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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 16:19

       Voici un petit récapitulatif faisant état de la situation de notre patronyme dans le monde de nos jours. En insistant en fonction des données disponibles sur l'origine de l'installation et de la propagation dans les pays.

Notre patronyme (Parfonry - Parfondry) n’est ainsi pas recensé parmi les cent plus fréquents de Wallonie ni dans aucune des communes. De manière synthétique, on résumera qu’il existe encore à ce jour deux branches de PARFONRY (Neerheylissem et Erezée) et deux de PARFONDRY (Aywaille et Forchies-la-Marche). A cela, on peut y joindre la branche d’Havelange, en cours d’extinction, car uniquement représentée par des filles, et la branche de Trognée/Bertrée qui s’est éteinte récemment avec Flore-Hortense PARFONDRY, décédée sans héritiers en 1992.

 

Pour toute la Belgique, il y avait 32 PARFONRY et 86 PARFONDRY recensés en 19991 pouvant être répartis en fonction des provinces.

 

                              Tableau de répartition des noms PARFONRY et PARFONDRY par province belge en 1999

 

 

Anvers

Bruxelles

Brabant Wallon

Brabant Flamand

Flandre Occiden

Flandre Orientale

Hainaut

Liège

Luxembrg

Namur

Total

PARFONDRY

0

1

3

0

0

1

39

18

13

11

86

PARFONRY

0

3

7

4

0

0

2

3

6

7

32

Total

0

4

10

4

0

1

41

21

19

18

118

39 : Résulte de la localisation encore importante de la branche des PARFONDRY de Forchies-la-Marche dans le Hainaut ;

  7 : Résulte de la présence du village de Neerheylissem dans la province du Brabant wallon:

21 et 19 :Les Provinces de Liège (branche d’Aywaille) et de Luxembourg (branche d’Erezée) attestent toujours de l’origine ;

18 : La présence relativement importante dans la province de Namur résulte de migrations récentes pas complètement élucidées ;

 

 Et la situation n’est pas meilleure en France2, pays ou ce nom s’est quelque peu propagé. En 2007, 15 personnes y portaient le nom PARFONRY et 14 le nom PARFONDRY. Le repérage des PARFONRY a pu se faire à ce jour dans la totalité en les reliant à la même origine. Assez peu nombreux, ils descendent tous de François-Xavier PARFONRY, originaire de Neerheylissem, arrivé à Paris peu après 1841 et devenu marbrier d’art à Paris. Il sera récompensé en recevant la médaille de Chevalier de la Légion d’honneur en 1881. Depuis 1890, 18 personnes de cette lignée y sont nées sur le territoire français3. La proportion nettement plus importante d’hommes explique la persistance du nom4. Toujours présents à Paris, ils se sont quelque peu dispersés, tout en conservant une forte homogénéité familiale et en manifestant une focalisation particulière sur le Loiret et sa forêt de Sologne.

 

Quant aux PARFONRY de la branche d’Erezée, aucun membre n’y a été recensé en France. Par contre, depuis l’arrivée de José PARFONRY à la fin du XIXème siècle, une lignée existe toujours à Séville en Espagne. Parti de Belgique pour y écrire un livre « De Bruxelles à Gibraltar à pied », il s’amouracha en chemin d’une habitante de Séville5. Sa présence est repérée dès 1896. Il s’y installa de manière définitive en créant une société spécialisée dans la fabrication de paratonnerres « PARARRAYOS PERFECCIONADOS », située Marquès de Santa Anna 3. Un total de 14 naissances couplées à ce nom ((PARFONRY, JIMENEZ-PARFONRY, PARFONRY-RAMIREZ, PARFONRY-PONCE) a été enregistré depuis son arrivée. Son frère, Emile, lieutenant dans l’armée belge, né à Hotton-sur-Ourthe en 1857, a rejoint STANLEY en 1882, en l’aidant à remonter le fleuve Congo. Nommé chef de la Station d’Issanghila, il est décédé 7 mois après son arrivée, le 24/03/1883. Il est enterré au cimetière des pionniers à Manyanga dans le Bas-Congo. Grâce à cette petite parenthèse historique, nous avons droit à Hotton à la seule rue au monde portant notre patronyme.

 

Pour les PARFONDRY, installés en France, la situation sur l’origine n’est pas encore totalement vérifiée, même si la grande majorité est issue de la branche d’Aywaille. Celle-ci remonte à Mathieu PARFONDRY (1732-1799), né et décédé à Aywaille, plus spécifiquement à Dieupart. Son fils Wéry, né en 1765, est à l’origine du déplacement. Il s’est marié en 1794 à Tournay6, village intégré de nos jours à la ville de Neufchâteau dans la province de Luxembourg. Avec cette date de mariage, on peut y voir un lien avec la Révolution française, ayant eu comme corollaire la conquête de la Belgique par les armées de DUMOURIEZ7. Wéry y est décédé en 1812. Tout comme son fils aîné Nicolas, il occupera la fonction de porteur de contraintes8. Cette fonction ayant été précisée par une loi du 16 thermidor an 8 (4 août 1800 )9, il apparait logique de penser que cette famille s’intégrera au nouveau système d’administration français. Ce qui peut expliquer sa propension à se déplacer pour certains de ses membres vers Paris par la suite.

 

    Lieux de naissance des PARFONDRY en France10

 

Période 1891 - 1915 : 2 naissances

Paris 9ème et  Paris 16ème ;

Période 1916 - 1940 : 3 naissances

Paris 1er, Paris 16ème et Paris 18ème ;

Période 1941 - 1960 : 8 naissances

Somme : Roye, Méharicourt (2), Rouvroy en Santerre ;

Allier : Désertines, Montluçon ;

Aisnes : Nouvier en Thiérache ;

Paris 14ème ;           

Période 1966 - 1990 : 4 naissances

Somme : Corbie, Méharicourt ;

Gironde : Bordeaux ;

Haut de Seine : Levallois Perret ;

 

Pour expliquer ce déplacement entre Dieupart et Tournay, soit sur près de 100 km, on peut avancer deux raisons essentielles. En premier lieu, ces deux endroits faisaient parties d’une même entité sous l’Ancien Régime, à savoir le Duché de Luxembourg. D’autre part, ce site de Dieupart, caractérisé par l’installation d’une forge depuis 1525, verra le déclin de l’industrie du fer après 1700, entraînant l’émigration ou le changement d’état11.

Avec l'aide de descendants de cette branche d’Aywaille, il s’est avéré possible d’identifier pour la plupart ceux présents en France. Il y a eu manifestement plusieurs introductions. La première se retrouve dans le Département de l’Aisnes avec Edouard PARFONDRY, marié à Saint-Quentin le 30 août 1842 avec Aurore LEMAIRE (1826-1846). Et qui devrait être probablement François Edouard le fils cadet, né à Tournay en 1810, de Wéry PARFONDRY. N’ayant pas eu d’enfants, la première réelle installation se serait faite peu avant 1860. Il s’agit de Marie-Thérèse PARFONDRY, née à Bertrix en 1830, qui avait migré à Paris ou elle était serveuse dans un café-restaurant. Devenue fille-mère, son fils Jules – Adolphe PARFONDRY est né à Paris en 1860. Les naissances dans l’Allier sont également reliées à cette sous-branche. Quant à celles identifiées dans l’Aisne et la Somme, elles pourraient y être par le souvenir d’oncles, tantes et cousins dans cette région peu après 1900. Par contre, celles de Gironde et de Levallois Perret sont reliées à une autre sous-branche. On y retrouve à l’origine Alfred, né à Tournay en 1850 qui a du arriver au plus tard à Paris en 1885, année ou il y déclare Octavie, sa fille cadette. En fonction des faits divers journalistiques récupérés12, il a du s’installer dans le 16ème à Paris, avec son fils Albert-Joseph PARFONDRY, né à Tournay en 1881 et décédé en 1935 à Paris 20ème.

 

Un extrait d’un journal de 1902 constitue assurément la plus ancienne preuve de cette présence en France. On y retrouve Alfred et Albert dans une situation assez critique13 

 

Journal des débats politiques et littéraires du 01 mars 1902

Rubrique : Faits divers

                               Un meurtre

Congédié avant hier du dépôt des Petites Voitures, parce qu'il remplissait mal son service, Henri Bachet partait en proférant des menaces contre M. Parfondry, son contre - maitre, et son fils, âgé de vingt ans.

Le même soir, M. Parfondry et son fils se rendaient à la cantine de dépôt, rue Duret, y prendre une consommation. Ils y trouvèrent Bachet et un de ses amis, qui se mirent à les injurier. M. Parfondry ne répondit pas; puis sa consommation prise, sortit avec son fils.

Il avait à peine fait quelques pas sur le trottoir que Bachet lui sautait à la gorge. Le jeune Parfondry voulait dégager son père, mais l'ami de Bachet, le prit à bras-le-corps et, presque aussitôt, Bachet s'élançait sur le jeune Parfondry, lui plongeait par trois fois son couteau dans le cou, dans l'avant-bras et dans les reins.

Le malheureux jeune homme a été transporté à l'hôpital Beaujon dans un état très grave. Une heure après, Bachet et son ami, un certain Ury, étaient arrêtés et envoyés au dépôt.

 

Malgré de graves blessures, Albert s'en est sorti. Il s'est marié en France en 1912 avec Marguerite BRASSY, et y a exercé la profession de boucher. Il a obtenu la naturalisation française en 1934. Sur le plan des liens familiaux, Marie-Thérèse et Alfred étaient cousins germains. Leurs pères respectifs, Nicolas et Vincent, tous deux nés à Tournay en 1805 et 1808, étaient les frères ainés de François Edouard. D’autres membres de cette branche, surtout parmi les enfants de Nicolas, se sont déplacés sur Paris. On retrouve ainsi Eugénie, décédée en 1890 à Paris 4ème et Eulalie, décédée en 1900 à Paris 14ème. Mariée respectivement à François LAVAL et Jean-Joseph GERARD, il est possible qu’une descendance puisse exister. La sœur d’Albert, prénommée Simone, devenue modiste, a vécu probablement toute sa vie dans la capitale française. Née en 1913 dans le 16ème, elle est décédée en 1995 dans le 15ème. Mariée en 1936 avec Roger MOHR, une descendance se perpétue également de nos jours. Une dernière naturalisation d’un prénommé Pierre, aura lieu en 1960. De toutes ces données, on constate que les PARFONDRY étaient tous installés jusqu’en 1940 dans différents arrondissements de Paris avant d’entamer un début de dispersion, en particulier vers la Somme. Ce nom se perpétue à travers la descendance de deux Alain PARFONDRY, lointains cousins, issus des lignées des deux frères Nicolas et Vincent.

 

Complémentairement à cette implantation de la branche d’Aywaille en France, une autre installation a existé, probablement plus diffuse. Cette dernière est reliée à la branche de Trognée/Bertrée. Un Lambert-Joseph PARFONDRY, né à Trognée le 19/03/188814, a sans doute été le premier à obtenir la naturalisation française en 1923. Successivement attaché au consulat de France à Anvers dés les années 192015, avant d’être nommé Consul de France à Charleroi de 1945 à 1949 pour terminer à l’Ambassade de France à Bruxelles16, il a également obtenu la Légion d’Honneur en 1947. Si des descendants de cette dernière migration vers la France vivent encore de nos jours, il est envisageable qu’ils puissent avoir un ancêtre commun avec les descendants de Jean–Pierre PARFONDRY, venu s’installer à Neerheylissem vers 1750 et à l’origine de cette branche.

 

Assez curieusement, on ne retrouve aucun membre de l’importante branche des PARFONDRY de Forchies-la-Marche en France. Cette constatation, assez étonnante, demanderait cependant à être confirmée, même si les données accumulées sur Généanet ne donnent aucune indication sur un quelconque déplacement. La seule certitude est celle de Rosine PARFONDRY17, arrivée vers 1902 dans l’Indiana aux Etats-Unis, avec son fils Fernand ROVILLARD18. Elle a été rejointe par d’autres PARFONDRY. On a ainsi Louis, de la branche d’Aywaille, né à Petivoir en 1879, parti en 1911. Mais aussi un certain Alfred, arrivé le 9 août 1919 à New York, à l’âge de 20 ans, sur le navire Eglantier parti d’Anvers19 , dont l'identification reste à faire.

Comme autre pays de destination, on retrouve de nos jours une famille PARFONDRY à Bergisch Gladbach en Allemagne, sans en déterminer la provenance. On fait également mention d’un Charles, Joseph PARFORI, sergent dans l’armée des Pays Bas en 1830, marié à Harderwijk. Sans oublier l'installation en Espagne dès le 18ème siècle et dont le sujet fait l'objet d'autres articles.



1 Source : Patronymica Romanica. Dictionnaire historique de l’anthroponymie romane ; http://www.familienaam.be ;

2 Noms les plus portés en France (cumul des données de 1891 à 1990) : PARFOURU : 91.151ième rang ; PARFONDRY : 276.939ième rang ; PARFONRY : 346.633ième rang ;

3 Cela sans compter les deux naissances en 2008 et 2011 résultant d’une nouvelle migration d’un descendant d’un frère du père de François-Xavier ;

4 13 hommes et 5 femmes, soit un rapport de 2.6 ;

5 Commentaire de juin 2010 de Josefina JIMENEZ PARFONRY, sa petite-fille ;

6 Tournay : village situé près de Bertrix, à ne pas confondre avec la ville de Tournai ;

7 Bataille de Neerwinden de mars 1793 ;

8 Porteur de contraintes : celui qui notifie les mises en demeure pour récupérer des impôts ; huissier de nos jours ;

9 FOURNEL M (1819) : Les lois rurales de la France, T.1, Les Editeurs, Paris ;

11 Ce site fut fortement endommagé en 1691pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg opposant Louis XIV au reste de l’Europe (Site : Domaine du château de Dieupart) ;

12  Journal " Le Gaulois " du 10 mars 1908, on trouve dans les offres d'emploi, le texte suivant : Chauffeur mécanicien - Bon chauffeur plurivalent, 27 ans, désire place sérieuse, bonne réf. Albert Parfondry, 22, r. Duret ;

 13 Journal des débats politiques et littéraires du 01/03/1902 ;

14 Ses parents sont Gérard PARFONDRY, cultivateur, et Marie Louise CORNELIS, mariés le 14/06/1884 ;

15 Ayant habité rue du Rameau d’Olivier, 5 à Anvers, dès 1921, selon la fiche du recensement de Trognée ;

16 Lettre du Consulat de France à Charleroi du 28/11/1980 ;

17 Il s’agit de Rosalie (dite Rosine), née en 1857, fille de Augustin PARFONDRY et Marie Claire MARCHAND, arrière- arrière- petite-fille de Mengol PARFONDRY, et mariée en 1873 avec Désiré Joseph ROVILLARD ;

18  Un mail envoyé en 2001 par son arrière-petit-fils, habitant les USA  recherchait des informations sur cette Rosine : ferdinandrov@webtv.net ;

19 Sur le site : Ellisisland.org ;

 

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