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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 17:30

      Voici un document assez rare. Il y aura bientôt cent ans, le 1er août 1914, en effet, que mon grand-père, François Emile PARFONRY, recevait son diplôme d'instituteur primaire de l' Ecole Normale agréée d'instituteurs à Malonne. Soit, quelques jours avant l'invasion de la Belgique par l' armée allemande, l'un des évènements majeurs de ce qui allait déclencher la Grande Guerre.

     Le support de ce diplôme est sur une sorte de papier huilé, imperméable. Le texte est imprimé en écriture normalisée. Seuls quelques ajouts à l'encre y sont apportés.  Il mesure 40 x 31 cm, soit une surface qui atteste de l'importance et de la valeur de ce diplôme à cette époque. Plus grand et plus luxueux en tout cas que celui obtenu, quelques 60 années plus tard, à la Fac de Gembloux.

     De la lecture du texte, on relève deux extraits, intéressant par le contenu.

    Il est ainsi mentionné que pour obtenir son diplôme, cet élève a satisfait aux épreuves sur la religion et la morale, ainsi que sur les autres branches obligatoires. Comme quoi, l'importance accordée aux branches fondamentales ne semble pas primordiale. Avec de telles priorités, il serait bien difficile de définir et de vérifier des seuils de compétence de nos jours. Quant à cette soi-disant satisfaction pour enseigner la religion, il a du y avoir un stûût quelque part. Je n'ai jamais senti que mon grand-père avait une obsession à me faire connaître le catéchisme par coeur, celui qui était tout de même enseigné chaque jour, en début de journée, même à l'école communale du village. J'y ai finalement trouvé un plaisir pour développer ma mémoire en mémorisant toutes les réponses aux questions. Par contre, la conséquence d'avoir du assimiler que le calcul était basé sur le système décimal m'a perturbé pendant quelques jours. En voici l'explication :

      Faites coexister dans une tête de gosse, l'existence de ce système décimal, inculqué à la maison, avec la question subite de l'institutrice, à l'école, qui vous demande combien il y a d'oeufs dans une douzaine. Et bien, le gosse que j'étais a répondu pendant plusieurs jours : dix. Avec chaque fois une brimade de l'institutrice, du genre : c'est cela un petit-fils d'instituteur !!. Jusqu'au moment où je suis sorti de ma castration pour découvrir que les poules ne pondaient pas selon un système économique classique !!! C'est un peu comme quand on montre à quelqu'un plein d'articles de couleur blanche et puis qu'on lui demande ce que boit la vache. Cela s'appelle dans ce cas du conditionnement d'idées contrairement au mélange de plaisir et de souffrance qui découlait de la résolution de mon problème numérique1.

     Autre extrait grandiloquent de ce diplôme : le récipiendaire a suivi avec fruit le cours facultatif de travail manuel et qu'il possède des aptitudes à la surveillance. Avec cela, le futur instituteur semble donc mieux armé pour remplir sa tâche d'enseignant. Il est donc apte à surveiller mais rien n'est certain de nouveau sur ses capacités à enseigner le français, le calcul élémentaire. Question de surveillance, je peux vous assurer que mon grand-père disposait de certaines capacités. Pas question de faire un geste hors du commun. C'était d'un naturel pour lui d'imposer une autorité. Même si le filtre de mes parents jouait en sa défaveur, il était le plus souvent sur le coup avant eux. Il en a du " tirer des oreilles " pour en arriver à prouver cette aptitude spécifique à la surveillance !!!

    Apparemment, personne ne s'en est plaint. On s'en est sorti quand même sans avoir besoin de cette nouvelle mode pédagogique disant de laisser faire les enfants. Il est vrai que je n'ai pas vécu dans la peau de Martin, le petit garçon du livre de Gilbert Cesbron "C'est Mozart qu'on assassine ". Encore que le choix approprié des rencontres reste un must pour apprendre.

1 Il se pourrait donc que j'ai traversé à ce moment une étape du processus de "castration symboligène ", théorie développée par la pédo-psychiâtre Francoise DOLTO ;

     Voici une photo de ce précieux diplôme, obtenu après 4 ans d'études, dont les résultats ont été analysés précédemment (voir article : Les résultats scolaires d'Emile, l'instituteur)

Le diplôme du grand-père

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