épouse d'Alexis. La raison du changement de prénom n’est pas connue de manière précise. Plusieurs hypothèses sont avancées dont celle de prendre celui d’un frère décédé en bas âge ou de choisir le prénom de son parrain, l’horloger-bijoutier. Après avoir vécu à Neerheylissem dans la maison familiale de la rue des Charrons, il a été pensionnaire à l'Ecole Normale de Malonne entre 1910 et 1914 pour obtenir son diplôme d'instituteur le 1 août 1914. Âgé de 15 ans au moment de son entée, on peut supposer qu'il avait suivi ses trois moyennes inférieures dans les environs de Neerheylissem. Le milieu familial n'ayant pas la possibilité de lui payer des études, ce serait son oncle l'horloger qui l'aurait aidé financèrement à poursuivre sa scolarité.

 Il est arrivé à Beauvechain en 1914, toujours au sein de cette Hesbaye brabançonne, pour exercer son métier.  Tout jeune diplômé, sa prise de fonction semble s’être réalisée dans un contexte douloureux. Selon les informations obtenues, le remplacement de l’institutrice en poste se serait opéré dans « un certain parfum de scandale qui nécessite sans doute aujourd’hui encore un maximum de discrétion ». Les archives paroissiales de l’église Saint-Sulpice de Beauvechain conserve une lettre qui serait « à cet égard éclairantes » dénonçant de manière anonyme  le comportement de l'instituteur vis à vis de l'institutrice. Ces deux personnes se marieront par la suite, ce qui innocnete notre ancêtre quant à une éventuelle intimidation personnelle. Sa nomination n’est en rien liée au statut ancien de cette enclave de la Principauté de Liège. Il avait été cependant précédé d’une présence plus ancienne, une PARFONDRY Barbe, découverte en 1616 dans la base de données de la Netradyle. Ce retour dans l’enclave brabançonne n’en reste que symbolique.
           Nommé à l’école libre adoptée, dirigée par le curé MONSIEURS, installée dans les locaux paroissiaux, cette même école, pour cause de défectuosités en matière d’hygiène, est devenue communale par décision du Conseil Communal du 07 février 1920. De nouveaux locaux furent affectés dans l'ancien hospice NELIS, situé rue de la Station. Le déménagement s’est effectué après quelques aménagements pour accueillir deux classes et deux ménages d’instituteurs, soit vers 1924/1925. En 1938, l’école sera de nouveau déplacée sur la place communale.  
  
(voir articles et photos dans dossier Emile PARFONRY, l'instituteur
)
 

 

Emile a eu comme collègue son beau-frère Basile PAESMANS, époux de sa sœur Anna et nommé comme instituteur en chef. Petit de taille, les gens l’appelaient «  le petit maître » par opposition à son beau-frère, surnommé « le grand maître ». Les deux instituteurs ont été repris par la commune par la même délibération du Conseil Communal avec effet rétroactif au 1er octobre 1920. Au départ de PAESMANS en 1945, après ratification de sa démission par le Conseil Communal du 22 février 1946, il devient instituteur en chef. En congé de maladie à partir d’octobre 1949, par lettre du 30 avril 1950, il démissionnera et sollicitera sa pension. Il sera remplacé par Jacques RIGUELLE qui fut par ailleurs l’un de ses élèves durant les trois premières années primaire. Et qui fut l'un des mes instituteurs pendant mes quatre années primaires passées dans le confort d'une école communale de village. Ayant occupé la fonction pendant trente-sept ans, il restera probablement comme le témoin d’une époque ou l’individu bénéficiait d’une certaine stabilité au niveau de l’emploi. En contrepartie, il fit partie de cette génération qui connut les deux guerres mondiales. Outre un compte-rendu d’une Conférence pédagogique datant de 1926, on conserve la petite cloche en laiton de l’école communale qu’il a sans doute osé récupérer en fin de carrière mais surtout l'original de son diplôme sur papier parchemin. Au début de mes années primaires, effectuées dans la même école communale, il fut rappeler pour une journée pour pallier l'absence simultanée des deux instituteurs. On eut droit ce jour là à une révision complète des conjugaisons, témoignage de ce que devait être sans doute la méthode d'apprentissage à l'ancienne. 

Suite à une rencontre fortuite durant l‘été 2007, dans la cour de l’ancienne école paroissiale, j’ai pu documenter Thierry BERTRAND de Beauvechain en lui fournissant des éléments ainsi qu’un éventail de photos scannées sur un CD pour rédiger un article sur les instituteurs dans une revue locale. Il fut suivi de plusieurs autres.

 

Extrait de trois documents sur Emile PARFONRY, l’instituteur de Beauvechain (1895 – 1987) paru dans trois numéros du Bulletin du Centre culturel de la vallée de la Néthen

 

Emile Parfonry et l’école des garçons de Beauvechain 1914-1950 (source : T. BERTRAND

C’est Mademoiselle LOONBEECK qu’ Emile PARFONRY remplace en 1914 comme sous instituteur du chef d’école…….PAESMANS et  PARFONRY, prêtent serment le 7 février 1921 devenant par là même, instituteurs communaux….au 1er janvier de 1938, l’instituteur PARFONRY dispose d’une rémunération annuelle de 24 000 francs, de 600 francs d’indemnité de résidence et de 50 francs supplémentaires de prime pour être titulaire d’un diplôme de géomètre…...Basile PAESMANS demande de pouvoir accéder à la pension de retraite…en février 1946. PARFONRY le remplace comme chef d’école …….Trois ans plus tard, en octobre 1949, PARFONRY, demande son « congé de maladie » et démissionne en Avril 1950. Il obtient à son tour d’être admis à la retraite,…..PARFONRY ne reste pas pour autant inactif. Colombophile averti et passionné, il fréquente le café COISMAN (ancien Vert Galant) où étaient réalisés les enlogements. Le 22 octobre 1952, il se présente aux élections communales. Élu, il est désigné premier échevin. Sa carrière politique sera cependant de courte durée : frappé par un infarctus, il ne représentera plus sa candidature en décembre 1958.

 

Jacques RIGUELLE, Instituteur, chef d’école et directeur 1949-1985 (source : T. BERTRAND)

…… Après ses études primaires à l’école des garçons où il aura comme enseignants Emile PARFONRY (1ère à la 3ième) et …

…La chance lui sourit : Emile PARFONRY laisse sa place vacante en octobre 1949…..

 

Basile PAESMANS, instituteur à Beauvechain 1914 – 1945 (source : H. PAESMANS)

……En 1914, la demoiselle Léontine LOONBEECK, devenue entre temps Madame Jules BAUDRY, est remplacée par Emile PARFONRY, nommé par MONSIEURS comme sous-instituteur pour l’année 1914-1915..…Basile PAESMANS et Emile PARFONRY furent nommés, le premier instituteur en chef, le second instituteur des degrés inférieurs de l’école primaire communale de Beauvechain par délibération du Conseil communal du 7 février 1921

   

Étant resté à Neerheylissem jusqu'à l'obtention de son diplôme, rien n’est certain sur son lieu d’habitation entre 1914 et 1919. Il aurait habité, avant son mariage, dans une dépendance de la maison occupée par sa sœur et son beau-frère, séparée de la cour de récréation de l’école libre par un mur. Il s’est marié avec Julienne LANCELLE (1892-1984) à Tirlemont le 6 mars 1919, dont les parents étaient originaires également de Beauvechain, notamment la famille de sa belle-mère Victorienne GUILLAUME, décédée en 1915, habitant dans la rue du Monty. C'est probablement en se rendant dans cette famille, chez Marthe la couturière, pour se faire confectionner un costume, qu'il aura rencontré sa future épouse.  

Dans le contrat de mariage, établi sur le principe d'une communauté réduite aux acquets, il est indiqué qu'elle a apporté des biens d'une valeur largement supérieure à ceux de son époux.  Se limitant à une chambre à coucher en bois blanc, estimée à 250 francs, le coffret de l'épouse atteignait par contre un montant de 13 225 francs dont 8 327 francs sur un Compte à la Banque Centrale de la Dyle et 1 983 francs sur un livret Série B à la Caisse Générale d'Epargne et de Retraite. Parmi le mobilier, il est indiqué un piano Charlier fils et une machine à coudre Singer dont je me rappelle de l'existence. Ce qui dénote que la famille PARFONRY ne devait pas vivre dans une grande aisance à cette époque. Issue d'une famille de marbrier de Tirlemont, l'épouse était manifestement plus riche.

Dans son carnet de mariage, il est mentionné qu’Emile était inscrit au 25, rue des Voyageurs à Tirlemont du 20 mars au 20 octobre 1919, avant de louer avec son épouse une maison au 5 rue de la Station à Beauvechain. Après les aménagements de nouveaux logements à l’hospice NELIS, situé dans cette même rue de la Station et transformé en locaux scolaires, il a du y habiter à partir de 1924. Il a ensuite acheté un terrain rue de la Station, à Louis VANCASTER, d’une superficie de 30a 20ca en mars 1926 pour 13.500 francs, sur lequel a été construite la maison au numéro 2. Cette maison a été vendue le 15 novembre 1960, pour 350.000 francs, à Raymond QUETS et à son épouse Anna VERVAEREN, pour suivre son fils Georges qui, subissant les premiers effets de la crise économique après la période des années glorieuses de reconstruction de l’après guerre, avait du trouver du travail dans une autre région.

                Ayant également le diplôme de géomètre, il réalisera, de manière bénévole, des arpentages de terrain. C’est lui qui a signé, en tant que géomètre-arpenteur-juré, le plan du terrain acheté par son fils à Tamines en 1962. Dans son livret de mobilisation civile, il est mentionné également qu’il était brancardier

           Peu après sa pension, il se présente aux élections communales du 12 octobre 1952 sur une liste  « Intérêts communaux ». D'obédience libérale, il se prévalait de connaître le Baron WARNANT, habitant Nivelles et Vice-Président du Sénat. Élu sur la liste d’opposition au bourgmestre, il sera désigné 1er échevin des Travaux pendant quelques années avant de se retirer de la vie publique pour cause d’infarctus vers 1957. C'est durant cette période qu'il me fit découvrir son village, en arpentant régulièrement toute les rues, à la recherche de défectuosités au niveau des routes et de contacts avec les gens. Et c'est en raison de cet engagement politique, qu'il me retira après ma quatrième année primaire, de l'école communale du village pour me transférer à l'Athénée de Jodoigne, jugée sans doute plus élitiste et correspondant mieux à ses opinions. Il fut également un colombophile passionné tout au long de sa vie. Cette passion résulte très certainement de l'un de ses amusements favoris au cours de  sa jeunesse. Cela constituait à peindre la carapace des hannetons et à les lâcher un peu plus loin afin d'observer leur retour. Il y a bien là un analogisme avec le loisir de coulonneux qu'il pratiquera plus tard. Le nombre de volières dans lesquelles il élevait ses nouveaux bleus n'a jamais cessé de rythmer sa passion. Le dimanche était consacré aux retours de ses pigeons, étant averti sur les heures de lâcher par les communiqués à la radio. Des localités méconnues dont le nom revenait chaque semaine : Momignies, Erquelinnes, Laon, Soissons, Dourdan, Pont-St-Maxence, Montargis,... constituaient pour lui la seule ouverture sur le monde.

Un autre souvenir qui me revient est celui des parties de whist hebdomadaires à Beauvechain en compagnie du docteur LIESSE, du pharmacien Albert BOSMAN, des agriculteurs Jules GODFROID et Robert VANDENBORG et du propriétaire terrien VAN SANTE. Avec le recul, ces joutes devaient probablement rassembler les personnes représentatives d'un certain ordre socio-économique nouveau dans un petit village rural d'après guerre. J'imagine très bien que ce fut à l'occasion des discussions autour de la table de jeu que l'instituteur avait pris la décision de s'engager en politique. L'impact de son infarctus combiné au déménagement vers une autre localité trois années plus tard en 1960, réduisit progressivement son ardeur. Entretemps, il avait veillé à transmetttre sa passion de colombophile à son fils, se contentant au final de lire chaque jour, en silence dans son fauteuil, le journal Le Soir. L'une des dernières sorties marquantes qu'il se permit de faire, ce fut le jour de ma délibération de 1ère Candidature à la Faculté des Sciences Agronomiques de Gembloux, en juillet 1968. Conscient de l'importance du résultat pour la suite de mon existence, il avait arpenté le décor grandiose de cette ancienne abbaye bénédictine, avant de venir partager un verre dans un café estudiantin. Durant les dernières années, il restait le plus souvent assis dans un canapé, continuant à prodiguer ses phrases comme un leitmotiv de philosophie : " Qui veut peut", " Faire et défaire, c'est toujours travailler". Par la suite, il fut transfré dans un home de la rue de Velaine, à quelques pas de l'habitation familiale. Et lors de notre dernière rencontre en été 1987, avant de repartir pour l'Afrique après une période de congé, concentrant ses dernières forces dans un dernier regard, sans pouvoir parler, je me souviens de l'intensité de celui-ci. Il avait pris conscience, tout comme moi, que c'était la dernière fois que l'on se voyait. Décédé le 26 novembre 1987, il est enterré auprès de son épouse au cimetière des Bachères à Tamines.

 

  j. Mon Père, ce Président associatif

 

Son fils Georges, mon père, est né à Beauvechain le 9 novembre 1920, l'un des quarante villages de cette Hesbaye brabançonne. Il est, de ce fait, le premier de la lignée belge à ne pas être originaire de Neerheylissem. Sans surprise, ayant eu successivement comme instituteurs son père Emile pendant les trois premières année et ensuite son oncle Basile pour les trois dernières, ses études primaires se sont déroulées dans l'école communale qui s'était installée dans l'ancien hospice Nélis. Comme tous les enfants de son âge, Georges verra sa communion solennelle du 24 mai 1931 agrémentée d'un diner plantureux, resté marqué dans l'encre de l'époque, où le coeur de filet de boeuf rôti annonce les asperges Pompadour avant de faire saliver les convives devant une langue de boeuf et une dinde truffée.

Et, il venait de terminer ses humanités gréco-latines à l’Athénée de Jodoigne en 1939 lorsque la seconde guerre mondiale se déclencha. Un épisode de cette époque est relaté dans une lettre d'Henri PAESMANS. Il y rappelle des faits en rapport avec le mouvement d’évacuation vers la France, le jour de la Pentecôte, en réflexe aux agissements pratiqués par l’armée allemande en 1914. Après des étapes successives via Villers-la-Ville, Houtain-le-Val et Quiévrain, il répétait sans cesse qu’il s’était finalement retrouvé dans un village près du Pont du Gard.  Pendant ce temps, ses cousins germains Henri et Edgard descendent en vélo jusque Limoges en arrivant la veille de la capitulation avant de partir le surlendemain en autocar vers Andance. De ce séjour, il rappelait parfois qu’il avait été employé comme infirmier et effectuait des piqûres dans la population de réfugiés. Une photo de lui du 1 juin 1940 avec un brassard de la Croix-Rouge atteste de ce fait.  

 

Extrait de la lettre du 20/12/2008 de Henri PAESMANS adressée aux parents de Martin1

….. Le 12 mai 1940, conformément aux ordres, nous sommes partis Georges ainsi que mon grand frère et moi, en vélo vers Quiévrain où l’on devait se rendre à la caserne pour y être mobilisés. A Piétrebais, nous avons récupéré Norbert Lacroix, un ami de collège de mon frère, et nous voilà en route vers l’inconnu. Pas très loin de là, Georges a crié tout à coup : regarde un avion dans le ciel. Mais en même temps la pédale de son vélo a buté contre la bordure de la route et s’est cassé tout net. Mal remise par un marchand trop pressé, l’engrenage ne tournait plus rond. On a cependant continué avec ce handicap jusqu’à Quiévrain où l’on a trouvé refuge dans une maison abandonnée par ses propriétaires et le soir venu est arrivé le premier bombardement par un avion allemand. Prudemment, nous sommes descendus à la cave, où, Georges, pris de panique, s’est mis à tourner en rond en disant à voix haute son acte de contrition, ce qui ne devait pas être habituel, n’étant pas un pilier d’église. Sans demander nos restes, nous sommes partis vers la frontière française qui s’était malheureusement déjà fermée, et nous avons été obligés de dormir à la belle étoile en plein champ par une belle nuit de mai.
Ce sont ces nombreux souvenirs de jeunesse et tant d'autres qui ont fait que la famille de Georges nous est restée si proche.

 

La suite de son parcours scolaire fut dès lors un peu perturbée car il n’obtint son diplôme de conducteur des travaux avec grande distinction qu’en juillet 1944 à l’Institut d’Etudes Polytechniques, situé 11, rue de Londres à Ixelles. Il effectua son service militaire à la fin de la guerre durant la période d’occupation de l’Allemagne.  

Peu de temps après la fin de la guerre, il a rencontré sa future épouse dans un bal à Tirlemont, accompagnée de sa belle-soeur Marthe. Marié le 24 mai 1947 avec Solange BERGER, originaire d'Incourt, un autre de ces quarante villages, la photo de mariage permet de visionner l’ensemble des convives, soit 42 adultes et 4 enfants. Parmi ceux-ci, on retrouve notamment du côté des belles-sœurs de son grand-père Alexis, Jean PAQUAY, le fils de Marie Elisabeth DESTAT (tante Lisa) ainsi qu' Henri et Fernand CLAES, les deux fils de Marie Rosalie DESTAT (tante Rosa), marraine de mon grand-père Emile. Outre ses parents, les trois enfants de la famille PAESMANS - PARFONRY  et Henri PARFONRY, son oncle, on reconnait également Marcel GOEMANS, l'unique neveu du côté de sa maman, en costume militaire. Manifestement minoritaire avec un nombre de 11 personnes, la famille PARFONRY s'était efforcée de rassembler le maximum de ses gènes vivant à ce moment pour fêter l’évènement, en allant puiser dans des ressources assez lointaines, comblant non seulement le décès des parents plus proches, à savoir les grands-parents et le grand-oncle du marié, mais aussi la perte de la connaissance de certaines ramifications de l'arbre. L'absence de représentants de la lignée française indique bien que l'interruption du lien s'était déjà opérée. Si la mémoire s'était perpétuée, après 1931, au décès d'Emile l'horloger, Georges, le fils de Paul l'artiste peintre, aurait pu y assister avec ses trois enfants (Jacques, Pierre et Michel) ainsi que Jean et sa fille Françoise. Et de la même manière, on ne remarque aucune présence de la descendance des trois filles d'Emmanuel, l'arrière-arrière-grand-père du marié.  De ce côté, les liens ne s'étaient plus perpétués également. Ce mariage fut officié par Henri PAESMANS, son cousin germain, nommé vicaire à Neerheylissem quelques mois auparavant. Il permit aussi de sceller une autre alliance entre les deux familles. C’est à cette occasion, que Gilberte PAESMANS, fille d’Anna PARFONRY, et par conséquent cousine germaine de mon père, rencontra son futur époux Max DELEUSE, le cousin germain de ma maman, originaire de Thorembais-Saint-Trond mais habitant Marcinelle. Ils se marièrent en août 1948. Et c’est ainsi que Maryse, l’enfant de cette union née en 1949, et sa descendance, peuvent se prévaloir d’être mes petits - cousins, tant du côté paternel que maternel. Et de constater que cette année 1949 fut assez prolifique au niveau de l'arbre généalogique car pas moins de quatre personnes y sont nées. Outre Maryse et moi-même, il y a Patrick et Jean-Pierre, deux membres de la lignée française

 

Après la guerre, Georges fut engagé comme opérateur à titre temporaire à la Province de Brabant à Tirlemont. Dès janvier 1947, il entama son parcours professionnel de dessinateur industriel dans des bureaux d’études. Il s’adapta aux aléas du contexte économique qui suivit l’abondance des années glorieuses après la seconde guerre  mondiale. Habitant Beauvechain, il débuta à Louvain aux ABR (Ateliers Belges Réunis), tout en exerçant le métier de courtier d'assurances (La Paix, Winterthur, La Royale belge) après ses heures de travail. Après avoir reçu un préavis, il dut quitter en 1959, afin de continuer à exercer son métier, sa région rurale du Brabant wallon de l’Est pour la région industrielle de la Basse - Sambre, située entre Charleroi et Namur. Habitant jusqu'à ce jour dans la maison familiale à Beauvechain, il loua pendant une période de deux années une maison au 72, rue Docteur Romedenne à Auvelais, située à deux pas de son nouveau lieu de travail, les Ateliers HMS (HEUZE, MALEVEZ et SIMON Réunis), installés dans la rue des Glaces Nationales à Auvelais. Cette rue était celle qui, selon la rumeur du trottoir, à cette époque, fournissait le plus d’emplois en Belgique par mètre de façade. Espérant y terminer sa carrière, il fit construire un bungalow sur une parcelle de 10 ares au 126, rue de Velaine à Tamines. Une nouvelle réduction d'activités le contraint cependant à trouver un nouveau travail sur Bruxelles au bureau d'études SOFINA à partir de 1967. Il suivit, à partir de ce moment, les différentes restructurations de la société intégrant successivement Tractebel puis Electrabel. Il prit sa pré-pension à l’âge de 58 ans en 1978. Dans ses archives, les quelques plans qu'il avait longtemps conservé et dont il se montrait assez fier, n'ont pu être retrouvés. Il a du les garder jusqu'au moment de son déménagement dans l'appartement, devant sans doute se résigner à faire le tri pour s'y installer.

Durant toute sa vie, il apporta une attention particulière à collaborer au contexte associatif local comme président de plusieurs entités : club de football de Beauvechain, club colombophile " L'Indépendante " à Tamines et in fine au Conseil de gérance de la résidence " Ma Campagne ", situé au 26, rue de la Radache à Auvelais où il disposait d’un appartement.  Il avait repris le flambeau de son père en devenant lui-même un colombophile acharné. Il avait ainsi constitué un élevage en allant puiser des géniteurs à l'extérieur dont la célèbre colonie Fabry de Liège. C'est ainsi que les dimanches printaniers et estivaux étaient réservés pour  constater  le retour de ses oiseaux de concours. Présidant durant de nombreuses années la société de colombophiles, il organisera notamment le 1er février 1970, la journée colombophile du journal " Vers l'Avenir " dans la salle communale de Tamines. De toute cette période de colombophile ayant démarré à Beauvechain vers 1958 jusqu’à son installation dans un appartement en 1995, soit sur 37 ans, je n’ai récupéré, malgré l'acquisition d'une certaine renommée, qu’une coupe, mentionnant un titre de champion de vitesse et de demi - fonds et un petit panier d'enlogement portant sur le fond les initiales PG. Comme résultat marquant, il y eut le concours dénommé  « Le Bourge National des Prisonniers » où un de ses pigeons avait été classé dans les dix premiers sur plusieurs milliers.

Son épouse hérita en 1962, au décès de son père Jean BERGER, d'une prairie à Incourt au lieu-dit " Grand Cortil", sur la route de Roux-Miroir, de 1ha 11a 40ca. Ce terrain fut vendu quelques années plus tard, n'ayant pas jugé adéquat de conserver une terre dans une région rurale proche de Bruxelles.
          Comme loisir, il se rendait souvent dans la vallée de la Molignée, en terminant sa ballade par un café à l' Abbaye de Maredsous ou à l'Auberge des Italiens à Dénée. Peu adepte des vacances, il s'offrit cependant, après s'être installé dans un appartement,  quelques séjours à Vresse-sur-Semois, en louant de temps en temps un studio. Pour ses 50 ans de mariage en 1996, la famille lui offrit un voyage en TGV et un séjour dans la région ou il avait évacué en 1940. Il y retrouva le village, près du Pont du Gard, dans lequel il avait séjourné. Ce fut l'un de ses seuls déplacements à l'extérieur de la Belgique, hormis celui en 1976 pour venir constater ma première installation à Berkane au Maroc, à proximité de la frontière algérienne. Il avait pris avec son épouse, pour la première fois, l'avion entre Bruxelles et Oujda.

Décédé le 27 janvier 2006 au CHR de Val de Sambre d’Auvelais, selon ses dernières volontés, écrites de sa main quelques années auparavant, il a été incinéré au crématorium de Gilly. Ses cendres ont été répandues au cimetière des Alloux à Tamines. Et pouvant servir de mot d'adieu, Henri PAESMANS m'écrivait peu après les quelques phrases suivantes, résumant l'épisode qui a très certainement marqué par la suite toute sa vie.

Avec la mort de Georges, c'est tout un pan de notre jeunesse qui disparait ; en 1940, on est parti  ensemble à vélo jusqu'à la frontière française pensant devoir être incorporés dans l'armée si la guerre avait duré.....

 

La descendance de cette branche de Neerheylissem, bien que peu nombreuse, est dispersée de nos jours dans différentes localités en Belgique. Outre la persistance à Neerheylissem, elle a transité  par le Hainaut dans le courant de la seconde moitié du 20ème siècle ou on la retrouve encore de nos jours, confirmant l’attrait que cette province a pu avoir en matière d’emploi durant de nombreuses décennies avant de subir à partir de 1970 les fermetures de nombreuses usines. Et personnellement, après une échappée sur le plan professionnel pendant une vingtaine d’années dans différents pays en Afrique, j’ai décidé de poser mes bagages en 1991 dans cette même province. A un niveau plus récent de la descendance, on constate un effet manifeste d'intensification de transfert des gênes de cette branche vers la France et même la Suisse.

 

1  Il s'agit de mon petit-fils Martin ; 

 

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commentaires

foucart 18/07/2015 14:26

J'ai bien connu ton papa,moi j'habitais à la station chez Martin.

Parfor 25/07/2015 12:01

En fait Martin dont je parle est mon petit-fils. Mais effectivement, j'e me rappelle de ce nom de Martin que devait prononcer mon père lorsqu'il prenait le tram à la station pour aller travailler à Louvain. J'ai aussi en souvenir le café de la Vierge Noire.