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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 14:15

        Un déclic, une nouvelle piste vient de nous être dévoilée depuis quelques jours. On croyait que notre ancêtre français était un individu isolé, ayant par sa perspicacité, son amour du travail, sa volonté d'intégration, réussi à s'incruster dans la société française du 19ème siècle.

        Une émission innovante sur notre première chaîne francophone belge, la RTBF, nous a donné d'autres clefs d'analyses pour comprendre le parcours de François-Xavier. Le premier numéro de l''émission " Ma Terre " , début janvier, s'est ainsi intéressé à présenter ce qui est pratiquement une véritable épopée de marbriers wallons vers la France, et cela dès la construction du Château de Versailles au 17ème siècle.

        On connaissait précédemment la migration des hommes de forge wallons, protestants de surcroît, vers la Suède, pilotée à partir de 1620 par Louis de Geer. On avait déjà entendu parler de la machine de Marly, chargée d'alimenter en eau le château de Versailles et dont le premier modèle fut construit en Belgique au château de Modave. On se remémorait la migration conséquente de wallons dans le Wisconsin, ayant conduit à la création de localités aux noms bien de chez nous,  mais aucun écrit ne nous avait jusqu'à ce jour parlé de ces marbriers wallons en France. Découverte importante qui permettra, on l'espère, de replacer le déplacement de notre ancêtre dans un cadre plus large. 

        Il est reconnu que la Belgique était une terre de carrières et pourvoyeuse de marbres de qualité de différentes couleurs. Le sous-sol du pays est gorgé de ce type de pierre. Ces roches calcaires avaient constitués l'un des plus importants et des plus denses réseaux mondiaux de grottes. Une région géologique, très étroite, s'étendant sur 130 km et sur une largeur maximale de 10 km, avait ainsi été appelée spécifiquement pour la caractériser : La Calestienne. Et comme un  hasard, mâtiné désormais d'un peu de fierté et de savoir, notre si joli nom a trouvé son origine dans ses petites vallées de ce paysage formé sur ce type de roches calcaires. Mais, à côté de ce réseau souterrain, mélangeant l'eau et la pierre, le pays est couvert également de nombreuses carrières disséminées en différents lieux. Un vrai gruyère qui a été exploité, tout comme le fer, bien avant l'extraction de la houille.

        Dans ce contexte, notre François-Xavier, en 1841, est parti rejoindre probablement d'autres marbriers wallons. Et la piste non vérifiable de Boulogne-sur-Mer, ressortie des neurones tenaces de son arrière-petit-fils, devient cette fois un peu plus crédible. Une explication précise nous a été " tournée " à sa façon par le consultant Francis TOURNEUR, recruté pour cette émission télé : " le boulonnais est une émergence unique dans tout le Nord de la France des terrains anciens, d'âge Primaire, assez équivalents à ceux qu'on trouve en Belgique "

        Voici donc que l'on se met à appréhender pourquoi François - Xavier est arrivé à Boulogne dans le Pas-de-Calais.  Ce n'était pas pour prendre au départ un bateau pour l'Angleterre comme on aurait pu l'imaginer. Non, il avait choisi cette destination pour utiliser ses connaissances et transmettre un savoir acquis dans son pays de naissance. L'hypothèse, déjà émise, du lien géographique entre les carrières de tuffeau située près de Neerheylissem et les carrières de marbre du boulonnais semble bien réelle. Le fait qu'il serait parti en 1841, la même année que la mise en place de la " Colonne de Napoléon, dite de la Grande Armée " à Wimille, à 3 km de Boulogne-sur-Mer, prend ainsi toute sa valeur. Cette construction fut à l'origine de l'essor des marbres du boulonnais en faisant connaître leur existence à la France.
        Et ce déplacement ne se faisait apparemment pas de manière isolée. L'une des caractéristiques principales en serait la participation à des réseaux familiaux et/ou commerciaux vers Boulogne et Paris. On savait que François-Xavier était accompagné de son frère cadet Alexis. Mais cette nouvelle information permettrait d'expliquer les noms à consonnances bien belges, gravés sur la sépulture familiale à Créteil, qui n'ont aucun lien avec sa famille. 

      De tous les éléments connus sur la vie de François-Xavier, l'un reste cependant incohérent par rapport à la clarté sur sa carrière professionnelle. Pourquoi a t-il intégré la Garde Nationale à un moment donné ? Une volonté manifeste de recevoir la naturalisation française, après avoir subi une longue période de refus de la part de la Justice nous semble l'explication la plus plausible. Il a pu également monnayer son droit à la naturalisation en échange d'un enrôlement dans la Garde Nationale.

        L'histoire de cette marbrerie wallonne au 19ème siècle serait par ailleurs largement méconnue, contrairement à celle des deux siècles précédents. Un petit malheur pour un généalogiste qui ne peut agrémenter la case de son arbre par des résultats de données transcrites dans des livres. Mais une certaine chance pour l'amateur d'histoire de pouvoir suivre un créneau que des chercheurs semblent vouloir découvrir de nos jours. Ainsi l'une d'entre elle souhaite se spécialiser sur cette matière figée dans le marbre jusqu'à présent.
        Comme première étape de son travail, elle a participé à un colloque organisé du 14 au 16 juin 2010 à Paris. Intitulé " Les expositions universelles à Paris au 19ème siècle. Techniques - Public - Patrimoine ",  ce colloque s'est efforçé de redonner de la brillance à ce siècle qui a encadré les grandes rénovations urbaines liées à la révolution industrielle. Notre " petite " chercheuse  Joëlle PETIT y a présenté  le lundi 14 juin dans l'après-midi, au Conservatoire national des Arts et Métiers - CNAM, une communication axée sur le travail de notre digne représentant. Portant le titre de " Stratégies et valorisation des métiers et technique du marbre aux expositions universelles en France au 19ème siècle ", on est tout spécialement en harmonie avec cette présence marquée de François-Xavier, détenteur de plusieurs médailles internationales, devenu Président de la chambre syndicale de marbrerie de Paris, et nommé Chevalier de la Légion d'Honneur.

        Cette même personne prépare par ailleurs une thèse dénommée " Un métier d'art dans un espace historique en mouvement : le rayonnement des marbriers wallons par l'étude de quelques chantiers et réseaux commerciaux, en Belgique et en France, du Consulat à la première guerre mondiale ",  soit de 1799 à 1914. 

        Quelle veine d'avoir pu regarder cette émission TV. Et comme pour compléter ce que m'a envoyé Agnès P., les " Archives départementales " qui rassemblent de nombreuses informations sur ces syndicats  et " Les Archives des Expositions Universelles " au Grand Palais doivent ouvrir leur galeries de ..... rayonnage. Depuis l'antiquité, le belge est devenu un grand spécialiste pour creuser des galeries.

 

      On ne devrait pas rester figé dans le marbre !!!! On devra gratter, tel un rat des champs, comme me le suggère Patrick P., dans ces quartiers de fromage en papier !!! Une nouvelle piste qui fait plaisir à JPP !!!! Martine P. a envoyé un cadre en marbre de Martinique et Clémentine trouve cette histoire de marbres très animée.

        Avec tout cela, on ne peut pas rester ..... de marbre tout de même !!!

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