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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 14:45

      Ce n'est pas un généalogiste affamé de fiches numérisées qui a finalement trouvé le fil permettant de combler les deux siècles manquant dans l'ascendance du Baron Jacques de Parfondry avant 1600 (voir article : Les Parfondry ont bien eu une particule).  Toujours féru de découvrir le document adéquat sur internet, voici celui qui doit permettre d'attester d'une filiation entre le Baron Jacques de Parfondry, bourgmestre de Yernée, décédé en 1824, et la famille des Chevaliers de Parfondry présente tout au long du XIVème siècle et au début du XVème siècle.

      L'article suivant est d'une importance essentielle pour affirmer du lien, toujours supposé mais jamais démontré. En y recoupant les informations qui y sont contenues et celles déjà retrouvées, on a la réponse à l'une des questions qui se trouvaient toujours dans l'attente d'éléments précis de confirmation. 

Histoire de la Cense des Moges à Nandrin (dans : Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, Tome LXXXI, Maison Curtius, Liège.

p. 75 : .... Durant le 17ème siècle, la ferme est tenue par des membres de la famille de Parfondrieux qui tire son nom du hameau voisin de Parfondry - Ste Barbe ; nous rencontrons : Jacques de Parfondrieux, époux d'Anne Nicolay, Jacques de "Moge" apparaissant au mariage de sa fille Bernardine de Parfondrieux, paroissienne de Nandrin, avec Bertrand delle Rée, de la Neuville, le 5 février 1591, puis Jacques, son fils, époux d'Anne de Loncin qui firent leur testament, devant le curé de Nandrin, le 15 avril 16701.

       Des commentaires qui accompagnent cette histoire, on en retire les principaux aspects explicatifs. Cette Cense2 des Moges3 était l'une des plus importantes de la région de la Hesbaye liégeoise. Elle s'étendait sur les villages de Nandrin, de Clermont, de Neuville, d'Ehein et de la Rimière, soit à quelques encablures du hameau de Parfonry, situé en bordure de la Meuse, entre Hermalle-sous-Huy et Clermont. Sa superficie atteignait 161 bonniers, approximativement 225 ha (en considérant le bonnier équivalent à 1.40 ha à cette période). Elle relevait jusqu'en 1327 de l'abbaye du Val-Saint-Lambert qui l'avait reçue en donation d'un certain Allard de Moge en 1260.

       De nos jours, il ne reste dans le paysage pratiquement plus rien de cette ferme, si ce n'est le Bois des Haies des Moges, incluant un étang, probablement ancien vivier, situé dans l'angle de la route du Condroz (N 63), entre le hameau de La Tolle à Saint-Séverin et le village d'Ehein, ainsi que le Bois des Moges dans le hameau de Rotheux (carte IGN).

      Il n'y a aucune difficulté à considérer les deux écritures Parfondrieux et Parfondry comme similaires. Jacques de Hemricourt dans son recueil du Moyen âge utilise les deux écritures pour témoigner de la famille des Chevaliers, apparaissant en 1271 dans la contrée. Présente durant le XVIIème siècle, selon la mention de l'article, la famille de Parfondrieux aurait succédé à la famille de Halleux qui occupa le domaine au cours du siècle précédent (site de la famille Halleux de Nandrin).

      La première information pertinente est assurément le lien avec le hameau de Parfondry, dont il a déjà été question dans plusieurs articles de ce blog. Les habitants de cette ferme tout en étant originaires de ce hameau, portent le même nom, ce qui assurément offre une certaine garantie de lien sur le plan généalogique avec cette famille des chevaliers de Parfondry au XIVème siècle, qui sont à l'origine de la création de ce hameau.

      Et comme second élément, parmi les quelques noms rapportés dans l'extrait, on y trouve la dénommée Anne de Loncin et son mari Jacques, lesquels ne sont rien d'autres que les ancêtres connus, à la 5ème génération, du Baron Jacques de Parfondry (1767-1824), bourgmestre de la commune proche de Yernée, quelques deux siècles plus tard (voir article : Les Parfondry ont bien eu une particule).

      En outre, à cette période, tant les fermiers, que les locataires des grosses fermes et ceux des biens d'abbaye, étaient d'authentiques descendants des anciens propriétaires du sol, issus des classes aisées du Moyen-âge. 

      Et comme preuve ultime de la présence de cette famille à la Cense des Moges, on retrouve, dans un autre document, Bernardine de Parfondrieux, son père Jacques et la famille delle Rée. Cette dernière famille apparait déjà à la fin du XVIème siècle dans un autre document avec le mariage de Mélotte4 de Parfondrieu et Catherine delle Réé (ou del Reyd).

En 1644, Gaspar delle Rée, de la Neuville, est céarier5 de Clermont et Nandrin. Il est fils de Bertrand delle Rée, dit delle Porte et de Bernardine de Parfondrieux, fille de Jacques, bovier de Moges, et petit-fis de Jean delle Rée, maire de Nandrin. La céarie fut son premier pas dans une carrière administrative. Il mourut en 1680, secrétaire du Chapitre de Saint-Lambert et du Clergé secondaire, greffier des Etats et des Monts de Piété du Pays de Liège et Comté de Looz. Il agit également comme notaire apostolique.

 

         Cette découverte consolide l'idée que le site du fief de Parfondry a manifestement constitué un lieu important de dissémination de notre patronyme, que ce soit vers Liège, vers la rive gauche de la Meuse et vers Huy. Ce fut sans conteste l"un des centres d'origine primordiaux ayant abouti à la conservation de la présence du nom jusqu'au XXIème siècle.

       On en conclut que les habitants de cette Cense des Moges au XVIIème siècle peuvent constituer le chaînon manquant entre la famille des Chevaliers de Parfondry, mentionnés dans le recueil du Moyen âge "Le Miroir des Nobles de Hesbaye" de Jacques de Hemricourt, et la lignée, attestée dans GENEANET, s'étant poursuivie jusqu'au Baron Jacques de Parfondry, lequel fut le dernier à avoir porté la particule mais aussi le dernier de la lignée à porter ce patronyme.

 

1 Archives de la Cure de Nandrin, registre aux actes notariés ; 

2 Cense signifie Ferme dans le langage local ;

3 Le terme "Moge" pourrait être d'origine celtique, signifiant " vache " et ayant donné le latin mugire (mugir, meugler) ;

4 Ce prénom de Mélotte serait une déformation d'Amel, porté à de nombreuses reprises par les chevaliers de Parfondry ;

5 Le céarier est une personne gérant un territoire financier de la Principauté de Liège (une céarie) sur lequel les taxes épiscopales sont perçues ;

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