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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 18:17

         Le journal le Figaro publie une annonce et un avis de mariage en 1911 dans lequel on retrouve Paul PARFONRY.

             Le Figaro du 4 décembre 1911 - Annonce de mariage

             M. Henri-Jean-François-Joseph Verne, homme de lettres, et Melle Marie-Cécile Woodruff- Logé, fille de M. Logé, compositeur de musique, et de madame, née Woodruff.

          Le Figaro du 15 décembre 1911 - Mariage

         Paul PARFONRY a été témoin avec M. Léon ESTIVANT, en tant que cousins de la mariée, au mariage de Melle Mary-Cécile WOODRUFF LOGE, fille du compositeur de musique Henri LOGE, avec M. Henri VERNE, célébré dans l'intimité par le Right Révérend Bishop OREMSBY. Les témoins du marié étaient Monsieur Léon BOURGEOIS, sénateur, et son cousin, M. ARNAUNE, Conseiller maître à la Cour des Comptes.

 

     Sans être d'une grande originalité sur la forme, cet avis donne par contre quelques informations sur le fond. Des personnes qui y sont reprises, on ressent manifestement une présence anglo-saxonne indéniable dans le nom de la mariée et du religieux y officiant. Mais aussi la particularité d'un milieu ou se côtoyaient le monde économique, par la présence de Léon ESTIVANT*, le monde culturel, avec Henri VERNE* le futur Conservateur du Louvre et le monde politique avec Léon BOURGEOIS*, sénateur de la Marne, Président du Conservatoire national des arts et métiers et futur prix Nobel de la Paix en 1920. Comme un témoignage de cette époque où l'alliance de l'art, de l'industrie et de la politique permit ce bouillonnement de réalisations architecturales, industrielles et culturelles. Un paradigme que les nouvelles terminologies de "mondialisation et de développement durable " sont en train de modifier de nos jours.

        L'origine de la famille de la mariée reste à découvrir. Le nom LOGE (il faut prononcer Logé) doit probablement être mis en relation avec le nom et la date de Joséphine LOGE (1885) inscrit sur le monument funéraire familial de Créteil. Sans avoir toutefois de certitudes et d'indications réelles sur le lien éventuel qui pourrait exister entre les deux appelations.

      La mention de "cousins de la mariée" qui est attribuée aux deux témoins ESTIVANT et PARFONRY, reste également un point d'interrogation. Le lien pouvant exister entre les deux personnages et la mariée n'a pas encore été découvert.

        Quelle explication peut-on également donner sur cette présence d'un l'évêque anglican ? Elle doit nécessairement être en lien avec la famille anglophone de la mariée. Le lieu de son affectation dans une petite ïle anglaise, au large du Northumberland, peut être une indication.

      Il a été confirmé1 en outre que ce lien entre les PARFONRY et les LOGE s'est perpétué à la génération suivante. A ce moment, Georges, le fils de Paul, a hérité de mobiliers en provenance de cette famille LOGE. Cette information m'a été donnée par Michel, l'un des fils de Georges et petit-fils de Paul ;

          Quelques explications complémentaires sur les personnes qui sont reprises à travers cet article du Figaro

Léon ESTIVANT : Economiste français qui fut rédacteur pour le journal " L'Economiste" ; il fut parmi les initiateurs de la Société Belge d'Economie Politique, créée en 1855, sur base de la Société d'Economie de Paris qui rassemblait les défenseurs de la pensée libérale et du libre-échange; il publia un article intitulé " Etude sur la mobilisation de la propriété foncière dans l'Act Torrens " en 1899.

Il fut de ceux également qui initièrent l'idée (avec Emile DOLLOT et le suisse Marc EUGSTER) de construire le premier téléphérique joignant Chamonix au sommet de l'Aiguille du Midi (la route du Mont Blanc) et dont les travaux débutèrent le 2 juin 1910; en 1936, il est encore présent pour créer la Compagnie française des Funiculaires de Montagne ;

Act TORRENS : Originaire de l'Australie, il s'agit d'un système de registre des possessions de terre permettant l'immatriculation d'un bien immobilier à la simple initiative d'un propriétaire volontaire sur base d'un bornage, d'un plan et d'une description du titre de propriété déposé dans un bureau d'enregistrement; c'est un système d'immatriculation individuelle qui apporte une solution dans le cadre d'un boum sur la spéculation des terres, en opposition avec le système de titres fonciers s'inscrivant dans une notion de recensement et d'abonnement général ; ce système de l'Act Torrens a été particulièrement utilisé durant les périodes de colonisation afin de donner une garantie aux nouveaux arrivants ;

Emile DOLLOT : Ingénieur des Arts et Manufactures (actuellement Ing. Centraliens); fondateur de la Compagnie générale des Travaux Publics; a collaboré à l'idée d'une création d'une mer intérieure, près de Gabès en Tunisie;

Henri LOGE : Après avoir pensé au compositeur américain Henri LODGE (1884-1933) qui composa de la musique ragtime pour le couple de danseurs américains Irène et Vernon CASTLE qui débutèrent leur carrière en 1911 à Paris, il s'est avèré que sa fille, dénommée également Mary, ne peut être la mariée. La date de son mariage en 1911 ne concorde pas avec l'âge escompté ; 

Henri VERNE (1880-1949) : Directeur des musées nationaux et Conservateur du Louvre qui fut l'auteur du projet d'agrandissement du Louvre (Verrière de la Cour du Sphinx, aménagement des salles des antiquités égyptiennes et orientales,...); il organisa également avant la guerre l'évacuation de nombreux chefs d'oeuvre du musée du Louvre;

Right Revérend Bishop OREMSBY :Très probablement, il doit s'agir de l'évêque anglican ORMSBY (1843, Dublin-1924) qui fut évêque de Bélize (Honduras britannique) avant de revenir en Angleterre comme Archdeacon (Vicaire général) de Lindisfarne, petite île de l'est de l'Angleterre, célèbre pour ses Evangiles illuminées, copie illustrée des 4 Evangiles ;

Léon BOURGEOIS (1851-1925) : Grand homme politique français, Parlementaire radical, Sénateur de la Marne de 1905 à 1925, Premier Président de la Société des Nations en 1919, lauréat du prix Nobel de la Paix en 1920 pour son action dans la résolution des conflits, théoricien du radicalisme ;

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commentaires

G.Gariepy 13/12/2013 13:33

J'ai une petite toile que j'ai acheté à Québec signé Parfonry, le sujet un jeune homme à chapeau 1903
Je peux fournir photo sur demande!
Gaétan Gariépy

CAHEN Daniel 02/02/2013 10:48

Quelques précisions sur l'article que je viens de lire sur le rôle des Parfonry lors d'un mariage entre Henri Verne et Mary-Cécile Woodruff
- Sur le père de la jeune fille : son identité complète est Henri Edouard Auguste Logé. Il est né à Bruxelles le 12 janvier 1854 de Henri Joseph Logé et de Cécilia Dejongh. La souche est assurément
belge car ses grands parents procédait de Floreffe, dans l'actuelle province de Namur (Belgique). Il s'établit en Grande-Bretagne, près de Londres où, semble-t-il, il acquiert la nationalité
britannique sous l'identité d'Edward Joseph Loge comme vu dans son acte de décès (burial) de 1912, dans le Pays de Galles. Il se marie à Paris (8e) en décembre 1886 avec une demoiselle de souche
américaine, Mary Ennis Woodruff, née à New-York en février 1856 et dont la famille, très prolifique, et de très ancienne émigration, est vue dans l'état de New-York, celui de Washington et dans
celui de Michigan, vivant d'agriculture, d'artisanat et de pêche, deux marins du côté Woodruff étant déclarés "morts en mer", l'un vers Terre-Neuve, l'autre au large de Long Island, sur l'"Artic",
au début du 19è siècle. L'acte de mariage à Paris rapporte la présence d'un Lefèvre-Parfonry, ce qui témoigne d'une relation déjà ancienne entre les familles Logé et Parfonry.

- Sur les patronymes et matronymes de Mary Cécile
Mary Cécile est née à Marylebone, près de Londres, du couple précédent, en décembre 1887. Son baptême est anglican et son état civil est britannique. Sur l'ordre de ses matronyme et patronyme, il
semble que ce fut sa mère, pourtant mariée en France, qui déclara l'enfant la première, donc sous son nom. Logé, le nom du père, fut rajouté par la suite, vers 1905. La jeune fille est bilingue.
Elle a dû rencontrer Henri Verne, cannois de naissance, alors qu'il était encore directeur du musée français de New-York avant de devenir directeur du Louvres à Paris vers 1919.
- sur un cousin, maître à la Cour des Comtes de Paris, Auguste Arnauné. Il faut chercher la filiation par les belles familles maternelles. En effet, Henri Jean François Joseph Verne est né à Cannes
en 1880 de Jean François Verne, directeur de journaux, et de Marie Hommey, l'aîné des quatre filles de Jean Hommey, musicien et organiste à Toulouse puis à Cannes, natif de Toulouse en 1822. C'est
par Marie Léontine Devers, son épouse décédée à Toulouse en 1862, qu'il faut trouver l'explication car cette personne, procédant d'une famille de libraire à Toulouse, est la tante d'Auguste
Arnauné, lui même né du mariage entre François Arnauné et Augustine Devers.

C'est compliqué, j'ai essayé d'être simple. N'hésitez pas à me demander plus de précisions, si je peux vous en donner.

Daniel CAHEN
Albi, Tarn, France

PARFONRY 02/02/2013 11:34



Grand merci pour toutes ces informations qui résolvent l'un des points méconnus de l'histoire familiale. Il reste à résoudre la question d'un mariage Lefevre-Parfonry, pour trouver l'explication
du cousinage avec Paul Parfonry.


On aborde un point qui semble sans doute peu apparent dans les textes. Dans un article précédent, intitulé "L'acte de mariage de Jean et de Jeanne ", il avait été question de cette
mention d'une Elisabeth Lefèvre. Le texte de l'acte de mariage était un peu curieux au niveau de la phraséologie. Dans les commentaires que j'en apportais (pt 6), je faisais d'ailleurs allusion à
cette ambiguité. Il y a probablement eu un mariage, un enfant qui n'est pas apparu dans les registres. Peut-être qu'un généalogiste plus averti comme vous pourrez me donner une explication en
réponse à ce que considère dans l'article comme anormal comme situation.