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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 16:08

      Voici un Arrêté Royal, publié au Moniteur belge du 30 mars 1849, qui relate l'autorisation de perception de barrières sur la route de Huy à Stavelot. Ces barrières étaient de fait des lieux de péage autorisé, se faisant quand on passait d'une zone à une autre. La plupart de temps, elles étaient la résultante de la situation qui prévalait avant 1795. Du temps de l'existence de la Principauté de Liège, pays neutre fortement découpé, divisant les Pays-Bas méridionaux (qui furent successivement espagnols, autrichiens, français, hollandais), elles permettaient de taxer le passage de biens et de personnes. 

       Cette notion de barrière a été assez spécifique pendant une certaine période à la Belgique. On retrouve cette dénomination un peu partout, particulièrement dans les provinces de Liège et de Luxembourg. Certains lieux dans cette région se dénomment encore de la sorte (Barrière de Champion, Barrière de Transinne).

       La route, dont il est question dans l' A.R., est certainement devenue de nos jours la RN 68 (dénommée rue de Huy sur les cartes IGN), se poursuivant par la RN 66 après Trois-Ponts.

      Il est question ici d'une barrière dans le village de Parfondry, ce qui constitue la raison de la publication de cet article. Situé non loin de Stavelot, en surplomb de la vallée de l'Amblève, ce village de Parfondry est manifestement une résultante de la présence nombreuse de ce nom dans cette région à partir du Moyen-âge. Il constitue l'un des indices géographiques attestant de l'origine de la création du nom plus que probablement le long de la vallée de l'Amblève.

     Curieusement, l'appelation officielle de ce village de nos jours s'écrit sous la forme "Parfondruy ", ce qui est manifestement en contradiction avec les écritures anciennes et les autres appelations en rapport avec ce toponyme.

in Pasinomie. Collection des lois, décrets, arrêtés et règlements généraux,                                      

Tome XXX, 1849, Bruxelles, Administration Centrale de la Pasierisie, 1860

A.R. du 30/03/1849 qui autorise la perception de barrières sur la route de Huy à Stavelot

      ...Considérant que, par suite de l'achèvement de la section de route

précitée, il y a lieu de fixer l'emplacement de deux nouvelles barrières a

y établir, et de modifier le mode de perception des barrières n°1 et 2, dites

 de Parfondry et du pont sur la Lienne, placés sur la même section de route.

      A partir du 1er avril prochain, la taxe entière sera perçue aux barrières

de Parfondry et du pont sur la Lienne, respectivement dans la direction

de Werbomont et de Stavelot.

 

Lienne : rivière qui se jette dans l'Amblève en aval de Parfondry, près de Stoumont .

Le pont dont il est question ne doit pas nécessairement être celui sur la RN 66 lorsqu'elle enjambe cette rivière.  Il existe près de la localité de Trois-Ponts, plus en amont, un petit ruisseau, dénommé également Lienne. Par ailleurs, une maison, située près de Basse-Bodeux, encore plus en aval, à l'entrée d'un camping, le long de cette RN 66, est dénommée " L'ancienne barrière ".

 

       Même si le positionnement ancien de ces barrières reste à préciser, et ne nous semble nullement une priorité, rien que de parcourir cette mythique " road sixty six ", est une invitation au voyage et à la découverte de cette région. On ne peut croire que la similitude avec la version américaine ne soit un pur hasard de dénomination.

      Le village de Parfondruy a été affecté en décembre 1944 par le meurtre de 24 civils par les SS lors de l'offensive des Ardennes. Dans ce village, on y trouve de nos jours un gîte rural, dénommé " Lu Porfond'ru ", très vraisemblablement en lien avec l'étymologie du lieu. Curieusement, on utilise dans ce cas l'adjectif "Profond " et non l'ancienne dénomination du Moyen-âge de " Parfond ". Il est manifeste que l'on n'a pas, une nouvelle fois, respecté l'écriture initiale.  Ce lieu serait en fait un ancien moulin qui servait pour les tanneries à écorce.

      Les propriétaires de ce gîte sont avertis de l'existence de mes recherches et seront dès lors très agréablement satisfaits de recevoir des personnes  portant avec fierté notre beau toponyme.

 

        Voici deux sites où l'on peut retrouver des données sur ce gîte rural.

http://luporfonru.skynetblogs.be/ ;

http://tourisme.wallonie.be/informations/logements_belsud_stavelot__gite_rural__lu_parfonru____stavelot___10_12_p/fr/HM/26339.html ;

 

 

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commentaires

Paul LAURANT 08/03/2011 14:48


Bonjour,
Voici une anecdote sur les "barrières".
Ces informations furent relevées dans l'hebdomadaire agricole des Comices de la Province de Luxembourg: "Le Luxembourgeois" . ( depuis 1860 jusque 1974). Les Agriculteurs se pleignaient de devoir
payer trop de taxes aux barrières de Hinq, Transinne, Chassepierre, etc, pour le transport de la chaux dont l'agriculture avait grand besoin. Le gouvernement reconnaissant la pertinence de
l'argument décida de détaxer le transport de la chaux et de remplacer ce manque de ressources financières par une taxe sur le tabac.

A noter que la "Barrière" est toujours accompagnée d'un "Poteau" (d'Odeigne par exemple) qui était la limite extrême que ne pouvait dépasser le transporteur" obligé de marquer un arrêt à la
Barrière faute d'être poursuivi et surtaxé. Mais tous les charretiers savent qu'un attelage fougueeux ne s'arrête pas toujours à l'endroit exact. Ceci explique la présence du "POTEAU" parfois
distant de plusieurs centaine de mètres.
Ceci pour la petite histoire.
Paul