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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 09:14

        Ayant obtenu l'autorisation de consulter les archives du Palais Royal, croyant y trouver des informations sur Emile PARFONRY, l'horloger de notre saga familiale, qu' elle ne fut pas ma surprise d'y découvrir une lettre de ce Ferdinand PARFONRY, ce peintre dont il a déjà été fait mention dans un article précédent.

         Dans cette lettre, datée du 31 janvier 1867, envoyée à Léopold II, Ferdinand propose de lui offrir, à l'occasion de son avènement au Trône, qui a eu lieu en 1865, une copie d'une peinture de RUBENS intitulée " La descente de Croix ". Parmi les nombreuses copies de cette peinture, il est confirmé par l'IRPA (Institut Royal du Patrimoine Artistique) que ce modèle a été effectivement réalisé à Anvers entre 1841 et 1860. Cette toile se trouverait de nos jours dans l'église Saint-Maurice dans le village de Ciplet (commune de Braives).
        On ne peut, dans le contexte de l'histoire familiale, ne pas faire le lien avec la peinture de Paul PARFONRY (1857-1920), retrouvée dans l'église de Spy, et qui est aussi une copie d'une autre oeuvre de RUBENS. Les dates de référence indiquent cependant avec certitude qu'il ne s'agit pas de la même personne.
       Les informations collectées antérieurement sur Ferdinand nous avaient appris qu'il avait participé en 1866 à des expositions à Lille et à Bruxelles, organisées sous le patronage successif de Napoléon III et de Léopold II. Reconnu d'origine belge, il y a dans cet aspect manifestement un signal d'un lien possible entre la France et la Belgique.
        Après analyse des dates, il en découle qu'il était en phase de création artistique entre 1857 et 1867. Ferdinand PARFONRY est indéniablement d'une génération antérieure à Paul PARFONRY. Né à Bruxelles, cette indication supplémentaire m'oriente à développer une intuition non totalement fondée. Mais me rappelant cette expression de Victor HUGO " L'intuition est la vigie de la raison ", il existerait un certain nombre d'indices qui me permet " d'oser envisager l'improbable ".


      Il est désormais avéré que Jean PARFONRY et Jeanne LALLEMAND ont eu quatre enfants : François-Xavier en 1821, Alexis en 1823 et deux autres mort-né sans nom en 1834 et 1837. Il est reconnu que ce couple avait quitté Neerheylissem pour Anvers avant la naissance du premier François-Xavier. Si on ne connaît pas avec précision le parcours de Jean, on sait qu'il a résidé à Anvers, en y déclarant notamment les deux derniers enfants, et que son épouse est décédée à Bruxelles en 1877.
        Ayant déjà émis l'hypothèse que ce couple a pu avoir d'autres enfants entre 1823 et 1834, soit sur une période de onze années, et qu'ils restaient à découvrir, " mon intuition raisonnée " me laisse souscrire à l'éventualité que Ferdinand pourrait être un frère de François-Xavier et d'Alexis. La lettre atteste qu'il était à Anvers en 1857, ce qui peut s'avérer en conformité avec la présence de Jean PARFONRY en 1837 et la période de  réalisation de la copie de Rubens à Anvers.

        Seule information non vérifiable, la rue du Camion qui aurait été l'adresse de Ferdinand PARFONRY, puisque mentionnée au bas de sa lettre, n'existe plus de nos jours sur le plan détaillé de Bruxelles.

        Voici le texte intégral de la lettre adressée par Ferdinand PARFONRY au Roi Léopold II, et la réponse négative du Cabinet du Roi, attestant donc que cette lettre a bien été reçue. La forme de présentation des phrases de la lettre de Ferdinand dénote encore un fort sentiment d'allégeance, mêlé d'une emphase certaine, voire d'une exagération dans la terminologie utilisée à l'égard du Roi. On comptabilise ainsi, pour faire référence à Léopold II, plus d'une dizaine de mentions associées à la dynastie sur l'ensemble du texte.  Il est probable que l'on recourait à des écrivains publics habitués à ce type de tournure de phrases. Par contre, la réponse du Cabinet du Roi, effectuée près d'un mois plus tard, est assez brève et ne comporte aucun mots d'encouragement ou de bienveillance. 

                              1. Lettre de Ferdinand PARFONRY à Léopold II
                                                                                                                                                                                     Bruxelles, le 31 janvier 1867

                                                                A sa Majesté Léopold II Roi des Belges

                                      Sire !!!

                                 C'est avec le plus profond respect, que Parfonry, Peintre d'histoire domicilié rue du Camion, 42 a l'honneur de venir rappeler au Souvenir de votre Majesté, qu'en 1857, lorsqu'il était occupé à peindre une descente de Croix dans la Cathédrale d'Anvers, en même temps qu'un de ses Confrères, Français, lequel fut envoyé par Sa Majesté l'Empereur des Français pour prendre une Copie pour Sa Chapelle impériale, il fut assez heureux d'attirer l'attention des regards de bienveillance de l'auguste Prince, aujourd'hui le bien aimé roi des Belges, et protecteur des beaux arts dès sa tendre jeunesse ! ...
                                Il fut assez heureux, enfin d'être félicité de votre Majesté; depuis lors l'idée lui est venue de faire la Copie de la descente de Croix de Rubens et de l'offrir à Votre Majesté à propos de son avènement au Trône; et la Copie vient d'être achevé à présent et l'exposant ose espérer que Votre Majesté daignera y mettre Son attention Royale; et vient supplier Votre Majesté de bien vouloir l'autoriser à soumettre Son Sujet qu'il croît digne de fixer l'attention du Souverain qui a toujours été comme Prince, et comme Roi, le Protecteur des beaux-arts.
                               L'exposant, Sire, attend avec confiance que Votre Majesté daignera accueillir favorablement l'objet de sa demande, et il prie Votre Majesté, de vouloir agréer l'expression de sa reconnaissance, ainsi que l'assurance de son plus profond respect.


                                                             A Votre très humble Serviteur

                                                              Ferdinand PARFONRY


                             2. Réponse du Cabinet du Roi à Ferdinand PARFONRY
                                                                                                                                                                                                                     Bruxelles, le 26 février 1867

                                         Monsieur,

                                    Par lettre du 31 janvier dernier, vous avez demandé de pouvoir transmettre au Roi une copie d'un tableau de Rubens que vous désirez offrir à Sa Majesté.

                                    J'ai l'honneur de vous informer que le Roi n'acceptant jamais aucun tableau lorsqu'il n'y a eu ni commande ni autorisation préalable, votre demande n'est pas susceptible d'être accueillie favorablement.

                                                                             

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