Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 11:12

     Voici déjà quelques articles où le nom de François-Xavier Parfonry, le marbrier parisien, n'a plus été cité. Même si les nouveautés à son sujet commencent à se tarir, il reste l'un des personnages clefs de ce blog. Il est toujours présent dans nos fiches, attendant un moment opportun pour réapparaître. C'est ce qui est le cas cette fois, après avoir écouté la dernière émission " Un jour, un destin", sur France 2, présentée par Laurent Delahousse. Il y a été fait mention du Palais Branly1 à Paris, l'un de ces endroits relevant de la République française de nos jours. L'indication de ce Palais Branly résultait de la présence de la " seconde famille " du Président Mitterrand dans l'un des trente appartements de fonction qui constituent l'une de ces affectations. 

      L'histoire de ce Palais, qui est désormais depuis 2002 inscrit dans la liste des monuments historiques, remonte en réalité à Napoléon III. Construit en 1861 pour y recevoir les écuries de la Maison de l'Empereur, il fut dénommé à l'origine Palais de l'Alma, du nom du célèbre pont sur la Seine qui le dévisage. Quelques années plus tard, après la brève guerre franco-prussienne (du 19/07/1870 au 29/01/1871) et la fin peu glorieuse de la dynastie bonapartiste2, il fut décidé de réaffecter ce bâtiment. Cette guerre avait, il est vrai, inexorablement conduit au déclin de la cavalerie en Europe, se montrant désormais peu efficace dans ses charges contre l'utilisation des nouveaux armements.

      En 1888, les lieux sont en partie affectés au bureau de la météorologie et au service de la statistique. Des travaux de rénovation y furent donc effectués. Et qui dit rénovation à cette époque, implique impérativement l'installation de marbres, considérés comme l'un des joyaux de la décoration. Et le marbre, c'était incontestablement l'affaire de François-Xavier, notre marbrier. Encore fallait-il l'attester, le prouver. Ce qui l'a été suite à une récente découverte.

      Dans Bulletin des lois de la République française, XIIe série, 1er semestre 1891, Tome 42, Paris, on y découvre tout un chapitre relatif aux Travaux d'installation du bureau central météorologique dans les dépendances de l'hôtel des écuries de l'Alma. Et notre brave marbrier y est relaté parmi les créanciers, pour l'exercice de l'année 1888. Il y dispose encore pour ses travaux d'une créance de 122,73 francs.

      Cette petite trace d'une intervention de François-Xavier, après 1871, dans des bâtiments ayant été érigés sous Napoléon III, est une confirmation comme quoi il n'avait pas été mis à l'écart des commandes décidées par les nouvelles autorités de la jeune Troisième République. Il est bon de rappeler que sa carrière de marbrier avait démarré avec l'installation du socle en marbre de Carrare de la statue de Joséphine de Beauharnais à Fort-de-France en Martinique en 1856, suite à une commande de ce même Napoléon III. Son décret de naturalisation, obtenu en septembre 1871, était non pas le reflet de son lien avec Napoléon III mais bel et bien  le résultat de sa démission de la Garde Nationale, et donc de son opposition à la rebellion de la Commune de Paris, en mars de la même année.

    

     Voici donc une nouvelle étape d'un futur city trip parisien qui serait organisé sur les traces de François-Xavier. Ce parcours se consolide progressivement. Encore que dans ce cas, il faudrait très certainement disposer d'une autorisation pour arpenter l'un de ces décors officiels de la République.

      De nos jours, outre la trentaine d'appartements de fonction, ce Palais du quai Branly abrite depuis 1947 l'Office de la Météorologie Nationale et depuis 1952 le Conseil supérieur de la magistrature. On y trouve également le dépôt de tous les cadeaux reçus par les Présidents de la République, à  l'exception de ceux reçus par Jacques CHIRAC qui a préféré les transférer dans sa circonscription de Corrèze.

 

1 A ne pas confondre avec le Musée BRANLY qui se trouve à côté ;

2 Napoléon III fut fait prisonnier par les prussiens à la bataille de Sedan ;

Partager cet article

Repost 0

commentaires