Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 12:02

 Don Diego PARFONDRY, décédé en Espagne en 1773, est sans aucun doute la plus ancienne mention d'une présence de notre patronyme à l’étranger. Diplômé du « Real Cuerpo de Ingenieros Militares » de Barcelone vers 1730, il  a réalisé une étude pour fortifier la ville de Calpe en Espagne, remplaçant un certain Nicolas Bodin, décédé prématurément. Deux documents attestent de cette présence commune. Si dans le second, on fait référence au nom Ponfondry, il s'agit manifestement d'une erreur d'écriture.

(Calpe : ville située sur la Costa Blanca entre Valence et Alicante)

           

1. Titre du Premier document (daté de juin 1745) : Carta del Duque de Caylús al Marques de la Ensenada remitiéndole la memoria y un estudio de las obras necesarias para fortificar la villa de Calpe. El estudio primitivo fue encargado a Nicolas Bodin y a la muerte de este, a su ingeniero Diego Parfondry

http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:9379oveN1GkJ:club.telepolis.com/ifach/andres/paginas/carta2.htm+%22Carta+del+Duque+de+Cayl%C3%BAs+%22&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=be&source=www.google.be

Titre du Second document :

                2. extrait du blog Ifach.org (Article intitulé 1747 : Ereccion de las murallas de Calpe, rédigé sur la base d'un document de Pascual MADOZ en 1842)

N.B. : Même si on a la transcription du nom sous la forme de "Ponfondry", on y décrit la même situation que dans le document précédent. Il s'agit d'une erreur d'écriture résultant que ce document est une analyse à postériori et donc assujetti à une hispanisation du nom.

En Mayo de 1745, el cura de Calpe, Mosén Roque Vives, en misiva dirigida al Marqués de la Ensenada, previene de los trágicos sucesos acaecidos en la villa durante el año 1637 y solicita se tomen las oportunas medidas para defender tales insultos con la reparación y mejora de la fortificación entonces existente. En Julio del mismo año el ingeniero jefe Don Nicolás Bodín realizaba un primer reconocimiento sobre el terreno, levantando los primeros planos.......

Hasta aquí llegó la intervención de nuestro técnico por su fallecimiento repentino...Sobre la base de sus planos fue el ingeniero extraordinario Don Diego Ponfrondy quien instruyó la disposición de las murallas, parapetos con sus aspilleras, la colocación de buenas puertas bien herradas y el cierre de todas las bocacalles del arrabal, cegando las puertas y ventanas que dieran al campo y abriéndolas hacia el interior de las calles. El 24 de Mayo de 1746 un nuevo informe del ingeniero Don Carlos Desnaux contradice lo aconsejado por Ponfondry....

 De hecho el acometer las obras como señalaba Ponfondry hubiera sido un trabajo menor, pues con pocos medios se habría mejorado el sistema de defensa promovido por los propios calpinos que ya se había probado insuficiente. 

http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UC7PI3NRTQkJ:www.ifach.org/1747-ereccion-de-las-murallas-de-calpe/+%22+nicolas+bodin+Calpe+%22&cd=9&hl=fr&ct=clnk&gl=be&source=www.google.be

 

Sans conteste, cette présence en Espagne est la résultante de la Guerre de Succession d’Espagne qui opposa entre 1701 et 1714 la France et l’Espagne contre l’Angleterre, l’Autriche, les Provinces Unies et le Portugal. Plusieurs batailles se déroulèrent durant cette période aussi bien dans le Nord (Ramillies, Malplaquet, Lille, Denain) qu’en Espagne (Almanza, Saragosse, Villaviciosa). Cette guerre, considérée par les historiens comme la première guerre mondiale à caractère économique, se termina par la confirmation du petit-fils de Louis XIV, Philippe V, comme roi d’Espagne et premier de la dynastie des Bourbons toujours présente sur le trône d’Espagne.

Plusieurs indications tendent à confirmer ce lien avec les provinces du Nord. Le premier est le fait qu’un régiment des « Gardes royales wallonnes«, composé de militaires recrutés en Hainaut, Namur et Principauté de Liège, vit le jour en 1702 pendant  la guerre de Succession d’Espagne. Des recrutements se sont encore opérés au pays de Liège en 1772.  Dissous en 1822, ce régiment eut à sa tête des officiers wallons dont Charles-Antoine, Prince de CROY, premier colonel de ce régiment en 1703 qui succomba à la bataille de Saragosse en 1710.

Sources :

1. Hervé HASQUIN (1999) : La Wallonie, son histoire ; Bruxelles, Editions Luc Pire ; 2. André JANSEN (1989) : Histoire illustrée des Gardes royales wallonnes au service des Bourbons d’Espagne (1702-1822) ; Bruxelles, Les Editeurs d’Arts Associés ;

Le second élément est en relation avec cette institution du « Real Cuerpo de Ingenieros militares ». Ce corps d’élite fut crée en 1711 par Don Jorge Prospero VERBOOM. D’origine flamande, né à Anvers en 1667 et décédé à Barcelone en 1744, VERBOOM fut appelé par le  roi Philippe V pour organiser les ingénieurs militaires espagnols sur base de sa connaissance de l’Académie militaire de Bruxelles ou il avait étudié et de son expérience en matière de fortifications. Pour le recrutement, ne disposant pas suffisamment au début de nationaux espagnols, il fut fait appel pendant les premières années à des étrangers, essentiellement des italiens, des français et des flamands. Don Diego PARFONDRY était l'un de ces ingénieurs militaires.

La présence en Espagne de ce Don Diego PARFONDRY peut ainsi être expliquée de deux façons. Soit, compte tenu de sa date estimée de diplôme (1730), son recrutement tardif peut être envisagé même si cette filière semble s'être éteinte assez rapidement. Dans ce cas, la possibilité de disposer d’informations sur les registres de recrutement devrait permettre de vérifier le bien fondé de cette hypothèse. Soit, son père est arrivé avec VERBOOM en Espagne, pour être recruté tout comme de nombreux étrangers pour consolider ce nouveau corps militaires. Cette filiation est fréquemment mentionnée dans les documents d'archives.

Ceux d'origines belges étaient mentionnés dans les listes des ingénieurs comme flamands. Il est manifeste pour l'époque que ce terme était étendu à tous ceux qui étaient en provenance des Pays-Bas Espagnols et de la Principauté de Liège. C'est notamment le cas d'un Pedro LECOQ, né à Landrecies, situé de nos jours dans le Département du Nord en France mais dans le Comté du Hainaut à cette période, et qui a intégré ce corps en 1726.

Une étude réalisée à l'époque, portant le titre : Las condiciones materiales de la vida privada de los Ingenieros Militares en Espana en el Siglo XVIII; Las bibliotecas de los ingenieros (source : Archivo Général Militar de Segovia) donne des informations complémentaires assez importantes.  

De manière globale au niveau de l’inventaire global des livres, la Belgique était, après l'Espagne et la France, le troisième pays d’édition des livres répertoriés. Sur ce personnage de Don Diego, José PARFONDRI, outre le fait que sa bibliothèque était constituée de 23 livres, il est indiqué qu’il était marié et avait des enfants. Décédé à Barcelone en 1773, il portait le grade de  lieutenant colonel et le titre d’ingénieur en second. Contrairement aux autres personnages de la liste, sa nationalité d’origine n’est pas reprise, au même titre qu’un certain Carlos SALIQUET, décédé lui aussi à Barcelone en 1777. Mais sur le site de Généanet, il est toutefois attesté que ce dernier est né en 1722 à Marseille et a bénéficié en 1742 d’une dispense de mariage par l’Evêché de Gérone. Ce nom n’est pas d’origine belge et semble bien être confiné, selon les registres d’état civil,  le long du Rhône. Ses fils Antonio et Juan, nés respectivement en 1755 et 1758, ont également intégré le corps des ingénieurs. Ce nom existe encore de nos jours en Espagne.

Quant à ce Don Diego PARFONDRY, si rien ne l'atteste, il est hautement probable qu'il soit d'origine du territoire occupé par la Belgique de nos jours (Pays-bas espagnols et Principauté de Liège). En outre, ce nom s’est propagé par la suite en Espagne tout au moins jusqu’au début du XIXème siècle. On y lit ainsi la phrase attestant que ce nom continuait d'exister plusieurs décennies plus tard, sans avoir de certitudes quant au lien généalogique.   

En noviembre de 1821, un proyecto de reglamentacion, elaborado por dr. Parfondry, regulaba la proporcion de materias en los ejercicios de los actuantes……

  (Source : Aulas y saberes. VI congreso internacional de historia de las universida des hispanicas, Valence 1999, Vol. 1 ; Université de Valence, 2003) 

N.B. : Pour éviter toute confusion, il est absolument évident que cette présence n’a rien à voir avec la branche des PARFONRY vivant toujours de nos jours à Séville et qui découle de l’arrivée d’un membre de la branche d’Erezée (José PARFONRY) peu avant 1900.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

parfondry Willy 18/07/2014 12:48

Aux coordonnées suivantes, vous trouverez, (Branche Forchies) Willy Parfondry 060 456 506. Bonne recherche et bon contact. Claudine Randour