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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 11:00

      L'inventaire et le repérage des lieux reprenant notre nom en tant que toponyme avaient été réalisés durant les premiers mois de notre travail de recherche. Cela avait ainsi permis d'effectuer une sorte de synthèse globale des lieux, des rivières, des sites, des villages qui étaient ou avaient été caractérisés par ce toponyme (voir article : Ou il est question de lieux-dits). Ce fut en quelque sorte la première étape avant d'aborder la question de l'origine géographique de ce nom.

    Depuis lors, aucune autre nouveauté n'ayant été découverte, il était raisonnable de penser que cette liste était définitive. C'était sans compter sur une apparition dans un document trouvé récemment, faisant état du nom de Parfonry, en Province de Namur. On en réfère à des actes administratifs établis en 1822, soit pendant la période hollandaise. Il y apparait à deux reprises, une première fois comme lieu-dit, une seconde fois comme ruisseau dans la même commune.

Code administratif de la Province de Namur, Impr. Dieudonné Gérard, Namur 1827

p. 334 : Chemin de Brémont à Decourt

Ce chemin est en assez bon état si ce n'est que dans le lieu dit le Tilleul le terrain est constamment humide, et qu' on ne pourra jamais y rendre les communications faciles si l'on n'y construit un empierrement régulier ; j' ai remarqué aussi qu'au lieu dit Parfonry il avait éte fait un empierrement considérable, le chemin qui doit y avoir 7 aunes de large d'après les titres, étant réduit ä 5 ; j'en ai averti l'autorité locale qui m' a promis de faire réprimer cet empiètement

p. 721 : Le bourgmestre de la commune de Brémont certifie qu'en exécution de l'ordonnance de la députation des états de la province de Namur en date du 5 janvier 1822, il a fait afficher pendant quatre mois, à compter du 10 du dit mois de janvier jusqu'au 10 mai suivant, la pétition du Sr Guillaume Dirard, tendante à obtenir la permission d'établir un haut fourneau à traiter le minerai de fer sur le ruisseau de Parfonry, territoire de Brémont

       Des indications retrouvées à différentes pages de ce volumineux document, ce lieu-dit et cette rivière de Parfonry se trouve dans le District de Dinant, plus précisément dans la commune de Brémont (incluant les hameaux de Decourt et Beauret). Cette commune de Brémont, traversée également par une autre rivière se dénommant la Bré, se trouve en outre attenante à celle de Dréville.

      De tous ces noms, seuls ceux de Dinant, ville en bordure de la Meuse, et surtout Braimont (anc. écriture Brémont), en rive droite, plus au sud, apparaissent de nos jours sur les cartes. Quant au ruisseau, on ne retrouve, dans cette même section de Braimont, incluse désormais dans la commune d'Hastière, que ceux dénommés : Rau de Jean Biévaux, Rau des Gotales et le Rau d'Heer  . Une vérification similaire effectuée sur le Grand Atlas FERRARIS de 1777 n'apporte aucun complément d'information. On y apprend toutefois que Braimont, à l'époque de l'Ancien régime, appartenant au Comté de Namur, était une zone frontalière importante, avec la France à l'ouest et au sud, la Principauté de Liège à l'est et le Duché de Luxembourg au sud-est.

     Il est probable que des changements d'affectation de sols et d'aménagement de territoire (e.a. nouveaux lotissements de bungalows de vacances) ont modifiés la cartographie de l'endroit en près de deux siècles. L'utilisation de cartes à plus petite échelle, voire une mémoire locale, pourrait éventuellement donner d'autres informations.

      Il n'y est pas exclus non plus que le site d'Heer-Agimont, en rive gauche, ancien territoire français1, entrecoupé de montagnes boisées, de bas-fonds et de plusieurs ruisseaux ne puissent aussi être inclus dans la recherche. 

     L'élément le plus important de ces textes consiste dans la mention d'un haut fourneau pour le traitement du fer, en bordure de la rivière Parfonry. Ceci nous fait immanquablement repenser à cette hypothèse, émise précédemment,  du lien entre le toponyme Parfondry et le mot Fonderie (voir article : Lien avec le mot "Fonderie "). Article très intéressant par ailleurs et qui refait donc surface suite à cette récente découverte. Sur le plan géographique, on se trouve pratiquement sur la bande étroite de la région naturelle et géologique de la Calestienne, qui rassemble la quasi totalité des sites portant notre toponyme. L'humidité du lieu accentue également la cohérence. On ne peut croire à une coïncidence.

 

1 Il existait de nombreuses enclaves de toutes origines, dont quelques unes françaises, sur le territoire des Pays-Bas autrichiens, lors de l'intégration à la France par Napoléon. Il les a supprimées toutes pour créer son découpage administratif basé sur les bassins fluviaux (Sambre-et-Meuse, Ourthe,...), faisant ainsi fi de toutes références de l'Ancien Régime. Evidemment, après la défaite de Waterloo en 1815, ces enclaves françaises n'ont pas été restituées et font désormais parties intégrantes de la Belgique;

 

 

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