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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 09:58

       Si l'on avait connaissance de plusieurs déplacements de notre patronyme (sous les deux formes PARFONRY et PARFONDRY) en France au cours du XIXème siècle, la première expatriation aurait été l'oeuvre de Don Diego PARFONDRY au cours du siècle précédent en Espagne (voir article: Une recherche approfondie sur Don Diego Parfondri). Sans avoir de doutes sur son origine belge, il manquait le petit détail qui manifestement devait permettre d'en attester.

      Un indice supplémentaire vient désormais confirmer de sa provenance. Dans un document publié en 1995, on trouve la trace d'une autre personne de même appelation en Espagne. Et les quelques éléments qui y sont annexés ne font que confirmer notre analyse. Ce patronyme ne peut provenir que de cette région de Liège gravitant autour de la Meuse et de ses affluents.

      Voici ce que nous apprend cet extrait (Source : Emilio de CARDENAS PIERA : Caballeros de la Orden de Santiago, Siglo XVIII, Tome VII, Ana 1789 a 1799, Ediciones Hidalguia, Madrid, 1995, p. 94).

                         Maria Juana de Parfondri

                            N : Lieja (Flandes) Nuestra Senora de las Fuentes,

                                   20 de agosto de 1701

                            T : Madrid, 13 de agosto de 1770

                           Hijos : Bernarda, Luisa, Nicolas, Francisco, Petronila, Manuel y Roque

      Les références à la région liégeoise sont doubles.  Il y a bien sur la mention de la ville de Liège (Lieja) mais surtout celle relative à l'Eglise Notre-Dame-aux-Fonts (Nuestra Senora de las Fuentes) qui doit être très certainement le lieu de baptème de Maria Juana de PARFONDRI (N = Nacimiento).

      Pour la petite histoire, l'église Notre-Dame-aux-Fonts est la première église de Liège, édifiée au 10ème siècle par NOTGER, le premier Prince-Evêque de Liège. Tout liégeois se faisait baptiser dans cette église. Elle ne résista pas à la révolution liégeoise qui se fit dans la foulée de la révolution française et fut détruite en 1794. La notification de cette église n'est pas la première au niveau de notre patronyme. Elle avait déjà été mentionnée dans la famille du Baron de PARFONDRY et de la famille VAN der MAESEN. De plus, le fait d'une présence à Liège n'a rien d'étonnant car il est attesté que le nom s'y était installé dès la première moitié du 14ème siècle.

      Ce qui est plus surpremant, c'est la mention de la Flandre (Flandes) en tant que région d'origine. Il y a une erreur historique qu'il convient d'interpréter.en fonction du contexte de l'époque. Si la Principauté de Liège ne faisait pas partie des Pays-Bas espagnols en 1701, il est évident que son indépendance politique se réduisait progressivement. Par son caractère de neutralité reconnue par les Grandes puissances, par le découpage de son territoire, par son isolement géographique, les armées étrangères ne se gênaient pas pour la traverser, installer leurs quartiers et rançonner la population. Il apparaît évident dès lors que ce territoire, et plus particulièrement durant la Guerre de Succession d' Espagne, était assimilé à l'ensemble des Pays-Bas espagnols qui vécurent de 1506 à 1710 avant d'être transfèré aux Habsbourg en 1715, après cette guerre. Il a déjà été rapporté à plusieurs reprises, dans ce blog, que ce contexte fut la principale raison de déplacement de notre patronyme au début du 18ème siècle.

     La signification du T n'est pas assurée. Le sigle n'est pas en relation avec la notion d'un décès (fallecimiento) ou d'une morte (muerte). On peut seulement en déduire que cette personne était à Madrid en 1770, à l'âge de 69 ans. Et manifestement, Maria Juana de Parfondri avait de nombreux enfants. 

       Quant à l'Ordre de Santiago, qui sert de contexte à l'extrait du livre mentionné, il s'agit d'un ancien Ordre militaire et religieux dont les chevaliers restaient  laïques. Placé sous la souveraineté du Roi d'Espagne, depuis 1493, il n'était plus que protocolaire.

     Dans le même livre, il est mentionné un dénommée Juan Baldorinos de Parfondri, avec comme seule information complémentaire la mention   F : Ceuta (hospital), 19 de enero de 1721. Ce qui pourrait être compris comme étant décédé (F : Fallecimiento) le 19 janvier 1721 à l'hôpital de Ceuta.

      Cette référence à Ceuta ainsi que l'année 1721 font croire à un lien avec la Campagne de Ceuta (fin 1720-début 1721), au cours de laquelle un corps expéditionnaire espagnol de 16 000 hommes, sous la direction du Marquis de Leyde, fut envoyé pour lutter contre les troupes du sultan du Maroc Moulay Ismaël qui encerclaient la ville. Les combats furent rudes et malgré leur victoire, les espagnols auraient eus 5 000 morts. Juan Baldorinos de Parfondri doit probablement faire partie de ceux-ci. Ceuta est encore de nos jours l'une des deux enclaves espagnoles (avec Melilla) au Maroc.

      Et ceci nous confirme donc bien que la provenance de tous ces PARFONDRI (Y) en Espagne dans le courant du XVIIIème siècle, ne peut qu'être reliée qu'avec sa région d'origine, à proximité de la ville de Liège en Belgique.

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