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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 10:36

        Un dernier séjour agréable à Nantes, pour aller découvrir la ville du Premier Ministre français, en particulier " Les Machines de l'île " (site officiel : http://www.lesmachines-nantes.fr/fr/actualit-s/), et la " Cour Cambronne ", m'a permis, sur le chemin du retour, de m'attarder dans l'un de ces lieux qui fleurent bon notre patronyme.

       Qui ne connait la chanson paillarde où l'on répète à volonté l'expression " de Nantes à Montaigu ". J'aurais pu, dans un élan de retour à mon parcours estudiantin à Gembloux, suivre cet itinéraire pour aller retrouver cette digue qui fut à l'origine de la chanson au Moyen âge. Il n'en a rien été, laissant mes souvenirs dans une autre vie et préférant un itinéraire " de Nantes à Parfouru ", affecté d'une certaine similitude de déclinaison.

    Qui n'a pas en remontant l'autoroute A84, celle qui parcourt le pays Normand, eut l'attention attirée par une sortie, entre Villedieu-les-Poëles et Caen, amenant la curiosité à sillonner de petites routes avant d'atteindre la commune de Parfouru-sur-Odon (14310), dans le département du Calvados. Avoir droit à un panneau de sortie d'autoroute à son nom, même s'il n'y habite que quelques 139 Parfourutins, nom donné aux habitants, n'est pas une chose anodine. Outre le fait de disposer d'une écriture qui rappelle la construction de notre patronyme, la diversion doit valoir la chandelle. De plus, cela correspondait avec le timing horaire de durée de conduite et de reconsolidation de nos circuits digestifs. Décision donc fut prise de nous rendre à :

  DSC 0915

    Ayant parqué la voiture à l'ombre au pied d'un calvaire, un parcours pédestre, à travers le village, nous semblait la meilleure façon de digérer et de s'imprégner du parfum de son nom (voir site de la commune : http://www.parfouru.fr/). Situé entre vallées et bois, le village est construit à flanc de colline, tel un prolongement de cette suisse normande, que nous venions de traverser. Rapidement, il est apparu qu'un marquage particulier avait été réalisé pour discerner les différents quartiers. Ainsi, pas moins de 10 plaques y auraient été apposées, démontrant de l'existence d'une certaine diversité dans la toponymie malgré la modestie du lieu (Voir sur le site de la commune : Perdu à Parfouru ?). Nous en avons rencontré quelques unes : Le Moulin, Le Ruaudet, Le Village, Montaville, Les Jonchères. Et surtout une pancarte portant l'appelation de :

DSC 0917

      Situé au bas du village, proche de cette rivière de l'Odon, affluent de l'Orne, qui confère son nom complet à la commune, un sentiment de satisfaction et de quiétude me donna la quasi certitude que mes pas progressaient sur le petit chemin qui avait été à l'origine du nom de village. Non loin de la rivière, ce quartier, constitué de quelques maisons parfaitement rénovées, était dissocié de celui proche, englobant l'ancien moulin. Au bout d'une petite route en cul de sac descendant vers la rivière, dans un endroit très ombragé, on y découvre une sorte de mini-lavoir en ciment. On ne pouvait trouver meilleur indice pour trouver le cadre idéal justifiant de dissocier ce lieu avec celui du moulin attenant. La spécificité de l'endroit existait encore plusieurs siècles après sa création.

                                  Le Bas de Parfouru : La route en cul de sac qui conduit au petit bac d'eau ombragé

DSC 0920

     Ce n'est probablement pas le château actuel, au passé assez récent, qui peut apporter un élément d'information supplémentaire. Bien qu'ayant été habité par une lignée d'Abaquesne de Parfouru, sur quelques générations récentes, il a probablement existé un plus ancien château, situé sur le versant sur lequel ont été construites la plupart des maisons. Un endroit appelé La Motte aurait servi de lieu de construction du premier château, qui n'existe plus.

    En regardant le paysage, on y retrouve probablement le même environnement que celui du village de Parfondru dans l'Aisnes (voir article : Faites la connaissance de la commune de Parfondru) que nous avions arpentés auparavant. La vue du petit ruisseau au bas de son château, au bord duquel se sont développées les premières habitations dans le courant du Moyen-âge, inspirèrent probablement le premier châtelain qui désigna de ce fait ces sujets du vocable " ceux d'en bas habitant par le fond du ruisseau ". L'esprit de concision fit le reste par la suite pour donner un nom au lieu.

      Pourquoi avoir, dans ce cas, utilisé la syllabe " fou" et non " fon" ou " fond ", cela reste un mystère. Mon intuition me dit qu'il devrait peut être y avoir une influence étrangère au niveau  de la prononciation. Cette région proche de Caen a été, ne l'oublions pas, un lieu d'installation des premiers ducs de Normandie, originaire des pays scandinaves, et devenus rois d'Angleterre, qui occupèrent la fonction de 911 à 1204. La première mention de cette famille des écuyers de Parfouru remonte en 1224 avec Charles de Parfouru (source : Généanet), ce qui est assez concordant pour pouvoir en expliquer l'influence dans la prononciation.

   Sur le plan historique, ce village de Parfouru-sur-Odon n'est pas à l'origine de la famille des Ecuyers de PARFOURU, ayant été au service du Roi de France. Ceux-ci proviendraient du hameau de Parfouru-l'Eclin, situé dans la commune de Livry (14240), non loin de la tapisserie de Bayeux. Ce qui explique pourquoi aucun indice de pierres tombales portant ce nom ne fut retrouvé, en arpentant le cimetière autour de l'église. On tomba par contre, un peu à l'écart, sur la tombe du prince Wilhelm von Schönburg-Waldenburg et de deux membres de son équipage tués dans leur panzer IV le 9 juin 1944. Le prince commandait le IIe Bataillon du Panzer-Lehr Regiment 130. Ces trois sépultures sont inhabituelles dans un cimetière communal.

     Des informations sur cette lignée d'écuyers peuvent être trouvées dans ce blog (voir article : Les Ecuyers de Parfouru en Normandie). Le nom de famille PARFOURU existe encore de nos jours, ayant perdu entretemps le petit appendice qui leur avait valu d'être reconnu dans l'Armorial de D'HOZIER.

    La promenade à Parfouru-sur-Odon se termina par la visite du Jardin Les Bosquets, réalisé par un passionné de jardinage, ancien boulanger de son état. Mon épouse y flâna, y trouvant l'inspiration pour faire quelques photos de fleurs et de massifs. Particulièrement original et appréciées en cette période de canicule qui débutait, les hautes allées de lauriers, taillées pour leur donner une structure d'arc en plein cintre, offraient un ombrage salutaire mais tout aussi étonnant.

   En conclusion, cette visite dans le village de Parfouru-sur-Odon semble confirmer que la formation du patronyme soit liée avec la toponymie de l'endroit. Du moins pour les sites visités sur le territoire français. Aucune extraction de fer ou autres minerais n'y est mentionnée, autorisant une autre hypothèse. Comme tous les sites qui se référe à notre patronyme, le lieu est plaisant et vaut le détour pour se reposer à condition d'y amener son pique - nique.

      Promis, juré, la prochaine fois que je foncerai à 136.5 km/heure sur cette A84, je ralentirai de nouveau au panneau de sortie Parfouru-sur-Odon. Mais cette fois pour aller visiter le petit hameau de Parfouru-l'Eclin, situé de l'autre côté, un peu plus loin dans la commune de Livry.

 

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