Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 18:08

Georges, le premier petit-fils de François-Xavier, est né le 03 juillet 1894 à Créteil. Il fut mobilisé au début de la première guerre mondiale. Fait prisonnier, il restera en Allemagne durant toute la période du conflit. Après la guerre, à l’occasion d’une partie de chasse en Sologne, «  Aux Aulnettes », appartenant à la famille NIVIERE, il rencontrera l’une des filles de la dynastie de la famille BASTIDE[1], propriétaire du château du Lude, le long du Cosson, à Jouy-le-Potier dans le Loiret[2]. Par ce sang neuf apporté au sang bleu des grandes allées disséminées dans la forêt solognote, les PARFONRY cousinèrent aussi bien avec le monde des châteaux et des hôtels particuliers à Paris que des armées, des arts tout courts et d’un éventail de Légions d’Honneur. Parmi ces familles, on retiendra les PERILLE-LACROIX de BOISCHATEAU, les DESVIGNES de DAVAYE, les HEUDELET de BIERRE, les GILLET de THOREY, les TOURNOUËR, les PANCKOUCKE et les BRUNEL. Toute cette généalogie se retrouve ainsi dans la chapelle du Lude ou certains y sont inhumés en compagnie d’une importante présence de la lignée des BASTIDE. Comme exemples de cette proximité avec l’histoire, Cécile-Marie PANCKOUCKE (1836-1903), la grand-mère de l'épouse de Georges, se retrouve enfant sur un tableau de CHASSERIAU, élève du peintre INGRES. Plusieurs PANCKOUCKE, qui ont constitué par ailleurs une importante famille d’imprimeurs – éditeurs dès  le 18ème siècle, tel que le Mercure de France, ont été immortalisés par le peintre DAVID. Et les MARCOTTE de QUIVIERE, sa belle-famille, se sont avérés des collectionneurs des tableaux d’INGRES et de CHASSEREAU.

 

Quant aux BASTIDE du LUDE, ils s’affichent largement au milieu de cette mémoire. Maurice, le beau-père de Georges, développe sa créativité en perfectionnant la technique de l’eau-forte dans son atelier du château du Lude[3]. Athanase, le grand-père, capitaine des gardes mobiles du Loiret, tué lors de la guerre franco-prussienne de 1870, est Officier de la Légion d’Honneur tout comme Henri PANCKOUCKE, le grand-père de l'épouse de Maurice, née TOURNOUËR. Aristide, l’arrière-grand-père, est chevalier de la Légion d’Honneur.  Un lointain cousin, Antoine, fut pilote de chasse en 1914 et chevalier de la Légion d’Honneur.  Et Guy BRUNEL, son beau-frère, fut capitaine de vaisseau et commandeur de la Légion d'Honneur.  

 

C’est ainsi par ce mariage en 1923 que les PARFONRY de France ont insufflé dans leurs gênes ce souffle du terroir de la Sologne qu’ils continuent à apprivoiser et à transmettre. Ils se partagent ainsi, au gré de leurs séjours, un domaine d’une superficie de 180 ha, autour de la ferme de Briou. Recruté au service commercial de la société américaine « Machines Hollerith », travaillant dans les domaines nouveaux de la mécanographie et des statistiques, Georges évoluera avec cette dernière transformée en « Compagnie Electro – Comptable «  en 1935 et installée à Corbeil dans l’Essonne. Il y gravira les échelons pour terminer comme Directeur commercial de cette société, devenue IBM en 1947. Parlant allemand, suite à son séjour forcé pendant la guerre, il entamera sa carrière en rationalisant l’emploi des fiches de paie des mineurs dans le Nord de la France et dans la Sarre en Allemagne en introduisant le système de traitement par cartes perforées. Georges fut nommé membre titulaire de la Société de statistique de Paris en 1938[4]. Comme loisir, il avait pris l’habitude de développer lui-même les photos qu’il prenait. Récupérées aujourd’hui, elles constituent un témoignage de la vie familiale de cette période. Décédé le 05 février 1964, Georges eut trois fils : Jacques, Pierre et Michel.

 

Comme le démontre l’arbre généalogique récapitulatif de toutes ces familles, tous ces couples sont apparentés à un niveau ou à un autre, insérés à l'intérieur d'une boucle qui les réunit. Et au niveau de ces familles nobiliaires réparties dans les grands espaces de la France profonde, Michelle, la belle-fille de Georges, est également apparentée au couple Bernard GILLET de THOREY et Héliane HEUDELET de BIERRE, apparaissant dans l’arbre généalogique de son beau-père.  Son arrière-grand-père Henri LASNET de LANTY (1836-1910) a en effet épousé Léontine GILLET de THOREY (1835-1920), la fille de ces derniers. Il en ressort qu’elle est reliée aux  BASTIDE du LUDE, via Félicité la sœur d’Héliane. Et pour compléter cet échange, Guy BRUNEL y est également indirectement relié, via son frère René qui a épousé Annick d’HAUTEVILLE, une descendante de ce même couple.

 

La lignée des GILLET de THOREY résulte de l'union des familles BLANCHETON de THOREY et GILLET de GRANDMONT au 18ème siècle. Elle remonte à un certain Pierre RICHARD, avocat général du Duc de Bourgogne qui aurait contribué à la fondation du couvent des Cordeliers à Beaune en 1263. Quant aux HEUDELET de BIERRE, famille plus récente, ils doivent leur titre à Etienne,  Général de Division dans les armées de Napoléon, titré comte en 1808, Grand-Croix de la Légion d'Honneur et qui se distingua également en développant des techniques dans le domaine de l'élevage et de l'agriculture.

 

 Et le point d'ancrage ou de fermeture  de cette boucle, rassemblant tous ces mariages recensés autour de la famille de la BASTIDE du LUDE, est manifestement le couple formé par Jacques PARFONRY, le fils de Georges, et Michelle LASNET de LANTY. Ils rassemblent, dans leurs gênes, toutes les familles présentes à l'intérieur de cette boucle. Celle-ci démarre, dans la première moitié du 19ème siècle et se referme ainsi au niveau des sœurs HEUDELET de BIERRE,  qui sont, comme l'ont été les filles LALLEMAND de Neerheylissem, le point de convergence supérieur de la partie française de cette saga. Mais qui plus rétroactivement remonte, sous la forme d'un spermatozoïde pénétrant vers ses origines, au Seigneur de BASTIDE qui est arrivé en France au 15ème siècle.

 

Désormais, on comprend pourquoi l’emploi du mot « cousin » était devenu comme une sorte de large empreinte non précise dans les conversations de famille de nos jours. Le mot avait bien un sens que la mémoire ne permettait pas totalement de décrypter. 

 

N.B. : C'est Caroline qui, en réalisant une première ébauche de cette généalogie, m'a transmis, lors de notre séjour en septembre 2009 à Briou, la motivation de l'approfondir.

 


[1] Cette famille, originaire d’Italie est arrivée en France au plus tard durant le 15ème siècle, via Lyon et Limoges. Développant la production de soie, elle fut anoblie par Louis XI. Une branche s’est installée en 1834 au château du Lude à Jouy-le-Potier dans le Loiret. Magnifique château sur pilotis entouré de douves au milieu des bois de Sologne. Plusieurs membres sont inhumés dans la chapelle, transformée en crypte, à proximité du château. La survivance d'un culte à Sainte Corneille, dans une petite chapelle, à l'orée de la forêt, est à l'origine de l'ouverture du parc au public. Les deux filles de Maurice BASTIDE du LUDE (1870-1960), ingénieur agronome devenu aquafortiste et sculpteur, se partagèrent le domaine ; la deuxième Odile (1909-2004) reçut le château et la forêt attenante tandis qu’à la première Renée (1902 – 1976), épouse de Georges, fut octroyé une partie des bois et les dépendances autour de la ferme de Briou;

[2] A ne pas confondre avec le château du Lude dans la Sarthe, intégré dans la série des châteaux de la Loire ;

[3] Il aura comme élève Jeanne CHAMPILLOU (1897-1978), célèbre céramiste originaire du Loiret ;

[4] Journal de la Société de statistique de Paris, Vol. 79-80, CNRS, 1938, 325 pages  (p.65) ;

Partager cet article

Repost 0

commentaires