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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 11:06

                En réponse à une question qui m'a été envoyée par un des lecteurs les plus assidus de ce blog, Paul LAURANT, qui est non seulement un des descendants de Mathieu PARFONDRY, né à Aywaille en 1732,  mais également le fervent défenseur du cheval ardennais, je vais m'efforcer d'expliquer l'origine de cette petite variante dans l'écriture de notre si joli toponyme.

 

Pour bien comprendre ce qui suit, il faut se remémorer la signification du nom que nous portons. L'interprétation la plus généralement admise de nos jours est tout simplement " Par le fond du ry ". Même si je défends avec ferveur un lien plus ancien avec le mot " fonderie ", il n'y a aucune objection à considérer cette signification comme réelle. Il a du y avoir une évolution progressive, ayant démarré durant la période gallo-romaine, et s'étant généralisée entre le IXème et le XIIème siècle à une situation résultant essentiellement de la géographie.

On constate dans les registres de baptême, ceux retrouvés pour les XVIIème et XVIIIème siècles, des écritures mentionnant selon le cas PARFONRY où PARFONDRY. On a ainsi observé que des enfants d'une même famille étaient inscrits des deux façons. Il en découle que la terminaison en ry et en dry ne résulte pas nécessairement d'une différence d'origine dans les lignages. L'explication repose essentiellement sur la transcription du nom. Tant PARFONRY que PARFONDRY dans les temps anciens devaient se prononcer de la même façon. Ceci tout simplement par le fait que le "d" du terme "Fond" ne se prononce pas non plus. Confirmée en son temps par la Commission Royale de Toponymie et de Dialectologie, chargée d'authentifier notamment les écritures sur les cartes IGN, il n'y a aucune objection à considérer cette hypothèse comme valable. Au cours des générations, l'écriture du nom a pu ainsi évoluer dans les familles en fonction de la transcription du nom.

En conséquence, c’est bien le niveau d’instruction de l'Officier d'Etat civil enregistrant l’acte de naissance ou du prêtre retranscrivant l'acte de baptême qui est à l'origine de cette différence d’écriture. Selon leurs compréhensions, ils reprenaient le "d" dans l'écriture du registre car cette consonne n'était pas dictée lors de l'énoncé du nom. Et comme les déclarants, que ce soit le père ou le parrain, étaient dans la plus grande majorité des cas des analphabètes, on n'y apportait aucune correction.

Avec le temps la signification du nom s’est perdue et la différence d'écriture et de prononciation est apparue de manière plus stricte. Certains ont voulu absolument, pour se diversifier d'un voisin, que l'on prononce la lettre "d". C'est ce qui est probablement arrivé avec l'ancêtre de l'auteur de cette question. Qui me mentionne que, selon sa mère, son aïeule, Anne Elizabeth PARFONDRY (1834-1933) " mettait une insistance toute spéciale à la prononciation correcte du DRY ". Une preuve que la prononciation actuelle n'était pas encore actée au début du XXème siècle. Pour information, cette personne n'est rien d'autre que la soeur ainée d'Alfred Joseph PARFONDRY, né en 1850, l'arrière-grand-père d'Alain PARFONDRY habitant de nos jours dans le Médoc.

On en conclut donc que les branches de PARFONRY et de PARFONDRY, existant de nos jours, peuvent être de fait de lointains cousins, à l'échelle généalogique du temps. Ce qui est déjà acquis, c'est qu'ils ont probablement évolué sur un territoire assez restreint jusqu'au XIVème - XVème  siècle, en rive droite de la Meuse, dans un triangle incluant les vallées de l'Amblève, de l'Ourthe inférieure et de l'Aisnes.

  

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