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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 14:33

      Voici une nouvelle toile de notre cher Paulo, dénichée au mur de la salle de séjour du havre de paix de Briou. Tant par la pénombre de la pièce que par le dépôt des ans, émoussant les détails, cette toile n'avait pas attiré l'attention jusqu' à présent. Encore l'une de ces toiles de ce petit maître qui reprend, comme pour nous laisser le temps de découvrir, les pièces du mobilier, les espaces obsolètes de ce qui fut son lieu d'habitation à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle. 

     L'intitulé de la peinture reste méconnue. Il peut être question d'une version de la toile Le Paravent, présentée en 1910 et jugée par le critique du Figaro comme "délicate et précieuse ". Attestée non seulement d'une signature pointue et éloquente de l'artiste, on y  mentionne l'année 1914. Et manifestement, l'intérêt de cette peinture apparait en associant ces deux éléments.

                                          DSC 0331

      Un intérêt, marqué néanmoins d'une certaine surprise et d'une interrogation. Quelle mouche a piqué notre cher Paulo d'écrire son nom sous une forme ancienne mais dépassée par le temps des écritures ? Au bas de la toile, à gauche, on peut ainsi lire, très distinctement : Paul Parfonrij.1914       DSC 0330            

La réapparition de ce tréma est assez curieuse. Quelle pourrait être la raison de ce retour à une façon de retranscrire remontant à l'époque des actes de naissances rédigés par les curés du village. Si son père François-Xavier utilisait encore le tréma en 1871 dans sa signature, il l'avait abandonné dès 1881 pour signer des documents en relation avec l'obtention de sa Légion d'honneur.  Que voulait nous dire Paulo, à travers ce qui a du être très certainement, l'une des dernières expressions de sa vie de peintre ? S'il existe un sens à cette démarche, le seul envisageable, c'est bien celle du retour à la sérénité de sa jeunesse. Le renouveau dans l'art, déjà abordé dans un autre article, avec l'arrivée de cette nouvelle conception  de la lumière et des formes, combiné avec cette drôle de guerre qui s'embourbait au Chemin des Dames, devaient provoquer une sorte de stress, de retour en arrière, à la recherche de références. Quoi de plus apaisant dès lors que de retrouver l'écriture de ses belles années, celles qui lui ont permis de vivre sans soucis.  

     En 1881, son père François-Xavier, à l'apothéose de sa renommée, adaptait son écriture au modernisme. En 1914, mon grand-père avait fait de même sur son diplôme d'instituteur, quelques semaines avec le déclenchement de la Grande guerre. Par contre, dans cette même année 1914, Paul, dans la peur de son environnement, reprenait des signes d'un autre temps.

      Quant aux bibelots de la peinture, ils restent assez secondaires par rapport à cette analyse des signes. Tout au plus, qui peut me dire s'ils existent encore de nos jours ?

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