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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 11:28

          Oyé, Oyé, Chers PARFONRY,

          Voici un version de la véritable saga des PARFONRY de la branche de Neerheylissem. Extraite du document de travail en cours d’élaboration depuis cinq ans, il rassemble, en trois parties, tous les éléments réunis à ce jour. Son contenu provient de différentes sources : consultation de documents sur le web, lectures de textes, résultats de conversation, visites de terrains, observations, photos récupérées, mémoires visuelles et familiales, bibliothèques universitaires, archives provinciales, …..

          Cette version se veut être en constante évolution. Il reste l’espoir que de nouveaux aspects continuent à y être insérés. De nouveaux sillons sont à approfondir, des indices doivent être trouvés, des mémoires restent à éveiller, des questions peuvent subsister, des réponses sont à donner, des découvertes semblent possibles, des discussions doivent nourrir notre arbre de vie,…

         Il est scindé en trois parties principales. Les deux premières s’en réfèrent essentiellement à la lignée restée en Belgique alors que la dernière se focalise sur la lignée française. Le tout est chapeauté par un premier paragraphe reprenant certaines indices et idées communs. Cette série de trois articles ne comportent qu'un petit nombre de photos. D'autres articles, pourvus de documents et photos, regroupés dans des catégories plus thématiques, complètent cette première série d'informations.

           Les données connues de notre histoire remontent au 18ème siècle. Mais pour la première fois, un indice essentiel est avancé pour nous permettre de préciser notre présence au sein de cette région de la Hesbaye brabançonne dès le 14ème siècle. Il reste malgré tout quatre siècles d’incertitude et d’obscurantisme qu’il s’avérera difficile à combler.

           Un document plus global aborde tous les aspects didactiques de ce nom, à savoir, l’étymologie, l’histoire, la géographie, la géologie mais il se connecte aussi à d’autres branches de personnes portant ce nom si peu commun.

Tout cela est complété  par la publication régulière d’articles sur ce blog :

                        http://parfgeneatoponyme.over-blog.com

 

         Plus de  deux cents articles s’y trouvent actuellement, répartis en plusieurs dossiers et documentés par des photos. Les différents aspects de cette recherche y sont ainsi abordés. Celle-ci se veut avant tout instructive, ludique, conviviale et progressive. C’est la raison de l'insertion de ce document qui je l’espère, vous permettra de vous intéresser à votre Histoire et d’en dévoiler l’un ou l’autre élément complémentaire, non repris actuellement.

          Il est par ailleurs évident que la documentation ne couvre pas nos générations adultes, laissant ce travail à nos descendants, en espérant leur avoir transmis une certaine passion et un certain regard de curiosité et d’observation.

 

          Bonne lecture, dans l’attente de vos commentaires et de vos réactions

 

          Roland, your fieldmouse.


A. Observations préliminaires sur lorigine des branches belge et française
Les informations mentionnées dans cette série de trois articles proviennent des renseignements collectés sur Google, sur la Bibliothèque numérique Gallica, auprès des membres de cette branche des PARFONRY mais aussi sont extraites des documents du "Club de Recherches Historiques et Généalogiques - CRHG " de Neerheylissem (particulièrement ceux de Jean DELANDE), des archives des Bibliothèque provinciales de Louvain-la-Neuve et de Bruxelles, des bibliothèques des Facultés de Philo et de Droit de LLN et des témoignages d'Henri PAESMANS, initiateur de cette étude.


           L’origine connue de cette histoire remonte au milieu du 18ème siècle avec l'arrestation vers 1750 dans le cimetière du village de Neerheylissem du premier habitant de l’arbre. Situé en Hesbaye brabançonne, dans cette partie la plus orientale du Brabant wallon de l'est, aux confins de plusieurs provinces belges, c’est l’un des quelques quarante villages qui font le charme de cette région, caractérisée avant tout par ses espaces de grandes cultures, ses tumuli gallo-romains et ses fermes quadrangulaires ou "les granges ont le gabarit de navires", selon l'expression du chanteur - poète local Julos BEAUCARNE.

Les différents éléments recueillis au niveau des déplacements tendent généralement à confirmer le fait qu'ils se sont effectués en liaison avec notre Histoire et l’appauvrissement des ressources dans les zones d’origines vers des régions plus riches sur le plan industriel ou sur le plan agricole. Dans les informations rassemblées précédemment, certaines hypothèses de recherche ont été émises pour le confirmer. On dispose  d'un faisceau d’indices pour affirmer l’existence d’un lien avec le contexte historique de la Principauté de Liège, territoire ayant conservé son indépendance et non sa quiétude de 980 à 1795, au milieu du tumulte des multiples conflits au sein de l'Europe. 

 Et, il n’est pas improbable, que la présence de ces Chevaliers de PARFONDRIEU, de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem à la Commanderie de Chantraine, dans l'un de ces quarante villages, en l'occurrence celui de Huppaye, dès le 14ème siècle,  ne soit une explication d'une présence nombreuse de ce nom en rive gauche de la Meuse au 17ème siècle. Sur le plan historique, ces chevaliers remontent à une lignée originaire de Comblain dès le 13ème siècle, aux confins des vallées de l'Ourthe et de l'Amblève, en rive droite de la Meuse, correspondant également avec l'origine supposée de la création de ce nom dans des anciens fiefs féodaux (Terre de Durbuy, Fief d'Aywaille) où se pratiquaient depuis une période reculée l’extraction artisanale du fer. Et d’en étendre dès lors l’origine, avec une série d'indices à l'appui, à une étymologie comparable à celle ayant conduit à la formation du terme « fonderie » lié à ce minerai.  

Selon les informations recueillies sur l'origine des familles, on peut considérer que les plus anciennes de Neerheylissem, celles installées dès le 15ème siècle, présentaient une consonnance flamande (CLAES, VANLINTHER, VANORLE, VANMELDERT, THEUNIS), ce qui n'argumente pas d'une origine similaire pour notre branche.  Jusqu'au milieu du 18ème siècle, la population n'était de fait guère élevée. Et, il n'est pas rare de rencontrer encore de nos jours des couples qui sont cousins au 4ème ou au 5ème degré, sans que l'un ni l'aute ne le sache.  Le recensement de 1742 fait état de  437 habitants. Ce nombre passait à 770 habitants en 1784, à 866 en 1796, à 919 en 1805 et à 1314 en 1840, soit un triplement en un siècle. Cette évolution est similaire quant aux maisons. On passe ainsi de 93 maisons en 1742 (4,7 hab./maison), à 123 en 1796 (7,0 hab./maison) et à 236 en 1840 (5,5 hab./maison) (ndrl : toutes ces données sont reprises des documents du CRHG).
            Si l’origine géographique de la migration des PARFONRY reste à préciser, au niveau local, il est déterminé, selon les recherches généalogiques effectuées (Delande Jean, 1999, CRHG), que cette famille, tout comme de nombreuses autres de Neerheylissem (LAMPROYE, LALMAND, THEUNIS, CARLENS) soit apparentée au couple CASTERS Bartholomé (1801-1874), pharmacien, originaire de Racour, et ACHTEN Marie-Claire, en tenant compte des alliances au cours des générations successives. Ainsi, l'une
des petites-filles de ce couple, née Mathilde DELCOURT, a épousé en 1894 un Alfred, Jules LALLEMAND (1870-1941) lequel possède un ancêtre commun avec Julienne LALLEMAND (1824-1855), mariée en 1851 avec Henri PARFONRY. Ce lien doit exister de la même manière pour les SMEESTERS,  les DESTAT et les MONETTE, nom des épouses successives des PARFONRY de Neerheylissem.  

Les deux lignées belge et française de PARFONRY de Neerheylissem descendent du côté maternel de cette famille LALLEMAND (ancienne écriture L'ALMAN puis LALMAND). Ce qui n’apparaît pas comme surprenant au vu de l’implantation de cette famille dans le village. La lecture des données reprenant la liste des naissances de cette famille est évocatrice sur le nombre de personnes portant ce nom. Ils descendent tous de Jean L'ALMAND, originaire de Grimde, marié en 1687 à Petronille DELVAUX. 

Ainsi, la lignée française descend de Jeanne LALLEMAND (1797-1877), mariée à Neerheylissem le 7 septembre 1821 à Jean PARFONRY (1797- ??), arrière-arrière-grand-père de Jacques. Quant à la lignée belge, elle descend de Julienne LALMAND (1824-1855), mariée le 24 avril 1851 à Henri PARFONRY (1826-1885), arrière-arrière-grand-père de Roland. Henri étant le neveu de Jean, on pouvait penser qu’il existait un lien semblable entre Jeanne et Julienne. Toujours en se référant au document du CRHG, on découvre qu'elles sont bien parentes mais à un niveau plus éloigné. Ce sont les petites-filles de deux frères, nés à Neerheylissem (Jean-Jacques et Jean LALMAND), issus du couple de deuxième génération formé par Jean L'ALMAND (1687-1737), originaire de Grimde (commune de Tirlemont) et Hélène RENOTTE (1700-1775), originaire de Boelhe (commune de Geer).

Ce qui semble évident, c'est que le couple formé par Julienne LALLEMAND et Henri PARFONRY, plus jeune de près de 30 ans, n'a pas vécu à proximité du couple formé par Jeanne LALLEMAND et Jean PARFONRY, qui comme on le découvrira avait déjà quitté Neerheylissem avant leurs naissances. Manifestement, la lignée de Jeanne LALLEMAND se trouvait dans une situation économique plus précaire que celle de Julienne, issue d'une lignée travaillant le fer (tonnelier, charron) à Neerheylissem. En outre, Henri LALMAND, le père de Julienne, s'était marié avec Rosalie LEENAERTS, la fille du censier collecteur Guillaume LEENARTS (1757-1836). De plus, le mariage de Jeanne avec Jean PARFONRY, qui n'avait pu bénéficier de la présence de son père dans son jeune âge, n'a pas du arranger le niveau de vie. C'est ce qui peut expliquer que le couple a quitté peu après leur mariage le village de Neerheylissem. On les retrouve ainsi en 1833 à Anvers, déclarant un enfant mort-né.

Il est reconnu qu’une partie des membres de cette famille LALLEMAND s’est déplacée vers Bruxelles et Anvers. Le fait que Jeanne, épouse de Jean PARFONRY, soit décédée en 1877 à Saint-Josse-ten-Noode, l’une des 19 communes actuelles de Bruxelles, le confirme. L’un de ceux-ci, LALLEMAND Edgard, un descendant d'un frère de Julienne,  est même devenu Secrétaire général du Parti communiste belge et Ministre du Ravitaillement dans deux gouvernements éphémères au lendemain de la guerre 1940-1945. Ceci permettrait très certainement d’expliquer la présence de PARFONRY à Bruxelles ou ils auraient pu acquérir des capacités dans le métier d’horloger  et de marbrier. 
          L’une des caractéristiques de cette branche de Neerheylissem concerne l’écriture du nom depuis l’installation dans cette commune au 18ème siècle. La présence de la consonne « » est apparente à la première génération, sur le premier acte de baptême de 1762, avec une écriture du nom du père sous la forme Parfondrij. Cette forme  semble disparaître par la suite. Les actes de décès de Gabriel en l'an neuf (1800) et de Jean en l'an onze (1803) de la République s'écrivent sous forme de Parfonrij. Et l'acte de baptême de Marie-Christine en 1793 est déjà entièrement conforme avec l'écriture actuelle Parfonry. Beaucoup plus constant, la forme ij est visible sur plusieurs générations. Et elle apparait aussi sur l'acte de naissance du 18 frimaire an six de la République française (soit le 07/12/1797) dans le nom Parfonrij ainsi que dans le nom du village Bas Heijlissem. Cette transcription du ij à la place du y permet de constater que l'occupation française n'a pas occulté l'existence du tréma. Par contre, en ce qui concerne le premier PARFONRY français, on observe une situation plus contrastée. Si l'administration française n'utilise jamais de tréma dans l'écriture de son nom, on constate que la signature de François-Xavier maintient celui-ci sur les deux lettres du 20 juillet 1867 et de 1871, adressée au Ministre de la Justice. Par contre, ce tréma n'apparaîtra plus en 1881 dans sa signature sur des documents en relation avec son dossier d'obtention de la Légion d'Honneur. Cette même transition sera observée de façon inverse plus tard, avec son fils Paul qui authentifie encore un tableau en 1914 de la signature de Parfonrij, écriture qui n'apparaît pas sur des toiles plus anciennes.

Et pour démontrer que la stabilisation de l'écriture ne s'était pas encore opérée, un acte notarié du 19 juillet 1911, en Belgique, s'écrit sous la forme d'Alexis Parfonri. Par la suite, plusieurs exemples attestent de la disparition définitive de ce tréma. Signant son diplôme d'instituteur en 1914, Emile, mon grand-père, ne le mentionne plus tout comme sur un document daté de 1926 en Belgique. Le y est bien apparent dans les deux cas. Il en est de même, plus tard, dans la lettre de son oncle Emile, l’horloger, écrite de Gobertange le 22 janvier 1930. La stabilisation sous sa forme actuelle se serait ainsi réalisée assez tardivement.

La même évolution au niveau de l'écriture est observée pour d'autres branches. On la trouve ainsi assez curieusement en Normandie en 1703 sur une ordonnance de Charles DHOZIER, mais cette fois sous le vocable Parfonrij, même si on doit admettre une erreur dans l'écriture. On doit se référer très certainement au nom local  Parfouru.  Pour celle d'Erezée, l'écriture actuelle apparaît assez tôt, avant 1900. Et la signature d’Anne Elizabeth PARFONDRY, de la branche d’Aywaille, sur un acte de mariage de 1893, comporte le point sur le i et non sur le j, résultant soit d’une omission, soit d’une transition au niveau de l’écriture. Confirmée par la Commission Royale de Toponymie et de Dialectologie, cette transcription du ij à la place du y n’est pas due à une influence flamande mais résulte de la maintenance du tréma sur le y  sur les graphies anciennes. Le fait que les trois premiers PARFON(D)RY installés à Neerheylissem se sont mariés avec des filles d’origine flamande (LAMBRECHTS, VANDERLINDEN, SMEESTERS), en toute logique avec la situation géographique et la plus forte proportion de filles en provenance de villages flamands à cette époque, n'est en rien l'explication de cette écriture. 
          Une autre preuve de cette évolution du nom est donnée dans les actes de la commune de Trognée. Lieu probable d'origine du premier de notre branche de Neerheylissem, leurs lectures permettent de se rendre compte des modifications apportées dans la signature pour une même famille de PARFONDRY. Il est manifeste  que dans ce cas la consonne d est réapparue, signifiant que l'influence locale du scribe  doit être prise en compte au niveau de l'écriture. Ainsi, en 1797, Lambert signe l'acte de naissance de son fils du nom de Parfonrij, Joseph signe en 1849 sous la forme de Parfondrij et Gérard en 1888 écrit Parfondry.
         Ce serait  donc bien la terminologie du lieu de naissance, et non l’origine flamande du nom, qui serait restée présente dans la mémoire des PARFONRY de France reprise dans la lettre de 1999, et dont une partie du texte est reprise ci-dessous. A moins que, vu la succession des unions qui s’étaient concrétisées sur trois générations, entre 1767 et 1828, des liens familiaux n’étaient restés du côté de la Flandre. Mais, comme on l'indiquera par la suite, il existe une autre éventualité pour que le métier de marbrier de François-Xavier ne puisse être l'explication de cette mention d'une origine flamande au niveau de sa descendance.

On pourrait faire remonter cette recherche plus précisément au 23 février 1999 quand Jacques PARFONRY, résidant en Guadeloupe, écrivait à Jean PARFONRY d'Overijse ceci : 

            Lettre de février 1999 de Jacques PARFONRY (Guadeloupe) à Jean PARFONRY (Overijse)

          .....J’avoue que l’annonce de la rencontre de nos deux filles au golf de Dakar relève du miracle. …. Mon neveu Jean Pierre m’a transmis, à l’époque, copies des correspondances qu’il avait eues avec vous. Venant de mon père ou de mon oncle Jean, nous n’avons quasiment rien de substantiel sur nos générations précédentes. Nous savions que nous étions issus d’une branche de Parfonry venant de Flandres il y a longtemps. De mémoire, je ne peux citer que mon arrière - grand - père François Xavier Parfonry, marbrier de métier …..
            

        Cette lettre fut l’une des pièces maitresses de ce travail. Ces quelques phrases, qui en sont extraites, servirent de détonateur pour poursuivre les investigations.  Après l'inscription dans la notice de synthèse rédigée, quelques années plus tôt, par Henri PAESMANS, le prénom de François-Xavier apparaissait ainsi pour la deuxième fois. Et tous les autres prénoms de ces PARFONRY qui y étaient référenciés (Jacques, Jean, Martine, Jean-Pierre, Aliette,) m’étaient totalement inconnus.

       Méditant l’expression de Victor HUGO « L’intuition est la vigie de la raison «, cette lettre contenait suffisamment d’éléments pour attiser la curiosité. Il y avait, dans cet écrit, l'élément essentiel pour découvrir l'un des aspects oubliés de cette saga. Seul, Jacques, en avait encore connaissance. Il était la dernière mémoire de ce lien ancien entre la lignée belge et la lignée française. 
       Et finalement, en me demandant comment un toponyme s'est propagé à travers l'évolution de notre société et de son histoire, je me suis efforcé de donner de la consistance à tous ces personnages. Mais pour cela, il faut dès lors en supporter les aléas de cette histoire en sachant que l'âme humaine n'est pas toujours parfaite.

 

        Il est par ailleurs évident que le souhait de l'auteur est de voir perpétuer son travail. Même si la dixième génération est en cours, il s'est limité à inscrire les témoignages de cette saga jusqu'à la septième génération, celle qui autorise de disposer du recul suffisant pour divulguer les faits essentiels tout en n'entrant pas de manière trop intense dans le respect de la vie privée et du cadre légal. Sa principale préoccupation est d'espérer remonter le temps en faisant reculer les générations.

 

           B. Lignée des PARFONRY de Neerheylissem - part Belgique 

           a. Jean-Pierre, le rescapé de la justice du Moyen-âge
           Le premier de la lignée n’est très certainement pas né dans ce village et son mariage n’y a pas été enregistré. Le répertoire des dates de naissance remonte à 1651 et celui des dates de mariage à 1635. Sur base de la date de naissance de son fils en 1762, et de quelques éléments de référence, on en déduit selon toute vraisemblance, qu'il doit être né vers 1730. Il a du arriver au début de la phase de croissance de la population, postérieure à 1742, ce qui pourrait être un indice pour en confirmer sa provenance.
                Acte de baptême de Jean PARFONDRIJ du 16 avril 1762   
              16 aprilis baptizatus est joannes filius illegitimus joannis petri parfondrij          
               et elisabetha lambrecht

               testis joannes terwagne et philippina lambrecht 

         Ce qui est certain, c’est que la branche de Neerheylissem y est installée depuis la naissance relatée de Jean en avril 1762, reconnu sur l'acte de baptême, fils illégitime de Jean-Pierre PARFONDRIJ et d’Elizabeth LAMBRECHTS. Cette indication offre la possibilité de donner différentes interprétations qu'on ne peut approfondir. La naissance hors mariage ou le fait que le père était déjà marié restent probablement les plus plausibles.
          On ne dispose d’aucuns renseignements sur l’origine de cette branche. Au vu des données répertoriées sur l’origine des migrants, la piste des villages de Trognée/Bertrée doit être envisagée. Elizabeth LAMBRECHTS, quant à elle, la mère déclarée de l’enfant, serait originaire du village flamand de Budingen, situé dans la province du Limbourg, à 18 km au Nord de Neerheylissem. Et il est probable, après avoir compulsé les registres du CRHG, qu'elle a épousé ensuite, le 13 avril 1766,  Thomas KYSIN, dont elle aura six enfants (Elisabeth, Marie-Anne, Jean, François, Lambert et Célestine) entre 1767 et 1784. Quatre de ces enfants se marieront à Neerheylissem. Et curieusement, les registres de baptême mentionnent une Marie-Anne PARFONDRIJ, née le 22 janvier1766, soit trois mois avant son mariage avec Thomas KYSIN. On peut croire qu'elle a donné ce même prénom à son autre fille fille, née le 28 juin 1769, signifiant  que la première était décédée entre-temps.
  
            Le fait que le témoin du père, nommé Jean TERWAGNE, ne soit pas un proche de la famille, ne peut que confirmer une installation récente. Pour le choix de témoins, il est plus légitime de trouver une personne de même lignée pour valider une naissance. Ce qui est  le cas de Philippine LAMBRECHTS, le témoin de la mère, âgée de 26 ans. Cette famille TERWAGNE s’est installée aux environs de 1700 à Neerheylissem, soit avant l'arrivée de Jean-Pierre PARFONDRIJ. Il doit s’agir probablement de Jean TERWAGNE, né le 26 mars 1701, âgé de 61 ans, fils des premiers migrants Joaquim TERWAGNE (1672-1716) et Marguerite RENQUIN (1672-1749). Fait autrement significatif, cette famille TERWAGNE devait très certainement habiter à ce moment dans la rue des Charrons car on la mentionne lors du recensement de 1796.
           Il est très probable que ce Jean-Pierre PARFONDRY, arrivé à Bas-Heylissem, arrêté comme vagabond, soit le père de l'enfant baptisé en 1762. Il a été déclaré innocent en 1761. Manifestement le personnage de Jean-François PARFONDRIJ apparaissant dans le livre de TARLIER et WAUTERS, condamné pour vol dans les églises, emprisonné à la prison de Steenpoort, ne serait autre que ce Jean-Pierre. Il est possible que dans les actes de ce procès, on retrouve des renseignements intéressants sur la parenté de ce Jean-François, alias Jean-Pierre. Le cadre et la comparaison des différents articles retrouvés indiquent que l'on se trouve dans la même configuration de situation, à savoir l'arrestation, la comparution devant un tribunal, la citation du Prévôt de L'ESCAILLE, avant d'aboutir finalement à sa libération. Les dates sont manifestement en cohérence avec l'acte de baptême de son fils illégitime.
 (voir articles plus récents sur Jean Pierre (Joannes Petri) donnant des informations complémentaires sur son parcours )


           b. Jean, le maître-charron
           Jean PARFONDRIJ, le fils, reconnu illégitime, est né le 16 avril 1762. Son nom apparaît à de nombreuses reprises sur des actes de décès de la commune de Neerheylissem, entre l’an six et l’an dix de la république française (
Florence Vrancken, Louis de Geneff, Anne Joseph van Meldert, Ernest Kinnart, Barbe Keijsin, Bertinne Nihoul, Célestine Keijsin, Laurent de fore, Pierre Terwagne,…), agissant en tant que témoin et voisin. Son dernier acte citoyen est effectué le 16 thermidor, an 10 de la république (4 aoüt 1802), pour constater le décès d’André MINON (03/07/1749-04/08/1802), veuf d’Anne RENQUIN, soit un an avant sa mort. Il est vrai que depuis le décès d'André GIJSBERGH (1755-1800), originaire de Neerwinden, tué le 28 ventose, an 8 (19 mars 1800), à son domicile au 1 rue des Charrons, son assiduité dans les actes avait fortement régressé. Outre le fait que le prénom varie entre Jean-Pierre et Jean selon les actes, l’élément majeur consiste dans la notification de la rue des Charrons comme lieu d’habitation, et cela à partir de l’an huit de la République, soit en 1800. Il est déclaré, selon les actes, charron ou maître charron. Décédé à Neerheylissem, à l’âge de 40 ans, le 24 messidor an 11 (13 juillet 1803), l’acte de décès est constaté par Philippe KINNART, adjoint au maire en présence de Prosper COLLET (1767-1839), garde-champêtre, originaire de Braine-le-Comte, qualifié de voisin, et de Jean-Pierre KESTENS, journalier, qualifié d’ami.

          Décédé assez jeune, il n'a pu transmettre à ses enfants son métier de charron. Marié en 1792 à Marie Josèphine VANDERLINDEN (1768-1817), originaire de Lincent, Jean a eu un minimum de cinq enfants. Remariée en 1807  avec Jacques VRANCKEN (1780-1835), elle aura un fils, prénommé Michel (1809-1873).
           Une fille Marie-Anne, reconnue tout aussi illégitime sur l'acte de baptême, naîtra le 22 janvier 1766. Les témoins sont François Baudouin (1722-1782, écrit BADUE sur l'acte), originaire de Bertrée et son épouse Marie-Anne DELIBE (1723-1782). Cette naissance, cinq années après avoir été déclaré innocent, atteste que Jean-Pierre est resté à Neerheylissem après cette affaire avec le Prévôt de l'Hôtel. Il n'a pas subi la peine de bannissement qui était le plus souvent appliquée aux vagabonds.


             c. Les enfants de Jean qui se dispersent
            Du premier enfant de Jean, Marie-Christine, on dispose de son acte de baptême à Neerheylissem qui mentionne la date du 25 juillet 1793. Sur celui-ci est inscrit, probablement comme parrain, le dénommé Lambert PAQUOT, originaire de Fumal, qui a épousé en 1765 Philippine LAMBRECHTS, le témoin, et sans doute la marraine, à la naissance de Jean, le père de Marie-Christine. Une autre personne dont le nom n'a pu être déchiffré, originaire de Lincent, est également mentionnée. Marie-Christine est probablement décédée un mois plus tard car le recueil des actes mentionne le décès en date du 25 août d'une fille enfant de ce couple.

Le deuxième, Emmanuel, le fils aîné, né le 2 août 1795 à Neerheylissem, a eu comme parrain une nouvelle fois Lambert PAQUOT et comme marraine Marie-Agnès VANDERLINDEN, cette dernière présentant très certainement une affinité familiale avec la mère d'Emmanuel. Celui-ci a été qualifié successivement de dienstbode (domestique) à Opheylissem, de tisserand à Neerheylissem et de cultivateur. Il est probable que  par son mariage le 28 août 1828 avec Jeanne SMEESTERS (1799-1871), qualifiée de cultivatrice, il devient lui-même cultivateur. Ils auront quatre enfants (Henri, Joséphine, Florentine, Julie). Le premier, né SMEESTERS, a été reconnu après le mariage. Les trois filles se marieront respectivement avec Ferdinand DUCHAINE (1830-1886), Victor THEUNIS (1844-1923) et Victor STAES (1872-1946). Seul Ferdinand DUCHAINE, arrière-petit-fils du maréchal-ferrant Jean-Jacques, habitait Neerheylissem. THEUNIS et STAES provenaient respectivement de Noduwez et de Saint-Jean-Geest. Peu de traces ne subsistent de la descendance de ces filles. Il y a eu cinq enfants DUCHAINE, quatre enfants THEUNIS et deux chez les STAES, ce qui sont manifestement des indications comme quoi ces familles se sont probablement perpétuées jusqu’à ce jour. Un lien plus conséquent a du exister avec la famille THEUNIS - PARFONRY, résultant de la plus grande longévité de Florentine, décédée en 1930 à l'âge de 93 ans. Joséphine, la soeur de Florentine, fut marraine de leur premier fils et Henri, le frère, fut parrain de leur fille Marie-Désirée THEUNIS. Par ailleurs, une des rares anecdotes qui m’a été relatée sur ces personnes concerne le fils de Florentine, Emile THEUNIS, né le 29/04/1874. Il verra son mariage contracté en France avec la princesse d’Arenberg, veuve de CROY, annulé par la curie romaine  en 1825.  Par la suite, il se mariera à Paris avec une nommée Yvonne LEHUEDE qui devait être de nationalité française. Ce nom est plutôt concentré dans la Loire Atlantique, soulignant qu'Emile est resté en France. Ayant travaillé comme cocher pour cette famille d’ARENBERG, ses frères et sœurs porteront ce sobriquet (Joseph mon l’cocher, Adèle mon l’cocher). C'est ce qui est narré par Henri PAESMANS, sans sa notice de synthèse, retranscrivant les propos de mon grand-père qui parlait fréquemment de ce mariage raté. Emile THEUNIS a eu comme marraine ma grand-mère Julia LANCELLE, épouse d’Emile l’instituteur.   

Le troisième enfant, appelé Jean comme son père, est né le 18 frimaire an 6 de la République française, soit le 07/12/1797  à Bas Heijlissem. Sur l’acte de naissance, on découvre que les témoins ne présentent de nouveau aucuns liens familiaux avec cette famille. On y retrouve Prosper COLLET auquel on adjoint cette fois Pierre van HOVE (1798-1858), journalier. Ils habitaient à cette époque respectivement aux n° 8 (pour Van HOVE) et 9 (pour COLLET) de la rue des Charrons soit à proximité des numéros 11 et 12 qui serviront de domicile à PARFONRY Henri à partir de 1851. Et c'est Toussaint HAMELS (1744-1805) qui établit l'acte en tant qu'agent municipal. Jean se mariera le 7 septembre 1821 avec Jeanne LALMAND et sera à l'origine de la branche française.

 

Acte de naissance de Jean PARFONRIJ  du 18 frimaire an 6 (07/12/1797)

(Texte reproduit identique à la version écrite à la main)

 
« Aujourd’hui dix huit frimaire l’an six de la république française à deux heures après midi par devant moi Toussaint Hamels agent municipal de la commune de bas heijlissem pour dresser les actes destinés à constater les naissances mariage et décès des Citoyens est comparu jean pierre parfonrij maitre charrons domicilié de bas Heijlissem assisté de prosper Collette garde champêtre agé de trente ans et de pierre van hove journalier agé de trente sept ans demeurant à bas Heijlissem Canton de hougarde département de la dijle à déclaré à moi T. Hamels que Marie Joseph van der Linden son épouse en légitime mariage est accouchée hier dix sept frimaire à douze heure du soir de demi nuit dans sa maison d’un enfant mâle quil a donné le prénom jean d’après Cette déclaration que les citoyens prosper Collette et pierre van Hove ont certifié conforme à la Vérité et la représentation qui ma de fait de l’enfant dénommé j’ai rédigé en vertu des pouvoirs qui me sont délégués le présent acte que jean pierre parfonrij père de l’enfant dénommé a signé après moi et les deux témoins ont aussi signé »

 

Un dernier fils, prénommé Gabriel, né le 14 mai 1800 à Neerheylissem, décédera quelque mois plus tard, le 7 vendémiaire, an 9 de la République, soit le 30 septembre 1800. Son parrain est Gabriel ROUCHET et sa marraine Constance KINART (1782-1860). Sur l’acte de décès, on retrouve le nom de Prosper COLLET, attestant en tant que témoin, et Toussaint HAMELS, établissant l’acte en tant que maire, ainsi que J.M. DENIS, le prêtre d'Opheylissem.

 Du dernier enfant, dénommée Constance, née le 18 décembre 1801, toujours à Neerheylissem, on peut avancer l’hypothèse, selon les actes enregistrés, qu’elle a résidé à Ostende au 23 Kerkstraat. Elle habitait avec Thomas Georgius BROWNE, déclaré handelsbediende. Né à Spott en Ecosse, ce dernier est décédé à Courtrai en 1851 à l’âge de 48 ans. Un fils de ce couple, portant le même prénom que le père, est décédé le 23 mars 1833 à l’âge de 2 mois et 12 jours à Ostende.
         La mention de Prosper COLLET mérite que l'on s'y attarde quelque peu. Sa maison, située dans la rue des Charrons, présente la particularité d'avoir été toujours occupée jusqu'à ce jour par sa descendance. Par alliance, elle est ainsi arrivée dans la famille CLAES, suite au mariage de la petite-fille du garde-champêtre, avec François-Xavier CLAES (1851-1919), receveur communal. Y habitèrent successivement le vétérinaire Camille (1881-??), Joseph (1914-1978), et Guy CLAES. Ce Joseph CLAES a épousé Rosalie DESTAT (1874-1956), la belle-soeur d'Alexis PARFONRY, en 1901. Cette dernière personne, plus connue sous la dénomination de Tante Rosa d'Hampteau fut la marraine de mon grand-père. Leur fils Guy CLAES, décédé en 1993, s'est marié avec Marie-José SIBILLE, laquelle réside toujours dans cette maison de la rue des Charrons, contigüe de nos jours à celle des PARFONRY, et ayant été dénommée "à mon Collette", en rapport avec le nom du premier occupant.  Et on observe que cette situation de proximité avec la rue des Charrons était similaire pour l'agent municipal Toussaint HAMELS (1744-1805), habitant au n°2 de la rue des Charrons. Cette maison sera toujours occupée par sa descendance jusqu'au début du vingtième siècle.
        Le choix des témoins confirme bien que cette famille ne s’était pas encore diversifiée et a du choisir des connaissances sur la base d’une certaine proximité. Ce qui n’était pas le cas pour de nombreuses anciennes familles qui se caractérisaient à l’époque par un nombre élevé d’individus. C'est ce qui a permis à cette branche, après s'être apparentée aux LALLEMAND et aux DUCHAINE de la rue des Charrons, de se lier plus tard par alliance avec les familles THEUNIS et CLAES, deux des plus anciennes de Neerheylissem. Si les THEUNIS sont établis avant 1650, CLAES est considéré comme le nom le plus ancien de la commune. Ils y étaient présents en 1470.

On peut manifestement considérer qu’il a du exister entre tous ces personnages un lien, créé autour de la rue des Charrons. Ce qui semble pouvoir être conforté par le métier de maître charron reconnu du père. La lecture des actes a permis de déterminer qu'il habitait cette rue en 1800. Mais, ce métier de maître-charron doit laisser croire dans l’existence d’un lien plus ancien avec cette rue. Ayant porté d’autres noms durant le 18ème siècle (Rademakerstraat vers 1700, rue des Charliers vers 1725), il est vraisemblable que sa transformation en rue des Charrons provienne de l’occupation professionnelle des gens qui l’habitaient. Le changement définitif a du se faire peu de temps après la phase de peuplement observée peu avant la seconde moitié du 18ème siècle. En 1840, cette rue avait une longueur de 919 m et une largeur de 5m 10, grandeurs indiquant de son importance pour l'époque. Jean-Jacques DUCHAINE s'y était installé comme maréchal-ferrant depuis 1732. Jean LALLEMAND et Jean PARFONRY durent s'y installer par la suite. Ils furent sans doute à l'origine de ce changement de nom. Et la famille LAMPROYE, dont la maison est mentionnée à côté de celle des PARFONRY, sur une photo prise vers 1915,  y a exercé par la suite cette profession dans cette rue. Nicolas LAMPROYE (1817-1894) avait épousé Amélie LALMAND (1820-1886) en secondes noces, la soeur de Julienne, épouse d'Henri PARFONRY. 

  Ce changement de nom correspond à la période d'accalmie dans le territoire des Pays-Bas autrichiens voisins qui voyait la fin des affrontements entre espagnols, anglais, hollandais et français durant le long règne de Louis XIV (1661-1715) qui avaient ruiné et décimé les populations (batailles de Neerwinden de 1693 et de Ramillies de 1706). Ceux de l'impératrice Marie-Thérèse (1740-1780) puis de Joseph II (1780-1790) marqueront le retour à des temps plus prospères notamment sur le plan industriel. Avec pour toute incertitude, la courte occupation française de 1746 à 1748. Combiné à la suppression des frontières entre le territoire de la Principauté et le Brabant autrichien, cette situation transitoire a  favorisé une plus grande liberté de circulation et de migration, combinée aux exactions des soldats de tous bords. 
          L’occupation professionnelle initiale de cette lignée laisse apparaître une évolution marquée. Il est vraisemblable qu’Emmanuel et Jean, né respectivement en 1795 et en 1797, très jeunes au décès de leur père en 1803, n’ont pu profiter de son expérience de maître-charron, expliquant l’absence de continuité et le niveau moindre de leurs activités. De plus, l'Europe connaissait une nouvelle période de guerre avec l'apparition de nouveaux conflits (nouvelle bataille de Neerwinden en 1793) et la liquidation de la Principauté de Liège en 1795, intégrée tout comme les Pays-Bas autrichiens à la France jusqu'à la défaite de Napoléon à Waterloo en 1815. Tout cela entraînait une modification des avantages de l’enclave protégée de Hougaerde, située à proximité de Neerheylissem. C’est à ce moment que les conditions de travail furent les plus éprouvantes, en occupant des petits métiers de service, voire de se déplacer. C’est ce qui doit probablement expliquer le changement d’orientation observé. Une partie de la descendance s’est orientée vers l’artisanat avec les métiers d’horloger et de marbrier sans que l’on puisse en déterminer précisément la filière de formation. Une autre s’est maintenue au niveau du village en se développant dans l’agriculture sans qu’il n'y ait eu nécessairement de continuité en la matière en ce qui concerne le lieu d'habitation. Il est en effet acquis par les actes qu'Emmanuel habitait Opheylissem lors de son mariage en 1828 avec Jeanne SMEESTERS. Il est décédé le 28 juin 1879. L'installation à l'emplacement actuel s'est effectuée probablement à la génération suivante.
   

d. Henri, l'inconnu de la rue des Charrons 
          L'installation de manière continue dans la rue des Charrons remonte probablement à Henri. Né SMEESTERS,  le 18 janvier 1826, soit deux ans avant le mariage des parents le 28 août 1828, il a été légitimé par la mariage des parents. Il est le seul fils de cette génération. Marié le 24 avril 1851 avec Julienne LALMAND, il se serait installé dans la maison actuelle de la rue des Charrons. Cette  maison portait le numéro 11 dans le recensement de 1840 et appartenait à cette famille depuis le 18ème siècle. Cette dernière personne décèdera en 1855 soit quatre années après son mariage. On peut penser que c'est Henri qui a hérité ou acheté cette maison bien que Julienne avait deux soeurs (Amélie et Marie-Françoise) ainsi que deux frères (François et Clément). Il est vraisemblable que le mariage, à la génération précédente, d'un LALLEMAND avec Rosalie LEENAERTS, fille de Guillaume LEENAERTS censier collecteur, a permis de constituer une dot importante. Ce mariage assurait également le rapprochement de la famille de deux anciens charrons, à savoir LALLEMAND Jean et PARFONRY Jean, le grand-père d'Henri.        

Il est vraisemblable qu'à la suite de ces rapprochements familiaux, Henri a pu modifier et faire évoluer son cadre de vie. Reconnu comme horloger, il a du acquérir cette formation d'artisan en quittant le milieu familial tout comme son cousin germain François-Xavier, parti développer à la même époque ses capacités de marbrier en France en 1841. La décision qui a été prise à ce moment a du se répercuter impérativemenbt sur l'environnement familial. Contrairement à François-Xavier, Henri a du rester dans sa région. Il est en effet décédé à Racour (commune de Lincent), à quelques km de Neerheylissem, le 04 novembre 1885.

Si on n’a aucun élément précis sur le lieu d’habitation des premiers PARFONRY, on peut imaginer que Jean PARFONRY, le charron, dont l'installation dans cette rue dès 1800 est attestée, a pu y être domicilié auparavent car le bâtiment qu'occuperont les LAMPROYE vers 1830 y existait déjà en 1775. De nos jours, une descendance habite toujours dans la ferme ayant appartenu au couple LALLEMAND Henri – LEENAERTS Rosalie. Le recueil des dates pourrait aboutir à la conclusion qu’Henri aurait légué sa maison à son fils Alexis  qui a pu également recevoir d'autres terres de son grand-père Emmanuel. Manifestement, entre la naissance d'Alexis en 1853 et le décès d'Emmanuel, son grand-père en 1879, soit durant 26 années, trois générations de PARFONRYse sont côtoyées. On peut envisager qu’Henri PARFONRY exercera son métier d’horloger dans une autre habitation et non dans la ferme. Et que ce soit Emmanuel qui ait pris en main la petite ferme de la rue des Charrons, après son mariage, avant de la léguer à son petit-fil Alexis.      

            e. L'horloger du Roi
 
           Le fils aîné d’Henri est l’horloger - bijoutier Emile PARFONRY, né le 27 février 1852. Métier probablement hérité de son père, il est peu probable qu'il soit resté longtemps à Neerheylissem. Il sera désigné vers 1900 sous Léopold II  en tant que fabricant d’une montre à gousset dénommée « Boîte du Roi ». Cette montre présente la figure du Roi Léopold II sur le cadran ainsi que certains détails qui précisent son utilisation " PARFONRY, fabricant Boîte du roi, 58 rue de Namur, Bruxelles. Concours de 19.., prix de tir du gouvernement remporté par ….". La première découverte de cette montre portait la mention «  Prix du tir du Gouvernement 1902 » ainsi que son bénéficiaire, le Major Henri GILIS. Sans être fournisseur royal officiel, il était fournisseur agréé de la Coopérative Militaire Nationale et des employés de l'Etat. Très certainement offerte par le Souverain à l’occasion de manifestations, certains de ces modèles se retrouvent encore de nos jours sur des sites de vente. Ceux pour les années 1900, 1901 et 1902 existent encore à ce jour. La description pour un exemplaire en vente aux Etats–Unis est révélatrice d’une certaine ignorance sur la dynastie belge. Le texte décrivant cette montre, repris ci-dessous, désigne le roi Léopold II comme un » soldat blanc barbu ».

 La raison de l’arrêt de ce modèle ne doit pas être liée au décès du Roi Léopold II en 1909. On découvre ainsi que son magasin, installé à la rue de Namur à Bruxelles devient Maison Rosseels dès 1906 en continuant à délivrer des montres du type « Prix de Tir du gouvernement « sans toutefois reprendre la représentation de Léopold II.

 

Son nom est repris dans un livre récent d'Eddy FRAITURE (Staande klokken en uurwerkmakers in Vlaanderen, Ed. PEETERS, Leuven, 2006), réalisant un inventaire de milliers d'horlogers flamands depuis le Moyen-âge. Les inscriptions en français sur les montres dénotent par contre une origine francophone.         

La découverte d'une lettre de 1930 en France, écrite par Emile, donne une nouvelle approche historique sur le lien entre les lignées belge et française. Adressée à Hubert Narcisse PARFONRY de la branche d’Erezée, il y reconnaît l’existence d’une lignée originaire de Neerheylissem à Paris, ce qui constitue une indication importante sur la pérennité du lien entre les deux pays. Cette information intervient près de 90 ans après le départ de François-Xavier pour Boulogne-sur-Mer. On peut en conclure que des contacts entre les deux pays se sont poursuivis pendant plusieurs générations.

De cette lecture, on en déduit qu'il devait connaître Paul, le peintre, et très probablement l'avoir rencontré. Il a également connaissance de la présence de mon grand-père et de mon père à Beauvechain. Dans cette lettre, il mentionne également qu’il avait rencontré le militaire Emile PARFONRY, frère d'Hubert-Narcisse, avant son départ pour le Congo, dans une cantine du bois de la Cambre, à proximité de Bruxelles. Or, grâce à une carte postale de l’époque, il est précisé que l’une de ces cantines a appartenu à Alfred PARFONRY, un troisième frère de la branche d’Erezée. Etant enterré au Congo, cette rencontre avec le militaire s'est nécessairement déroulée avant son départ en août 1882, soit 48 ans plus tôt. L'horloger avait à cette époque 30 ans en n'était probablement pas encore fabricant pour la Cour. Peut-on dès lors expliquer cette proximité entre les deux branches de PARFONRY sans pouvoir appréhender un lien établi qui ne soit pas uniquement de proximité ?
          Au niveau familial, Emile a occupé une place non négligeable. Après avoir été témoin au mariage de son frère Alexis, lui et son épouse se sont partagés les rôles de parrain et marraine aux naissances des trois enfants. Il a en effet été le parrain d’Anna et de mon grand-père Emile tandis que son épouse était marraine d'Henri, l’autre frère. Ce volontariat ne s’est pas arrêté aux enfants de son frère car il a été également le parrain d’Adèle THEUNIS, sa cousine germaine, fille de sa tante Florentine PARFONRY. La question de son héritage reste également peu connue. Il semble évident que n’ayant pas eu de progéniture, l’horloger Emile PARFONRY a transmis peu de mémoires, d’autant que le lien avec ses neveux n’a pas été prolongé après sa mort en septembre 1931. Pour preuve, aucunes des montres à gousset n'ont été retrouvées dans l'entourage familial, tout particulièrement dans le lot des montres ayant appartenu à mon grand-père. Seule la piste d'une maison qu'on aurait du hériter à Bruxelles, évoquée dans la famille, semble crédible. Il devrait probablement s'agir de celles relatées dans la même lettre de 1930.

            En mai 2009, sa tombe, assez bien détériorée, a été retrouvée dans le cimetière de Mélin, un autre des villages de cette Hesbaye brabançonne, sur base des indications obtenues par Jules TITS auprès de la fille des personnes qui étaient au service d'Emile PARFONRY à Gobertange. Gravé dans la pierre, le décès de son épouse en date du 20 juillet 1932 apportait l’élément manquant. Le fait qu’il soit finalement décédé quelques mois avant elle constitue probablement l’une des raisons pouvant expliquer la rupture de cette transmission. C’est ce qui nous revient après avoir entendu les quelques réflexions parvenues à notre oreille et qui semblent probablement constituer une sorte de secret de famille. La fortune de l’horloger Henri ne pouvait pas être inconnue. Et sa robustesse semblait également plus importante que celle de son épouse. Lui - même en avait pris conscience car il avait fait confectionner un costume, conservé dans le coffre d’une banque, en prévision de l’enterrement de cette dernière. Son décès inopiné aurait dès lors occasionné une brisure plus intense que seule la descendance de son épouse pourrait éclaircir en espérant toutefois que des éléments réceptifs existent encore de nos jours .
(voir articles dans dossier Emile PARFONRY, l'horloger)

  Extraits de documents sur Emile PARFONRY, l’horloger – bijoutier (1852 – 1931

             Description de la montre à gousset mise en vente aux Etats-Unis

  
There is a portrait of a white-bearded soldier on the enamel face. Silver  reposse care. Has  a  crowned lion on the reverse with “PRIX DE TIR DU GOUVERNEMENT” in a banner at the bottom. Gold filigree hands. The watch also has a “BRUXELLES” on the bottom of the dial.

 
Lettre du 22/01/1930 à Narcisse PARFONRY

  
             Monsieur N Parfonry,

 

Oui, je suis l’oncle Emile 78 ans, le plus âgé de la famille Parfonry de Neerheylissem (Brabant), des Parfonry de Beauvechain et de Paris, tous originaires de Neerheylissem.

J’ai causé plusieurs fois chez M. Molitor cantine de la Cambre avec feu votre frère Emile Parfonry alors sous-officier, je conserve sa photo.

Votre quartier Nord - Est est un peu le mien, attendu que je suis propriétaire des immeubles n° 6 et 7 Square Marguerite à Bruxelles.

Avant notre arrivée à Mélun, il y a onze ans, nous habitions la n° 7 Square Marguerite.

J’ai reçu une fois votre visite dans mon magasin d’horlogerie bijouterie rue de Namur.

Dans l’attente de faire meilleure connaissance, je vous présente mes sincères salutations.

 
            f. Alexis, l'homme à la chope

Né à Neerheylissem avec le prénom de Théophile le 16 juin 1853, le fils cadet d'Henri a porté durant sa vie celui d'Alexis, son deuxième prénom. Marié à Joséphine DESTAT d'Opheylissem le 8 octobre 1883, les témoins au mariage étaient son frère aîné Emile, l'horloger, et Théodore Joseph DESTAT, le frère de la mariée. Ils ont continué à résider dans cette maison pendant que son frère Emile accompagnait probablement sa mère à Bruxelles pour poursuivre le métier d’horloger de son père. Peu de mémoires sont conservées, si ce n’est qu’il a été parrain d’Edgard PAESMANS, son petit-fils et d’Adèle THEUNIS, la fille de sa tante Florentine PARFONRY. On le mentionne dans les registres comme cordonnier, du moins jusqu'en juin 1885. Ensuite, il devient cultivateur léguant des terre à ses enfants au décès de son épouse en 1942. La seule certitude réside dans l’acte d’achat d’Alexis, en vente publique le 19 juillet 1911, d’une parcelle de terre de 45a 40ca pour 3500 francs,  au lieu dit «  Tiers de Gossoncourt ». Cette parcelle a été achetée aux six héritiers de Félix, Guillaume Comte du MONCEAU, décédé à Bruxelles le 23 septembre 1890. Et assez significativement, parmi les époux des héritières, on ne mentionne que du beau monde à particules, plus précisément le Comte de VILLERS, le Baron de WOELMONT, Grand Maître de la Maison de la Reine, et le Baron de GAIFFIER d'HESTROY, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire du Roi. Manifestement, on ne peut s'empêcher de se dire qu'il y a pu avoir une influence certaine d'Emile, l'horloger, son frère, pour qu'un tel acte ait pu se réaliser. Cette parcelle s'ajoutait aux autres acquises progressivement et dont il est fait mention dans l'acte de partage du 4 juin 1942, après le décès de son épouse le 20 janvier 1942, soit un total de 2ha 13a 10ca. La lecture des différentes dates d'achat confirme bien qu'il s'est installé comme cultivateur à partir de 1885. La croissance, même faible, des surfaces est sans conteste un indice d'une volonté de s'étendre. 
           
Alexis, décédé le 2 juillet 1924, est enterré dans le nouveau cimetière  de Neerheylissem. L’ancien cimetière autour de l’église a été supprimé et remplacé par un parking. Il aurait été abandonné au début du 20ème siècle. Quelques stèles ont été conservées et intégrées dans le mur du parking. Après une première lecture, il n'apparaît pas que l'on puisse y retrouver des indications en lien avec notre ascendance. Dans le nouveau cimetière, se trouve un caveau qui daterait probablement de 1924, date du décès d’Alexis. On y lit une inscription.

 

                SEPULTURE                  qui signifierait que quatre personnes y sont inhumées à ce jour,

  DE LA FAMILLE                à savoir Alexis et son fils Henri ainsi que leurs épouses 

A.PARFONRY – DESTAT    (Joséphine DESTAT décédée en 1942 et Marie MONETTE

     MONETTE                        décédée en 1967)

 

La descendance d’Alexis, s’étant prolongée en ligne directe, a permis cette stabilité dans un même endroit. Une continuité qui n’est pas prête de s’éteindre car la relève au niveau de l’exploitation agricole semble acquise. Tout cela complété par une présence dans le village, assurée durant 250 années, depuis la naissance de ce Jean PARFONDRIJ en 1762, à l’origine d’une lignée de dix générations successives à ce jour.

Une chope en faïence portant l’inscription «  Hougaerde A. Parfonry « s’est perpétuée en deux exemplaires. C’est probablement l’une des pièces les plus anciennes encore visibles de la lignée belge avec les montres à gousset de l'horloger et le diplôme sur parchemin de l'instituteur. Cette pièce est à mettre en relation avec l'industrie brassicole qui s'est développée dans cette enclave liégeoise d'Hoegaarden. Ayant bénéficié d'avantages fiscaux indéniables pour ce promouvoir depuis le Moyen-âge, ce secteur agro-alimentaire devait encore imprégner les mentalités. Et de nos jours, on peut sans peine imaginer que la paroi interne de cette chope est toujours imprégnée de cette "Blanche " brassée depuis le Moyen-âge dans cette localité. La forme de l'écriture reprend ainsi la transcription de cette période et également celle de 1845. Objet utilitaire par excellence, il ne peut s'agir pour l'époque d'un article acheté lors d'une visite touristique.

La maison de la rue des Charrons fait référence implicitement à Alexis en s'appelant  « maujone de mon Tchitchi », sur une photo datant approximativement de 1915. Fils et frère des horlogers et ancêtre des occupants qui s’y succéderont jusqu’à ce jour, cette expression peut avoir plusieurs significations. Elle peut indiquer qu’Alexis en aurait apporté des modifications ou tout simplement qu'il en ait été le nouvel occupant. Mais l’appellation peut également découler de la personnalité propre de la famille d'Alexis. La mémoire, qui nous est parvenue à ce jour, insiste sur le fait que les DESTAT, nom de l’épouse d’Alexis, possédaient une intelligence et une ardeur appréciables, ce qui laisse penser qu’ils ont contribué à marquer l’esprit de leurs neveux et nièces.

Occupant les numéros 11 et 12 lors du recensement de 1840, cette maison porte à ce moment le numéro 58 comme l'atteste les extraits des registres du Grand Livre des pensionnaires de l 'Ecole Normale de Malonne. De nos jours, elle est affectée du numéro 114.

Selon la mémoire familiale, Emile l’horloger, le frère d’Alexis, aurait aidé financièrement l'installation de sa nièce Anna dans une épicerie DELHAIZE et les études d’instituteur de son neveu Emile à l’école Normale de Malonne. Si on peut penser que c’est Alexis qui a pu être à la base de la structure actuelle, il est peu probable qu’il n’ait pas aidé son troisième neveu Henri, qui était également le filleul de son épouse, à développer sa ferme. Par ailleurs, même si l’installation dans cette maison résulte du mariage d’Henri en 1851 avec une fille LALLEMAND, on peut envisager que certaines terres remontent à Emmanuel, devenu cultivateur suite à son mariage en 1828 avec une fille de cultivateur, bien que  l’héritage ait du se partager entre quatre enfants.

Alexis a eu trois enfants : Anna, Henri et Emile.


            g. Anna et ses enfants  
         Née le 5 juillet 1884, une photo de 1899 montre qu'elle a été élève du Pensionnat des Soeurs de Notre-Dame de la Visitation à Saint-Nicolas. Les études et la pension étaient sans doute payées par son parrain Emile, horloger – bijoutier. Après ses études, Anna ira quelques temps chez lui à Bruxelles pour s’initier au commerce, puis retourna à Neerheylissem pour y gérer dans la maison d'Alexis, un petit commerce DELHAIZE, qui avait été aménagé dans une partie du logis de la ferme. Ce magasin aurait subsisté jusqu'au mariage d'Anna.

Elle a rencontré son futur mari, Basile PAESMANS, en rendant visite à son frère cadet Emile, instituteur à Beauvechain. Il officiait en tant qu’instituteur en chef à l’école communale. Mariée le 26 mai 1917, elle s’occupera au début de la Ligue des Femmes et organisera des cours de ménage, de coupe et de couture ainsi que l’attestent certains cahiers de l’époque. Elle est la mère d'Henri PAESMANS, celui qui a été l’élément détonateur de toute cette recherche. Restée à Beauvechain jusqu'à la pension de son mari, ils ont rejoint ensuite leur fils à Noduwez, l'un de ces quarante villages de la Hesbaye brabançonne, en allant vivre au presbytère et en dernier lieu à Nil-Saint-Vincent lorsque celui-ci a été nommé doyen pour le Brabant wallon de l'Est. Décédée en 1973, elle est enterrée à Noduwez. La descendance possède toujours la terre du lieu dit « Hamptiau » de 20a 30ca à Opheylissem, héritée au décès de l’épouse d’Alexis en 1942.

Les trois enfants d'Anna, prénommés Edgard, Gilberte et Henri, sont nés à Beauvechain.
            h. Et la ferme se développa avec Henri 

Ce serait par la suite que l’exploitation agricole actuelle aurait réellement pris son essor dans ce bâtiment avec Henri, le frère d’Anna et de mon grand-père. Né le 12 août 1886, il a eu pour parrain son grand-père maternel, Antoine DESTAT, et pour marraine Clémentine DEVOS, épouse d'Emile l'horloger. Il s'est marié le 22 mai 1926 avec Marie MONETTE (1893-1967), une représentante d'une de ses familles importantes de Neerheylissem. C'est peu après le décès d'Alexis, qu'Henry entreprit les travaux de rénovation de la maison, en particulier la façade et l'ajout d'un étage, structure qu'elle présente encore de nos jours. Dans les années 1950, la maison mitoyenne des LAMPROYE fut rachetée et abattue pour permettre d'agrandir la zone réservée aux matériels agricoles. L'une des particularités de cette famille aura été marquée par la propension à démarrer les travaux agricoles de très bonne heure le matin et de les terminer vers 16 h, à contrario du rythme appliqué par les autres fermiers. La ferme occupe actuellement une superficie de cinquante ha dont vingt en propriété propre. A cela s’ajoutait en 2008 vingt à vingt-cinq taureaux pour engraissement de la race blanc-bleu-belge en stabulation. Parmi ces terres, celles héritées en 1942 par mon grand-père et sa sœur aux lieux-dits Thiers de Gossoncourt et Elsenbosch, en provenance d’Alexis, soit un total de 1ha 21 a et 40ca s'ajoutant au 71a 40ca hérité directement par Henri, ont été récupérées par la suite et font désormais partie du domaine. Après la mort d’Henri, le 05 août 1965, l’exploitation a été transmise à ses deux fils Jules et Emile. Ce dernier s'est marié en 1957 avec Martha LECOQ, originaire également de Neerheylissem. De nos jours, elle est désormais gérée par Bernard, le deuxième des trois fils de Martha et Emile. Jules, l'autre frère, est aussi le fondateur, avec Fernand JADOUL et Robert Van ORLE du groupe folklorique « Les Macrales d’Hélécine » en 1980. Et dans les années 90, il sera actif au niveau du groupe de théatre amateur du Centre culturel d'Hélécine, en se réservant le rôle de personnes de contact, chargée des réservations de place. Emile, quant à lui, continuant sans doute le métier de cocher, occupé par Joseph THEUNIS, fils de Florentine PARFONRY, a été pendant un certain temps, chauffeur pour la famille du bourgmestre LOWET,  le plus important propriétaire du village, dont le château de Flône. 
 
Delhaize.jpg                                                  

 Les Maujones mon Prau et mon Tchitchi

 (Traduction : Les maisons de chez Lamproye et de chez Alexis)
 


                     

 

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commentaires

Luc Van der Linden 12/02/2017 08:43

Geachte, ik ben in het bezit van het horloge, waarvan sprake in bovenstaand artikel van Prix de tir 1902 gegeven aan Majoor Henri Gilis. Indien gewenst kan ik foto's bijvoegen.