Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 18:18

           Il est de nouveau question dans cet article du peintre Ferdinand PARFONRY. Suite à des recherches complémentaires, menées sur  base de la méthode de déduction et de rassemblement d'éléments d'un puzzle, déjà expérimentée par notre détective national, Hercule POIROT, il s'est avéré possible de suivre une piste assez sérieuse.

            Afin de comprendre la démarche, il est conseillé au lecteur de se remémorer les deux articles se rapportant à Ferdinand PARFONRY, à savoir : Un autre peintre PARFONRY - Et si Ferdinand était des nôtres !!!! 

           En reliant les quelques indications émises dans la lettre adressée à Léopold II du 31 janvier 1867 et les photos reprises sur le site de l'Institut royal du patrimoine artistique (IRPA), il est apparu, à notre sagacité, que l'on pouvait espérer retrouver la trace d'une peinture de Ferdinand PARFONRY.

          En premier lieu, dans sa lettre de 1867, Ferdinand rappelle explicitement la visite du futur Léopold II, alors Prince, à la Cathédrale d'Anvers en 1857. Il était à ce moment en train de peindre une toile de RUBENS, intitulée " La descente de Croix ". Et en consultant le site de l'IRPA, on trouve effectivement mention qu'une copie de cette peinture de Rubens, a été réalisée à Anvers entre 1841 et 18601, soit à l'époque de la visite du Prince Léopold. La concordance était manifeste et comme le hasard n'est pas une vertu partagée dans la science de la généalogie, on pouvait émettre l'idée que l'on parlait du même tableau. En complément d'information, il était indiqué que cette peinture se trouvait de nos jours dans l'Eglise Saint Maurice dans le village de Ciplet. Allait-on, après celle de Paul dans l'église de Spy, pour la deuxième fois trouver une copie d'une peinture de RUBENS dans une église et peinte par un PARFONRY ?

         Une visite à Ciplet devenait impérative. Après n'avoir pas reçu d'échos à mes mails de la part de l'administration communale de Braives, dont dépend Ciplet, je me suis rendu, un peu à l'aveugle, dans le village.  Un temps clément  a favorisé mon déplacement. Le fait de parcourir à pied les alentours de l'église, de profiter de l'ambiance apaisante d'un village ne vibrant qu'au rythme des horaires de travail de ses navetteurs,  m'a permis de prendre langage facilement avec les gens. J'ai ainsi pu poser ma question préliminaire  " Comment procéder pour entrer dans l'église, fermée à clef ? " à l'architecte habitant en face de l'église, venu ouvrir sa boîte aux lettres. De là, j'ai été convoyé, presqu'en face, chez Madame WOUTERS, la dame qui en possédait la clef, faisant fonction de gardienne. Une gardienne de la clef uniquement car j'ai ainsi appris que l'église était désormais pratiquement fermée à tout jamais. Avec pourtant, toujours à l'intérieur, excuser du peu, 47 objets d'art répertoriés sur le site de l'IRPA. Sans aucun doute, le nombre inférieur de ses fidèles, ne permet plus d'entretenir les biens du culte.

      Cette brave dame âgée, avec son accent flamand, ne comprenant pas bien ce que je voulais, m'a bien aimablement servie de guide pour pénétrer à l'intérieur. Le reste ne découlait que de mon expérience de chercheur/généalogiste. La situation apparaissait similaire au tableau de Paul dans l'église de Spy. La nécessité de trouver une échelle était donc primordiale. C'est là que je me suis rappelé qu'une échelle, dans une église, se trouvait toujours derrière l'ancien autel, comme me l'avait montré précédemment à Spy le responsable de la Fabrique d'église, Bernard Vandenbulcke.

       Il ne me restait plus qu'à expérimenter mon nouvel appareil photo, super intelligent, qui allait répondre à l'autre question du jour : Y avait-il la signature de Ferdinand sur la peinture, comme celle de Paul que l'on avait distinctement trouvée dans l'église de Spy ? 2

       Et voici comme témoignage et cartes de visite de ma virée à Ciplet, la photo de cette peinture dont l'original a été  décrit dans un article de Théophile GAUTIER, du 29 novembre 1836, intitulé " Les Rubens de la Cathédrale d'Anvers ". Il qualifie ce tableau comme : Le plus beau tableau de Rubens, peut-être le plus beau tableau du monde

                                                  La Descente de Croix , copie du peintre P.P. RUBENS

DSC_0247-copie-1.JPG

       Quant à la signature, la partie la plus énigmatique, voilà ce que l'on a pu en découvrir

DSC 0249

      Comme dans l'Eglise de Spy, on retrouve la notion " d'après RUBENS " mais point de nom de peintre qui la précéde. Espoir déçu de pouvoir donner notre nom à cette peinture, je sortis de l'église, après avoir remis, non sans mal, la lourde échelle derrière l'autel, sous le regard toujours hésitant de Madame WOUTERS. C'est à ce moment, que m'est venue ma troisième question fondamentale " Qui est le responsable de la Fabrique d'Eglise de Ciplet ? " Question toute simple mais qui, dans un lieu pareil et dans le contexte de la Belgique, est la chose élémentaire à découvrir. Toute la gestion des biens religieux relève de cette organisation ancestrale, chargée de veiller à l'administration des biens et des édifices affectés au service du culte.  

       Adresse en main, j'ai ainsi pu rencontrer Emile GRANVILLE, le dernier responsable en date de la Fabrique d'Eglise. Et oui, comme l'église n'est plus opérationnelle, il n'y a plus besoin de prévoir un budget pour l'achat du pain et du vin. Quant à la détérioration de l'infrastructure intérieure, c'est un voeu pieux de dire qu'elle attend un acte de foi, d'espérance et de contri(bu)tion.

       M. GRANVILLE me donna certes quelques informations historiques. La construction de l'église s'est terminée en 1858 et la peinture proviendrait de l'ancienne chapelle. Mais aucun signe quant au nom du peintre. Il a bien rédigé un livre retraçant l'histoire de cette église mais sans y faire allusion à un nom de peintre. J'y ajoutai, sur base de mon expérience, que cette peinture aurait pu être achetée par un personnage important du village. En réponse, M. GRANVILLE me cita quelques noms éloquents pour l'époque : de MARNEFFE, VANESSE, JACQMAIN. Mais sans autres informations permettant d'avancer plus loin. Tout au plus, en bon détective, je peux ajouter que dans le village proche de Trognée,  PARFONDRY Angélique, décédée en 1895, a été mariée avec VANESSE François-Xavier. La généalogie déteste les hasards. Encore convient-il de découvrir l'élément, l'indice qui autoriserait un Procureur à délivrer une autorisation de perquisition. 

      La visite dans l'église de Ciplet s'achevait dans la désillusion et dans la déception. Une belle journée sans lendemain !!! Espérons que la peinture de Ciplet n'ait pas encore dévoilé tout son secret !!

      Malgré tout, ne peut-on continuer d'espérer, en considérant que l'on ne peut y voir qu'un signe postif. Dans le village de Ciplet, une croix commémorative, bien visible et connue de tous, est la marque manifeste qui confère une indéniable cohérence à notre périple. Elle a été élevée sur les lieux du décès accidentel de la Baronne de POTESTA de WALEFFE, victime d'un accident, le 4 septembre 1895, et dont les chevaux s'étaient emportés. Si le hasard n'existe pas en généalogie, pourquoi ne pas y voir la certitude que le destin de la famille PARFONRY transite immanquablement par ce village de Ciplet. L'époux de la baronne accidentée ne serait rien d'autre, selon des généalogistes aguerris, que le lointain descendant du Chevalier Johan de PARFONDRY apparu à la fin du XIIIème siècle.

 

1 Voir site KIK - IRPA, objet n° 10002651, cliché n° M55224

2 Distance entre Ciplet et Spy : 37 km;

Partager cet article

Repost 0

commentaires