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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 21:28

       Etant arrivé à développer ses compétences au sein de la société Electro-Comptable, après avoir suivi une formation à la prestigieuse école des ventes d'IBM en 1934, Georges PARFONRY commençait à gravir les échelons qui allaient l'amener à un poste de Directeur Commercial d'IBM à la fin de sa carrière. Cette promotion, alliée à son désir de paraître dans ce monde ou se créait ce qui allait s'appeler de nos jours la nouvelle technologie, impliquait, semble t-il, une participation à une vie mondaine assez intense. Les récits qui le décrivent comme un personnage plus regardant sur sa nécessité de satisfaire une vie sociale en dehors du cercle familial concourent à confirmer cet aspect. La Talbot Lago, l'une des plus rapides voitures des années d'après-guerre, est restée plus ancrée dans la mémoire que les soucis d'éducation vis à vis de sa progéniture. Ce grand-père en col dur, amateur d'art lyrique, était peu enclin à partager son précieux temps avec les niais enfantillages de ses enfants et de ses petits-enfants.

     Son impétuosité à arpenter les couloirs du Tout Paris, en compagnie de son épouse Renée, née BASTIDE du LUDE, nécessitait de trouver régulièrement des solutions pour s'occuper de la garde de ses trois rejetons. L'hôtel particulier de la rue Jouffroy, hérité de son grand-père François-Xavier, était devenu une  vraie garderie, au sein de laquelle de nombreuses nurses se sont succédés. 

      Comme preuve de ce mode de vie attractif, une annonce du Figaro du 30 septembre 1937 dévoile ce qui a du être une quasi rémanence pour répondre à l'intense vie sociale du couple dans ce milieu parisien. Petite trouvaille anecdotique qui résume à travers son contenu, son style et sa brièveté, la manière de fonctionner de Georges.

 

         Dem. f. de ch. tr. sér., 30-45 a., couch. app.,

         s'occup. enf. 4 a.1/2. Réf. exig. Se prés. jdi, 12 -15h.

         G. Parfonry, 68 bis, r. Jouffroy.

 

        En quelques syllabes, sans nécessité de terminer ses mots, le message était écrit et compris. Pas de fioritures, peu d'explications, pas de prénom d'enfant, on croirait lire le brouillon d'un rapide mémo destiné à être revisité par une secrétaire. A le déchiffrer, on est manifestement très loin du sketch d'Yves MONTAND, s'efforçant de dicter à une standardiste, jouée par Simone SIGNORET, tout son amour transi via un télégramme. On appréhende déjà dans le style de cette annonce, ce que sont de nos jours les SMS virtuels. Un précurseur en quelque sorte !! Seuls, deux noms propres ont droit à être déclinés dans leur totalité, pour s'assurer qu'il n'y ait pas de confusion pour celles qui souhaitaient répondre à l'annonce.

     Quant au prénom de l'enfant, l'indication de son âge, combinée à la date de l'annonce, permet de l'identifier de nos jours. A quoi sert la généalogie finalement !!!

     Que pouvait-il bien se passer à Paris en cette fin du mois de septembre 1937 pour que Georges ait besoin de faire garder son plus jeune fils ? Alors que la guerre sino-japonaise venait de débuter, et que la guerre civile se poursuivait en Espagne, les parisiens, peu soucieux de la proximité du nouveau désarroi qui allait affecter toute l’Europe, pouvaient choisir entre les soirées de gala à l’Exposition internationale « Arts et Techniques de la Vie Moderne » de Paris, la sortie du Film Gueule d’Amour avec Jean GABIN ou le Prix de l’Arc de Triomphe à Longchamp. A moins que Georges et Renée n’aient été invités, par l’ambassadeur de Belgique, à l’ouverture de la permanence de l’Association belge de bienfaisance de Paris.

     Sans oublier l'une des nombreuses représentations théâtrales dont le couple était aussi friand. On avait dans ce cas le choix entre La Dame aux Camélias à l'Odéon, Madame Bovary au Théâtre Montparnasse, La Bohème à l'Opéra-Comique, Fric-Frac à la Michodière (avec Arletty et Michel Simon), Faust à l'Opéra, La Duchesse d'Amalfi à la Comédie des Champs-Elysées, etc......  

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commentaires

Patrick Parfonry 08/04/2012 23:53

Eh oui ! Aujourd'hui, au 68 bis rue Jouffroy, seules les araignées et les souris égaient les chambres de bonnes qui, à l'époque, ne devait pas manquer de charmes...