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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 16:20

     Il est assez fréquent que certains articles de ce blog se terminent par un manque de certitudes pour expliquer de manière précise ce qui en est relaté.  Pour en découvrir de nouvelles informations, une question est dès lors posée, espérant trouver la personne qui, après être tombée un peu par hasard sur le blog, serait suffisamment intéressée pour y apporter les compléments manquant. Et combler en quelque sorte, les incertitudes sur le déroulement d'une histoire familiale, confrontée aux nombreux oublis sur son parcours.

    L'un des épisodes qui se trouvait ainsi confronté à une absence de mémoire, était bien celui qui se rapportait aux contacts qui avaient pu s'établir entre les familles Logé et Parfonry en France. Au travers de deux articles publiés en 2011, l'un en février (Paul est invité à un mariage) et l'autre en octobre (A la recherche de la famille Logé), la même carence était posée. On ne pouvait établir dans quelles circonstances s'étaient construites le lien entre ces deux familles, alors qu'aucune piste sérieuse n'était relatée, ni attestée au travers des recherches effectuées.

     Et voici que par un commentaire de février 2013, une première réponse partielle mais néanmoins très documentée a été apportée. Différents échanges successifs avec Daniel Cahen, habitant Albi (Tarn), un branché du monde de la généalogie, ont permis d'assurer une certaine consistance sur la question. La famille Logé est désormais mieux caractérisée. Voici ce qui peut en être relaté, après avoir extirpé les éléments les plus probants du transfert de connaissances qui me sont parvenues, en les associant à mes propres découvertes.

 

     Le premier élément intéressant découvert résulte dans l'origine de cette famille Logé. Contrairement à l'idée découlant de l'avis de mariage leur procurant une origine anglaise, la souche Logé est assurément belge et plus précisément en provenance des communes de Floreffe et Fosses-la-Ville1, situées dans la Province de Namur, et cela depuis le XVIIIème siècle.

     Il s'agit d'une famille de musiciens qui se serait déplacée au préalable vers Bruxelles avant de s'installer alternativement en France et en Angleterre. Le grand-père de Mary-Cécile Woodruff Logé2, la mariée pour laquelle Paul Parfonry est attesté en tant que cousin, est un certain Henry Joseph Logé, originaire de Floreffe, marié à Cécilia Dejongh, un patronyme spécifiquement belge aussi. Le fils de ce couple, Henri Edouard Auguste Logé, né à Bruxelles le 12 janvier 1854, se marie en décembre 1886 à Paris (8ème), avec une demoiselle de souche américaine, Mary Ennis Woodruff, née à New York en 1856. Musicien précoce, il recevra le Grand Prix du Conservatoire de Bruxelles à l'âge de quatorze ans.

     La fille de ce couple, Mary - Cécile, est née une année plus tard en décembre 1887 dans la banlieue de Londres (Marylebone précisément). Baptisée selon le rite anglican et reconnue de nationalité britannique, cela résulte d'une évolution sociétale au niveau de son père. Ce dernier, disciple de Liszt, est arrivé à Paris vers 1870, après avoir développé son talent dans des salles sur la Côte d'Azur (Nice, Menton, Cannes, Marseille). Il s'est produit à de nombreuses reprises dans des concerts, notamment à la salle Erard à Paris en compagnie de Pauline Viardot (1821-1910)3, la célèbre cantatrice mezzo-soprano, soeur de la non moins célèbre Malibran (1808-1836) et à la Société Philarmonique de Bruxelles en compagnie de Jeanne Devries (1850-1924), autre cantatrice de grand talent ayant joué au Théâtre Lyrique à Paris et au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Différents articles du journal " Le Ménestrel "4 témoignent de son parcours et de la qualité de ses prestations. En voici deux extraits :

     Le Ménestrel du 06/03/1870 : " Le jeu de M. Logé est élégant et ferme à la fois. Nous dirions qu'il a devant lui un brillant avenir, s'il ne comptait déjà un beau présent "

     Le Ménestrel du 31/03/1872 : " Il suffit de voir et d'entendre ce poétique et sympathique jeune homme de 19 ans pour oublier nos vieux préjugés contre le piano et prédire, dans un avenir très prochain, une place de premier rang de nos virtuoses célèbres ....... Disciple de Chopin et Liszt, en attendant qu'il devienne leur successeur ou leur émule, il interprète avec une égale supériorité la musique des vieux maîtres ......Les doigts magiques d'Henri Logé, électrisés par les vives sympathies d'un auditoire d'élite, nous ont rendu, dans l'espace d'une heure, nos chers souvenirs du Conservatoire, nos douces émotions du théatre italien ...... (signé : A. De Pontmartin)

    Par la suite, Henri Edouard Logé s'installera en Grande-Bretagne où il acquiert la nationalité britannique tout en se convertissant à la religion anglicane, confession de son épouse américaine. Il a été professeur de musique à l'école de Guildehall à Londres, ce qui ne l'a pas dissuadé de donner des concerts à Bruxelles et à Paris. Pour une raison inconnue, il reviendra se fixer à Paris dès l'année 1887. Il continuera à y donner régulièrement des concerts. Celui du 15 mars 1887 chez le Comte de Kessler5 est relaté6. La presse parisienne continuait à le décrire comme un pianiste virtuose et un compositeur mélodiste de grand talent7. Nombre de ses compositions peuvent ainsi être retrouvées sur certains sites. Décédé le 18 février 1912 à Paris, peu de temps après le mariage de sa fille Mary-Cécile, sa dépouille sera transférée au cimetière anglican de Newport, situé dans le comté de Monmouthshire, Gwent au Pays de Galles. Ville au passé industriel avec notamment la fabrication d'acier, cet endroit de Newport ne résonne pas vraiment avec l'environnement musical antérieur du défunt. Son épouse a hérité des biens britanniques par testament holographique.

     Mary-Cécile est restée quelques temps habiter dans le quartier des Batignolles (17ème Arndt.) à Paris. Britannique à la naissance, elle acquerra également la nationalité française par son mariage en 1911 avec Henri Verne, le futur Directeur du Musée du Louvres. Si ce n'est sa profession de traductrice d'auteurs anglais (Lafcadio Hearn, Agatha Christie, Nathaniel Hawthome), et sa signature littéraire sous le nom de Marc Logé, on sait peu de choses sur sa vie pouvant expliquer ce choix en tant que signature attestée de ses traductions. Par un jugement du Tribunal de la Seine du 15 décembre 1916, on apprend qu'elle divorce, à peine cinq années après son mariage8.

      Elle devait se déplacer fréquemment dans le cadre de son travail sans doute pour y finaliser des contrats de traduction pour des maisons d'édition parisienne. Elle traversera au minimum trois fois l'Atlantique, rejoignant New York à partir du Havre, entre 1911 et 1915. Les passages vers Londres seront par contre plus fréquents entre 1912 et 1920, pouvant justifier l'existence d'un cabinet de travail dans cette ville.  Sa dernière traduction date de 1934, à l'âge de 47 ans, avec "Les Lettres Martiniquaises " l'une des oeuvres de Lafcadio Hearn.  Elle a du retourner probablement de manière définitive en Grande-Bretagne.

 

    Si au  final, on en sait un peu plus sur cette famille Logé, aucun lien pertinent n'est toutefois attesté avec la famille Parfonry. Il semblerait donc que l'on se trouve plus "sur une relation de fait que de droit ", selon Daniel Cahen. Qui a même été fouillé du côté de l'épouse de Paul Parfonry pour n'y déceler aucun lien familial. Par ailleurs aucune descendance Parfonry provenant d'une union libre en France avec ou non reconnaissance de paternité, comme il en avait beaucoup dans la capitale française dans les milieux ouvriers et artistiques du XIXème et dans la première moitié du XXème siècle, n'a été relevée. Rien n'interdit, toujours selon Daniel Cahen, que l'explication puisse se trouver en Grande-Bretagne du fait de l'établissement dans ce pays d'Henri Logé, près de Londres.

     Si le cousinage Logé - Parfonry n'est pas avéré, il n'en est pas de même pour celui entre Verne et Arnauné. Cannois de naissance, il existe une filiation avec les Arnauné via les belles familles maternelles9.

     Concernant Joséphine Logé qui serait enterrée dans le caveau familial des Parfonry à Créteil, il est probable qu'elle y serait par les bons soins de la famille Parfonry, en la considérant à son tour comme "cousine". Il y avait en effet sur Paris une crise sépulcrale importante jusque vers les années trente  avec un manque flagrant d'emplacement. Il en est résulté des " collocations sépulcrales " entre familles amies et l'argument du "cousinage" servait à tromper l'administration funéraire qui, de toute façon, ne faisait pas d'enquête généalogique pour accomplir les formalités d'enterrement. Des dizaines de  cas semblables dans la région parisienne et autres grandes villes françaises peuvent être ainsi recensés, particulièrement après la première guerre mondiale. Ce qui signifie, pour Daniel Cahen, que les relations personnelles ou professionnelles entre les deux familles devaient déjà être assez profondes. Quant à déterminer qui est cette personne, aucune réelle correspondance pertinente n'a été trouvée dans les relevés d'état civil de Belgique La seule perspective assez plausible serait qu'elle soit une soeur de Henri Edouard Auguste Logé, le père de Mary-Cécile. Cette piste peut en outre  être corroborée par l'idée qu'elle aurait migré vers Paris en même temps que son frère et y serait décédée assez jeune.

     La mention que la mère de Mary-Cécile a hérité des biens britanniques, au décès de son époux, peut expliquer que les biens mobiliers laissés à Paris aient été transmis à la famille Parfonry en reconnaissance de faits que cette enquête n'a malgré tout pas pu encore déterminer. L'espoir a pu naitre quand apparut sur l'acte de mariage Logé - Woodruff de 1886, la présence d'un personnage portant le nom de Lefèvre, nom qui est celui de la grand-mère maternelle de François-Xavier Parfonry. Il n'était question que du dénommé Antonin Lefèvre-Pontalis (1830-1903), influent député de la Seine, attestant déjà en soit des relations haut placées de la famille Logé à cette époque, et qui se verront confirmées lors du mariage Verne-Logé de 1911 par la présence du sénateur Léon Bourgeois, futur Président de la Société des Nations en 1919 et Prix Nobel de la Paix en 1920.

      Une petite lueur d'espoir reste selon moi à gratter. Celle du rôle qu'aurait pu jouer Alexis, le frère cadet de François-Xavier. Il est attesté qu'il a résidé également à Paris, non loin des ateliers de marbrerie, y travaillant probablement pour son frère. Décédé en 1876, il est peut - être celui qui  est à l'origine de ce " cousinage bizarre ". Alexis n'a eu droit pour l'instant qu'à un seul article, hélas assez peu vertueux (lire article : Alexis, le frère de François-Xavier, en traitement intensif).  Aller savoir !!!

 

1 L'annuaire téléphonique de ces deux villes ne mentionne plus de personnes portant ce nom de nos jours ; par contre, une étude de trois notaires Logé successifs a existé jusque récemment dans la ville proche de Namur ;

2 La mention dans l'avis de mariage sous la forme de Mary-Cécile Woodruff - Logé résulte à l'origine d'une transcription dans l'état-civil britannique de Mary Cécile Woodruff comme prénoms et Logé comme patronyme; par la suite, ce sont les officiers d'état-civil français qui ont interprété Woodruff, le nom de la mère, comme nom de famille, accolé à Logé, ce qui est faux vu que le Code Napoléon interdit le passage d'un nom de famille comme prénom. Si bien que la lecture officielle en France doit être Mary-Cécile Woodruff Logé, sans trait d'union entre Woodruff et Logé ;

3 Le Ménestrel du 20/04/1873 ;

4 Le Ménestrel est le journal des artistes musiciens du Paris mondain de la seconde partie du XIXème siècle ;

5 Comte de Kessler (1868-1937) : fils d'un banquier allemand et d'une mère de noblesse irlandaise, il grandit à Paris puis en Angleterre et en Allemagne ; se passionnant pour l'art moderne français, il crée une collection d'art d'une qualité exceptionnelle; il a joué un rôle d'intermédiaire culturel entre 1895 et 1914 dans l'histoire de l'art franco-allemand, s'opposant même aux idées du roi de Prusse Guillaume II  ;

6 Le Ménestrel du 27/02/1887 ;

7 Un livret intitulé : "Quatre mélodies pour chant et piano, paroles de Paul Verlaine, musique de Henri Logé" était en vente sur le site Priceminister ;

8 Henri Verne se remarie par contre peu de temps après le 15 janvier 1917 à Paris ; 

9 Henri Jean François Joseph Verne est né à Cannes en 1880 de Jean François Verne, directeur de journaux, et de Marie Hommey, l'aînée des 4 filles de Jean Hommey, musicien et organiste à Toulouse puis à Cannes; c'est par Marie Léontine Devers, son épouse, qu'il faut trouver l'explication du cousinage car cette personne, procédant d'une famille de libraire à Toulouse, est la tante d'Auguste Arnauné, lui-même né du mariage entre François Arnauné et Augustine Devers; Auguste Arnauné était Maître à la Cour des Comptes de Paris ;

    

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 00:00

     La réponse à la question s'efforçant de déterminer lequel des deux fils de Paul Parfonry était énoncé dans la liste des élèves du Lycée Carnot ayant bénéficié en 1906 d'une mention particulière restait toujours d'actualité  (voir article : Au lycée Carnot à Paris : Georges où Jean ?). La publication de cet article en avril 2012 fut même corroboré par la découverte d'une énumération similaire au cours des deux années scolaires qui suivirent. Mais toujours, sans mention du prénom qui aurait pu permettre d'en attribuer la paternité. Seule la présence adjacente d'élèves portant le même nom attestait de l'existence de la même personne.

Journal des débats politiques et littéraires

Lycée Carnot. Distribution des prix. Elèves le plus souvent nommés

31 juillet 1906
Division élémentaire - Septième (1ere division) : Parfonry, Dufourg, Demenge, Ehrlich, Mole, Poulain, Ruff, Bickart.

01 août 1907
Division élémentaire - Sixième A (3ème division) : Richemond, Ehrlich, Bickart, Demenge, Parfonry, Pissaro.

07 août 1908
Division élémentaire - Cinquième A (3ème division) : Richemond, Bickart, Parfonry, Stern, Blum.

    Allait-on rester sans certitudes sur le prénom de cet élève qui, avec une constance manifeste, se retrouvait régulièrement dans le palmarès de fin d'année de ce lycée Carnot de Paris ?
     Malgré certaines suppositions émises au sein de la famille sur les aptitudes scolaires avérées de l'un des deux frères, il restait à confirmer ces allégations. C'est ce qui fut fait en découvrant dans le supplément du Journal Le Figaro de 1910, les résultats d'un concours de devinette. Le problème à solutionner consistait à reproduire une figure géométrique sans lever le crayon, soit d'un seul trait.  Certains résolvaient le sujet en se montrant très innovant et très prolixe dans la diversité des reproductions de la figure. Moins prolixe mais voulant se démarquer de ceux et celles qui se limitèrent à une seule solution, on trouve la mention de Jean PARFONRY dans la série des réponses avec deux solutions. Juste de quoi s'individualiser  pour ne pas se retrouver dans la masse de ceux qui se limitent dans l'effort.

Le Figaro, Supplément jeunesse illustrée, 28 juillet 1910
Notre dernière devinette comportait plusieurs solutions. Nous n'en donnerons, faute de place, qu'une seule. Mais, nous devons accorder une mention spéciale à M. Georges Harle, qui nous en a envoyé sept différentes et à Melle Fanny Robin qui en a trouvé trois. Voici les noms des autres devins : ..............., Jean Parfonry (avec deux solutions) ,..........
Signé : Le Figaro de la jeunesse

      Cette fois, un prénom était bel et bien mentionné. Celui de Jean, confirmant par là ce qui avait été pressenti au niveau familial. La continuité dans les résultats scolaires et la perspicacité à trouver la réponse à la devinette venaient confirmer les appréciations formulées. Il était manifestement trop hasardeux de donner corps à ce que j'avais pu avancer dans l'article précédent, en mettant de manière trop prononcée, le goût des études sur Georges. La mémoire a pu cette fois s'affranchir de toute incertitude et de toute absence de références pour en affermir la réponse,  ce qui peut être considéré comme  une réelle exception.

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 09:40

     Je m'efforce de croire que les coïncidences ne peuvent exister quand on aborde les questions en relation avec les histoires familiales. Même si une explication rationnelle ne surgit pas immédiatement où si la mémoire n'a pas conservé traces pour réfuter de la coïncidence.

     Dans l'article qui suit, force sera de constater probablement qu'il est difficile d'envisager autre chose que le hasard, ce pur concept qui laisse croire que l'on ne peut expliquer la convergence de plusieurs évènements. C'est le hasard ! Le hasard fait bien les choses ! Mais finalement, n'y aurait-il pas une autre façon d'entrevoir la relation basée sur de  simples agencements de noms de lieux !! C'est ce que l'on va découvrir au travers d'une série de déclics intellectuels.

   

     Le premier déclic de cette réflexion est centré au départ sur la vision de la belle église romane en tuffeau de Neerheylissem, avec sa tour carrée, son buffet d'orgue baroque, son maître hôtel Louis XIV, ses fonts baptismaux à quatre têtes, ses statues du XVème et XVIIème siècle. Toute cette description1 m'était restée dans l'esprit. J'y pensais régulièrement me disant que cette église avait été le lieu commun où tous les enfants de la lignée avaient été baptisés et pour certains reçus tous les autres sacrements. Une sorte de lieu de rencontres qui, au fil des générations, s'accumulent dans les gènes.  Sans y prendre attention, le mentionnant dans un coin de mes notes personnelles, j'inscrivais, sans y porter une grande importance, le nom de Saint Sulpice, le patron protecteur de cette église.

     Le deuxième déclic se rapporte directement à mon premier acte officiel effectué, celui qu'il s'avérait de faire inconsciemment, porté par le regard émerveillé de parents qui reproduisaient un acte de protection et de soumission perpétué depuis un certain Jean-Baptiste. Je veux faire référence ici à mon baptême dans la belle église de Beauvechain, exemple d'architecture néogothique en milieu rural. Erigée de 1852 à 1856, cette église fut reconstruite sur l'emplacement d'une ancienne église, consacrée en 1133. Avec le souvenir, au cours de ma tendre enfance passée dans ce village, d'une chaire de vérité impressionnante et de mobiliers, tout aussi monumentaux, oeuvres des frères GOYENS de Louvain et des frères GHEUDE de Nivelles2. Avec cette pièce encore plus ancienne qui a servi à recueillir l'eau de mon baptême. Je veux parler des fonts baptismaux, l'un des plus vieux de Wallonie avec ceux de de l'église Saint-Pierre-et-Paul de Saint-Séverin-en-Condroz3. Datant de la seconde moitié du XIIème siècle, ces fonts baptismaux ont été redécouverts par le curé de la paroisse en 1875. Ils avaient probablement été cachés, voir jetés lors de la révolution de 1789, lorsque les hordes de révolutionnaires intégristes français ont fondu sur la Belgique pour saccager son patrimoine religieux. Taillée dans un grès de la Meuse de couleur brun foncé, la cuve circulaire est décorée de quatre visages barbus dont deux représentent une tête couronnée. Et donc, une certaine similitude avec Saint-Séverin-en-Condroz et Neerheylissem. Similitude qui peut se compléter par le nom du patron protecteur de cette église. On y retrouve comme par coincidence Saint Sulpice

     Le troisième déclic viendra quand on relate, dans le village de Parfouru-l'Eclin, situé dans le Calvados à proximité de Bayeux, qu'il existe une chapelle de XIIème siècle, dédiée précisément à Saint-Sulpice, ainsi qu'une fontaine. Une étude avait démontré de la même origine toponymique de ce nom. Sur le plan géographique et historique, ce village fait partie de l'ancien comté du Bessin, compris entre l'Orne et la Vire, non loin de l'embouchure de la Seine, et qui fut l'une des premières possessions des envahisseurs vikings, avant de s'inscrire dans ce qui deviendra par la suite le duché de Normandie.

     Ainsi avec un total de quatre églises Saint-Sulpice recensées en Belgique4, deux d'entre elles sont en relation avec notre parcours de vie. De quoi attester, à ce stade, au niveau des paramètres des calculs statistiques, de la bonne représentativité de l'échantillonnage.  Sans parler de la configuration similaire des fonts baptismaux décorés de visages humains barbus. A partir de ce constat, la question de coïncidences troublantes dans les lieux pouvait être abordée. Pouvait-on extrapoler une relation avec l'histoire de notre patronyme ? Les trois déclics successifs pouvaient ne plus être un hasard de circonstances. Il en découlait forcément avant tout de découvrir qui était ce Saint Sulpice qui a tendance à nous suivre, sinon à nous précéder. Qui est ce Saint Sulpice qui est honoré par de nombreuses paroisses de France, de Suisse et de Belgique ?

    Les dictionnaires nous décrivent de l'existence de deux personnages portant ce nom. Le premier, Saint Sulpice le Pieux (576-647), né dans le Berry, fut évêque de Bourges. Outre l'affection normale pour un saint d'aider les pauvres, il se plaisait à faire restaurer les églises détruites pendant les guerres. Ses reliques furent transférées dans l'église Saint-Sulpice de Paris, laquelle, tout en se montrant peu loquace, n'est rien d'autre que la seconde plus grande église de Paris après Notre-Dame. Le second, Saint Sulpice Sévère, né en Aquitaine, est le disciple et biographe de Saint Martin de Tours, celui qui est l'origine de l'expression Eté de la Saint-Martin, version religieuse de l'appellation Eté indien, quant à elle version baby cool édulcorée du réchauffement climatique, voire de l'expression bretonne an hanv c'hraden (été des fougères). Il apparait plus pertinent de trouver dans le premier l'affectation du patron protecteur de nos églises,

    Tous les indices nous ramènent au XIIème siècle, avec l'édification des églises de Saint-Séverin-en Condroz, Neerheylissem, Beauvechain et la chapelle de Parfouru-l'Eclin. Trop beau pour ne pas y voir un signe. Saint-Séverin n'est-il pas le lieu d'installation d'un des premiers de la lignée des chevaliers de Parfondrieu (Parfondry), au début du XIVème siècle ? Certes, ce ne furent pas les seuls monuments édifiés à cette époque. Toute interprétation, voire extrapolation immédiate, est assez délicate sinon incongrue. Le lien ténu entre la commune de Parfouru-l'Eclin dans le Calvados et celle de Saint-Séverin dans le Condroz peut s'expliquer par le fait que les normands, ayant le souci de se convertir au christianisme, en échange de la reconnaissance d'un territoire, ont favorisé l'établissement d'églises bénédictines. Mais Saint-Séverin est quand même un peu loin de Parfouru-l'Eclin, même s'ils sont venus guerroyer dans la région liégeoise au cours du IXème siècle. Pour ma part, Saint Sulpice, originaire de Bourges, près de Cluny, a pu motiver certains paroissiens à le choisir plutôt que les apôtres Pierre et Paul, assurant le patronage de cette communauté religieuse des bénédictins. Un approfondissement de la question pourrait s'avérer utile via la création d'une commission spéciale chargée de définir les éventuels points de convergence. En bref, il faut abandonner cette piste. Ce n'est pas du pur hasard. Simplement l'une de ces combinaisons de circonstances de dates et de lieux semblable à celles qui permettent de gagner un gros lot au Lotto (ou Loto en Fr).

    Il s'en suit un quatrième déclic. De cette époque de ma petite enfance, il me reste néanmoins le souvenir de cette chaire de vérité impressionnante5 au pied de laquelle j'assistais à la messe du dimanche matin. Mon grand-père et mon père n'étant pas des piliers d'église, et étant plus occupés par les concours de pigeons, j'y allais sans surveillance avec comme seule ligne de démarcation de ne pas me laisser harponner comme enfant de choeur. Je vivais donc la messe un peu en retrait en regardant finalement cela comme un passe-temps rempli de symboles. C'est pourquoi, je retrouverai à l'écoute du sketche de Bob DESCHAMPS (1914-2002), célèbre humoriste et chanteur wallon6, intitulé Djôsèf a messe (Joseph à messe), toute la saveur des réflexions que je me faisais dans l'église Saint-Sulpice de Beauvechain. Tout y était retranscrit. Une vraie compilation d'observations quand la liberté d'expression nous offre cette richesse de penser. On y trouvait notamment la transcription de cette peur de devoir mettre un jour l'habit d'enfant de choeur. Bob DESCHAMPS l'avait parfaitement visionné. Aussi vrai de vérité que, ayant peur de jouer le rôle, j'évitais de l'apprendre, donc de trop suivre le déroulement de la messe. C'est ainsi que je ne sais toujours pas de nos jours quand je dois me lever et m'asseoir. Et  dire que Bob DESCHAMPS n'est pas inclus dans la liste des cents wallons du XXème siècle. Oubli volontaire !!

      Voici les quelques extraits du sketche se rapportant aux enfants de choeur. Ce à quoi finalement j'ai évité !! 

            L'chanteur comike est chû pas tous des gamins abiyîs a fiyes avou des roudjes cotes  .... Cand c'est nin yink ki bouche, c'est l'ote ki sone. Chake côps k'sonne, ti t'erlèves, ti t'rachids ......tu wès yink des gamins ki spite dins l’arière-cûjène. Dju m’ di : C’est ça, c’est l’ ci ki va cwé li spritchoûle avu l’ flitocse po fé crèver les mouches. Mês i n’a nin ruvnu avou one sacwè po fé crèver les mouches ...... ; Et su ç’ timp la, gn a l’ pus ptit des gamins, - pask’ i gn c' est èn arsouye hin ! laddins, ène subtilité d’ diâle -, il apice lu live k’ est a gåtche, i passe pa drî et l’ pwate a drète, lu livre k’est a drète, i rpasse pa drî et l’ pwate a gauche. Et l’ grand est embêté, hin, lu!, Il est tout pièrdu, i dchind, i rmonte, i va tous costés, i dovure one pètite armwêre. A ç’ moumint la, tu wès l’ôte ki rvint dl’ ariére-cuisine, k’ a stî rpwârté l’ machin ki fume, i passe su mwin padrî l’ bufèt, i ramwin.ne one botèye di vin. Hop !, l’ôte, li chef, il avance su brès et i tind l’ goblet pou-z awè a bwêre. Lu gamin rimplit l’ vêre, et sul timp k i l’rimplit, i tchante one pitit bokèt : « Laissez couler, laissez coulâ ! »

(traduction : Le chanteur comique (N.B.: le curé) est suivi par une bande de gamins habillés en filles avec des robes rouges...... Quand ce n'est pas un qui frappe, c'est l'autre qui sonne. Chaque fois qu'on sonne, on se lève, on se rassied......tu vois un des gamins qui se précipite dans l’arrière-cuisine. Je me dis : C’est cela ; c’est celui qui va chercher la souflète avec le flytox pour faire crever les mouches ... Pendant ce temps-là, le plus petit des gamins, il y a un arsouille, hin !, la dedans, une subtilité de diable, il s’empare du livre qui est à gauche, il passe derrière, il le porte à droite ; le livre qui est à droite, il repasse derrière et le reporte à gauche. Le grand est embêté, hein ! lui !, il est tout perdu, il descend, il remonte il va dans tous les sens, il ouvre une petite armoire. A ce moment-là, tu vois rentrer l’autre, qui revient de l’arrière-cuisine où il a reporté le machin qui fume ; il passe la main derrière le buffet et ramène une bouteille de vin. Hop, l’autre, le chef, étend le bras et tend le gobelet pour avoir à boire. Le gamin remplit le verre, et pendant qu’il se remplit, le grand chante un petit morceau : « Laissez couler, laissez coula ! »

     Et comme un ultime déclic, prenez acte que les églises de Saint-Séverin-en-Condroz, Neerheylissem et Beauvechain valent le détour. Et la campagne normande du Bessin aussi. C'est le résumé idéal de cet article. Saint Sulpice reste quand même, sans trop expliquer pourquoi, le lien de toute cette histoire. Ce fut finalement un bon moment de franche expression qui sent bon le terroir et les souvenirs. Il n'y eut aucun su(l)pp(l)ice à écrire cet article !!! Sauf de confondre au niveau de l'écriture Saint Sulpice et Saint-Sulpice.

 

1 Description trouvée sur le site "Association des habitants de Hélécine " ; 

2  Description tirée de la bibliographie suivante :

   - Schayes Joseph (1975) : Les sentiers de l'histoire à Beauvechain et environs, Ed. Vander, Bruxelles-Louvain-Beauvechain ;

   - Bertrand Thierry (1995) : La place communale de Beauvechain. Histoire et architecture, Ed. Nauwelaerts, Beauvechain ;

   - Bertrand Thierry (1999) : L'Eglise Saint-Sulpice de Beauvechain, un exemple d'architecture néogothique en milieu rural, Ed. Nauwelaerts, Beauvechain ;

3 Eglise Saint-Pierre-et-Paul de Saint-Séverin-en-Condroz : église de la première moitié du XIIème siècle, contruite par les bénédictins de Cluny, dotée de fonts baptismaux en pierre calcaire ;

4 Les deux autres églises sont celle de Jumet et de Moulbaix (Ath) ;

5 On peut la visionner sur le site de l'IRPA ;

6 Créateur par ailleurs de "L'accordéoneu", repris par Aimable et André Verschuerren ;

 

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 12:11

    L'histoire de notre patronyme se fond parfaitement dans la grande histoire comme je l'ai déjà rappelé. Les différentes mentions des individus qui la composent sont automatiquement rapportées à l'une où l'autre période. Tous ces faits, toutes ces énumérations de personnages ont été jusqu'à présent reliés à des époques précises. Le but de cet article est cette fois d'aller un peu plus loin dans la réflexion. Aborder l'un des aspects relationnels qui y apparait d'une manière assez récurrente. Je veux parler de ce lien constant de notre patronyme belge avec la France. Si le souci majeur des monarques français a été de vouloir dominer ce territoire pendant des siècles, en contrepartie une attirance vers la France s'est manifestée très tôt. Ce dualisme dans les situations a probablement du attendre un certain temps avant que le tabou ne tombe. Deux livres récemment parus s'efforcent de décortiquer cette relation ambiguë. Leurs titres attestent bien de ce désaccord. 

            L'inconnue Française. La France et les Belges francophones (1944-1945), par Catherine LANNEAU, P.I.E. Peter Lang, Bruxelles, 2008 ;
         La Belgique et la France. Amitiés et rivalités, par Romain YAKEMTCHOUK, L'Harmattan, Paris, 2010 ;

     Pour expliquer et témoigner, il me restait à trouver un témoin, pouvant illustrer de cette relation. Je l'ai découvert dans la personne d'un Consul de France en Belgique, belge de naissance. Sa carrière offre l'opportunité d'aborder cet angle particulier, toujours en ayant à l'esprit la représentation de notre patronyme pour expliquer ce que fut le développement de la société.

     La branche des PARFONDRY originaire de la localité de Trognée est recensée depuis Lambert PARFONDRY, marié vers 1710 avec Marie DELSAUX (ou DOLFAUX).  Cette date indique une période d'installation légèrement plus ancienne que la branche à Forchies-la-Marche, ce qui pourrait confirmer qu'elle est aussi la résultante de l'éparpillement du patronyme, installé en  bordure de la Meuse entre Liège et Huy, devant fuir les débordements des guerres menées par Louis XIV. Trognée, tout comme Forchies-la-Marche, est en fait une localité de la Principauté de Liège, située dans sa bordure ouest, à la limite avec le Duché de Brabant sous domination espagnole à cette époque.

     La descendance de ce couple a été très nombreuse à chaque génération, sans qu'on dispose de la totalité des individus à ce jour. On trouve traces de cette famille dans les recensements communaux de 1883 et de 1910 et dans les registres de baptême pour la période de 1664 à 1802 (source : A.E. Huy). Dans ses mêmes actes de baptême, on retrouve ainsi quatre enfants de ce premier couple (Gilles, Jean, Lambert et François) né entre 1700 et 1708. Seul, le cinquième Gérard, est né en 1712 après la date du mariage.

     A la cinquième descendance du couple PARFONDRY - DELSAUX, on découvre, à travers Généanet, un Lambert Joseph PARFONDRY, né à Trognée le 19/03/1888. Cette même personne apparait dans le recensement de population de 1910, habitant au 7 de la rue du Bois chez ses parents (Gérard PARFONDRY et Marie-Louise CORNELIS), avec ses 2 frères (Jean Baptiste et Louis-Joseph), ses deux soeurs (Marie-Lambertine et Jeanne-Marie Louise), une belle-soeur (Mathilde ROBERT, épouse de Louis-Joseph), une nièce (Louise-Mathilde) et une tante (Marie-Catherine), soit 10 personnes. Sur ce folio, il y est mentionné quelques autres informations intéressantes pouvant alimenter l'histoire de cette famille, notamment sur les professions et les changements de domiciliation. Gérard, a ainsi occupé plusieurs fonctions, allant de chef de culture à agent d'assurances, marchand de graines et receveur communal.  Quant à Lambert Joseph, son fils, on y lit qu'il a été radié de la localité le 19 mars 1921, à l'âge de 33 ans, pour habiter rue du Rameau d'Olivier à Anvers et y exercer comme Employé de Consulat.

     Il a vite été attesté que ce consulat était celui de la France. Dans un article de journal de 1924, il y est repris une personne portant ce nom avec le titre d'Attaché au Consulat, accompagnant à l'hôtel de ville une délégation de la ville de Le Havre. Le caractère portuaire des deux villes devait sans doute être l'objet de cette rencontre. 

Journal des débats politiques et littéraires du 13 octobre 1924 

   Belgique - La municipalité havraise à Anvers 
      La délégation havraise est arrivée hier matin, à 9 heures, à Anvers. Elle a été reçue à la gare par M. Belliard, président de la Chambre de commerce française, et M. Massani, membre de la Chambre de commerce française;  par le consul général de France à Anvers; par M. Parfondry, attaché au Consulat, et par le bourgmestre.
      Les membres de la délégation ont été conduits en automobile à l'hôtel de ville où le bourgmestre a prononcé un discours de bienvenue, auquel a répondu M. Lange, adjoint au maire, qui a excusé M. Meyer, maire du Havre, rappelé d'urgence à Paris, de n'avoir pu venir à Anvers.
     Les membres de la délégation havraise ont visité l'hôtel de ville, le musée Plantin et le musée des beaux-arts. A midi, les membres de la délégation havraise ont été les hôtes du Cercle français. L'après-midi, ils ont visité le port.

    La carrière de ce Lambert Joseph PARFONDRY nous sera détaillée, en lisant une série de renseignements et en les recoupant. On a ainsi à notre disposition une copie de son acte de naissance et une lettre du Consulat de France à Charleroi du 28 novembre 1980 qui atteste de son passage à ce Consulat1. On découvrira aussi sur la base de données Léonore de la Légion d'honneur, un dossier lui octroyant la médaille de Chevalier en 1947. Ce qui nous permet d'avoir une vue d'ensemble sur le parcours de ce Lambert, Joseph.
     Il officiera de longues années au Consulat de France à Anvers. D'octobre 1914 à novembre 1923, il sera affecté au Service auxiliaire du Consulat général, laquelle disposait d'une extension d'autorité sur la Légation de France à La Haye, au Pays-Bas. Lambert Joseph a par conséquent travaillé à partir de l'âge de 26 ans à Anvers, même si sa radiation de la commune de Trognée n'y sera officialisé que bien plus tard en 1921. Le 17 novembre 1923, il y sera notifié de commis de chancellerie. Et plusieurs années plus tard, toujours en poste à Anvers, il sera  désigné comme Vice-consul à la date du 30 juillet 1937. Surviendra ensuite les années de guerre, ce qui explique certainement le fait qu'il se retrouve à l'Administration centrale, à savoir réaffecté dans les services du Ministère des Affaires étrangères à Paris, à partir du 16 mars 1941. Cette pénitence ne sera que de courte durée car le 16 décembre de la même année, il est désigné Chargé du Consulat de France de Charleroi. Quelques années plus tard, appelé manifestement pour pallier le manque d'effectifs nécessaires pour réouvrir en priorité les consulats de Charleroi et d'Anvers, il y sera nommé Consul 2ème classe en date du 1er avril 1945 jusqu'au 16 janvier 19492, date à laquelle, ses droits à la retraite lui seront octroyés. Lambert Joseph était âgé à ce moment de 60 ans. Selon le Consul honoraire de France à Charleroi, dans sa lettre du 28/11/1980, il aurait toutefois poursuivi pendant quelques années sa carrière à l'Ambassade de France à Bruxelles.
     Au milieu de ce parcours, Lambert Joseph sera fait Chevalier de la Légion d'honneur, par décret du 12 avril 1947, appuyé par un rapport de l'Ambassadeur de France à Bruxelles, M. Raymond BRUGERE. Il y est ainsi mentionné comme justification la phrase suivante :

               Les longs services de M. Parfondry ont toujours été très appréciés par le Département qui s'est plu à reconnaitre les qualités de travail et de dévouement de cet agent
ainsi que la note qui y est annexée :
               M. Brugere, Ambassadeur de France à Bruxelles, a sollicité, à maintes reprises de la manière la plus pressante, la croix de chevalier de la Légion d'honneur en faveur de notre Consul à Charleroi. Cette nomination, entièrement justifiée, sera accueillie avec faveur par tous ceux qui connaissent l'intéressé 

      Il est évident que pour effectuer ce parcours professionnel, Lambert Joseph PARFONDRY aura obtenu la naturalisation française.  Celle-ci lui sera accordée en 1923, ce qui coïncide quelque peu avec son changement de statut au Consulat de France à Anvers.  La courte notice d'appréciation de l'Ambassadeur n'est pas assez précise pour justifier de l'octroi de cette décoration. L'explication doit être trouvée en interprétant ce qui se trouve au travers de ces quelques mots, et notamment en cherchant à mieux découvrir qui était cet ambassadeur Raymond BRUGERE (1885-1966).
     Ce dernier a été, lorsqu'il était ambassadeur de France à Belgrade, l'un des premiers à marquer de son refus, dès le 17 juin 1940, de servir le gouvernement du Maréchal PETAIN. Il fut interné à Vichy pendant près de 2 années avant d'être libéré par la résistance le 8 juin 1944. Par la suite, on le retrouve comme ambassadeur en Belgique du 4 octobre 1944 au 15 décembre 1947, soit durant la période couvrant la fin de la seconde guerre et surtout les premières années qui suivirent l'armistice. Au travers des renseignements retrouvés, on peut supposer que Lambert Joseph PARFONDRY, de par ses origines belges, a été un conseiller écouté au niveau  de l'ambassadeur. On peut imaginer, qu'il a du aider celui-ci à comprendre les deux situations troubles qui existaient à cette période en Belgique. En premier lieu, la question royale avec le retour fort contesté du roi Léopold III sur le trône. La question de l'attitude de la France à l'encontre du Prince Régent Charles, frère de Léopold III, fut sérieusement débattue.  En second, le positionnement de la France vis-à-vis d'un soutien à un mouvement séparatisme wallon, dont le centre de gravité se trouvait à Liège, conséquence de l'attitude favorable de la révolution liégeoise de 1789 vis à vis de la France. Malgré une position officielle de désapprobation, il suffit de souligner que le Général de GAULLE a  fait mention dans ses mémoires de ce soutien à un éventuel rattachement de la Wallonie à la France. Les autorités anglaises soupçonnaient BRUGERE d'être en accointance avec les milieux wallons et de financer l'action contre le retour du roi Léopold III. La lecture de certains échanges de lettres entre l'ambassadeur BRUGERE et Georges BIDAULT, Ministre des Affaires étrangères, démontre d'une documentation soignée pour ne pas y voir l'influence d'une personne du cru pour mieux informer et argumenter. Ayant occupé de nombreuses années une fonction à Anvers, combiné avec ses origines liégeoises, Lambert Joseph PARFONDRY disposait d'une parfaite connaissance des rouages de fonctionnement de ce pays un peu artificiel qu'était la Belgique aux yeux des français. BRUGERE a été volontiers plus en accord avec de GAULLE qu'avec BIDAULT.

      Le livre de Catherine LANNEAU fait référence à deux reprises à cette influence de PARFONDRY, dont l'une est particulièrement très explicite.

            1. Fonds du Consulat de France à Charleroi : dossier 85 : Affaires politiques ;
            2. AMAEF-DP3, dossier 31, de Parfondry à Brugere, 19/02/1945 ;


    De là à dire qu'il aurait joué un rôle important dans une tentative d'annexion de la Wallonie à la France, n'est peut être pas invraisemblable. L'attribution de la Légion d'honneur trouve là probablement sa justification. 

     L'histoire de Lambert Joseph PARFONDRY reste donc à découvrir. Celle d'un homme de l'ombre, apportant ses conseils, ses idées, ses contacts et probablement sa prose pour la rédaction de lettres diplomatiques de la plus haute importance. Mais, comme tout homme de l'ombre, il n'aura pas du laisser de traces de sa présence. Il est, semble t-il, resté attaché à sa région d'origine. Décédé à Liège le 18 mars 1969, il habitait, comme par hasard, au 21 quai de Gaulle. Il reste aussi à vérifier si, de nos jours, les quelques PARFONDRY (et non PARFONRY) disséminés pour la plupart à l'Est de la Meuse sont liés à cette branche de Trognée. On pourrait, en cas de réponses positives, les considérer aussi comme des  "cousins " pour approfondir de ce lien, de cette attirance, pas toujours partagée, entre les deux pays.

      Sur le plan généalogique, et selon mon hypothèse, le premier de la branche de Neerheylissem serait venu de Trognée entre 1746 et 17484, intervalle de temps pendant lequel les armées françaises occupèrent tout le territoire belge actuel, pendant la guerre de succession d'Autriche, en y supprimant temporairement les barrières avec la Principauté de Liège.
    Il est difficile de ne pas envisager que cette branche de Trognée n'ait pas été la base du lancement de celle installée à Neerheylissem vers 1750. Les données généalogiques nous font défaut pour le moment. Mais rien non plus ne nous empêche de ne pas le faire croire au vu des quelques éléments connus qui peuvent nous servir d'arguments. De nombreuses informations sur cette installation de PARFONDRY à Trognée sont encore manquantes. Si la généalogie ne peut nous aider, force en sera de recourir à la déduction et à la convergence d'indices pour nous en satisfaire.

      Pour preuve, François-Xavier VANNESSE, l'échevin de l'état - civil enregistrant la naissance de Lambert  Joseph PARFONDRY en 1888 s'est marié avec une Angélique PARFONDRY de Trognée. Cette dernière est la fille d'un Jean-Pierre PARFONDRY et de Marie J. HALLET, mariés en 1816 à Trognée, et dont il ne s'avère pas possible de déterminer le lien avec l'autre lignée. Le prénom de Jean-Pierre, prénom du premier apparaissant à Neerheylissem vers 1750, était donc bien utilisé dans la branche de Trognée. Comme autre point pouvant attester de l'importance prise par ce nom de famille, le taux de consanguinité du père et des oncles du consul Lambert Joseph est de 12.5%. La mère de sa grand-mère paternelle (Marie-Louise FAUCON) est en fait la belle-soeur (Louise Thérèse PARFONDRY) de cette dernière. Tout cela est confirmé par la lettre de la commune de Hannut5 du 24 novembre 1980 qui indique que " le nom était assez répandu ". Il n'existe malheureusement plus de PARFONDRY de nos jours à Trognée. Un PARFONDRY, ingénieur agronome de l’Etat, y était encore localisé en 1905. La dernière représentante de toute cette lignée a été Flore, Hortense PARFONDRY (1923-1992), arrière-petite-fille du couple PARFONDRY-HALLET, célibataire, décédée sans héritiers.

1  La quasi totalité des documents m’a été fournie par Alain PARFONDRY, de la branche d'Aywaille, lors de notre rencontre de décembre 2007 ;
2 Cette désignation en 1941 à Charleroi et sa nomination comme Consul en 1945 attesterait donc que c'est un autre Parfondry qui est indiqué comme sous-chef de service de la presse lors des obsèques à Vichy de Jean DUFOUR, chef des services de la censure, en octobre 1942 ;
3 AMAEF - DP : Archives Ministère des Affaires Etrangères français - Dossiers politiques ;
4 Distance entre la rue du Bois à Trognée et la rue des Charrons à Neerheylissem : 15 km ;
5 Hannut : ville dont dépend le village de Trognée depuis le regroupement de communes de 1977 ;

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 10:10

      L'histoire dont il est question ici est celle d'Albert PARFONDRY. C'est en fait l'histoire de quelqu'un qui est à l'intersection entre deux mouvements de migration, comme une sorte de témoin de ce qui fut l'apanage du développement depuis la nuit des temps.  Se déplacer non pas nécessairement pour aller à la rencontre de l'autre mais bien pour rechercher un travail, pour assurer la subsistance et la pérennité des siens.

      Albert est né dans le village de Tournay, à côté de Bertrix, dans le Luxembourg belge, le 3 juin 1881. Descendant de cette lignée qui avait du quitter la région d'Aywaille, en bordure de l'Amblève, terre qui fut le lieu d'installation d'un ancêtre il y a de cela bien longtemps. Wéry PARFONDRY, né à Aywaille en 1765, avait quitté son terroir. Il s'était marié à Tournay en 1794, y exerçant le métier de porteur de contraintes1, ce nouveau métier, annonceur de mauvaises nouvelles, inventé dans la foulée de la Révolution française. Wéry avait bien du traverser le Pont de Marie-Thérèse à Maissin (voir article : Alphonse, le médaillé olympique), comme de nombreux autres, avant de s'arrêter près de Bertrix pour y trouver du travail et fonder un foyer. La descendance s'y maintient pendant une bonne centaine d'années avant qu'un nouvel appel d'air se fit sentir en provenance de Paris. La capitale française bouillonnait d'idées nouvelles et de renouveau économique. Albert PARFONDRY, arrière - petit - fils de Wéry, né à Tournay en 1881, entama donc la deuxième étape de la migration vers le sud. Il se maria à Paris en 1912.

     L'histoire d'Albert aurait pu s'arrêter là. On aurait pu oublier ce qu'il était venu y faire à Paris. Travailler, on pouvait en être sur mais quel type de travail. Là ou s'arrête le travail du généalogiste, commence le travail de recherche sur la mémoire, s'efforçant de relier, comme un greffon, la partie visible à la partie cachée de l'arbre. Et ce que l'on découvre, c'est finalement la partie essentielle de l'histoire d'Albert.  Avec ses petites mains, il a collaboré à l'essor de l'industrie de l'automobile, l'un des nouveaux domaines de prédilection des Géo Trouvetout,  qui y trouvaient, comme de nos jours, une source d'innovations sans limites.
       L'automobile avait atteint ses premières lettres de noblesse, après les évolutions progressives du siècle passé. En 1891, la première voiture à moteur à explosion sera commercialisée. En 1899, la vitesse de 100km/h sera dépassée par la célèbre Jamais Contente, voiture électrique profilée de 1,5 Tonne2, conduite par le belge Camille JENATZY. De nombreux constructeurs virent ainsi le jour à la fin du XIXème siècle. Il y eut les plus célèbres (Peugeot, Berliet, Renault,...), mais aussi une multitude d'autres qui ne traverseront pas le siècle. En 1907, l'année de la course, le chiffre de 250 000 automobiles sera dénombré dans le monde.
     Au milieu de toutes ces émulations, la marque COTTIN - DESGOUTTES se fera son chemin.  Reconnue comme fabricant de voitures rapides, d'une très belle finition, quoiqu'un peu couteuse, elle acquerra son renom auprès du public en participant aux nombreuses compétitions qui étaient organisées. Elle venait de sortir en 1907 un nouveau modèle, une 12 CV de 2.5 L dont il fallait démontrer la fiabilité. Cette année 1907 marquera l'apogée de sa réussite avec de nombreuses victoires dans des courses de côte. La participation de la marque au Critérium de France devait venir confirmer l'extrême qualité de la production.
       Au travers d'articles du Journal Le Figaro, on y retrouve Albert PARFONDRY, participant à la course du Critérium de France, organisée au début du mois d'août 1907. Il fait partie de l'une des trois voitures de la marque COTTIN - DESGOUTTES, l'une des plus importantes écuries pour l'époque. Elles y sont inscrites, aux côtés des PEUGEOT et des de DION - BOUTON, autres marques réputées. Si la première voiture est conduite par l'un des deux patrons, Cyrille COTTIN en personne, Albert PARFONDRY sera le mécanicien de la troisième voiture, la numéro 21. La petite erreur d'écriture  dans le nom n'empêche pas de reconnaitre celui qui avait déjà été repéré précédemment comme mécanicien à la même période.

       Voici ce qu'en raconte, Frantz REICHEL3, l'envoyé du journal Le Figaro, tout au long de ses premiers articles.

    Le Figaro du 2 août 1907

    LE CRITERIUM ET LA COUPE 
......... Les trois Cottin-Desgouttes sont placées parmi les favorites; elles défendront la réputation de l'industrie lyonnaise. Les trois voitures sont tout à fait séduisantes,.... Durant la saison 1907, elles ont glâné trois victoires dans la course de côte de Limon est,une dans la course de côte de Montjeu, une dans celle du Val-Suzon, trois dans la course de la Provence sportive, une dans le meeting d'Hyères, et aussi dans la course du ballon d'Alsace, pour ne citer que ces succès.......... 

     Le Figaro du 3 août 1907

     LE CRITERIUM ET LA COUPE
       De Paris à Clermont-Ferrand
      La première étape du Critérium de France a été accomplie hier à une allure endiablée par tous les concurrents ; ce qui avait si bien commencé la veille eut un lendemain brillant. ......
     Trente-cinq voitures sont sorties à trente secondes les unes des autres au milieu d'un troublant tintammare de moteurs en marche et d'un assourdissant, hilarant et entraînant charivari de cornes et de trombinos. En dépit de l'heure matinale de départ - cinq heures - il y avait foule, une élégante foule de gens ......
      Le plus gros succès de départ a été pour M. Henry Debray, qui participe au Critérium et à la Coupe dans une limousine avec l'avant fermé....
      Parmi les 35 partants, les plus remarqués ont été les suivants :
        Le n° 4, PEUGEOT I ; conducteur, Louis Perret ; mécanicien : Salique ; voyageurs, MM. le  docteur Gimbert  et Carlier ;  poids en charge : 1700 kg ;
        Le n° 5, PEUGEOT II; conducteur , Louis Renaux; mécanicien : Broux; voyageur, .......
        Le n° 9, DE DION - BOUTON, .conducteur Baron de Marcay, ........  Le n° 10, DE DION - BOUTON, ........
        Le n° 11, DE DION - BOUTON, ......              Le n° 12, la 6-cylindres VINOT - DEGUINGANG,  ........
        Le n°15, la LORRAINE-DIETRICH, ........     Le n° 16, la GOBRON - BRILLIE, ........
        Le n° 19, la COTTIN - DESGOUTTES I, conduite par M. Cyrille Cottin ; .......
        Le n° 20, la COTTIN - DESGOUTTES II, conduite par M. Latune ; ....
        Le n° 21, la COTTIN - DESGOUTTES III, conduite par M. Francès ; mécanicien, Parfondri ; voyageurs, MM.   Baudry et Francès père ; poids en charge, 1,650 kilos.
        Le n° 36, la REGINA - DIXI I, ..... Le n° 37, la REGINA - DIXI II, ..... Le n° 38, la REGINA - DIXI III, .......Le n° 40, la E. BRILLIE, .......
     L'étape allait de Paris à Clermont - Ferrand par Melun, Fontainebleau; Montargis, Cosne, Nevers, Cannat et Riom, soit 415 kilomètres de routes magnifiques que les concurrents ont littéralement dévorés. Tous sans exception ont roulé à un train infernal ; Sorel, sur sa Lorraine - Dietrich, le baron de Marçay sur sa de Dion-Bouton, et Perret sur sa Peugeot ont abattu le parcours à 80 de moyenne à l'heure; les autres ont marché à l'avenant ........

     Les 35 partants ont atteint l'étape dans les délais qui leur étaient accordés, basés - je le rappelle - sur une moyenne de 40 kilomètres à l'heure. C'est la première fois qu'un pareil résultat est atteint avec un si remarquable ensemble ; pas une défaillance ne s'est produite; ce qui prouve la très satisfaisante mise au point de tous les véhicules en général et de ceux qui ont effectué des parcours plus particulièrement remarquables : les trois Cottin-Desgouttes qui, admirables d'égale régularité, ont fini en paquet; les trois Regina-Dixi qui ont marché pareillement,
.......
     Les 35 véhicules du Critérium reprennent ce matin la route; ils iront aujourd'hui de Clermont-Ferrand à Bordeaux par Rochefort,Montagne, Ussel et Périgueux, soit 377 kilomètres extrêmement accidentés.
       
     Le Critérium de France devait en principe se dérouler sur quatre journées, du 2 au 5 août 1907, avec arrêts successifs  à Clermont-Ferrand, Bordeaux, Nantes et Trouville. Malheureusement, à la fin de la seconde étape, peu avant Bordeaux, à Pompignac précisément, un accident entre une voiture où avaient pris place des journalistes, entra en collision frontale avec l'une des voitures participant à la course, la n°35. Bilan : sept morts et un blessé grave. En autorisant des passagers dans ces nouvelles voitures de course, sans ceinture de sécurité, on ne faisait évidemment que multiplier les risques en cas d'accident. L'erreur provenait de la curiosité  professionnelle des journalistes qui voulaient remonter la course pour s'approprier l'info en priorité. Il n'en fallait pas plus pour que le Préfet ne prenne la décision d'interdire la course. Cet accident mettra fin aux courses sur route. Elles se feront désormais sur routes fermées lors de rallyes ou en course de côtes très encadrées.

     En participant à cette course, Albert PARFONDRY nous confirme que son parcours parisien a bien commencé quelques années avant son mariage en 1912 avec Marguerite BRASSY. Si la marque COTTIN - DESGOUTTES, est lyonnaise à l'origine, elle s'était installée à Paris depuis peu. Manifestement, cette participation à cette course en 1907 est une confirmation comme quoi Albert PARFONDRY a survécu à la grave agression de février 1902, relatée par ailleurs (voir article : On a assassiné un Parfondry !!!).

       On ne peut dire si ce grave accident lors du Critérium a été la raison de la modification du parcours d'Albert. On note toutefois que FRANCES, le pilote de la troisième COTTIN - DESGOUTTES, n'apparait nulle part ailleurs dans le palmarès des nombreuses victoires de la marque, contrairement à COTTIN et LATUNE les deux autres pilotes4.  La marque COTTIN - DESGOUTTES poursuivra son développement et sa production. Ainsi, en 1913, à la veille de la première guerre, elle produira 450 voitures avec un personnel atteignant les 300 personnes. Albert avait du quitter à ce moment la société. La relation de ces événements se profile un peu plus cependant avec l'offre d'emploi qu'Albert a déposé dans le journal Le Gaulois du 10 mars 1908, et que nous avions déjà mentionnée dans le même article précédent. Albert, tout en cherchant un travail, ne semble pas disposé d'accepter la proposition la moins disant. Il met en avant le fait qu'il dispose de références, probablement, et pour le moins, une lettre signée de l'un des deux directeurs dont il a défendu la marque de voiture. On aimerait bien connaitre la suite de son parcours.

        Chauffeur mécanicien - Bon chauffeur plurivalent, 27 ans, désire place sérieuse, bonne réf. Albert Parfondry, 22, r. Duret

      Albert obtiendra la naturalisation française en 1934. De nos jours, son petit-fils a une nouvelle fois déplacé le centre de gravité de la lignée vers le sud, en s'installant dans la plaine du Médoc. En peu de temps, au regard de l'histoire de l'homme, d'Aywaille, au bord de l'Amblève, à Cussac-Fort-Médoc, au bord de la Gironde, après avoir traversé le pont Marie-Thérèse5, un nom s'est ainsi perpétué en ligne directe. Une de ces lignées qui démontre de la vitalité qualitative toujours actuelle de notre patronyme. Et l'année 1949 sera désignée manifestement comme l'année de la consolidation de ce patronyme. Un bon cru !!!

1 Porteur de contraintes : celui qui notifie les mises en demeure pour récupérer des impôts ; huissier de nos jours ;
Le problème du poids des batteries reste toujours de nos jours d'actualité pour permettre une plus grande autonomie ;
3 Frantz Reichel (1871-1932) fut ce qui l'on peut appeler un sportif accompli dans plusieurs disciplines (Cross-country, boxe, athlétisme, rugby) mais aussi un dirigeant important du sport français; pionnier de l'automobile et de l'aviation, initiateur de la rubrique sportive dans Le Figaro, Officier de la Légion d'honneur, Croix de guerre 14-18, reconnu dans la liste des Gloires du sport français ;
4  http://cottindesgouttes.free.fr/fr/DocBrowser.htm?title=Succès ;
5 Ce qui pourrait dès lors expliquer la propension de l'utilisation de ce prénom au sein de cette branche ;

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 14:00

      Au sein des membres de notre patronyme, on a pu constater qu'il a essaimé dans plusieurs domaines d'activités, comme pour  témoigner, malgré le nombre relativement peu élevé d'individus, de sa réelle représentativité sociétale. De nombreux secteurs avaient ainsi été couverts, tout au long de ses articles. Un seul, à vrai dire, manquait à l'appel. Il n'y avait été fait mention d'aucun sportif d'un certain niveau.

      Ce déficit d'images devait être comblé par nécessité. C'était manifestement un oubli car depuis longtemps, j'avais gardé en mémoire l'existence d'un cycliste belge de ce nom ayant porté le maillot national.  

     Ce cycliste s'appelait Alphonse Parfondry, né à Libin1 le 1er janvier 1896.  Son fait de gloire était d'avoir obtenu une .... médaille olympique en argent. Il restait désormais à étayer cette médaille par des éléments plus concrets.

     Deux extraits dans un journal français allaient faire sortir de l'ombre notre sportif, le seul ayant jusqu'à ce jour, défendu avec panache notre patronyme. On y découvrait ainsi qu'il avait participé aux Jeux Olympiques de Paris en 1924. Terminant 6ème d'une course en ligne (72 partants), courue en fait sur un contre-la-montre de 188km, il obtient sa médaille d'argent grâce au classement par équipes. En insérant trois coureurs parmi les 10 premiers, la Belgique obtenait la deuxième place derrière la France  et devant la Suède.

     Et la Belgique complétait lors de ses J.O. par une médaille de bronze en poursuite par équipe en se classant à la troisième place, après l'Italie et la Pologne, avec un quatuor de coureurs où l'on retrouve Henri Hoevenaers (1902-1958), Jean Van den Bosch (1898-1985) et Fernand Saive (1900-1981), les trois participants de la course en ligne, auquel on adjoignait un certain Léonard Daghelinckx (1900-1987), en lieu et place de notre Alphonse Parfondry. Difficile d'en connaitre, après autant d'années, l'explication de ce changement. Sur une photo du journal, on constate que le team cycliste belge comprend 12 personnes, y compris le personnel d'accompagnement. Et Alphonse Parfondry y est la seule personne manquante2. Etait-il blessé ? Etait-il en désaccord avec l'équipe ? Avait-il été écarté ? Avait-il préféré donner sa place ? Avait-il fêté un peu trop sa médaille ? Désirait-il se reposer ?  Autant de questions dont les réponses restent ouvertes.  Etonnant tout de même, après avoir montré ses capacités de poursuiteur individuel sur 188 km, d'être remplacé par un coureur qui était catalogué comme sprinteur. L'allusion du journaliste, à son sujet ne manque pas de sel. Alphonse Parfondry y est décrit comme " un gaillard qui avance également très bien ". Ce qui est évidemment assez heureux pour un coureur cycliste. Mais qui peut être interloquent quand on ne le retrouve pas dans l'équipe belge de poursuite. Avec en corollaire le fait qu'il s'avère mentionné dans la liste des favoris pour le championnat du monde amateurs qui va suivre et pour lequel rien n'est certain de sa participation3.

La Pédale. Revue hebdomadaire de la bicyclette et de ses accessoires, 30 juillet 1924

p. 11

Ce qu'on fait les Belges 

      La première place, dans le team belge, a été occupée par Hoevenaers, champion amateur depuis plusieurs années. Henri Hoevenaers est un coureur de grande classe, déjà pressenti depuis quelques temps pour tourner "pro", mais qui s'y refuse énergiquement.........

      Le second classé est Parfondry; c'est un gaillard qui avance également très bien. C'est ainsi qu'après 100 kilomètres de course, il avait conservé les huit minutes d'avance qu'il avait au départ sur Leducq. Il ne fut pas trop malchanceux et réussit à devancer nettement notre champion, terminant sixième au classement général.

Résultat Course cycliste amateur individuel sur route, Jeux olympiques de Paris, 19244

                  1. Armand Blanchonnet                 Fr                  6h 20'48"       Médaille d'or

                2. Henri Hoevenaers          Bel         à   09' 39"   Médaille d'argent

               3. René Hamel                               Fr                        10' 03"      Médaille de bronze

               4. Gunnar Skold                            Sué                       12' 48"

               5. Albert Blattmann                     Sui                        13' 21"

               6. Alphonse Parfondry         Bel               15' 09"

               7. Eric Boklin                                Sué                        15' 24"

               8. Georges Wambst                      Fr                         17' 26 "

               9. André Leducq                            Fr                         18' 28 "

              10. Jean Van den Bosch        Bel              19' 43 "

                 .............

              16. Fernand Saive             Bel              27' 28"

Résultat Course cycliste sur route amateur par équipe, Jeux olympiques de Paris, 1924

                    1. France (Blanchonnet, Hamel, Wambst), Médaille d'or

                   2. Belgique (Hoevenaers, Parfondry, Van den Bosch), Médaille d'argent

                   3. Suède  (Skold, Boklin,....), Médaille de bronze

             4. Suisse    5. Italie   6. Pays-Bas   7. Grande-Bretagne    8. Luxembourg    9. Argentine    10. Yougoslavie  

Résultat Poursuite par équipe 4000 mètres, amateur 

                      1. Italie

                    2. Pologne

           3. Belgique (Henri Hoevenaers,  Jean Van den Bosch, Fernand Saive, Léonard Daghelinckx)

p. 13

Le Championnat du monde amateurs sur route

   C'est samedi que va se disputer le Championnat du Monde amateurs sur route. L'U.V.F. en a assumé l'organisation. Il est probable que la plupart des olympiens de juillet y prendront part. De la sorte l'épreuve s'annonce comme devant présenter un transcendant intérêt.

    Il ne s'agit plus d'une course contre la montre. Il s'agit d'une belle course en ligne. Nous verrons si nos Blanchonnet, Hamel, Wambst, Leducq, Bocher.... et autres as notoires de l'amateurisme français, pourront enlever le trophée mondial aux Hoevenaers, Marsch, Parfondry, Skold et autres étrangers.   ......;

 

     De tous ces coureurs amateurs repris, au travers de ces deux extraits de presse, seul le français André Leducq (1904-1980) poursuivra une carrière professionnelle des plus marquantes. Après être devenu la même année, en 1924,  champion du monde amateur, il remportera chez les professionnels Paris-Roubaix en 1928 et deux fois le Tour de France en 1930 et 1932.  Et il faudra attendre un certain Eddy Merckx pour lui ravir la primeur sur  ses 25 victoires d'étape. Du côté belge,  Henri Hoevenaers, après avoir été 4 fois champion de Belgique sur route amateur  de 1922 à 1925 et champion du monde amateur en 1925, prendra une courte  licence de professionnel entre 1926 et 1928. Il en sera de même pour Fernand Saive, qui, avec beaucoup moins de brio cependant, sera le seul des belges à terminer le Tour de France à la 32ème place en 1926. 

     Quant à notre Alphonse Parfondry, ses autres résultats sont quelques peu épars. Grâce à la collaboration de la Fédération cycliste Wallonie-Bruxelles (FCWB)5, son nom apparait dans le classement de quelques courses à partir de 1922.  Il a essayé de s'orienter plus volontiers vers le cyclo-cross.

                - En 1923, on le mentionne à la 80èmeplace du championnat de Belgique toutes catégories de cyclo-cross (189 partants), vainqueur Théo Van Eetvelde ;

                - En 1924, 12ème du championnat de Belgique cyclo-cross amateurs (89 partants), vainqueur Fernand Saive ;

                - En 1925, chez les indépendants, 67ème du championnat de Belgique (275 partants), vainqueur P. Verhaegen ;

     Compte tenu de ses résultats assez modestes dans cette discipline, on peut considérer qu'il a été plus performant sur route. Il est ainsi 6ème d'un Bruxelles-Ciney en 1922 (vainqueur Jean Van den Bosch), 4ème d'un Uccle-Seneffe-Uccle en 1923 (vainqueur Jean François). En 1924, il est  3ème du Circuit des Provinces, course par étapes remportée par ce même Jean François, et il termine encore à la cinquième place, le  8 juin 1924, entre Bruxelles et Seraing, gagnée par Henri Hoevenaers, sans doute l'inaccessible  belge de cette période6. Rien d'autre sur ce parcours de coureur cycliste, indiquant par là qu'il n'a pas du suivre André Leducq ou Henri Hoevenaers au niveau professionnel7 , ces derniers étant plus jeunes que lui. Agé de 28 ans au moment de l'obtention de sa médaille, le plus vieux de l'équipe belge lors des Jeux Olympiques, il a sans doute jugé qu'il était trop tard pour passer dans cette catégorie.

      Sur le plan généalogique, les données recueillies sur Alphonse Parfondry sont insuffisantes pour l'insérer avec certitude dans la nébuleuse des quelques branches repérées à ce jour par nos soins. Il reste à avancer certaines suppositions. Son lieu de naissance à Libin en est un des rares indices. C'est dans le village proche de Maissin, bien qu'un peu perdu au milieu de nulle part,  que l'on trouve le Pont Marie-Thérèse , lequel vaut le détour8. C'est en effet par ce pont enjambant la Lesse que transitait tout le passage entre Liège et Paris, via Bouillon, au cours des XVIIIème et XIXème siècles.  La Lesse, affluent en rive droite de la Meuse, par sa déclivité et par le volume de ses eaux, offrait une barrière au transit entre le Nord et le Sud.  Il y fut décidé, à l'instigation de l'Impératrice d'Autriche Marie-Thérèse, qui règna de 1740 à 1780, la construction d'un pont en pierres de 4 arches.

     Sur le plan géographique, le site de Libin, lieu de naissance d'Alphonse Parfondry, n'est donc pas sans attirer l'attention. L'arrivée à Libin signifiait qu'on venait de passer la Barrière de Transinne, lieu de passage entre la Principauté de Liège et le Duché de Luxembourg ou chacun devait s'acquitter de payer des taxes. Libin constituait de fait l'un des premiers villages hors du territoire de la Principauté.

     Pour expliquer cette situation, un rappel historique est de circonstance. Au sein de la Principauté de Liège, une opposition assez marquée s'était manifestée depuis le XVIIème siècle, suite à la suppression du système électoral octroyé aux métiers, entre le monde populaire (les Grignoux), favorable à la France et la bourgeoisie (les Chiroux), favorable au prince-évêque et aux Habsbourg9. Cette situation perdura jusqu'en 1795, avec l'annexion à la France. La Principauté de Liège fut aussi le dernier bastion de la Basse-Lotharingie, dont le territoire fut occupé par les différentes armées d'Europe10. La combinaison de la situation politique, des exactions des armées et des périodes de disette entraina immanquablement des exils. Les gens du peuple n'avaient comme principale solution que de se diriger vers la France en empruntant cette voie passant par ce pont sur la Lesse. L'opposition atteindra son paroxisme en 1793 lorsque les élus de la Convention nationale liégeoise, exilés à Paris à la suite de la Révolution liégeoise de 1789, voteront le Rattachement à la France. Cette route restera par la suite assez fréquentée, même après l'indépendance de la Belgique en 183011. De nombreux belges continueront à migrer à cette époque vers la France et particulièrement vers Paris12. L'hypothèse de la naissance à Libin, sur la route de l'exil, est donc une possibilité à envisager.

        Quant à appréhender à quelle branche on doit relier notre médaillé olympique, cela relève pour l'instant de la simple déduction de faits. Il est le seul des cinq coureurs belges mentionnés dont il n'est pas recensé son lieu et sa date de décès dans les archives du cyclisme. Le fait qu'il soit resté de nationalité belge ne délimite pas nécessairement le champs d'action. En priorité, on pourrait y voir un lien avec cette branche des Parfondry d'Aywaille qui, descendant de la vallée de l'Amblève,  se sont fixés un peu plus au sud, du côté de Bertrix, avant de migrer pour certains un peu plus tard sur Paris. Cela nous semble toutefois assez peu probable du fait que cette dernière branche a été assez complètement identifiée et qu'elle s'est installée près de Bertrix dès la fin du XVIIIème siécle par le mariage en 1794 du premier de la lignée en provenance d'Aywaille. De plus, il n'y apparait aucun Alphonse comme prénom dans toute la généalogie. Quant à la branche de Forchies-la-Marche, pour laquelle on n'y voit pas non plus de mention d'un tel prénom, le lieu de naissance à Libin nous semble trop externe par rapport à la concentration de cette branche dans le Hainaut. On conçoit peu la logique d'un tel déplacement d'ouest vers l'est.

      Il nous reste dès lors deux autres possibilités. Soit, Alphonse Parfondry fait partie de cette nébuleuse de Parfondry, qui s'est probablement dispersée à partir de Huy, suite aux guerres de Louis XIV, et que l'on a retrouvé à différents endroits13, sans pouvoir en établir un lien entre les différents noms relevés dans les actes de naissance. La naissance dans la commune de Libin semble toutefois assez ponctuelle, et assez tardive, par rapport aux autres répartitions de cette nébuleuse. Soit, il est relié à la branche des Parfondry de Trognée au sein de laquelle est repéré un autre Alphonse Parfondry, né le 22 décembre 1854 à Trognée, ayant exercé le métier d'arpenteur et de comptable.  Ce n'est évidemment qu'une suggestion mais dans ce cas Alphonse, le médaillé olympique, pourrait être un " cousin " !!

    Suite à cet article, il apparait assez clair que l'amélioration des données permettant d'expliquer les déplacements des branches se nommant de nos jours PARFONDRY, a atteint à mon niveau une certaine limite. Si le but souhaité est avant tout, à travers ces articles, une recherche, au travers d'un patronyme, sur la mémoire et la relation avec des faits de société, il est indéniable que l'édification d'une meilleure structuraton de l'histoire de ce patronyme, à partir des informations contenues dans les différentes familles PARFONDRY vivant de nos jours, permettrait de clarifier pas mal de points mais aussi permettrait d'accentuer la cohérence des informations déjà rassemblées.

      De nombreux PARFONDRY sont recensés sur Facebook, témoignant d'une certaine vigueur de ce patronyme. Je lance donc un appel à tous ces PARFONDRY, surtout ceux de Belgique, pour qu'ils me transmettent les quelques informations sur leurs ancêtres dont ils ont connaissances. Les sites de généalogie ont des limites dans le recueil des données que seule une mémoire active peut arriver à combler. Si cet appel pouvait permettre de découvrir qui sont les parents de ce médaillé olympique, on effacerait déjà le doute quant à son origine. Cette médaille olympique doit bien exister dans le souvenir de l'existence. Elle n'est pas si veille que cela en fin de compte.

 

1 Libin : commune de la Province de Luxembourg ;

2 En conséquence, il n'a pas été jugé utile de reproduire cette photo au niveau de cet article

3 Championnat du monde amateur qui fut remporté par André Leducq ; Blanchonnet, le médaillé d'or olympique terminant troisième ;

4 Courue en fait sous la forme d'un contre-la-monde individuel de 188 km ;

5 En remerciant pour leurs aides, MM. Thierry Maréchal, Président de la FCWB, et Guy Crasset, collaborateur et archiviste ;

6 Journal La Pédale du 22 octobre 1924 ;

7 Les résultats sportifs ont été visionnés sur le site Les-sports.info ;

8 Inscrit depuis 1989 dans la liste du Patrimoine immobilier de Wallonie ;

9 Avec la célèbre phrase de Mirabeau s'adressant au liégeois en 1787 : Que pouvez-vous demander encore ? Nous ne cherchons à faire une révolution que pour obtenir quelques-unes des garanties que vous possédez depuis des siècles ;

10 Quant à ,la Haute-Lotharingie, la question ne fut résolue qu'au moment du référundum de 1955 par lequel les habitants de la Sarre choisirent de retourner à l'Allemagne plutôt qu'à la France ;

11 Il est encore vrai que de nos jours la célèbre N4 et l'autoroute E411 passent aussi par Libin, mais cette fois pour favoriser un autre type d'exode vers la ville de Luxembourg ;

12 dont le marbrier François-Xavier Parfonry, en provenance plus que probablement d'Anvers où de Bruxelles; mais aussi Lambert Parfondry, en provenance de Trognée, ainsi qu'Albert, Eugénie, Nicolas et Marie-Thérèse Parfondry en provenance de la région de Bertrix ;

13 dont la branche des Parfondry de Forchies-la-Marche ;

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 16:30

       A plusieurs reprises, il s'est avéré qu'une déformation d'écriture retardait la découverte d'une information utile, sinon précieuse, pour alimenter les données de ce blog.

    Un exemple inverse est aussi envisageable. Une simple transcription erronée d'un nom peut être interprétée comme une simple erreur d'écriture et faire croire à une découverte intéressante. C'est ce qui est aurait pu se passer avec l'extrait de texte qui suit.

Bulletin des Commissions Royales d'art et d'archéologie, 49ème année, 11 et 12, Imp. Hayez, Bruxelles, 1910

p. 325 et 326 : Nous avons eu à examiner les projets de restauration ou de réparation aux églises de :

                                         Noville-les-Bois (jubé)

                                         Graide (tour)

                                         Corroy-le-Château (jubé)

                                         Auvelais (clôture extérieure)

                                         Hemptinne (sacristie)

                                         Couvin (sacristie)

                                         Mettet (églises de Devant-le-Bois et Parfoury )

Tous ces projets répondaient à des nécessités spéciales et leur exécution ne devait en rien modifier le caractère de ces églises

     Il est question dans cet extrait du Rapport ordinaire pour l'année 1910, effectué par la Commission Royale des Monuments de la Province de Namur. Dans la liste des églises répertoriées, il est ainsi repris celle de Parfoury. On aurait évidemment pu croire à un nouveau site lié à ce toponyme. Pour en avoir la vérification, on s'est efforçé de le repérer et de l'identifier à partir de cartes IGN. Par chance, la commune de Mettet, auquel serait rattaché le site de Parfoury, est située non loin sur le plan géographique. Sans devoir se déplacer, il en est découlé rapidement que l'on ne pouvait faire référence qu'au hameau de Pontaury, situé entre Mettet et Devant-les-Bois.

      L'erreur d'écriture était à ce niveau assez importante. La question était donc de vérifier si ce lieu avait porté un autre nom antérieurement. L'utilisation de l' Atlas FERRARIS de 1777 confirmait bien que le lieu se dénommait déjà Pontaury à cette époque. Et l'existence d'un pont sur un petit ruisseau (Ry), passant par là, serait bien à l'origine du  nom. Il y avait manifestement eu une transcripton erronée du nom du lieu. L'auteur du rapport a du confondre probablement avec un autre lieu dont il avait connaissance.

     Ce qui, nous en convenons, nous rassure en ne modifiant pas la répartition globale du lien de notre topoyme avec la région naturelle de La Calestienne. L'hypothèse d'une étymologie similaire avec le mot Fonderie reste d'actualité.  Avec malgré tout, l'assurance, que le lieu de Pontaury est bien situé sur les terres ancestrales de la Principauté de Liège, comme une logique pour attester que les sites se terminant par -ry sont bien liés à cet ensemble historique. C'est mieux comme celà..Oufti !!

     Pour la petite histoire, l'église de Pontaury a été construite en 1896. C'est apparemment le plafond qui dut être constaté défectueux en 1910, car mentionné déjà de "piètre qualité " dès le début de la construction. Ce plafond fut finalement entièrement rénové en 19471.

 

1 information trouvée sur le site d'Edmond Rouart de Pontaury ;

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 13:05

       Si on retrouve dans ce blog une certaine constance au travers d'un nom qui est à la fois un patronyme et un toponyme, pouvant présenter plusieurs formes d'écriture, les articles apparaissent souvent un peu disparates. Même si le sens premier n'est pas de le développer sur une base généalogique austère et passive, je conviens qu'il n'est pas toujours facile de voir le lien existant entre les différents personnages qui sont mentionnés régulièrement. Ce qui n'empêche d'enregistrer un nombre croissant de visites régulières. Ce qui a conduit en cette journée du 25 janvier 2013 à battre pour ce blog une nouvelle fois le record des pages lues et l'indice de qualité.

    Un des premiers articles s'était efforçé de faire une première synthèse des informations. Néanmoins, constatant qu'il y manquait une hiérarchie apparente, et suite à une certaine demande, il s'avère sans doute  utile de rappeler les liens entre les différents personnages y apparaissant assez régulièrement. En débutant par la branche des PARFONRY, originaire de Neerheylissem, laquelle rassemble probablement un plus grand nombre d'individus et d'articles.

     Si la plus ancienne personne identifiée de cette branche a été au prise avec la justice quasi médiévale du milieu du XVIIIème siècle, ce qui lui confère un intéret indéniable dans le cadre de la vision historique que l'on s'efforce d'apporter à ce blog (voir articles : Un décret de Marie-Thérèse d'Autriche; Joannes -Petri Parfondry a bien évité le gibet), il est plus aisé, sur le plan pratique, de faire remonter la lignée à Jean PARFONDRY, son fils, exerçant le métier de maître-charron dans la seconde moitié du XVIIIème siècle. Il est  de ceux qui, par l'exercice de ce métier, sont à l'origine du nom donné à la rue des Charrons à Neerheylissem, toujours habitée de nos jours par ses descendants.

    Ce charron a eu deux fils qui sont à la base de la diversification géographique visible de nos jours. L'aîné, Emmanuel est ainsi l'ancêtre de tous ceux qui sont restés en Belgique. Et parmi ceux-ci, quelques uns ont droit à une catégorie spécifique sur ce blog, au vu des informations disponibles sur leurs parcours. On retrouve :

                 - Emile Parfonry, l'horloger de Bruxelles

                     - Emile Parfonry, l'instituteur de Beauvechain

                     - Georges Parfonry, le Président associatif

                     - Parfonry Neerheylissem (qui rassemble tous les autres personnages de cette catégorie) 

     Le second fils, Jean, que l'on a mentionné assez récemment dans son acte de mariage de 1821 et dans un dossier judiciaire à Anvers de 1839, est à la base de la lignée française. De la même manière que pour la partie belge, on y retrouve sur le blog ceux qui y disposent d'une vision plus spécifique :

                - François-Xavier Parfonry, le marbrier

                    - Paul Parfonry, l'artiste-peintre

                    - Jean Parfonry, l'ophtalmologue

                    - Ferdinand Parfonry1

                    - Parfonry France (qui rassemble tous les autres personnages de cette catégorie)

      Le blog se complète de catégories d'articles se rapportant :

          * soit à la généalogie :

                     - Parfonry d'Erezée, rassemblant des éléments d'une branche d'une autre origine, avec en extraction une série d'articles spécifiquement rassemblés sur :

                     - Emile Parfonry, le militaire au Congo ;

                     - Parfondry, comprenant des individus de plusieurs origines présentant   l'écriture sous sa forme originelle (avec un "d");

         * soit à des faits liés à une période précise, où sont impliqués des individus portant ce patronyme :

                     - Histoire

                     - Commanderie et Chevalier ;

         * soit à des noms de lieux :

                     - Toponymie - Géologie

   Tout cela est complété de deux catégories d'articles, à caractère un peu plus privé et personnel :

                     - Roland Parfonry, the fieldmouse ;

                     - Guadeloupe ;

    En final, un cumul de 17 catégories rassemblant, dans plus de 200 articles, tout ce qui peut être dévoilé sur ce nom qui est, de nos jours, à la fois un patronyme et un toponyme.

 

1 La preuve que Ferdinand est le frère supposé de François-Xavier doit cependant encore être confirmée par la découverte de tout acte officiel qui pourra authentifier de ce lien ;

 

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 13:20

     L'année 1869 en France a été marquée particulièrement par des revendications ouvrières soutenues. Le second Empire avec Napoléon III s'essoufflait et allait devoir subir l'épreuve de la guerre franco-prussienne qui mettrait un terme définitif à l'ingérence dynastique sur la conduite de la France. De son côté, le mouvement ouvrier commençait à s'organiser sous la houlette d'une Association Internationale des Travailleurs (dénommée La Première Internationale) qui avait vu le jour à Londres en 1864. En cette même année 1864, le droit à la grève y avait été légalisé par la loi OLLIVIER. Des idéologistes révolutionnaires, tels que Pierre-Joseph PROUDHON, Henri TOLAIN, Eugène VARLIN, Henri ROCHEFORT, Jules VALLES,.... préconisaient des réformes  afin de réduire les dures conditions de travail (faibles coûts des salaires et horaires astreignant). L'année 1869 sera ainsi marquée par des grèves dans plusieurs régions de France, qui, pour certaines, se solderont par des morts lors de manifestations.

    La situation en Province ne pouvait ne pas se répandre sur la capitale Paris. Les perturbations au niveau du travail se font sentir assez rapidement pour la marbrerie PARFONRY et LEMAIRE. A partir de quelques extraits, glanés dans différents documents1, on va s'efforcer de restituer par étapes, et en donnant la parole aux différents acteurs, la situation qui a prévalu et à laquelle les deux associés ont du faire face.

     1. Tout commence vraisemblablement avec la grève des marbriers d'avril 1869. L'arrêt du travail allait mettre en péril le marché à l'exportation de l'entreprise PARFONRY et LEMAIRE et faire apparaître la concurrence d'autres pays.

      * MM. Parfonry et Lemaire envoient des cheminées de marbre jusqu'au Pérou. Ils ont quelquefois besoin de presser leur travail pour ne pas manquer le départ d'un navire. Lorsqu'ils ont demandé dans ce but des heures supplémentaires, ils ont rencontré des refus et la plus complète indifférence pour le sort des commandes faites à leur maison. Le retard des livraisons peut compromettre la conservation de débouchés importants, menacés sur les marchés extérieurs par la concurrence étrangère notamment l'Italie où les marbres, les emballages et les journées sont moins élevés. Ils ont eu à lutter contre ces mauvaises dispositions et aussi contre les menées de la chambre syndicale des marbriers.

      2. Conscient de la nécessité d'évoluer au niveau de l'encadrement du travail pour pérenniser leur marbrerie, Parfonry et Lemaire vont s'inscrire dans un mouvement nouveau de concertation. Avec toutefois comme préalable une affirmation assez directe des principes de base qui doivent constituer tout développement personnel pour le bon fonctionnement de l'entreprise. Manifestement, les quelques mots qui sont énoncés, avant toute proposition constructive, constituaient une sorte de balise vis à vis du risque de chaos que certains voulaient favoriser.

     * Ordre, travail et liberté. Voilà notre devise. Ouvriers comme vous c'est par là que nous avons conquis notre position actuelle et c'est par là que vous assurerez le véritable progrès et le bien être de vos familles.

     3. Il s'en suivra la décision d'accorder un système de meilleure répartition des revenus à partir du 1er janvier 1870, qui sera repris sous la dénomination de " Participation aux bénéfices ", à laquelle sera ajoutée une assurance maladie, concept totalement neuf à l'époque. Une idée toute simple qui avait comme fondement de débuter un dialogue social, devenu de nos jours le contour indispensable de fonctionnement dans les entreprises.

     * A partir du 1er janvier 1870, il sera réservé au profit de la masse des ouvriers attachés exclusivement à leur établissement de Paris un bénéfice de un franc par cent franc sur toutes les ventes de marbrerie réalisées sur place. A chaque inventaire, il sera fait un relevé des payes de chacun, et le montant de ces payes servira de base à la répartition de la réserve  de 1p 100 ci-dessus, laquelle sera faite entre les ouvriers qui y auront droit, au prorata  des payes de chacun. Les répartitions se feront de la manière suivante : 75 pour cent après chaque inventaire, 25 pour cent un an après. Les inventaires périodiques se font tous les dix-huit mois. Il sera réservé sur le total de ces bénéfices la somme nécessaire au paiement d'une police d'assurance contre les risques d'accidents et de maladies, pour tous les ouvriers attachés à ces établissements.

     4. Cette concession faite à l'encontre des ouvriers sera malgré tout balisée par l'application de ce que l'on appelle " une meilleure flexibilité du travail ". Une notion qui, dans le contexte économique actuel, fait l'objet d'un débat important  en France. A regarder de plus près dans le texte, on s'aperçoit que l'heure supplémentaire sera payée au même tarif que l'heure normale. Tout le contraire finalement de l'idée du concept des " 35 heures ".

     * La journée est de dix heures de travail effectif. Les patrons peuvent décider qu'il y aura des heures supplémentaires. Chacune de ces heures sera payée au dixième du prix de la journée. Les absences non motivées ni autorisées sont passibles  d'une amende d'un franc au profit d'une caisse de secours pour les vieillards. Le montant en est retenu sur le produit de la répartition des bénéfices. Une commission de sept membres nommés parmi les vingt premiers ouvriers adhérents et présidés par un délégué de la maison statue sur l'emploi des amendes.

     5. Evidemment, une telle idée nouvelle ne pouvait qu'être critiquée par ces idéologistes révolutionnaires qui allaient jusqu'à préconiser de supprimer toute notion de propriété personnelle2. Un nouveau journal La Marseillaise verra le jour le 19 décembre 1869. On y retrouvera quelques uns de ces électrons révolutionnaires. Ils publieront plusieurs articles  critiquant pareille proposition. Sous l'influence de la chambre syndicale de la marbrerie, les ouvriers refuseront la proposition et se mettront en grève. Le journal La Marseillaise ne survivra pas au-delà du 17 février 18703 à ces logorrhées flirtant parfois assez bien avec l'anarchisme.

    * Les capitalistes inquiets du mouvement qui entraine les travailleurs à unifier leurs intérêts et à établir entre eux la solidarité, essayant par tous les moyens possibles de rompre leurs phalanges naissantes tantôt en excitant l'esprit d'égoïsme chez quelques uns par l'offre d'avantages isolés, tantôt en leurrant la masse par des promesses mensongères. Cette fois le piège tendu aux ouvriers marbriers était trop grossier pour qu'il put un seul instant tromper les intéressés ...... Une maison qui primitivement avait déclaré ne pas pouvoir accorder vingt-cinq centimes d'augmentation par jour vient d'offrir ou plutôt vient de décider qu'à partir du 1er janvier 1870 ses ouvriers auraient droit à une part de bénéfices. On comprend que les ouvriers aient accueillis avec défiance cette décision incroyable. Ils se sont réunis pour examiner ensemble la décision et ont résolu de ne pas l'accepter. Ils ont bien fait. 

    * La maison Parfonry et Lemaire concède à ses ouvriers, outre leur salaire habituel, un tant pour cent quelconque sur le total des ventes de l'année. Voilà toute la combinaison, mais franchement est-ce là ce que l'on peut appeler une association coopérative entre l'entrepreneur et l'ouvrier ? Non c'est tout simplement une prime à la production que MM. Parfonry et Lemaire accordent à leurs ouvriers qu'ils intéressent ainsi dans le mouvement de leurs affaires mais en leur refusant tout droit d'immixtion dans le détail du compte de gestion.

    * Depuis quelques temps, messieurs les bourgeois semblent faire de la participation leur panacée universelle, la seule solution possible et pratique selon eux de la grande lutte engagée entre le travail et le capital. Il nous suffit de dire que tous les orateurs ont conclu au rejet de la participation....La chambre syndicale des ouvriers marbriers, fort éprouvés depuis quelques temps, ne veut pas se laisser prendre au dépourvu et pour ne pas avoir à soutenir improductivement une centaine d'ouvriers a pris toutes les mesures nécessaires pour ouvrir un atelier social dans lequel les grévistes pourraient immédiatement travailler si la maison Parfonry et Lemaire les met en grève. Voilà un bon exemple que nous engageons toutes les corporations ouvrières à méditer.

     6. Par la suite, la situation semble s'être normalisée. Certains extraits trouvés dans des journaux, à caractère patronal, attestent d'un retour à la normale après une période de réflexion au  niveau des ouvriers. Si de nouveaux ont été engagés, cela veut certainement indiquer en filigrane que les plus récalcitrants, ceux qui avaient dirigés l'opposition à la reprise du travail, avaient été éloignés de l'entreprise. Le discours se veut apaisant. On y parle de paix (sociale), de progrés, de travail, de maintien de l'activité.

    * Cette crise a été victorieusement traversée par MM. Parfonry et Lemaire. Un groupe important d'anciens ouvriers a adhéré à  la participation et l'atelier aujourd'hui réorganisé par l'admission de nouveaux travailleurs fonctionne de lui-même pour ainsi dire dans des conditions qui n'ont jamais été plus satisfaisantes. Ils voient revenir à eux plusieurs de ceux qui, intimidés par la chambre syndicale des marbriers et par la Marseillaise, avaient repoussé la participation aux bénéfices. " Nous avions refusé, disent ces ouvriers, parce qu'on nous menaçait; nous aurions bien voulu accepter, mais nous n'osions pas ". C'est un exemple de plus pour établir que ces crises résultent du joug de ces meneurs auxquels on peut appliquer la célèbre qualification " d'individualités sans mandat ".

   * L'exemple d'une institution qui se généralisera, nous en sommes surs, vient d'être donnée par les intéressés responsables d'une grande maison de marbrerie et sculpture Parfonry et Lemaire, maison dont le siège est à Paris. C'est bien de ces mesures, ce bon exemple qu'il convient de prêcher la paix, d'arrêter la résistance brutale et d'encourager au travail ceux qui s'intéressent un peu au progrès de leur profession, qui s'intéresseront au maintien des établissements auxquels ils deviennent collaborateurs et dont ils ne sont plus, dans ce cas, des employés indifférents et passifs.. Nous nous associons de tout coeur aux félicitations qu'on ne peut que leur adresser de partout pour leur initiative pleine de bon sens. 

    7. Manifestement, cette marbrerie allait servir de modèle socio-économique et sa notoriété avait dépassé les frontières nationales. Elle devait être l’une des plus connues de Paris, même si le nombre de celles faisant de la marbrerie artistique se limitait à trois où quatre. Dans ce modèle de gestion, on retrouve ce qui sera considéré quelques années plus tard comme le fondement du radicalisme, favorisant plus volontiers la paix sociale que la lutte des classes. Ce nouveau mouvement politique, prônant le libéralisme social, sera défendu dès 1896 par le sénateur Léon BOURGEOIS, auteur de la mise en œuvre des retraites ouvrières et paysannes en 1905, futur Prix Nobel de la Paix en 1920. Et qu’on retrouvera comme témoin d’un mariage en 1911, aux côtés de Paul PARFONRY, le fils de François-Xavier (voir article : Paul est invité à un mariage). Et l'exemple donné par cette marbrerie sera repris par la suite dans des exposés académiques de professeurs d'économie, notamment au niveau de la Sorbonne.

  * Ce type de salaire, assurant un système de participation est rencontré dans les mines de Cornouailles et dans la maison de marbrerie de MM. Parfonry et Lemaire à Paris. Il consiste à concéder aux ouvriers, outre leur salaire habituel, tant pour cent sur le total des ventes de l'année, c'est-à-dire sur un fait extérieur et notoire, et non sur la somme des profits.

 

      La situation ne sera toutefois pas stabilisée de sitôt pour les ateliers Parfonry et Lemaire.  Il s'en suivra la courte guerre franco-prussienne4 qui aboutira à l'abdication de Napoléon III, suivie de l'une des périodes les plus sombres de l'histoire de France, à savoir La Commune de Paris5. Dirigée par les mêmes révolutionnaires-anarchistes, cégétistes avant la lettre, la révolte dans Paris sera favorisée par la main mise de ceux-ci sur la plus grande majorité des bataillons de la Garde Nationale6. François-Xavier PARFONRY, intégré depuis plusieurs années à l'un de ses bataillons, prendra la décision de ne pas suivre la majorité. Décision des plus sensées. Il avait compris que la société devait évoluer non dans la violence mais dans la concertation sociale. Cela lui permettra d'accéder rapidement, par la suite, à la nationalité française (voir article : Décret impérial n° 22.275). Pour la première fois un PARFONRY acquérait une autre nationalité.

      Avec comme corolaire à la situation, et comme un pied de nez à la crise subie, François-Xavier occupera à deux reprises (1875-1877,1881-1883) la direction de la Chambre syndicale patronale de la marbrerie, en axant ses efforts sur les aspects de formation, de concertation et de développement industriel. Et comme pour respecter le principe d'équilibre, les fondements  de la création de la CGT à partir de 1895, avaient été activés dans ces luttes sociales. Mais aussi les bases de ce qui deviendra le Parti radical, premier parti politique créé en 1901. La société française avait évolué radicalement sur la base des expériences douloureuses de toute cette période marquée par l'autoritarisme et la dictature entre 1848 et 1871. Pour preuve, la totalité des communards, qui avaient soit été emprisonnés, soit choisis l'exil, soit envoyés au bagne, seront finalement amnistiés en 1880, comme gage de tolérance et de reconnaissance des erreurs du passé. Une nouvelle période avait manifestement pris son envol7.

       En conclusion, François - Xavier PARFONRY n'a pas été seulement un remarquable marbrier et un industriel émérite et besogneux. Il a également compris qu'un commerce de haut niveau devait s'intégrer dans l'évolution de son temps. Il avait déjà été relevé précédemment que ce marbrier avait pris conscience de l'importance de la formation pour atteindre le niveau de qualité demandé. Sur le plan économique, et confronté aux réalités sociales des grèves de 1869, il a également mis en avant un modèle de gestion qui a été considérée comme pionnier pour l'époque. Il a ainsi développé la notion de " Participation aux bénéfices ", créant de ce fait un lien et un intérêt réciproque avec la main d'oeuvre nombreuse qui travaillait dans ses ateliers. D'autres concepts d'assurances sont également abordés, à savoir celles relatives aux accidents et aux pensions. Les ingrédients d'un modèle politique européen étaient en train de mûrir.

 

1 La bibliographie étant assez longue, la liste des documents de référence ne sera pas reprise au bas de cet article ;

2 Avec la maxime de PROUDHON : " La propriété, c'est du vol "   ;

3 Suite à une convocation en duel  entre son directeur Henri ROCHEFORT et le Prince Pierre Bonaparte, cousin de Napoléon III ;

4 De juillet 1870 au 28 janvier 1871 ;

5 Commune de Paris : du 18 mars au 28 mai 1871 ;

6 Selon les indications trouvées, 215 bataillons sur 254 refuseront de déposer les armes et s'opposeront à l'armée régulière dirigée par  Adolphe THIERS ;

7 Il faudra attendre près d'un siècle pour que la fibre révolutionnaire et anarchiste ne vienne de nouveau troubler la quiétude politique du pays et de Paris en particulier, aboutissant à expulser cette fois le symbole de la résistance française à l'occupant ; il n'y a qu'en France pour qu'une telle chose puisse se passer !!! ; 

 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 11:00

      L'inventaire et le repérage des lieux reprenant notre nom en tant que toponyme avaient été réalisés durant les premiers mois de notre travail de recherche. Cela avait ainsi permis d'effectuer une sorte de synthèse globale des lieux, des rivières, des sites, des villages qui étaient ou avaient été caractérisés par ce toponyme (voir article : Ou il est question de lieux-dits). Ce fut en quelque sorte la première étape avant d'aborder la question de l'origine géographique de ce nom.

    Depuis lors, aucune autre nouveauté n'ayant été découverte, il était raisonnable de penser que cette liste était définitive. C'était sans compter sur une apparition dans un document trouvé récemment, faisant état du nom de Parfonry, en Province de Namur. On en réfère à des actes administratifs établis en 1822, soit pendant la période hollandaise. Il y apparait à deux reprises, une première fois comme lieu-dit, une seconde fois comme ruisseau dans la même commune.

Code administratif de la Province de Namur, Impr. Dieudonné Gérard, Namur 1827

p. 334 : Chemin de Brémont à Decourt

Ce chemin est en assez bon état si ce n'est que dans le lieu dit le Tilleul le terrain est constamment humide, et qu' on ne pourra jamais y rendre les communications faciles si l'on n'y construit un empierrement régulier ; j' ai remarqué aussi qu'au lieu dit Parfonry il avait éte fait un empierrement considérable, le chemin qui doit y avoir 7 aunes de large d'après les titres, étant réduit ä 5 ; j'en ai averti l'autorité locale qui m' a promis de faire réprimer cet empiètement

p. 721 : Le bourgmestre de la commune de Brémont certifie qu'en exécution de l'ordonnance de la députation des états de la province de Namur en date du 5 janvier 1822, il a fait afficher pendant quatre mois, à compter du 10 du dit mois de janvier jusqu'au 10 mai suivant, la pétition du Sr Guillaume Dirard, tendante à obtenir la permission d'établir un haut fourneau à traiter le minerai de fer sur le ruisseau de Parfonry, territoire de Brémont

       Des indications retrouvées à différentes pages de ce volumineux document, ce lieu-dit et cette rivière de Parfonry se trouve dans le District de Dinant, plus précisément dans la commune de Brémont (incluant les hameaux de Decourt et Beauret). Cette commune de Brémont, traversée également par une autre rivière se dénommant la Bré, se trouve en outre attenante à celle de Dréville.

      De tous ces noms, seuls ceux de Dinant, ville en bordure de la Meuse, et surtout Braimont (anc. écriture Brémont), en rive droite, plus au sud, apparaissent de nos jours sur les cartes. Quant au ruisseau, on ne retrouve, dans cette même section de Braimont, incluse désormais dans la commune d'Hastière, que ceux dénommés : Rau de Jean Biévaux, Rau des Gotales et le Rau d'Heer  . Une vérification similaire effectuée sur le Grand Atlas FERRARIS de 1777 n'apporte aucun complément d'information. On y apprend toutefois que Braimont, à l'époque de l'Ancien régime, appartenant au Comté de Namur, était une zone frontalière importante, avec la France à l'ouest et au sud, la Principauté de Liège à l'est et le Duché de Luxembourg au sud-est.

     Il est probable que des changements d'affectation de sols et d'aménagement de territoire (e.a. nouveaux lotissements de bungalows de vacances) ont modifiés la cartographie de l'endroit en près de deux siècles. L'utilisation de cartes à plus petite échelle, voire une mémoire locale, pourrait éventuellement donner d'autres informations.

      Il n'y est pas exclus non plus que le site d'Heer-Agimont, en rive gauche, ancien territoire français1, entrecoupé de montagnes boisées, de bas-fonds et de plusieurs ruisseaux ne puissent aussi être inclus dans la recherche. 

     L'élément le plus important de ces textes consiste dans la mention d'un haut fourneau pour le traitement du fer, en bordure de la rivière Parfonry. Ceci nous fait immanquablement repenser à cette hypothèse, émise précédemment,  du lien entre le toponyme Parfondry et le mot Fonderie (voir article : Lien avec le mot "Fonderie "). Article très intéressant par ailleurs et qui refait donc surface suite à cette récente découverte. Sur le plan géographique, on se trouve pratiquement sur la bande étroite de la région naturelle et géologique de la Calestienne, qui rassemble la quasi totalité des sites portant notre toponyme. L'humidité du lieu accentue également la cohérence. On ne peut croire à une coïncidence.

 

1 Il existait de nombreuses enclaves de toutes origines, dont quelques unes françaises, sur le territoire des Pays-Bas autrichiens, lors de l'intégration à la France par Napoléon. Il les a supprimées toutes pour créer son découpage administratif basé sur les bassins fluviaux (Sambre-et-Meuse, Ourthe,...), faisant ainsi fi de toutes références de l'Ancien Régime. Evidemment, après la défaite de Waterloo en 1815, ces enclaves françaises n'ont pas été restituées et font désormais parties intégrantes de la Belgique;

 

 

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  • : Le blog de PARFONRY
  • : Le cadre directeur de ce blog consiste à réunir ce qui peut être transmis sur un patronyme. La présentation de tous ces personnages n'est finalement qu'une manière de transférer un patronyme. Qu'il soit culturel, social ou historique, ce patronyme ne fait que proposer un film dans lequel les séquences sont des instants de vie. L'environnement, le vécu de chacun a probablement plus d'impact sur ce que nous ressentons. Les gênes se diluent plus vite que le lien avec le mode de vie et les rencontres. Cette vision oblige à élargir le champs d'investigation en déviant de l'aspect purement généalogique. La découverte de nouveaux indices motive et assimile parfois cette recherche à une enquête. L'histoire ne peut être racontée de manière linéaire. Chaque élément, chaque personnage a droit à son histoire dans le récit tout en suivant le dénivelé et les courbes imposés par les aléas de l'Histoire et de la vie. Contrairement au patrimoine, un patronyme se voit contraint de s'adapter aux vicissitudes des évolutions sociales et des guerres. Le contenu des quelques 350 articles de ce blog a été rassemblé dans un livre intitulé "La véritable saga des PARFONRY de Neerheylissem - L'histoire d'un toponyme devenu un patronyme ".
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