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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 17:40

      Voilà déjà près d'une année que nous avions rédigé un article sur les brebis de Noël logées dans l'Ariège. Après une période de production intensive, elles se préparent à nouveau à quitter leur soulane de Salbaget pour aller décorer et festoyer dans les crèches, aux quatre coins de France et de Navarre. Non sans avoir été à la base de la production d'une tomme généreuse, parfumée, sortie en droite ligne de ce versant, un peu isolé des Pyrénées.

     Nous avions dégusté, pour ne pas dire avalé, quelques fines tranches de cette tomme pyrénéenne, lors de notre dernier séjour à Briou, à l'occasion de cette rencontre annuelle, devenue obligatoire, entre les PARFONRY de France et de Belgique. Autour de Jacques, ils étaient encore venus en nombre. Aux bières spéciales belges, s'étaient ainsi mêlées les bonnes cuvées de la Loire et du bordelais. Mais aussi en invitée d'honneur, on y retrouvait la Tomme de François. Ce petit éleveur de terroir en avait remonté l'une d'entre elles. Le délice suprême qui pouvait très bien, une fois dégusté avec un vin des plus gracieux, parfaire l'expression " le petit Jésus en culotte de velours".

      Aussi curieux qu'avide de nouveautés et défendant le nom de nos ancêtres, une commande de l'un de ces exemplaires de cette tomme fut engagée. Sans doute, pour la première fois, elle allait s'exporter pas simplement dans le Nord, comme le chef du bureau de Poste, tout dépité d'avoir été muté à Bergues, mais bien au Nord de la France. Dans un autre pays, un peu petit sans doute mais oh combien amateur de saveur et de finitions biologiques.

        Le tout était d'organiser sa remontée, à travers le Périgord, les Côtes de Blaye, le Limousin, la Vendée, le Poitou, la Normandie, la Picardie, le Nord.  Un vrai parcours qui allait permettre à cette tomme de plus de 4 kg de parfaire son affinage, coincée entre deux tissus, et entourée d'une épaisseur de papier kraft pour lui permettre de conserver tout son goût et éviter que son arôme ne s'imprègne de celles des quelques dizaines de fromages rencontrés tout au long de son parcours.

        A la manoeuvre, pour cet exercice, Régis s'y collait. Il réussit, malgré une crevaison et un détour par Paris, à traverser  tous les obstacles. La Tomme est bel et bien arrivée à Lomme en temps utile. Il ne restait plus qu'à lui faire passer la frontière. Une coordination parfaite était mise au point. A partir de Berck, notre point de départ, un rendez-vous fut pris en soirée, à la tombée du jour, pour transférer le colis dans une voiture banalisée. Un détour volontaire nous conduisit pour prendre un déjeuner des plus agréables au restaurant "Le Châtillon", à Boulogne s/Mer. Rapport qualité/prix garanti. A conseiller mais difficile à trouver au milieu des nombreux croisements dans la partie industrielle du port. Un rapide SMS discret et codé à Patrick et Caroline les avertissait que nous nous préparions à la réception. Le risque était réel. Le Nord est truffé d'agents controleurs.

       Après un bon repas et une bonne sieste, sur un diverticule de la Nationale 42, on arrive devant l'église de Lomme-bourg dans la banlieue festive de Lille. Le temps de trouver un quidam, n'éveillant pas les soupçons, pour nous indiquer le lieu du largage, on s'y dirige à vitesse modérée. Evitant ainsi les SMS et appels directs qui peuvent être captés. Avant de me parquer devant la maison, je pris soin de visionner les alentours, de crainte d'apercevoir un agent de la sécurité sanitaire dans le recoin d'un hangar. Quelle ne fut pas ma surprise de voir Régis, sortant, sans se poser de questions, de chez lui, et se dirigeant directement vers moi, en citant haut et fort mon prénom. Bardaf, c'était l'embardée !!.Tout le secret du rendez-vous était gominé. L'amabilité des gens du Nord avait gommé la discrétion caractérisant les peuples du Nord.

       Mais tout n'était pas fini. Il restait à faire progresser la Tomme de Lomme vers Aiseau. Son volume, son poids, sa nature risquaient de la voir saisie par des personnes de la trempe de Ruben Vandevoorde ou de Mathias Ducatel. Le temps de déguster une bonne bière pour nous donner du courage, nous reprîmes rapidement la route. Non sans avoir apprécié la gentillesse et la bonne humeur de ces gens du Nord, ravis d'avoir pu  participer à ce rallye au sein de la famille PARFONRY

        Dans la voiture, entre Lomme et Baisieux, je n'ai cessé de répéter l'expression " Rien à déclarer " au cas où je me faisais arrêter par la 4L de l'un de ces deux personnages cités ci- devant. Et finalement, au passage à Camphin-en-Pévèle, nom du dernier petit village le long de l'autoroute, la Tomme passa incognito, sans avoir à donner son origine. Rapidement, nous aperçûmes des noms comme Blandain, Marquain, Kain. Avec de telles onomatopées, on était bien de l'autre côté de la frontière. Il ne nous restait plus que quelques quatre-vingt km à parcourir sur des autoroutes perçées de trous pour qu'elle arrive sans encombres à destination. Le danger avait changé de profil. Débarrassé des controles, il fallait veiller à éviter les imperfections du tarmac de nos routes. Un indicateur visible de la dette colossale de 11 milliards d'euros de la Belgique

       Depuis lors, on partage et on déguste. Quatre kg et demi de Tomme de brebis, ça c'est de la consistance. Elle n'a pas encore concourru pour une médaille d'Or à l'occasion de la Foire agricole de Paris, mais cela ne devrait tarder. Et pourrait rejoindre ainsi dans la liste ce fameux rhum de Damoiseau de Guadeloupe qui l' a obtenu en 2011, démontrant de sa supériorité par rapport au rhum Bologne (1).

       En conclusion, si vous passez devant une crèche de Noël, dans laquelle se trouvent des brebis, regardez les en souriant et en échangeant un regard. Je suis sur qu'elles comprendront la complicité !!

Fro Fran1

 

(1) : avis personnel qui devrait être contesté sans aucun doute par d'autres PARFONRY !!!

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