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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 15:52

      L'industrie du marbre avait pu profiter de toutes les expositions universelles de la seconde moitié du XIXème siècle pour renaître et se développer. Pendant de longs siècles, les architectes avaient délaissés cette matière au profit de la pierre (les bâtisseurs de cathédrales). L'utilisation du marbre et des marbriers wallons dans la construction du château de Versailles n'avait été qu'une étape passagère mais qui en préfigurait "les prémices de son apothéose" comme le défend Francis TOURNEUR dans l'une de ses communications. L'une des raisons de ce faible emploi résidait dans les frais d'extraction et de transport, résultant de la qualité désastreuse du réseau routier. Désormais, le savoir faire des marbriers allait enfin être reconnu.

     Les conditions changèrent au XIXème siècle. La fièvre de la construction et l'amélioration des routes, accompagnées d'une certaine stabilité politique, engendrèrent un développement de la marbrerie qui mit encore quelque temps avant d'être reconnue comme un art à part entière. La chambre syndicale de marbrerie ne fut réunie au groupe de l'Industrie et du Bâtiment qu'en 1884. Et c'est dans cet engouement qu'apparait François-Xavier PARFONRY dans les années 1850. Marbrier inconnu, il y a peu, il est reconnu désormais qu'il est l'un de ceux qui revitalisera la profession. C'est lui qui  relance, après la guerre franco-prussienne, la chambre syndicale patronale de la marbrerie à Paris. C'est lui qui fut, à deux reprises, Président  de cette même chambre syndicale, notamment au moment de son insertion dans une organisation patronale plus importante. Son histoire est racontée au travers de nombreux articles dans ce blog.

     Il est par ailleurs devenu la coqueluche de Joëlle PETIT, la doctorante belge au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) qui se consacre désormais à remettre en exergue ce métier au XIXème siècle. Il est devenu, comme elle le dit , " au vu des informations intéressantes que l'on trouve et de la qualité de ses prestation,  son marbrier préféré ".

    Et ce travail de recherche n'est pas de tout repos. Il est accompagné, nécessité de valorisation oblige, d'un certain nombre de communications effectuées à l'occasion de colloques, congrès internationaux, séminaires. On reprend ci-dessous la liste de ses interventions en relation avec la promotion de la marbrerie belge au XIXème siècle. Rien que pour l'année 2012, cinq communications ont été effectuées, démontrant de la dynamique opérée. Tout cela complété par un travail de préparation d'une thèse de doctorat au Cnam à Paris, entamée depuis 2008, dont on suivra avec force d'intérêt la réalisation et la présentation finale. Avec en annexe une ébauche de dictionnaire des marbriers du XIXème où François-Xavier aura, selon ses dire, "une belle part ".

    Voici un résumé des titres des principales communications récentes et ayant pour cadre principal le développement de la marbrerie belge au XIXème siècle. 

1. Projet de thèse en Histoire des sciences et des techniques (Cnam) (en préparation depuis 2008)

Joëlle PETIT : Un métier d'art dans un espace historique en mouvement : le rayonnement des marbriers wallons par l'étude de quelques chantiers et réseaux commerciaux, en Belgique et en France, du Consulat à la première guerre mondiale

2. Les expositions universelles en France au XIXème siècle. Techniques - Publics - Patrimoines ; Colloque international organisé par le Centre d'histoire des techniques et de l'environnement (CDHTE-Cnam), la bibliothèque du Cnam, le Musée des arts et métiers et les Archives nationales (Paris, 14 -16 juin 2010)

Joëlle PETIT : Stratégies et valorisation des marbres et techniques du marbre dans les expositions universelles ;

Ce colloque fut suivi d'une publication CNRS Alpha, 30/11/2012, 482 pages;

3. Quatrième congrès international d'histoire de la construction , Organisé par les Ecoles supérieures d'architectue de Paris-Malaquais, Paris-La Vilette, Versailles, et le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam),  (Paris, 3 - 7 juillet 2012 )

Joëlle PETIT : Private Archives of the 18th and 19th Centuries. Sources for the History of Marble-working in Belgium

4. Biennale internationale : Transmettre des valeurs et des cultures, Conservatoire national des arts et métiers (Paris, 5 juillet 2012)

Joëlle PETIT : Transmettre la culture technique par la muséologie : le cas du Marbre de Rance (Belgique)

5. Neuvième Congrès de l'Association des cercles francophones d'histoire et d'archéologie de Belgique, LVIème Congrès de la Fédération des Cercles d'archéologie et d'Histoire de Belgique (Liège, 23-26 août 2012)

Joëlle PETIT : Le transport du marbre au 19ème siècle, au départ de la Belgique vers la France et l'Angleterre, sur base de registres d'exportation, de comptabilité et de copies de lettres originaux de marbriers rançois ;

Francis TOURNEUR : Les marbres et les marbriers wallons avant les grands travaux versaillais ou les prémices d'une apothéose 

6. Colloque international autour des marbres jaspés, Service des musées de la Province de Namur; (Namur, 4-5 septembre 2012)

Joëlle PETIT : Stratégie et valorisation des métiers du marbre lors des grandes expositions universelles du XIXème siècle

7. Cycle de séminaire  Gestes techniques : du geste à la machine, de la dextérité au doigté (XVIIIème - XIXème siècles), Laboratoire Histoire, techniques, technologie, patrimoine (HTTP-Cnam);  (Paris, 27 septembre 2012) ;

Joëlle PETIT : De l'outil au geste, une représentation des métiers de la pierre

8. En préparation :

Joëlle PETIT : Ebauche de dictionnaire des marbriers du XIXème siècle

    Et pour démontrer de l'importance prise par ce marbrier, voici trois extraits de la communication de Joëlle PETIT, récemment éditée dans une publication du CNRS, se rapportant à un colloque international organisé à Paris en 2010.

    L’exposition de 1878 voit consacrer la suprématie du marbrier Parfonry  déjà cité. Il a repris la société qu’il dirigeait à Paris en 1856, occupe cent cinquante ouvriers, possède une machine à vapeur, des scieries, débiteuses, tours, plaques tournantes, machines à percer et une grue sur rails pour la manutention des blocs. Il reçoit la médaille d’or, notamment pour un vase en cipolin antique de 1,50 mètre de hauteur, taillé dans un bloc provenant de fouilles à Rome en 1868.

 

    L’exposition universelle de 1889 veut commémorer le centenaire de la Révolution de 1789, montrer le progrès intellectuel, moral, économique et social, la recherche du bien-être, et faire connaître aux visiteurs les origines de l’outillage du XIXème siècle.

Parfonry déjà cité est membre du jury, hors concours. Il expose notamment quatre cheminées Louis XIV, une cheminée Louis XVI et un dressoir de salle à manger de plusieurs tonalités, en Sarrancolin des Pyrénées, composé spécialement pour l’exposition, qui comporte des « incrustations de portor, du petit et du grand antique, du vert et du rouge antique, de la fleur de pêcher, des onyx blanc, agatisé et rubané d’Algérie, du gris du Portugal, du bleu flambé de Corse, de la brèche rouge de Corse, du paonazzo, de la brocatelle d’Espagne, de la griotte ronceuse et du vert campan. Les grains, les frises et les cornes d’abondance du fronton sont sculptés en marbre blanc statuaire. »

 

    Parfonry a offert en 1884 au Conservatoire des arts et métiers des épreuves photographiques (Musée des arts et métiers, inv. 10239) représentant les diverses phases du travail du marbrier, une collection d’échantillons de marbres des différentes espèces de marbre les plus répandus dans le bâtiment (inv. 10237) et une collection d’échantillons de marbre de Tunisie (inv. 10238). En 1886, il offrait des panneaux d’échantillons de marbres de Corse et d’Algérie (inv. 10864).

 

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commentaires

agnès Parfonry-verret 04/03/2013 13:08

Roland,
Ton blog a joué le role parfait de moteur de recherche et de pivot pour croiser les informations. grace à lui tu es rentrée en contact avec cette chercheuse Joelle Petit qui étudie l'histoire des
marbriers belges. C'est magnifique, je vais m'empreser de lire ces communications. J'aimerais vraiment organiser un séjour à Paris avec vous pour faire un parcours autour de François Xavier. J'ai
parlé à mon notaire de la possibilité de consulter ses archives je dois le relancer car je pourrais ensuite remonter à l'époque de François Xavier. Reste les archives commerciales aussi à
consulter. Je compte aller voir aussi au CNAM ce que notre aieul a laissé. Merci pour l'info sur les recherches de Joelle petit. A bientôt, Agnès