Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 09:40

      Sur le plan religieux, ce blog a déjà permis de nous faire transiter par plusieurs églises et autres bâtiments du patrimoine wallon. Ainsi, au travers de l'existence de Carolus de PARFONDRY, l'église Saint-Jacques-le-Mineur à Liège a été décrite (voir article : La dalle funéraire de Carolus de PARFONDRY). Il a été relaté aussi la curieuse relation avec les édifices consacrés à Saint Sulpice, telle que l'église Saint-Pierre-et-Paul à Saint-Séverin en Condroz (voir article : Saint-Sulpice nous rassemble).

     Rien de bien anormal quand on connait le rôle important de la lignée des chevaliers de PARFONDRY au sein de l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem dans nos contrées, plus particulièrement au niveau des Commanderies de Villers-le-Temple et de Chantraine (voir catégorie : Commanderie et Chevaliers). La descendance de cette lignée a une tendance à s'étoffer progressivement quand on aborde les différentes bases de données qui en font mention au niveau du site GENEANET (voir article : Les PARFONDRY ont bien eu une particule). Avec cette constatation, qui semble désormais s'affirmer, de l'existence d'une seule lignée de notre patronyme ayant porté une particule jusqu'au décès en 1824 du baron Jacques de PARFONDRY. Et comme cela en a été la coutume, voire la nécessité pour éviter l'éparpillement des biens, il n'est pas anormal que l'on voit apparaître, au détour de l'un où l'autre document, un religieux portant ce patronyme et immanquablement affublé de la particule. Sans avoir de précision sur le lien avec la lignée énoncée ci-dessus, il y a une certaine probabilité pour que ceux-ci y soient reliés. Notre attention restera, dès lors, dirigée sur les bases de données qui ne manqueront pas d'être étayées, espérant y découvrir prochainement ces fameux liens manquant. 

      Pour l'instant, on se contentera d'énumérer ceux que l'histoire n'a pas oublié d'inscrire, le plus souvent dans un quelconque recoin d'un chapitre d'un livre. Sans en connaitre leurs origines parentales, on leur découvre pour la plupart un lien avec la Principauté de Liège, ce qui est indéniablement une condition nécessaire, mais non suffisante, pour les inscrire sur une branche de cette lignée à particule, déjà identifiée. Par ailleurs, la présence de certains d'entre eux à Namur, soit à l'extérieur du territoire de la Principauté, ne semble pas devoir poser problème. L'influence territoriale des diocèses était différente à cette époque de l'organisation politique1. Par cette simple énumération, on continue de cette façon à visiter d'autres édifices religieux remarquables du patrimoine wallon.

 

       Par ordre d'ancienneté, on mentionne, en premier lieu, Jean de PARFONDRY, en tant que chanoine d'Amay. Celui-ci aurait bénéficié d'une collation du bénéfice2 érigé dans l'église paroissiale de Natoye pour l'invocation de Sainte Marie-Magdeleine, faite par Englebert de Rougrave en faveur de Jean de PARFONDRY, chanoine d'Amay 17043. Cet Englebert de Rougrave ne peut être que le Seigneur d'Hermalle, Englebert III de Rougrave de Salm, ayant vécu au XVIème siècle (décédé en 1591) et qui possédait de nombreux territoires. Cette famille disposait d'une position sociale des plus importantes en Principauté de Liège, à cette époque. Par contre, elle n'aurait pas eu de postérité, ayant du céder le château d'Hermalle a une autre famille. On peut dès lors être quelque peu désorienté par la mention de l'année 1704, au niveau du document, postérieure au décès du Seigneur d'Hermalle. De plus, le fait qu'un droit de collation du bénéfice ne pouvait être dispensé que par un évêque dans son diocèse et autres abbés du chapitre ne clarifie pas non plus l'explication du texte. La mention de l'église paroissiale de Natoye, édifice roman datant du XIVème siècle4, indique par contre une localisation externe par rapport au centre d'origine du patronyme, qui est, pour rappel, sur les communes de Saint-Séverin-en Condroz et de Hermalle-sous-Huy, le long de la Meuse. Situé sur un diverticulum entre Huy et Dinant ne longeant pas la Meuse et conduisant vers la France, Natoye se trouve non loin de Ciney, autre lieu de présence récente de notre patronyme, restée encore non expliquée quant à son origine.

     Le deuxième est en rapport avec la mention de l'humaniste et écrivain Baudouin de PARFONDRY (1651, Liège-1704, Liège). Entré au noviciat de la Compagnie de Jésus en 1670, il est l'auteur de deux oeuvres dramatiques, jouées à Namur en 1677 et en 16785.

      Ensuite, on relate de l'existence du curé Renier de PARFONDRY. Décédé en 1708, ses armoiries sont inscrites dans la pierre de l'église de Saint-Pierre à Villers-le-Temple6. Ce lieu est manifestement pertinent au niveau de l'histoire de notre patronyme. Sa particularité est  avant tout intéressante par la présence de la dalle funéraire de Gérard de VILLERS, l'un des derniers Templiers ayant évité l'arrestation de ceux-ci sur décision du roi de France Philippe le Bel en octobre 1307. C'est dans ce village de Villers-le-Temple que ce personnage fit construire cette Commanderie, à partir d'une donation de terres faite par l'abbaye de Flône en 1260. Selon certaines sources, c'est ce Gérard de VILLERS qui aurait fait sortir le trésor des Templiers, hors des murs de Paris. Et immanquablement parmi les hypothèses envisagées7 pour la cache de ce trésor, Villers-le-Temple  a été mentionné8 . Tous les biens des Templiers ayant été transmis à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, c'est ainsi que l'on rapporte que, quelques années plus tard, l'un de ces chevaliers de PARFONDRY fut commandeur à Villers-le-Temple en 13709 avant de s'installer à celle de Chantraine (Huppaye), devenue la plaque tournante principale de cet Ordre en Hesbaye. Rien de plus normal donc que de retrouver, quelques siècles plus tard, un curé portant ce nom qui pourrait être un descendant de ce Commandeur. Autre particularité de ce gisant de Gérard de VILLERS, la pierre tombale est en fait la seule représentation précise d'un Templier en habit. Il a donc servi de modèle pour être reproduit à de multiples reprises dans de nombreux documents de vulgarisation.

      Il y a aussi Barthélemy (de?) PARFONRY qui fut Grand Chantre (le Primicier10) de 1729 à 1768 à la chapelle musicale ainsi que secrétaire du Chapitre de la Cathédrale Saint-Aubin à Namur. Il y est reconnu que cette fonction de prestige était occupée par de grandes et  nobles familles11 . Même si la chapelle musicale connut son âge d'or aux XVème et XVIème siècles, il est assez peu probable que le profil dans le choix de ce haut responsable du chant n'ait pas été perpétué. Ce personnage aura donc assisté à la reconstruction de la cathédrale Saint-Aubin qui s'est réalisée entre 1751 et 1767 à côté de l'ancienne collégiale. Elle a été, durant le Moyen-âge, un centre assez important de regroupement de l'art religieux.  Inscrite au Patrimoine majeur de Wallonie, ses trésors, en particulier d'orfèvrerie, sont désormais regroupés de nos jours au Musée diocésain de Namur.

      In fine, et cette fois sans particule, on rencontre un certain François PARFONRY en 1725, qualifié de clerc12 et qui, selon la littérature, donnait assez convenablement l'instruction aux enfants dans la commune de Piéton13. Au vu de la situation de cette commune, il doit s'agir très probablement d'un membre de la branche des PARFONDRY de Forchies-la-Marche, qui s'y était récemment installée en provenance de Huy. 

 

1 Depuis sa création en 1559, le diocèse de Namur ne couvrait pas, comme aujourd'hui, l'entiéreté du territoire de la Province de Namur, dont une partie dépendait toujours du diocèse de Liège ;  

2 Collation du bénéfice : se prend pour le droit de conférer un bénéfice vacant de fait ou de droit; différent du droit de nomination et d'institution; ce droit appartient à chaque évêque dans son diocèse ainsi qu'à quelques abbés du chapitre ; 

3 Ancien Fonds Famille de LANNOY-CLERVAUX, Inventaire Georges HANSOTTE, A.E. Liège - Y9-1549 ; 

4 L'église actuelle de Natoye, reconstruite sur l'ancienne, date de 1903 ;

5 SOMMERVOGEL : Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, t. V et VI ; dans : Biographie nationale publiée par l’Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, Tome XVI, Bruxelles, Bruylant, 1901 ;

6 Le Patrimoine monumental de la Belgique. Wallonie. Liège. Arrondissement de Huy, 1992, Mardaga Editeur, Liège ;

7 L'hypothèse la plus connue étant celle du château de Gisors en Normandie ;

8 Même si le convoi des 3 chariots contenant le trésor devait être chargé sur un navire dans le Nord de la France, à destination de l'Angleterre ;

9 Charte de  février 1370 de Pierre VIGONIS, chanoine de Liège et archidiacre du Condroz : E papyris pastoris Villari Templi  (dans : Del Vaux de Fouron Henri (1841) : Dictionnaire géographique de la Province de Liège, Tome 1, Liège) ;

10 Primicier : celui qui est le dignitaire le plus important au sein de l'église ; équivalent du chanoine dans une assemblée de religieux ;

11  RONVAUX MARC (ronéo): La Chapelle musicale de Saint-Aubin, des origines à la Révolution ;

12  Le Clerc est un membre du clergé, pas nécessairement prêtre mais surtout considéré comme lettré ;

13 MATTHIEU Ernest (1897) : Histoire de l'enseignement primaire en Hainaut, Imprimerie Dequesne-Masquillier et Fils, Mons, p. 327 ;

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires