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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 08:24

      La présence d'une forme assez similaire à notre patronyme (Parfondrieu - Parfonriwe) est apparue en rive gauche de la Meuse dès le 14ème siècle. Ce nom a été porté par des chevaliers de l'Ordre de Saint - Jean de Jérusalem qui officiaient comme Commandeur dans l'une des plus importantes Maisons de cet Ordre, dans le Nord de l'Europe, à savoir la commanderie de Chantraine.

      Cette commanderie était située à Huppaye, un village proche de Neerheylissem. Ce qui nous indique que des lignées de ce nom avaient traversé la Meuse dès cette époque pour s'y installer. Il est indéniable que ces chevaliers n'ont pas été des individus isolés. Issus d'une famille ayant transité précédemment par la commanderie de Villers-le-Temple, située en rive droite de la Meuse, ils ont occupé à trois reprises, le poste de Commandeur dans cet endroit de Chantraine. Ils portaient également la dignité de bailli d'Alvaterre, signifiant qu'ils couvraient une grande partie du territoire de la Basse - Lotharingie. Le titre qui leurs étaient attribués était en fait " Commandeur et maître des maisons et commanderie de Chantraine, assis en Brabant ".

      Voici un texte, retranscrit de " Histoire et géographie des communes belges, canton de Jodoigne ", de TARLIER et WAUTERS qui atteste de la présence de ce patronyme dans la région de la Hesbaye brabançonne au Moyen - âge, en rive gauche de la Meuse. Il explicite également les relations avec les ducs de Brabant qui portaient également le titre de duc de Lothier, comme ultime référence à ce territoire de la Lotharingie, issue du démantèlement de l'empire de Charlemagne.

      Les ducs de Brabant qui se succédèrent à cette époque furent : Jean III (1312-1355), Jeanne de Brabant (1355-1405), épouse du duc de Wenceslas de Luxembourg, Antoine de Bourgogne (1406-1415), Jean IV (1415-1427). Il en découle, à la lecture du document, que la présence des trois chevaliers de Parfondrieu à Chantraine coïncide avec la période de règne de deux ducs de Brabant : Jeanne de Brabant et Antoine de Bourgogne.

      Selon le texte ci-dessous, cette famille occupa la commanderie de Chantraine après 1363, année ou devait officier Henri de Saint Trond, et au moins jusque 1409.

         La Maison ou Commanderie de Chantraine

      En 1175, Gilles, comte de Duras, établit près de l'église Saint Médard de Jodoigne, des frères de l'Ordre de l'hôpital de Jérusalem. Il leur assigna, pour dotation, la dîme de Huppaye et ses droits sur la terre de Reinfroid. C'est très probablement dans ce dernier domaine que s'éleva la Maison de Chantraine.

      L'histoire de cette maison, que l'on qualifie quelquefois de monastère, se borne, pour ainsi dire, à des privilèges ou des chartes de protection accordées par le souverain du pays. ........

      En 1298, par une charte donnée à Louvain, le jeudi après la Toussaint, le duc de Brabant Jean II, à l'initiative de ce qu'avait fait son père, son aïeul et d'autres de ses prédécesseurs, défendit de tourmenter les frères de l'Ordre de l'hôpital et d'exiger d'eux des exactions et des services. Le duc Jean III, en accordant une exception complète de corvées, de services et d'exactions, pendant un terme de 15 années, à toutes les maisons, tant de l'ordre de l'hôpital que de l'ordre des Templiers, supprimées depuis quelques temps, se réserva le droit de taxer les maisons. ........

      Comme ce terme allait expirer le 20 mars 1365, le duc Wenceslas et la duchesse Jeanne le prolongèrent de 16 autres années, le 8 novembre 1364. C'était alors Baudouin de Parfondrieu qui était maître de Chantraine. ............

      Le 16 décembre 1407, sire Amel de Parfondrieu, qui était maître de Chantraine depuis l'année 1386-1387, fut autorisé par la duchesse Jeanne à perdriser ou chasser aux perdrix et à prendre des conins ou lapins dans tous les biens dépendants de sa commanderie mais à la condition d'y réserver le même droit à la princesse précitée. A Amel succéda son frère Jean qui obtint du duc Antoine, le 28 janvier 1409-1410, exemption du paiement de 60 corvées que des biens de la Maison de Chantraine et du restant du bailliage que devaient au domaine ducal du Brabant. Cette faveur lui fut accordée en considération des pertes que l'Ordre avait subies à la journée de Bastweiler en 1371, où la plupart des chevaliers habitant en Brabant furent tués ou pris.

      Lorsque frère Jean mourut, et pendant que ses fonctions étaient remplies par frère Henri de Lummen, commandeur de Binkom, le duc Jean IV prescrivit de saisir, à Chantraine, tous ses biens et meubles.

      A l'époque des ducs de Brabant et de Bourgogne, les commandeurs étaient d'ordinaire bailli d'Alvaterre, c'est à dire chefs de l'ordre en Brabant, en Hainaut, dans le Namurois, le pays de Luxembourg et l'évêché de Liège; ils figurèrent maintes fois dans les conseils des princes, et exerçaient une grande influence.

      Au XVIème siècle, l'usage s'introduit de leur donner pour successeurs des chevaliers français, ce qui mécontenta à la fois ceux de nos compatriotes qui entraient dans l'Ordre, et nos souverains, qui voyaient avec un vif déplaisir de hautes positions occupées par des étrangers.

 

      D'autres documents confirment cette présence non seulement à Chantraine mais également dans d'autres commanderies précédemment. Dans l’ancienne chapelle de la commanderie de Flémalle, on pouvait trouver deux gisants aujourd’hui disparu, qui représentait deux chevaliers hospitaliers portant une armure complète du début du XVème siècle. L'épitaphe de deux frères de Parfondrieu, retrouvée dans l'ancienne chapelle, atteste de cette couverture géographique. Disparus de nos jours, les gisants de ce tombeau représentaient une armure complète du début du XVème siècle.

      Et une autre indication importante viendrait confirmer ce que l'on avait déjà appréhendé comme un passage préalable. Pour devenir commandeur d'un ordre, il fallait pouvoir présenter dans son cursus un lien avec une croisade. C'est ce qui semble vouloir nous apporter la référence à l'île de Rhodes dans l'épitaphe de Jean de Parfondrieu. Son frère prénommé Arnold n'est pas connu. Il faut sans doute comprendre Ameil dont l'existence et le lien de parenté sont attestés depuis 1368, année ou il est présent à Flémalle.

dans : Armes et combats dans l'univers médiéval, Vol. 2, Claude GAIER, Ed. de Boeck, Bruxelles, 2004, p. 189 ;

      " Plastron de cuirasse bombé et fauldes, couvert de surcot orné de la croix de l'ordre, brassards de jambières articulés, colerettes de mailles, éperons à molette. L'épée est de type " à une main et demie " avec quillons droits à bouts renflés et pommeau losangique. La dague et du type "à rognons ".

dans : Mémoire pour servir à l'histoire monastique du pays de Liège, Père J.P.R. STEPHANI, Impr. Grandmont, Liège, 1876 ; 

      " Chi gist frere Iohan de Parfondrieu chevalier maistre de Chantraine ki trespassat an MCCCC et XI.....lyqueis demorat a Rhode sans partir XXIIII ans et VIII mois "

    " Chi gist Arnold de Parfondrieu chevalier commandeur de Flemalle ambedois freres germains et de laditte ordene ki trespassat an MCCC et XIII. XXI ior de ienvier. Anime eorum et fidelium requiescant in pace. Amen "

dans : Dictionnaire géographique de la Province de Liège, Tome 1, Henri J.B. Del Vaux de Fouron, Liège, 1841 ;

      " D'après une charte de Pierre Vigonis, chanoine de Liège et archidiacre du Condroz, en date de 1370, Parfondrieu était cette année, commandeur de Villers-le-Temple "

 

      Et comme pour attester que ce nom n'était pas limité à la sphère des moines-chevaliers, on retrouve différentes mentions de cette présence de chevaliers à d'autres endroits. La confirmation du blason est également importante car il s'agit de la même famille que les chevaliers de Saint-Jean dont la lignée remonte à la localité de Comblain-sur-Ourthe à la fin du XIIIème siècle. On trouve également une référence à un droit de propriété à Liège en 1365 et à Huppaye en 1440. Ce qui sont manifestement des preuves de l'installation d'une lignée familiale à cet endroit.

dans : Bulletin de l'Institut archéologique liégeoise, Tome XXXII, Léon de Thier, Liège, 1902 ;

     .... A cette époque, les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem possédaient également une partie de la terre de Flémalle. Il existait pourtant à Flémalle-Haute un lieu appelé la Heid. Jean de Parfondrieu épousa vers 1330, Marguerite, fille de Jean de Ramet, troisième fils de Guillaume de Flémalle, et apporte en mariage " une court, maison, jardin, viviers, prés et terres "

A un autre endroit, ce Jean de Parfondrieu est mentionné comme  " chevalier, portant d'or et de sable de six pièces.

dans : Miroir des nobles de Hesbaye de Jacques de HEMRICOURT ;

      Gérard, fils de Corbeau d'Anthisnes, eut pour femme Isabeau de Parfondrieu ... Ce Corbeau d'Anthisnes, chevalier, signe la Paix de Fexhe en 1316

dans : Inventaire des archives de l'abbaye de Val Benoit, Joseph CUVELIER, Liège, 1902 ; Journée du 9 mai 1365 ;

      Jean, dit le Borgne, le mercier du Marché de Liège, fait savoir que devant lui comparurent Jean Gorin, dit Kokein, bourgeois de Huy, époux de demoiselle Catherine, veuve de Jean de Herstal, le boulanger, citadin de Liège, d'une part, Jakemar de Parfonriwe, d'autre part, et Wauthelet, fils de Jakemar, comme mari de demoiselle Yde, fille de Catherine et de Jean de Herstal, de troisième part. Jean Gavin transporte à Wathelet une maison, dite la petite Rammée en Souverain-Pont, à Liège, entre la ....... Wauthelet transporte alors à Jakemar, son père, les 23 de la maison de la petite Rammée, moyennant les 23 de 3 mares de bonne monnaie de cens.....;

dans : Compte rendu des séances de la Commission royale d'histoire, vol. 15, par Académie royale de Belgique, 1849 ;

      En 1440, Jean de Parfondrieu, demeurant à Huppaye, tenait en fief du duc de Brabant plusieurs héritages et pièces de terre. Gisant sur le territoire de Huppaye et de Petit Bomal, paroisse de Jodoigne, dont un bonnier nommé le Longue voie gisait sur la voie de Bisut.

 

      Et ce nom s'est non seulement maintenu dans ce territoire mais y a occupé des postes significatifs pendant une longue période. On le retrouve notamment en 1674

dans : Jugement rendu par les Echevins de la Haute Justice de Liège en date du 2 mars 1674 (Recensé dans : Catalogue de livres anciens et modernes. La Sirène, Rue du Pont 14, Liège) ;

      A la demande de M. Parfondry, bailli des bois du prince-évêque, le jugement est rendu contre les coupeurs de bois qui ont dévasté les bois d'Amay où ils ont abattus de grands arbre .... ;

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commentaires

Christian De la Hubaudière 22/11/2016 23:38

Eustache de Bernard d'Avernes, commandeur de Chantraine, mort à Paris en 1730.