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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 16:11

            Depuis un certain temps, François-Xavier ne nous avait plus fourni des informations sur ses nombreuses réalisations. Difficile en effet de reconstituer tout le tracé laborieux d'un artiste industriel de cette époque. L'année 1881, celle marquée par sa Légion d'honneur et les festivités bacchanales de la rue Saint-Sabin qui s'en suivit, fut cependant le point d'ancrage d'un certain nombre de grands travaux. 

        Jusqu'à cette époque, en dehors de ses pièces individuelles présentant un aspect artistique évident, on avait relevé qu'il était aussi un industriel éminent ayant travaillé pour de nombreux chantiers publics (nouvelle préfecture de Corrèze à Tulle, nouvel Hôtel de la Société des Ingénieurs civils à Paris dans la cîté Rougemont, nouvelle mairie à Maison Laffitte)

         Et profitant de l'engouement architectural de cette deuxième moitié du 19ème siècle, il a également collaboré à l'édification de plusieurs édifices, dont la rénovation des Grands Magasins du Printemps qui avaient brûlé en 1881. C'est à l'occasion de ce chantier, qu'il fit probablement la connaissance du grand architecte français Paul SEDILLE (1836-1900), connu pour avoir réalisé la façade de ce magasin. Influencé par les faïences mauresques découvertes lors d'un séjour dans le Sud de l'Espagne (Cordoue, Séville, Grenade) en 1871, SEDILLE fut l'instigateur du développement de la polychromie dans l'architecture. Pour l'inauguration des nouveaux magasins du Printemps en mars 1883, François-Xavier PARFONRY, qui était âgé de 62 ans, avait  " fourni les marbres qui supportent le pont-galerie transversal et les paliers d'arrivée des deux grands escaliers extrêmes ".

      Cette collaboration a du se poursuivre au niveau de plusieurs chantiers. On vient de retrouver une trace d'un de ceux-ci dans un article décrivant la Basilique du Bois-Chenu, édifiée à l'endroit où Jeanne d'Arc aurait entendu ses voix, à Domrémy.  Dominant la vallée de la Meuse, sa construction a débuté en 1881 avec SEDILLE comme architecte. Après de nombreuses années de chantier, elle fut finalement consacrée en 1926. François-Xavier avait entendu, là encore, non pas la voix de Jeanne mais bien celle de SEDILLE.

       Parmi les marbres utilisés, la pierre calcaire blanche d'Euville (Département de la Meuse) se retrouve également pour le grand escalier du Palais Garnier à Paris. Se pourrait-il donc que François-Xavier ait collaboré à cette oeuvre monumentale commandée peu de temps auparavant par Napoléon III ?

 

La Basilique Sainte-Jeanne-d’Arc de Domremy - la - Pucelle : monument national de reconnaissance française à Jeanne - d’Arc, Bernard Mugnier, 2001, 483 pages ;

 

p. 355 : En ce qui concerne la décoration intérieure signée par Adam, Alar, Baudet, Donon, Facchina, Loebnitz, Moreau, Parfonry et Trivullier, elle s’inscrivait naturellement au milieu de cette ossature ; le fer enrichi, et les pièces de fonte, de bronze, de marbre, d’or, de mosaïque, de terre émaillée et de peinture décorative, réchauffaient et animaient par leur végétation printanière l’espace intérieur.

 

        Parmi les quelques personnages mentionnés dans l'article, on met en exergue ceux dont le nom est resté dans l'histoire de l'art.

André ALLAR (1845-1926) : sculpteur français; Grand Prix de Rome en 1869,  sa sculpture " Jeanne d'Arc écoutant les voix " située sur le parvis de la basilique de Domremy est une de ses oeuvres les plus connues ;

Giandomenico FACCHINA (1826-1904) : mosaïste italien, ayant travaillé beaucoup en France, notamment pour les magasins du Printemps ;

Jules LOEBNITZ (1836-1895) : artiste céramiste et industriel, propriétaire d'une manufacture de faïence produisant des poêles et des plaques de cheminées; il collabora énormément avec SEDILLE, tant sur le plan professionnel qu'intellectuel pour répondre aux souhaits de nouvelles décorations de ce dernier (pavillons d'exposition Universelle, immeubles, hôtels, monuments) ;

      Si tous ces artistes sont de nos jours oubliés par MM. Larousse, Robert et Littré, ils ressuscitent grâce à Google et au réseau Wikipedia. Décidément, notre François-Xavier mériterait aussi, au vu de son oeuvre et de son travail, qu'on lui consacre quelques lignes. ll faut s'y atteler pour combler cette lacune. Son arrière-petit-fils n'admettrait certainement pas qu'il devienne moins connu que " Paulo le barbouilleur ". Que ceux qui veulent défendre son honneur et son souvenir m'envoient des idées d'une  petite notice biographique que je m'efforcerai de faire retranscrire !!!

   Les qualificatifs de convivialité, ludique, progressif et instructif sont bien les mots fédérateurs de ce blog.

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commentaires

Agnes Parfonry 31/12/2011 20:02

J'avais raté cet article. Très intéressant, je note cette basilique à visiter pour mon prochain périple dans le Nord est. C'est vrai qu'une notice dans wikipedia serait à faire, je veux bien
t'aider. Il faudrait relire les notes de la femme qui a étudié les industriels belges en France au xixe. A suivre cousin