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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 17:09

 

       Le nom de PARFONRY et le prénom de Marcuse, forme locale dérivant probablement de la prononciation de Narcisse, est mentionné dans une thèse d’économie défendue en juin 2005 au Brésil par Domingos Savio da cunha GARCIA et intitulée : Territorio e negocios na «  era dos imperios «  os belgas na fronteira oeste do Brasil (Universitada de Estadual da Campinas. Institudo de Economie, 254 pages).

Il y est renseigné notamment comme Dirigeant de la Compagnie des Caoutchoucs du Matto Grosso en 1901.


Extrait des passages de la thèse faisant référence à Marcuse PARFONRY (pages 147 et 148)


".
.....Talvezesteja aí uma explicação para os ataques que os depósitos da empresa sofreramdurante o movimento armado de 1901. Nesse mesmo ano, Marcuse Parfonry, dirigente da Compagnie des Caoutchoucs du Matto Grosso, havia feito uma petição dirigida ao presidente do Estado, solicitando a liberação do serviço militar obrigatório de 3 funcionários da empresa. Ao ter seus funcionários servindo a uma ou outra das frações da oligarquia local, a empresa belga podia ser vista como alinhada a uma ou outra dessas oligarquias, tornando-se alvo de ataques. Ao solicitar a liberação de seus funcionários do serviço militar obrigatório, a empresa belga talvez quisesse se colocar em posição de neutralidade nessas disputas ...."

"..... Um elemento a mais a ser registrado na questão da mão-de-obra é que alguns dos funcionários belgas da Compagnie des Caoutchoucs du Matto-Grosso e da Compagnie des Produits Cibils trabalhavam ora em uma empresa, ora em outra. Foram os casos de Marcuse Parfonry, Borchgrave d’Altena e Clement Laport ......."

La thèse dans son intégralité se trouve sur le site: http://libdigi.unicamp.br/document/; cliquer sur documentos puis sur : è dissertaçoes e teses, ensuite sur : è economia ou sur lettre D (plus facile) pour une recherche par auteur (pour Domingo, p. 37 ),
On peut y trouver un résumé en anglais et en portugais de cette thèse dans laquelle il est question de la création d'une autorité indépendante dans une région de l'Acre située dans l'Ouest du Brésil.

 

Abstract: The subject of this thesis refers to Belgian presence in west Brazilian border, between 1895 and 1914, diverging from the historiographical trends which affirm that Brazilian territory did not suffer territorial imperialist actions in the period. It emphasizes how the Belgian presence was intense, with the purchase of big tracts of land in the strategic west Brazilian border region, where the Brazilian state was weak. In order to strengthen its arguments the work points to the connections between Belgian actions and the development of the dispute over the Acre’s territory, in a context of deep changes in capitalist system and United States policies towards Latin America. This work tries to demonstrate that the solution for the Acre’s Question ordered the direction of Belgian presence in west border of Brazil. It emphasizes also the actions took by Brazilian government afterwards, in order to connect region to the country’s economic and political centre

 

NB : Territoire de l’Acre : situé entre le Pérou, la Bolivie et le Brésil ; on y trouve du charbon, de l’or et du pétrole et on y cultive du caoutchouc ; Faisant partie de la Bolivie, ce territoire s’érigea en république indépendante de 1899 à 1901 avec l’appui de puissances étrangères intéressées par ses richesses ; après une brève gestion par un « syndicat « anglo-américain, cette région a été cédée au Brésil en 1903 (dans « Nouveau LAROUSSE Universel », T.1, 1948) ;


Trois documents originaux, transmis par son petit-fils Jean, font  mention de sa présence au Brésil :


- PV de 8 pages d’un Comité de Direction des 30 - 31 janvier 1900 de la Compagnie du Matto Grosso mentionnant que PARFONRY, Directeur de l’exploitation, est en voyage pour Torumba et devrait s’établir provisoirement à Barra dos Bugres ; on y décrit les activités qu’il devra effectuer (entrer en rapport avec les Abonados, établir un petit dépôt de marchandises, faire des contrats avec les Seringueros travaillant dans plusieurs zones);


- Lettre d’Henri LEVY du 06 juin 1903 adressée de Cuyaba à PARFONRY, en réponse à une lettre datée du 1er avril en provenance de Séville ; en surimpression, on lit qu’une réponse a été donnée le 12 septembre 1903 ; on y décrit la question d’octroi de concessions, la situation pénible au Matto Grosso ; une phrase « Quand revenez-vous ??? Si vous revenez «  indique que PARFONRY n’est peut être pas retourné par la suite au Brésil. Plusieurs noms de personnes sont mentionnés dans cette lettre dont VANDECKERKHOVE, ROCHE, MARCKWALDER, OLIVIER  et VAN DIONANT ; ce dernier a la procuration de PARFONRY. On y apprend que PARFONRY est passé à Séville, sans aucun doute chez son frère Joseph qui s'y était installé pour installer des paratonnerres;

- Extrait du discours
prononcé par son associé Frédéric LIELENS le jour de son inhumation : " .... Bientôt, tu fus remarqué au régiment par ton assidioté au travail, par ta correction, ton sens de l'honneur et le Ministre de la Guerre te confie un poste de professseur au Cours Central, Ecole des Cadets de l'époque. Un capitaine d'affaires belge t'y remarque et te nomme à la direction d'une exploitation agricole au Brésil... Dix longues années de séjour dans les pampas du Matto Grosso ont épuisé ton goût de l'aventure....."


        Après une période de près de 10 ans au Brésil, Hubert - Narcisse PARFONRY est donc rentré en Belgique. Il s'est reposé quelques temps à Eugies, près de Colfontaine dans le Borinage. Il s'y est marié le 11 juin 1904, preuve en soi qu'il n'a pas du retourner au Brésil après son passage en Espagne en 1903. Ensuite, il s’associe avec BLANPAIN en 1909 avant de créer un an plus tard les établissements PARFONRY et LIELENS, grossistes en tubes, raccords et robinetterie, situés Koolmijnenkaai 1080 Brussel  qui seront transformés en société anonyme en 1929.
  Il décèdera le 2 novembre 1946. La société restera dans la famille jusqu'en 1993.

 

       Et dans le numéro 283 de juillet 2009 de la revue Egmont Flash, éditée par le SPF Affaires Etrangères, il est question de nouveau de cette thèse. Mais cette fois Domingos savio da Cunha GARCIA effectue cette présentation en tant que professeur, soit 4 ans après sa défense de thèse comme étudiant.

       Voici, pour mieux comprendre les différents aspects de ce dossier, l'intégralité de l'article publié dans la revue des Affaires Etrangères. A sa lecture, on comprend pourquoi Narcisse - Marcuse n'a pas du revenir au Brésil après l'avoir quitté en 1903. La situation commençait déjà à se dégrader, selon les quelques phrases écrites dans la lettre de H. LEVY.

L'aventure ‘coloniale’ belge au Brésil tirée des oubliettes


Le livre ‘Os Belgas na Fronteira Oeste do Brasil’ (Les Belges à la frontière occidentale du Brésil) du professeur Domingos Sávio Garcia a été présenté récemment à la Faculté de Droit de Sao Paulo. Cette publication traite de la présence belge au Mato Grosso entre 1895 et 1912. A l’initiative du Roi Léopold II, des firmes belges ont acquis des possessions à la frontière entre le Brésil et la Bolivie. Il s'agissait entre autres de sociétés d'élevage et de compagnies caoutchoutières.

Après la fondation d’un vice-consulat, dirigé par François Van Dionant, à Descalvados, les possessions se sont étendues au point de représenter un territoire de quelque 80 000 km². Entre 1904 et 1912, les possessions foncières belges ont été peu à peu démantelées et la fin de cette aventure ‘coloniale’ est passée inaperçue.

Cette publication est déjà une amorce à l’approfondissement des relations entre les deux pays annoncées par une série d’événements dont la prochaine visite d’état du Président Luíz Inácio Lula da Silva en octobre, la mission princière au Brésil en mai-juin 2010, la présidence belge de l’UE en juillet de l’année prochaine ou encore Europalia Brésil en 2011.

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