Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 10:23

        Voici, extrait d'un document trouvé à la Bibliothèque de la Faculté de Philo et Lettres de l'Université de Louvain-la-Neuve, le récit d'un évènement qui s'est déroulé dans la région de Neerheylissem, à la même époque que l'arrestation de notre ancêtre Joannes Petri PARFONDRIJ. Cela reflète bien la situation judiciaire et ce à quoi il a probablement été  écarté du moins pour l'épilogue meurtrier.

       A l'époque du procès d'Orp, dont la séquence des actes est reprise ci-après, d'autres affaires sont apparues dans la région, comme à Grand Hallet, à Heylissem, à Perwez.  Les écrits plus précis  relatifs à l'affaire d'Orp permettent d'établir des comparaisons et de comprendre ce à quoi Joannes Petri a finalement évité.  

       Différents points apparaissent similaires à ceux qui ont été décrits précédemment pour notre ancêtre : dates similaires, vol dans les églises, emprisonnement à la Steenpoort à Bruxelles, intervention du Prévôt de l'Hôtel, conflit avec les justices seigneuriales, villages de la région de la Hesbaye brabançonne (Jodoigne, Orp, Noduwez), lien avec la période d'occupation française dès 1746,

        Le texte qui suit est extrait du livre : La Belgique rurale du moyen-âge à nos jours. Article : Juridictions particulières chargées des poursuites contre les vagabonds dans les Pays-Bas autrichiens au 18ème siècle, par Armand DEROISY, Ed. de l'Université de Bruxelles, 1985 ;

         " En 1750, lors d'une traque organisée par la Compagnie du Prévôt de l'Hôtel, un certain nombre de personnes sont arrêtées dans les villages de Wamont, Orp et Noduwez. Parmi eux, cinq malfaiteurs des plus redoutables, habitant du village d'Orp-le-Grand en ce Duché de Brabant, nommés Jacques, Pierre, Jean-Philippe et Barbe VINQUART, frères et soeur, et le cinquième Philippe MINSART, mari de la dite Barbe.


        A l'instar de nombreux seigneurs, s'il possède un pilori, le seigneur d'Orp ne dispose pas de prison. Le groupe est conduit à la Steenpoort de Bruxelles pour y être emprisonné, au nom du Prévôt de l'Hôtel. Du 10 au 25 février 1752, les enquêtes sont effectuées à la requête du Prévôt de l'Hôtel. Informations préparatoires et dépositions de témoin, procès-verbaux de mise à torture, et sentences précisent les charges. Les cinq brigands sont précisément soupçonnés du vol des effets des habitants d'Orp, effets réfugiés dans l'église du village pendant la guerre avec la France de 1746. On les accuse aussi de larcins pendant les foires à Orp, Jodoigne et Tirlemont ou chez divers particuliers de la région.

        Le déroulement de l'instruction fut interrompu vers la fin de 1752. Le seigneur d'Orp était en curatelle et dépourvu de moyens pour payer les droits des échevins jurisconsultes qui doivent vaquer à l'instruction du procès. Par vente forcée de la Seigneurie d'Orp, le 17 août 1753, le Sieur Isidore-Marie de LADOS, avocat au Conseil de Brabant, se porte acquéreur de la seigneurie pour la somme de 1502 florins.

        Le chef présumé du groupe, Jacques VINQUART, subit le 26 janvier 1754 la torture pendant 7 heures. Il y est répliqué le lendemain pendant 6 heures, puis le 28, pendant 12  heures. Sur la base des aveux de Jacques, les commissaires rédigent un avis le 3 février. Le lendemain, le mayeur d'Orp dépose ses conclusions. Entretemps, les prisonniers ont introduit une conclusion contraire, rejetant celle de l'acteur. Cependant, le même jour, la Cour acquiesçant à la demande de l'acteur, ordonne la mise en question des autres malfaiteurs. L'après -midi même, Pierre VINQUART est soumis à la question, de 4 heures de l'après-midi à 8 heures du soir. Le 5 février, c'est au tour de Philippe MINSART et le 11 de Barbe VINQUART. Seul Jean-Philippe échappe au supplice. L'instruction est close par inventaire et les premier et deux mars, les commissaires rédigent leur avis définitif. La Cour d'Orp peut rendre son verdict définitif le 6 mars 1754. Quatre sentences de mort sont prononcées contre Jacques, Pierre, Barbe et Philippe. Le dernier sera ultérieurement banni à perpétuité.

         Le nouveau Seigneur d'Orp, l'avocat au Conseil de Brabant, LADOS, qui " pour mieux inspirer de la terreur à tous les environs d'Orp, de concert avec le Prévôt de l'Hôtel les a fait exécuter sur le lieu, et a fait les dépenses des fourches patibulaires ".

        Et de conclure en ces termes pour montrer que les agissements du Prévôt de l'Hôtel se faisaient en contradiction avec la règle.  

        "Au 18ème siècle, la peine la plus couramment appliquée contre les vagabonds est le bannissement qui comporte bien des gradations puisqu'il peut être accompagné de mesures de mort en cas de rupture, de fouet et de la marque (sorte de casier judiciaire ambulant !!!) et être prononcé à perpétuité ou à temps, hors des Pays-Bas ou du Brabant.

        Le Prévôt Louis de L'ESCAILLE, en plus d'une sévérité trop grande, se voyait convaincu d'avoir arrêté et condamné des individus domiciliés en Brabant, de connivence avec des seigneurs hauts-justiciers afin de mettre les frais de procédure à charge des finances de l'Empereur, d'avoir libérés des condamnés pour les livrer à des recruteurs ".

Partager cet article

Repost 0

commentaires