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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 15:46

      Dans la rubrique des faits divers de trois  journaux parisiens de 1902, il est relaté une altercation qui se serait terminée de manière tragique pour un dénommé PARFONDRY, selon le titre de l'un des articles. Ce dernier intitulé " Un meurtre " ne laisse que peu de doutes sur les conséquences des coups de couteau reçus. Le jeune PARFONDRY aurait donc succombé à ses blessures.

Journal des débats politiques et littéraires du 01 mars 1902 (n° 52)

       Un meurtre

      Congédié avant hier du dépôt des Petites Voitures, parce qu'il remplissait mal son service, Henri Bachet partait en proférant des menaces contre M. Parfondry, son contre-maitre, et son fils, âgé de vingt ans.

      Le même soir, M. Parfondry et son fils se rendaient à la cantine de dépôt, rue Duret, y prendre une consommation. Ils y trouvèrent Bachet et un de ses amis, qui se mirent à les injurier. M. Parfondry ne répondit pas; puis sa consommation prise, sortit avec son fils.

      Il avait à peine fait quelques pas sur le trottoir que Bachet lui sautait à la gorge. Le jeune Parfondry voulait dégager son père, mais l'ami de Bachet, le prit à bras-le-corps et, presque aussitôt, Bachet s'élancait sur le jeune Parfondry, lui plongeait par trois fois son couteau dans le cou, dans l'avant-bras et dans les reins.

      Le malheureux jeune homme a été transporté à l'hôpital Beaujon dans un état très grave.

      Une heure après, Bachet et son ami, un certain Ury, étaient arrêtés et envoyés au dépôt.

Journal La Croix du 28 février 1902

      Entre camarades

     Un drame sanglant s'est déroulé cette nuit, vers 2 heures, dans un dépôt dfe voitures, 25, rue Duret.

     A la suite d'une violente discussion entre plusieurs laveurs de voitures qui sortaient de la cantine, l'un d'eux, Henri Bruchet, 24 ans, demeurant avenue de Lorraine, à Clichy, a frappé de plusieurs coups de couteau un de ses camarades, Albert Parfondry, demeurant 22, rue Duret.

    Ce dernier, qui perdait son sang en abondance, a été porté mourant à l'hôpital Beaujon. Le meurtrier a été arrêté.

Journal Le Petit Parisien du 28 février 1902

     Un meurtre à Passy

     Une tentative de meurtre dont la vengeance est le mobile a été commise, hier, vers deux heures du matin, rue Duret, en face du dépôt de la Compagnie des Petites-Voitures.

     Albert Parfondry, âgé de vingt ans, a été frappé de trois coups de couteau, dont l'un très grave met ses jours en danger.

     Il travaillait depuis longtemps au dépôt des Petites-Voitures, où son père est brigadier; il avait pour camarades, Henri Buchet, âgé de vingt-quatre ans, et Edmond Ury, âgé de vingt-deux ans, avec lesquels il avait vécu jusqu'ici en parfaite intelligence.

     Mardi dernier, le père de Parfondry, trouvant qu'Henry Buchet apportait trop de négligence dans son service, lui en fit la remarque. Le subordonné prit mal l'observation, et une querelle s'en suivit à la suite de laquelle un brigadier fit un rapport au chef de dépôt, qui, séance tenante, congédia le laveur de voitures.

     Henri Buchet quitta aussitôt son travail et partit en proférant des menaces contre le père et le fils,.......

     Il avait fait à peine quelques pas sur le trottoir que Buchet lui sauta à la gorge. Le jeune Parfondry, qui s'était un peu attardé, accourut et voulut dégager son père, mais ....... Buchet qui avait réussi à se dégager de l'étreinte du père, rejoignit le fils et, à trois reprises différentes, lui plongea son couteau dans le cou, à l'avant-bras gauche et au bas des reins......... Des agents avertirent M. Montianuc, commissaire de police, qui, après avoir fait transporter le blessé à l'hôpital Beaujon, arrêtait une heure plus tard Buchet et Ury dans un débit de vins ou ils s'étaient réfugiés. Tous deux ont été envoyés au dépôt.

     La blessure qu'Albert Parfondry a reçue au bas des reins inspire les plus vives inquiétudes.

 

      Quant à déterminer de l'origine des PARFONDRY qui ont été impliqués dans cette bagarre, l'allusion à la rue Duret semble un indice primordial. Quelques années plus tard, dans un autre article, cette fois du journal " Le Gaulois " du 10 mars 1908, on retrouve dans les offres d'emploi, le texte suivant, avec le même numéro 22 dans cette rue :

Chauffeur mécanicien - Bon chauffeur plurivalent, 27 ans, désire place sérieuse, bonne réf. Albert Parfondry, 22, r. Duret.

       La coïncidence d'y retrouver la rue Duret ne peut être fortuite. Le lien entre les deux textes de 1902 et de 1908 ne peut que nous aider à trouver l'identité de ce PARFONDRY. D'autant que le 16ème arrondissement, où se trouve cette rue Duret est justement l'endroit de naissance d'Albert, Pierre PARFONDRY en 1918 et précédemment de sa soeur Simone en 1913. 

      Le père de ces derniers n'est autre qu'Albert, Joseph PARFONDRY, né à Tournay, près de Bertrix dans le Luxembourg belge, en juin 1881 et décédé à Paris 20ème en 1935. Au moment de l'altercation en 1902, il avait bien la vingtaine d'années relatée dans l'article. C'est donc très certainement lui qui accompagnait son père, Alfred PARFONDRY. Le fait qu'il recherche un emploi quelques années plus tard en 1908 est manifestement une preuve comme quoi il a survécu à l'agression. On peut s'étonner dès lors du titre de l'article qui ne laissait que peu de chances au jeune PARFONDRY.

      Cette lignée de  PARFONDRY est une descendance des PARFONDRY de la branche originaire d'Aywaille. On a ainsi la preuve que c'est Alfred, Joseph PARFONDRY, né lui aussi à Tournay en 1850, qui a émigré sur Paris. Quant à Albert, il est le grand-père d'Alain PARFONDRY, installé de nos jours à Bordeaux.

 

Quelques explications complémentaires

Rue Duret : rue du 16ème arrondissement de Paris dans le quartier de Challiot;

DURET (1804-1865) : sculpteur français, élève de BOSIO qui fut le sculpteur de référence des Bonaparte ;

Dépôt des Petites Voitures : dépôt appartenant à la Compagnie des Petites Voitures, installée à Aubervilliers en 1898, exploitant des voitures hippomobiles à louer  ou des fiacres électriques possédant une autonomie de 60 km :;

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