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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 12:18

 

  Parmi les petits-enfants de François-Xavier PARFONRY, il y a Jean, né en 1895. Son parcours est également un témoignage qui vient confirmer l'importance de la connaissance et du développement de l'individu au cours de l'évolution et des péripéties de l'histoire. Au même titre que d'autres personnages de cette saga, il mérite une mention spéciale dans ce blog. Voici, dans l'attente de compléments d'informations, quelques éléments de sa carrière et de sa vie.

Jean, est né le 09 août 1895. Dès 1913, il est adhérent de l’Alliance Nationale pour l’accroissement de la population française. Sans être diplômé, il sera recruté en tant que médecin à la fin de la première guerre. Diplômé de la promotion de 1924 des Internes en Médecine des Hôpitaux de Paris, il sera nommé, après concours, ophtalmologue des hôpitaux en 1933. Des photos attestent qu’il a débuté sa carrière en s’occupant d’ophtalmologie infantile, très probablement au service des enfants malades de l’hôpital Lariboisière. On découvre aussi qu’il collabore très rapidement à des Conférences d’ophtalmologie, en tant qu’assistant de cet hôpital. En 1939, il est de nouveau  réquisitionné, avant de devenir médecin de réserve en 1940. Installé à Paris, son parcours professionnel, en tant que chef du service ophtalmologique, débutera à l’hôpital Saint-Louis, puis à partir de 1943 à l’hôpital Laennec ou il viendra remplacer le Dr BOURDIER, ancien interne des hôpitaux de Paris, atteint par la limite d’âge.

Jean PARFONRY a également collaboré avec la SNCF pour le traitement des lésions des yeux des conducteurs de locomotive, victimes d’escarbilles. Un hommage lui a été rendu, à l’occasion d’une rencontre entre spécialistes, par son collègue, le docteur Louis POLLIOT, sous la forme sibylline suivante.

 

« Le docteur Polliot rend hommage à son maître le docteur Parfonry trop tôt disparu pour mener à bien l’achèvement de son rapport ».

 

Comme l’indiquent certains extraits, il a collaboré de nombreuses années avec POLLIOT. Ils ont été les auteurs du rapport qui sonne le glas d'une tradition strabologique directement héritée des auteurs du XIXème siècle.

 

En 1948, à la Société de Paris, Parfonry et Polliot rapportent deux observations où l'hypertonie aiguë est apparue après des irido-sclérectomies d'EUiot, mais il semble s'être agi de cas plus bénins, qui ont cédé à des injections .....

C’était revenir à ce rapport de Parfonry et Polliot de 1953 sur le » traitement chirurgical du strabisme concomitant » où étaient reprises les idées de Poulard : l’amblyopie strabique est toujours organique, l’amblyopie ex anopsia n’existe pas, le traitement des troubles de la vision binoculaire est inutile.

 

 Brillant professionnel reconnu, il publia plusieurs articles sur ce sujet. L’un de ceux - ci concerne l’un de ses confrères, l’ophtalmologue Albert POULARD qui a du être l’un de ses mentors. Médecin ophtalmologue, réputé pour ses travaux de recherche sur le strabisme, Jean PARFONRY a jeté les bases en France de la chirurgie millimétrée. Certains extraits de phrases, dont le sens complet reste encore à compléter, font référence au fait qu’il a été une référence incontestable

 

Bulletins et mémoires de la Société française d’ophtalmologie, Vol. 96, Masson, 1984 (p. 41 à 43)

 

….d’ophtalmologie de Paris a été confié à notre regretté maître, Jean Parfonry, pour traiter de la ….. Parfonry rappelait que le strabisme n’était pas vraiment mesurable……. Cependant, les succès de la méthode furent tels qu’ils rendirent Parfonry……..

 

Il collabora aussi avec le professeur Edward HARTMANN, celui qui créa à l’hôpital Lariboisière le premier centre français de traitements orthoptiques.  Leurs travaux sont mentionnés dans différents congrès et revues. Nommé Officier de la Légion d’Honneur, il est décédé d’un infarctus en 1953, l’empêchant de finaliser son dernier rapport " Le traitement chirurgical du strabisme concomittant ", écrit en collaboration avec POLLIOT, et qui ne laissa pas indifférent le monde médical, l’accueillant même « avec stupeur, sauf pour ceux qui y voyaient la justification de leur paresse ».

Différentes interventions dénotent que ce rapport fut analysé avec beaucoup d’intérêt mais surtout avec pas mal de critiques. Ces dernières soulignent, tout en restant très diplomatiques, que la technique est jugée non adaptée au contexte de la France. Il est indéniable que la nouveauté du traitement préconisé, influencée sans aucun doute par les résultats des recherches menées aux Etats-Unis, devait constituer une fracture par rapport aux pratiques utilisées.
  
         Commentaires formulés sur le rapport PARFONRY – POLLIOT
                        (Annales d'ophtalmologie, new series, vol. 14, 1954)

M. VAILLERE-VIALEX évoque la mémoire de Parfonry, et insiste sur la nécessité de proportionner la méthode aux possibilités psychologiques, physiologiques et économiques du strabisme. Il critique ensuite quelques points de technique.

             
 M. J. SOURDILLE, après avoir rendu hommage à Poulard et à Parfonry, critique certaines conclusions  des rapporteurs.

MALBRAN J. , estime que les auteurs ont une conception plus esthétique que physiologique du strabisme.

 

Passionné de pêche, il pratiquait celle à la mouche dans la Charentonne, un affluent de l’Eure. Par l’intermédiaire de ce même HARTMANN, il est entré en possession d’une des premières cannes à pêche en fibre de verre, ramenée des Etats-Unis. Il s’est marié avec Suzanne FIVAZ en 1923. Comme lieu de détente, il a fait construire en 1938 une maison à Grandcamp - Maizy, dans le Cotentin, qu’il a dénommée «Villa Françoise » du prénom de sa fille, née la même année. Selon une information transmise par la mairie de Grandcamp-Maisy, cette maison n'aurait pas subi les destructions de la guerre et est située de nos jours au 187, Quai Crampon, en bordure de l'Océan.

 

Quelques informations complémentaires

Edward HARTMANN (1893-1975) : américain d’origine alsacienne, né à Maison-Lafitte, ophtalmologue, élève de POULARD ; travailla à l’hôpital Lariboisière ou il a créé le premier centre français de traitements orthoptiques ;

              Jorge MALBRAN :  Ophtalmologiste argentin, ambidextre, ayant développé cette spécialité à partir de 1929; réputé sur la plan international, en raison de son intense activité de chirurgien, de la publication de 7 livres qui servent de référence et de 166 publications scientifiques. Il a été membre honorifique de 22 sociétés d'ophtalmologie en Amérique et en Europe. Il est à l'origine d'une dynastie car sa passion à été transmise à ses fils et petits-fils. De nos jours, il existe toujours une " Fundacion Oftalmologica Argentina Jorge Malbran ".
             Albert Victor POULARD (1874 - 1950) : est un membre de la famille du restaurant " La mère POULARD " au Mont-St-Michel ;

               Quelques références trouvées sur Jean PARFONRY

POULARD A. et PARFONRY J.(1927): Revue analytique des travaux d’ophtalmologie infantile, Revue française de pédiatrie, Bd. 3, Nr 2, p. 219-244;

PARFONRY Jean(1928) : Traitement chirurgical du strabisme paralytique, Clinique ophtal., Vol. 32 (p. 602); :

GUILLAIN, PIERRE MATHIEU et PARFONRY (1932) : Un cas de tumeur de la région hypophysaire avec troubles de la vision améliorée par la radiothérapie ; Revue neurologique, N°2, Soc. de neurologie de Paris ;

HARTMANN E. et PARFONRY J. (1934) : Cécité par perte de sang améliorée par l’acétylcholine mais conservant un rétrécissement binasal du champ visuel, Bulletin Soc. Ophtalmologique (Paris), 56-61;

PARFONRY Jean  (1952) : Albert POULARD (1874-1950), Archives d’ophtalmologie et revue générale d’ophtalmologie ;

 

 

 

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commentaires

PARFONRY FRANCOISE 10/12/2009 18:07


Bonsoir Roland,
Patrick vient de me prévenir de ces nouveaux articles et je te remercie d'avoir rédigé celui sur mon père que je vais compléter au mieux après avoir sorti tous mes documents !!! tu connais la
famille on voudrait faire beaucoup de choses mais on traîne à les faire.... ce n'est pas comme toi qui agit sans cesse et nous passionne tous. Encore merci et à très bientôt.


Agnès Parfonry-Verret 10/12/2009 15:17


Bonjour Roland,
Tu es plus rapide que l'éclair...J'avais commencé à regarder les écrits de Jean Parfonry. (Je possède deux albums de l'internat avec une photo de Jean et de ses collègues), je vais les numériser et
noter le nom des hopitaux.
Sais-tu que ma mère Jeanne Parfonry née Janine Budin a été opérée par le collaborateur de Jean le docteur Polliot, vers 1961-63 (?) elle était aveugle de l'oeil gauche depuis longtemps avait été
opérée enfant à Chalons sur saone, Polliot lui a ôté l'oeil gauche et reconstitué la mobilité des nerfs. Je ne sais où chercher des informations sur son mal (une tache sur l'oeil) ?
Je voulais t'en parler puisque cela fait un lien de plus entre ces personnages.
Je vais commencer à Noêl à rédiger deux articles sur mes parents.
A bientôt


Patrick Parfonry 10/12/2009 14:34


Merci Roland pour cet article à la mémoire de ce grand-oncle. Je le savais brillant et professionnel reconnu mais pas décoré de la Légion d'Honneur. Je sais par contre qu'il a eu un rôle important
auprès de la SNCF, principalement pour le traitement des lésions des yeux des conducteurs de locomotives dues aux escarbilles. Je signale ton article à sa fille Françoise. Tu pourrai te rapprocher
d'elle pour avoir des renseignements complémentaires. PP